Manifestation intime du Christ à ses disciples
Cette venue du Christ a été interprétée de bien des manières. Maldonat et Zahn l’entendent de la parousie. Tout au contraire, Cyrille d'Alexandrie y voyait une preuve de l'unité du Christ avec l'Esprit, et Bauer exagère cette opinion jusqu'à l'identité de l’Esprit avec le Christ ressuscité, en citant II Cor. mr, 47. D'autres ont pensé aux apparitions après la résurrection, tout en inclinant à partir du v. 20 vers la parousie (Aug., Schanz). Les catholiques modernes (Calmes, Till.) tiennent pour une union mystique du Christ avec les fidèles, que le P. Durand exprime presque comme Cyrille : « C’est le Fils qui se rend présent dans l'Esprit. »
Il est clair (contre Bauer) que Jésus ne promet pas ici une autre forme de la venue du même Esprit, puisqu'il l’a appelé un autre Paraclet. Il ne fait pas allusion à la parousie, car tout le temps dont il parle sera le temps de la séparation, seulement atténuée par une certaine venue. Si l’on songe à la résurrection, on ne doit pas l'entendre seulement des apparitions, qui n'ont duré que peu de temps, alors que la promesse est faite à tous ceux qui aiment. Nous l’entendons
de la résurrection comme point de départ d'une union plus étroite entre le -
connaissez, parce qu’il demeure chez vous et est en vous. fêje ne vous laisserai pas orphelins; je viens à vous. “Encore un peu et le monde ne me voit plus, mais vous me voyez, car je vis et vousmêmes vivrez. ? En ce jour-là vous connaîtrez que je suis en mon
Christ ressuscité et ses disciples, et en somme d’une venue intime et mystique. Loisy objecte que cette venue fait double emploi avec celle du Paraclet, et en conclut que la promesse de l'Esprit (xiv, 46-17) a été ajoutée à une première rédaction. Mais l'Esprit est envoyé par lé Père à la requête du Fils qui Fenverra lui-même, et ne fait pas plus double emploi que le Père qui sera avec le Fils (23). On peut aussi noter que le rôle du Paraclet aura plutôt l’aspect d’une assistance intellectuelle et donnée au groupe des disciples, tandis que la venue de Jésus à quelque chose de plus personnel comme serait un foyer de vie pour chacun de ceux qui l’aiment. Philon connaissait une venue du Logos divin dans les âmes : we lv vas à Oeïos Xdyos els vhv doghy Hudv xaféxep Twù Estiav oùx dpinrat, el il semble le considérer alors, en tant que symbolisé par le prêtre, ou comme 2rlrporos où Comme ratho, OÙ comme Bdésxæhoc (Quod. Deus sit jme. 134; M. 1, 292), cf. RB. 1923, p. 349.
18) Jésus sait qu'il va mourir, et ne veut pas cependant laisser ses disciples orphelins. Comme il les a appelés ses enfants (x, 33), il peut bien se regarder comme leur père. D'ailleurs éspavé, probablement rattaché à la même racine quê orbus « privé de », peut s'entendre de quelqu'un qui est privé de son père ou de son frère, et Platon parle même d'une vie d’orphelin, si l’on n’a ni amis ni enfants (De Leg. V, p. 730). — C'est ainsi que les disciples de Socrate se regardaient comme orphelins après sa mort : fyosuevor Gizso natpds orepnÜévtee Bud£eur Sopavot Toy Enecta ffov (Phaed. EXV, p. 116).
— tpyouat au présent, parce que ce Sera sûrement et sans tarder, et de façon à ce que les disciples qui ont été un temps orphelins ne le soient plus : dgtévat, laisser quelqu'un tel qu'il est; ef. êpoavous dguels (pic. IL, 24, 44). Même après les apparitions les disciples se seraient sentis orphelins, si le Christ les avait quittés de nouveau tout à fait. Il s’agit donc d’une venue qui sera de nature à n'avoir pas de terme durant leur vie.
19) Jésus une fois mort, et ce sera bientôt, le monde ne le verra plus. Au contraire les disciples le verront. Or à la Parousie, tout le monde, du moins ceux qui vivront alors le verront. Il est donc question d’une vue réservée aux disciples, comme ce fut le cas après la résurrection (Aug.). Cependant Jo. ne parle pas expressément des apparitions, mais plutôt d’une vue que les disciples auront parce que Jésus, étant vivant, leur communiquera la vie, laquelle leur permettra de le voir. Les disciples n’ont pas acquis toute vie spirituelle seulement à la résurrection; celle-ci n’en est pas moins un point de départ : Jésus vit désormais d'une vie glorieuse et les disciples auront conscience de vivre de cetle vie divine. — Il est arbitraire de séparer ôvt de ce qui précède, comme Zahn qui traduit : Parce que je vis, vous aussi vous vivrez.
20) Ge verset explique en quoi consistera cette vue. Dans ce jour, c’est-à-dire à partir du jour où vivant, et vous vivants en conséquence, vous me verrez,
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