‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 267 sur 326 · mnpnoete (TH) ou rnpnoute (SV · texte numérisé non relu

mnpnoete (TH) ou rnpnoute (SV

c’est-à-dire que Jésus agit pour le Père comme le Père agit en lui. C’est toujours le Père qu’on prie, mais le Fils lui est associé (Bauer, Loisy, Zahn). De fait les Apôtres ont obtenu des miracles « en le nom » (Act. m1, 6,46; 1v. 40; xvi, 18) comme Jésus le leur avait promis (Mc. xvr, 17). Ce rapprochement se trouve dans le fragment (Cramer, p. 348) attribué à Chrys. toûté êorw, 6xep oi ’Axéoto- Ror uerà Tara EXeyoy.

Si Jésus agit quand on prie en son nom, c’est pour continuer l’œuvre qu’il faisait sur la terre et lui donner son achèvement, la gloire du Père dans le Fils, c'est-à-dire de Dieu en son Christ.

La Vg.-Clém. nomme ici expressément le Père : petieritis Patrem. Le mot est de trop, mais c'était bien la pensée.

14) Des autorités assez graves (AD etc. a e boh. sah. etc.) ont omis ue après aitioese. Il a pu paraître peu naturel de demander à quelqu'un en son nom. Une fois pe rayé, le verset risquait de passer pour une pure répétition, ou une glose (Loisy). Aussi a-t-il été omis par syrsin. et quelques mss. grecs. Mais la leçon difficile n'est pas impossible; on priait Dieu à cause de son nom (Ps. xxv, 41: xxx1, 4; LxxIX, 9 Zahn). Le verset indique donc plus clairement ceci, que la prière adressée au nom de Jésus atteignait en réalité Jésus lui-même et que le fidèle pouvait choisir la formule la plus directe en s'adressant au Christ glorifié. Et c'est bien lui qui agira. y (NDE etc. a e f ff? pes.) répond à pe : ce sont les deux éléments nouveaux du verset. Et cet ty6 réduit à sa valeur propre la promesse faite aux disciples : ils sembleront en faire plus que leur Maître : . c’est lui qui fera. Qu'ils n’oublient donc pas de recourir à la prière! Mais quelle assurance pour eux de savoir que toutes les fois qu’ils invoqueront le Christ, il interviendra et fera ce qu’ils demandent! Il n'est pas question ici de l'efficacité de toute prière, mais de la prière des fidèles pour le bien de l'Église : elle est toujours exaucée.

15-17. Promesse d'un assistant, le Paraclet. Cette première assistance qui consistera à exaucer les prières ne sera pas la seule : Jésus promet davantage.

15) Cette fois encore Jésus entrevoit dans l'avenir l’action de ses disciples. De même que la foi était nécessaire pour que la prière soit exaucée, ainsi l'accomplissement des commandements sera la condition pour recevoir le Saint- Esprit (Schanz), et cet accomplissement sera la conséquence de l'amour. Nous lisons le futur rnofoere (BL et sept ou huit mss. grecs, boh. sah. Eus. Epiph. Chrys.) avec une légère préférence, et non l’aor. impér. rnpfouxe, beaucoup plus soutenu, mais qui s'accorde moins bien avec le futur tpwtfow qui suit.

Jésus parle de ses commandements, parce qu’il fonde une societé nouvelle

le Père soit glorifié dans le Fils; ## si vous me demandez quelque chose en mon nom, je [le] ferai. \

15$i vous m’aimez, vous garderez mes commandements, {et je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur afin qu'il

dont il est le législateur, mais on ne voit pas qu'il ait en vue un catalogue de commandements nouveaux. Ce n’est pas non plus ce qu'a compris Jo. (I Jo.

ur, 3-5; 1, 23 s.; v, 2-4), qui insiste surtout sur l'amour et sur la foi comme comprenant tout le reste. — Aug., toujours attentif à la psychologie individuelle, s’est demandé comment on peut aimer Jésus avant d’avoir reçu l’Esprit-Saint? La réponse théologique.est : spiritum sanctum hubere qui diligit, et habendo mereri ut plus habeat, et plus habendo plus diligat. Historiquement, si les disciples, par amour pour Jésus, sont disposés à faire son œuvre en pratiquant ce qu'il leur a commandé, il leur obtiendra l'Esprit qui donnera la grande impulsion (Schanz).

16) Avant d'expliquer le v., il faut déterminer le sens de rapéxAntos (textes dans Westcott, Zahn, Bauer) Ce mot ne se trouve que dans les écrits Johanniques (ici; xiv, 26; xv, 26; xvr, 7; I Jo. n, 4). Dans l’épître c'est une qualification du Christ, intercesseur auprès du Père pour ceux qui ont péché. Mais ici c’est un autre Paraclet, envoyé par le Père à la demande du Fils. On ne saurait donc s'appuyer trop exclusivement sur I Jo. 1, 1. Quant au sens premier ou étymologique, c’est un équivalent exact du latin advocatus, une forme passive de rapaxakés : il désigne, dans les rares anciens textes connus, ceux qu'on appelait à la rescousse pour prêter main forte à un accusé; cf. Démosthène, de falsa legat. I, p. 341; Bion dans Diogène Laërce IV, 50; Denys d'Hal. XI, 37, 1; Dion Cassius XLVI, 20, 4. Mais le mot grec ne semble pas avoir pris le sens technique du latin advocatus, avocat. Il pouvait naturellement arriver que celui qu'on appelait à l’aide fût quelqu'un de plus puissant, comme l'avocat est un patron qui défend son client, et l’on pouvait concevoir l'assistance en dehors du cas d'évocation devant un tribunal. De sorte que le sens passif a pu devenir actif comme dans d’autres adjectifs verbaux en — +6. Cette évolution s’est produite lorsque Aquila et Théodotion ont traduit (Job. xvr, 2) rapéxknrot ce qui dans les LXX était rapaxhñropes (Sym. rapnyopoëvres). Dans ce cas le sens de l’hébreu est « consolateur », mais Philon a le sens de conseiller (de mundi op. 23; M. 1, 5), de patron (in Flac. 13; M. 1, 519), d’intercesseur (de Josepho, 234; M. un, 75), Joseph disant à ses frères : j'ai tout oublié, vous n’avez pas besoin d’un autre intercesseur que moi-même (undevdbs Erépou deïode rapaxAfrou). D'ailleurs Philon emploie toujours rapéxAntos comme un adjectif ordinaire, et il sert de qualificatif au Monde, représenté par le vêtement du grand prêtre; le titre religieux du monde est celui de fils au deuxième rang de Dieu, non de Paraclet (de vit. Mos. 1, 434; M. u, p. 155) : dvaynaioy yèo nv Tv iepouévov Tù Toÿ xjapou TATO| Tapaxhitw ypñolar reketorétw rhv dperhv vid mpés TE Auynotiav apaptnuétov xal xopnylay &povwrétur &yalBv : «il fallait en effet que celui qui est consacré au père du monde se servit de [ce] fils accompli en vertu comme d’un intercesseur pour faire oublier les péchés et procurer les biens les plus abondants ». Où il est

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out va à pel” duüv elc rèv aidva, 177è rveëue ris dAnbelas, 8 à xbouo

1 Es Ce x r ere = a ACER où Oüvatar hafetv, Or où Dewpet adrd ob Vivuouer” Dbueïc yivwoxete adré

17. om. avro pl ywwxcer (H) plutôt que add. (TSV); — eouv (H) ou ectat (TSV).

monde. LE C'est Jo. le premier qui, dans l’'évangile, regarde le Paraclet comme une sorte de personnalité distincte du Père et du Fils, et qu'il identifie avec l'Esprit- Saint (xrv, 26). Le mot grec était d’ailleurs bien connu des Juifs qui l'ont transcrit dans leur langue avec le sens de défenseur-avocat (Pirgé Aboth, 1v, 44, etc.). È La sémantique du mot est donc suffisamment claire. Le rapéxAntos est appelé 3 pour prêter main forte surtout dans le cas où un plaideur a besoin d'une assistance intellectuelle. D'abord le logographe, comme Lysias, compose le discours que le plaideur aura à prononcer; puis c’est l'avocat qui prend la parole. & L'assistance intellectuelle peut se réduire à un conseil, de sorte que le paraclet sera comme un inspirateur, ce qui le dispose à devenir une épithète autonome de PEsprit-Saint. Mais jamais son assistance ne consiste à réconforter quand 1e + mal s'est abattu, en d’autres termes à consoler. Nous avons cependant rencontré cette déviation dans les traducteurs postérieurs de Job. xvi, 2 : elle vient de + que 6 rapaxalüy peut être celui qui réconforte et celui qui console. Dans notre

cas le sens de consolateur était suggéré aussi parce que l'Ésprit était promis, semblait-il, pour consoler les disciples de l'absence de leur maître. Ce Æ sens de consolator est exprimé dans l’ancienne latine (r m), dans Jérôme : qui

clair (même Bauer, et déjà Mangey) qu’il n'est pas question du Logos, mais «

na

appellatur eonsolator (ep. ad Hed. CXX, qu. 9), et Jérôme a même traduit con= solator en citant les quatre endroits de Jo. (in Is. sur xr, 1). Augustin qui tient d’abord pour l’ancienne traduction : Paracletus enim latine dicitur advocatus, écrit sur xvi, #: consolator ergo ille vel advocatus (utrumque enim interprelatur quod est graece paracletus), et ce sens se trouve aussi chez les Grecs. Ce n’est pas encore le cas dans Origène (de Orat. x, 2) côyépevos brlo tüv edyopéven nat suprapara\Gy rois rapaxakoüow, et il est probable que Rufin seul est responsable du consolator dans de Princip. n, 7.4. Mais ce sens est plus net dans Eusèbe (Theol. eccl. TIT, 5) td nvedua rie aXnfelac td RapéxAntov mods To rapaxaksiv abtobs xai rapauvleiclar.., dans Cyrille de Jér. (Cat. xv1, 20), dans Grégoire de Nysse … (adv. Eun. I) èt ensuite se répand largement.

Chez les Syriens, c’est peut-être le cas dans Éphrem (Moes. p. 225) et sûrement dans Théod. de Mops. et Ish‘odad. Mais malgré le succès de cette interprétation, il y a lieu de revenir (Durand, etc.) au sens attesté encore depuis le N.T.

Barnabé (xx, 2) parle des misérables qui se font xAovstuy TAPÉXANTOL, TEVNTOY ävoyot xptral (cf. Didachè, v, 2). Dans la lettre des martyrs de Lyon (Eus. HE.

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V, 1, 40) Epagathos qui a pris la défense des Chrétiens est nommé jeur avocat à

rapéxAntos Xptartaviy yonuatlons, Éyev DÈ tôv rapérAntov ëv Eat. De même le ps- Clément Romain (de Virg. 6) : à tle Au@y rapéxAntos Éorar dv un eboc0uey Éoya Éxovtes Botx xal Da; Chez les anciens latins, la traduction advocatus prévaut

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