‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 270 sur 326 · xx a. tt (TSV) plutôt que om. (H · texte numérisé non relu

xx a. tt (TSV) plutôt que om. (H

vous connaîtrez que je suis en mon Père, c'est-à-dire cette vérité qu'ils ont en ce moment peine à comprendre (9-10). Mais alors, commencant à vivre, c’est-àdire ayant conscience de vivre d’une vie nouvelle qui leur vient du ressuscité, ils comprennent aussi que c'est le fruit d’une union intime avec lui, eux en lui, et lui en eux.

Celte union ne saurait être aussi intime que celle du Fils avec le Père, les disciples ne pouvaient y songer; mais elle aura, par elle-même, un caractère stable. Jésus vient afin d’être uni aux siens pour toujours. D'ailleurs « en ce jour » n’est pas un moment précis, et peut s'entendre du temps écoulé depuis la résurrection jusqu’à la descente de l’Esprit-Saint : c'est un temps d'illuminations, de grâces intimes extraordinaires, qui inaugure une nouvelle période de la connaissance et du sentiment religieux. Désormais les disciples sauront d’une certitude infaillible spéculative l'unité de tous ceux qui ont la charité dans le Christ; ils sentiront aussi, d'une connaissance expérimentale très douce, que Dieu est en eux par sa grâce, et même, faveur plus rare, ils auront Le sentiment que Jésus-Christ vit en eux (Eph. m, 47). Bossuet : « {Dieu] nous est plus intime que nous ne le sommes à nous-mêmes; ainsi il se cache en nous autant qu'il lui plait, il s'y découvre à nous-mêmes autant qu'il lui plaît » (Méditations sur les Év.).

Si l'on entend « ce jour-là » du dernier jour (Aug. et méme Bauer), la connaissance n'en sera que plus claire, mais précisément si elle est claire, il n'y a pas à la décrire de la même manière voilée et mystique que Jésus a employée pour le temps présent (9-10).

21) Jésus annonce de nouveau qu'il se manifestera, mais cette expression toute générale est bien au-dessous de ce qui vient d'être dit, Le but du v. est donc plutôt d'indiquer à quelle condition se fera cette manifestation, de même . qu'au v. 145 l'observation des commandements était une condition préalable à l'envoi de l'autre Paraclet. Plus encore qu'au v. 15 on a l'impression que ce v. est adressé presque autant aux disciples de l'avenir qu'à ceux qui écoutaient alors; il n'était pas douteux que ceux-ci aimaient leur Maître, tandis qu'il indique ici à quoi l’on reconnaïitra qu'on l'aime véritablement. Il faut à tout le moins dire avec Aug. : etiam nos tanquam cum illis discimus.

Au v. 15 c'était : si vous m'aimez, vous en ferez la preuve; ici, c'est : ceux qui donneront cette preuve aimeront vraiment. Jésus parle comme législateur et comme la fin de ceux qui pratiquent ses commandements, c'est-à-dire le bien. La différence entre Ejwv et nov paraît être qu'il faut d'abord connaître les commandements et les embrasser par l'acte de foi chrétienne (Ëxwv) et ensuite

Père et vous en moi, et moi en vous. ?! Celui qui à mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m'aime; or celui qui m'aime sera aimé de mon Père, et je l'aimerai, et je me manifesterai à lui. » Jude, non pas l’Iscariote, lui dit : « Seigneur, et

les mettre en pratique, sans quoi le premier acte ne serait qu’un leurre : rien de plus fort sur le rôle des œuvres, spécialement pour obtenir plus de lumière, dans le progrès de la vie chrétienne comme à son début (ur, 49-21). D'ailleurs c'est la charité qui est le principal, L'amour pour le Fils provoque l'amour du Père. Ce n’est pas qu’on puisse aimer Dieu sans avoir été d’abord attiré par lui, Jo. la dit très clairement (vr, #4), mais nous sommes ici dans l’ordre-de l'exécution des commandements, et Jésus parle des rapports entre Dieu et l'homme comme on parle de l’affection des hommes entre eux.

Celui qui aime est aimé davantage à mesure qu'il témoigne plus d'amour, même par les parents de celui qu'il aime. Combien cela est plus vrai quand le Père et le Fils sont si unis! La récompense sera plus d'amour de la part du Christ et la promesse de se faire mieux connaître.

— tuçaviçew n'est pas fait pour indiquer la révélation ouverte et solennelle du dernier jour, mais plutôt une connaissance encore voilée quoique relativement plus claire; cf. Sap. 1, 2 Be ebolonerar vois wh metpétouaty adrév, Eupaviterat è vois ph amtotoëaiv adr@. Dieu est le sujet, mais il va être précisément question de la pénétration de la sagesse dans Îles âmes simples et innocentes. Le Christ est celte Sagesse, incarnée et glorieuse. 3

Pour la réalisation de cette promesse, il faut surtout penser aux grâces de lumière qui pénètrent dans l’âme, soit dans la prière, soit même lorsqu'elle s’y attend le moins. Mais pourquoi ne pas constater qu'en effet le Christ se manifeste dans l'Église aux croyants qui sont de vrais chrétiens, comme une source, un foyer, une force motrice, agissant par les sacrements, se donnant dans l'Eucharistie, imprimant l'impulsion par l'autorité des pasteurs? Plus on l'aime et plus on le reconnait distinctement dans cette perpétuelle venue, toujours renouvelée. C’est la même promesse que dans Mt. xxvur, 20 : nat idod Eye quel” uv etui. On ne songe pas à nier que ce soit d'une certaine manière une venue de l'Esprit, qu'on ne saurait séparer du Fils; cependant ce n'est pas sans intention que Jésus parle des deux. Il n'y a donc pas lieu de dire: « la promesse de l’Esprit est, dans la pensée du rédacteur évangélique, une autre façon de dire la même chose » (Loisy, p. 412).

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