‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 273 sur 326 · Nouvelle promesse de la mission de l'Esprit · texte numérisé non relu

Nouvelle promesse de la mission de l'Esprit

Les deux versets sont comme la conclusion de l’exhortation aux disciples touchant leur situation future, précédant les dernières paroles de consolation (21-31). C’est en même temps une allusion à l’enseignement que Jésus a donné jusqu’à présent, et qui sera continué par l’action du Paraclet déjà promis.

25) La liaison avec ce qui précède se fait sur l'idée de parole. Les commandements de Jésus étant caractérisés comme ses paroles (Adyo:), ces paroles se sont fondues dans l'unité de la doctrine (Xéyos). C’est cette doctrine qu'il a exprimée (Aekéknxa) jusqu'à présent, pendant qu’il était sur la terre, demeurant ainsi auprès de ses disciples. Mais il va partir, et il a déjà désigné celui qui doit le remplacer. :

26) C’est le Défenseur (rapéxkntos) qui figure ici bien clairement dans l'office de maître de doctrine. Il sera envoyé par le Père, non plus (16) à la prière du Fils, mais, ce qui est plus en situation, pour tenir la place du Fils et parier en son nom; Ëv T@ ovéuart dans ce Cas ne peut s'expliquer que par l'analogie de v, 43; x, 25 : comme le Fils est venu de la part du Père et pour parler en son nom, ainsi l'Esprit-Saint parlera au nom du Fils. Le Paraclef, qualifié déjà esprit de vérité (17) est ici l'Esprit-Saint (1, 33), terme connu par la Bible. Sa fonction ne sera pas seulement de rappeler les paroles de Jésus (Kn., Durand), puisque le texte emploie deux verbes : il enseignera et il rappellera. D'une part il ne faut point exagérer l'opposition entre raÿtæ (25) et révra, comme si le Christ n'avait enseigné qu'une vérité fragmentaire, complétée par un enseignement nouveau du Paraclet, car tabra est déjà un peu éloigné, et le premier révra du v. 26 est plutôt en relation avec le second, sans virgule après le premier, de sorte que c’est bien le même groupe de vérités que le Paraclet enseignera et rappellera. D'autre part il faut admettre un nouvel enseignement qui complètera celui de Jésus (xvr, 42 s.), non par addition de vérités autres, mais par un développement où l'on reconnaîtra de quelque mamére ce que Jésus avait déjà dit. Le nom même d'Esprit indique la nature de cel enseignement,

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par suggestion intérieure, plutôt que par la parole. C'est sur cette assistance que s'appuie l'Église quand elle propose la règle de foi soit d'après l'Écriture, soit d'après la Tradition. Aucun privilège n'est accordé ici à la parole écrite, et l'Église ne saurait errer puisqu'elle à pour maître l'Esprit-Saint. Il est vrai que plusieurs auteurs catholiques (voir surtout FRANZELIN, de divina traditione, 2e éd. p. 268 ss.) pensent que la promesse contenue ici est strictement limitée aux Apôtres. Après le mort du dernier Apôtre, il n’y a plus eu dans l'Église de révélation officielle, destinée à toute l'Église; mais entre l’Ascensien et la mort du dernier Apôtre, l’Esprit-Saint a sûrement révélé des vérités sinon entièrement nouvelles, du moins qu’on n'aurait pu sans cela dégager de la révélation faite par le Christ. Dans ce cas ou pourrait entendre dÔé£a de ces vérités au lieu de le restreindre par le verbe suivant. Et en effet on allègue que ce passage, encadré entre Xekéknxa et eixov bpiv ne doit s'entendre que des Apôtres présents (saint Paul sera élu d’une facon spéciale) qui ont entendu ce que Jésus leur a dit, demeurant avec eux; cf. après xvr, 45. — Le passage du Poimandrès XI (XIV), 2, cité par Bauer pourrait être une réminiscence de Jo : toëro rù yévos, & téxvov, où didéareter, GAN Bray din, Érb rod eoû évapuuvoxeta.

— Loisy voit ici une seconde « addition rédactionnelle, destinée à concilier l’évangile mystique avec les évangiles plus anciens » (p. 414). On y verrait tout aussi bien avec Wellhausen le fond primitif du discours, s’il y avait lieu de constater dans ce discours quelques surcharges. Il se peut d'ailleurs que Jean ait eu conscience que ces paroles autorisaient son témoignage, plus tardif que les autres, et son évangile où l'on a vu (C/ém. d'Al.) l'évangile spirituel. Thomas note ici : Quomodo enim evangelista Joannes post quadraginta annos potuisset omnium verborum Christi quae in evangelio scripsit habere memoriam, nisi ei Spirilus sanctus suggessissel? En faisant appel moins à la mémoire personnelle de Jean qu'à la suggestion par l'Esprit-Saint, saint Thomas s'en réfère sans doute à l’action de l'Esprit-Saint telle qu'on peut la déduire de ce passage, et qui consistait moins à rappeler les mots un à un qu’à faire pénétrer le sens profond de l’enseignement de Jésus.

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