‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 275 sur 326 · LEA · texte numérisé non relu

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trouble pas et ne s’effraye pas. #Vous avez entendu que je vous ai dit : Je m'en vais et je viens à vous. Si vous m'’aimiez vous vous

réjouiriez parce que je vais au Père, car le Père est plus grand que moi. Et maintenant je vous ai avertis, avant que cela n'arrive, afin

a) Les uns pensent qu’il a parlé précisément comme Fils distinct du Père, c'est-à-dire comme la seconde Personne de la Très Sainte Trinité. Origène {c. Cels. vin, 14.15; in Jo. vr, 23; vi, 25) et Tertullien (c. Prax. 9) semblent en avoir conclu à une réelle infériorité du Fils. Les Pères orthodoxes du 1v° s.,

. Athanase (Orat. c. Arian. 1, 58), Grégoire de Nazianze (Orat. 30, $ 7) ont nié une véritable infériorité, puisque le Fils recoit de son Père une nature égale à la sienne : si le Père recoit l’épithète de plus grand, c’est uniquement parce que c’est lui qui donne cette nature au Fils. Cyrille d'Alexandrie a admis cette vue à un moment (Thes. xt).

b) Mais dans son commentaire Cyrille a donné contre cette exégèse un

argument décisif. Ce ne serait pas précisément un sujet de joie pour les disciples dans la circonstance présente d'être informés — s'ils étaient à même de pénétrer le sens voilé de ces paroles — sur cet aspect particulier du mystère de la Trinité. Manifestement il s’agit des destinées de l'humanité de Jésus (Chrys., Aug., etc.). Cyrille est celui qui a le mieux compris que le Christ de Jo. ne parle jamais simplement comme homme, mais comme étant le Fils de Dieu incarné. En acceptant l'Incarnation, le Fils a accepté une situation inférieure à celle du Père, lequel est grand parce qu'il est resté dans sa gloire. Où .ne saurait donc lui objecter qu'il serait absurde de comparer l'homme à Dieu et de déclarer, ce qui est trop évident, que l'homme est inférieur. C’est bien un Dieu qui est comparé à un Dieu, quoique non point par rapport à la nature qui est la même, mais parce qu'il est homme en même temps. Il est vrai qu’il ne cessera pas de l'être, et que, même glorifiée, son humanité fera qu'il sera de ce chef toujours inférieur à Dieu. Mais du moins elle ne sera plus un voile aussi épais; elle ne l’exposera plus aux humiliations, aux outrages.

Loin que ce texte soit contraire à la divinité de Jésus, « il est sous-entendu que le Christ, par son origine céleste, est de nature divine, puisqu'il se compare au Père » (Loisy, #15). Il est sous-entendu aussi dans cet endroit, mais il avaït été dit déjà (x, 28, etc.) que le Père glorifierait le Fils. En un mot, ce n’est pas l'homme qui, parle (Zahn), c’est le Dieu incarné, et à cause de sa nature humaine, non point, comme dans l’autre système, à cause de ses rapports personnels avec son Père. ie

29) Les deux autres endroits semblables GE, 19 XVI, 4) sont relatifs à des épreuves douloureuses pour la foi; ke fait qu’elles ont été annoncées par Jésus est une raison de ne pas s'en scandaliser. Il doit en être de même ici. Ce qui risque de troubler les disciples, c’est le départ de Jésus : et dans quelles circonstances ! Mais ils se souviendront que leur Maître avait dit que C'était sa mission. Tel est le sens normal (Zahn, Loisy). Quelques-uns (Aug., Schanz) incluent dans la prédiction le retour auprès du Père; mais ce n'est

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