INTRODUCTION
tate de passione de resurrectione : de conversatione cum decipulis suis La ac de gemino eius adventu
primo in humilitate dispectus quod fo
25 jt secundum potestate regali pre ANSE clarum quod foturum est. quid ergo .
mirum si iohannes tam constanter sincula etia in epistulis suis proferam dicens in semeipsu quae vidimus oculis
30 nostris et auribus audivimus et manus nostrae palpaverunt haec scripsimus <{vo> bis sic enim non solum visurem sed et auditorem
\ sed et scriptorem omnium mirabilium dûi per ordi
3% ném profetetur.
On remarquera la longueur de cétte notice. L'évangile de Luc et les Actes n'ont chacun que six lignes. Le quatrième évangile a autant de lignes que les épiîtres de saint Paul : encore au cours de cette notice revient-on à Jean deux fois :
48 Apostolus paulus sequens prodecessuris sui iohannis ordinem non nisi nomenatim sepiere ecclesiis scribat,
57 et iohannis enimin a pocalebsy licet septem eccleseis scribat tamen omnibus dicit.
On voit donc d'un premier coup d’œil que l’auteur est surtout préoc- … cupé de Jean, et, — nous l’avouons volontiers, — afin de le défendre. Mais quoi de plus naturel, puisque ses écrits venaient de subir à Rome un assaut audacieux? Maintenant que nous connaissons les arguments de Caïus, nous pouvons le dire : c'est en partie contre lui et même surtout contre lui que le Canon de Muratori est écrit. Il proteste contre l'erreur de Caïus et la réfute. Ce qu'on regarde, parmi les notes consacrées à Jean, comme une parenthèse sur l'accord des évangiles, est précisément une réponse au principal argument de l'écrivain romain. Rien n'oblige donc à chercher d’autres opposants.
Sans faire allusion à une attaque directe, on y répond (lignes 46à 34) : L'autorité du quatrième évangile lui vient de sa qualité de témoin oculaire, si fortement attestée même dans les épitres du même auteur qui
est Jean. Et qu'on ne dise pas que ce témoin a vu et entendu, mais a laissé à d'autres le soin d'écrire : non, c'est bien lui qui a écrit (Jo. xxI, 24).
On dirait même que le ee répond précisément à la principale objection de Caïus. Pour montrer la contradiction entre Jo. et les autres évangélistes, il à insisté sur l'ordre différent des faits après le baptème.
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L'AUTEUR DU QUATRIÈME ÉVANGILE
Etc’est bien aussi ce que semble indiquer le Canon par les varia prin- . cipia. Qu'un évangile commence par une dédicace comme Lc., ou par ‘un prologue comme Jo., ou par une généalogie comme Mt. ou avec un seul titre comme Mc., ce n’est pas DOCERE principia varia. On peut en dire autant des thèmes du début : que l’on commence par la prédication de Jean-Baptiste comme Mc., ou par la nativité de Jésus, ou par celle du Baptiste, ou par l’incarnation du Verbe, ce n’est pas encore DOCERE principia varia (1).
La différence dans l’enseignement n'est notable etangoissante que si les faits sont racontés dans un ordre différent : ainsi la vocation des premiers disciples en Galilée ou sur les bords du Jourdain. Or, d’après l’auteur du Canon, Jean seul, comme témoin oculaire, a la prétention d'affirmer : il est l'écrivain des choses admirables (onueix) du Seigneur selon l’ordre, per ordinem profitetur; si les autres n’ont pas la même intention, il est clair qu’iln'y a pas de désaccord formel entre eux et lui et aussi que c’est à lui qu’il faut donner la préférence. Non seulement l'attaque contre Jean n’est pas justifiée : elle aboutit à le faire préférer pour l’ordre des faits, c’est-à-dire comme historien.
Et de même, lorsque le Canon affirme l'accord entre les évangiles, il insiste beaucoup sur les deux avènements. Y a-t-il donc sur ce point des différences entre les trois synoptiques? Elles ne sont pas d'une grande conséquence. Tandis que la critique moderne se complaîit à soutenir que Jo. a remplacé la parousie par un avènement intérieur du Christ et de l’Esprit-Saint. Cette difficulté a sans doute été notée de bonne heure, et c'est donc encore Jo. seul de son côté qu'il fallait déclarer d’accord avec les trois autres.
Tout cela (1. 46-34), le Canon pouvait le déduire d'une simple étude exégétique. Il en est autrement du début (1. 9-15). Si l'exégèse est encore à la base, on y ajoute une petite histoire, une tradition orale destinée à expliquer une particularité du quatrième évangile, cette sorte d’attestation qui lui est donnée à la fin par un groupe de personnes (xx1, 24). On pouvait se demander si l'évangile n'était pas en réalité l’œuvre d’un groupe? Et si le texte proteste trop fortement contre cette hypothèse, comment expliquer ce pluriel? Le Canon répond : ce pluriel s'explique parce que ce sont en effet plusieurs personnes qui ont sollicité Jean à écrire, et elles ont en quelque sorte garanti une œuvre qui était bien la sienne, recognoscentibus cunclis. Suo nomine à propos de l'auteur ne doit pas être serré de trop près, puisque Jean n'est pas nommé dans l'évangile. C’est une manière de dire que l’auteur prenait toute la respcnsabilité, les autres ne faisant que rendre hommage à la qualité de ses informations et à sa véracité. Sûrement aussi le Ganon jugeait.
(1) Contre Zaun, Gk. I}, p. #28
LXTV | INTRODUCTION.
que l'individualité de Jean était facile à découvrir sous le voile du disciple bien-aimé. Ge qui a étonné, c’est la présence d'André, l'un des apôtres. On en a conclu que le Canon a pratiqué une apologie «aussi maladroite et enfantine que possible, puisque le quatrième évangile se trouverait le plus ancien de tous et composé en Palestine avant la dispersion des apôtres (1). » À ce :
Le Canon dit : le quatrième évangile : ce n’est donc pas d après lui le plus ancien. L’on n’est pas en Palestine, mais bien en Asie, puisque Jean est entouré non seulement d’autres disciples (condiscipulis) mais encore de ses évêques (episcopis suis). Or les évêques de Jean ne peuvent être que ceux d'Asie, car ce sont ses lettres de Patmos aux sept églises qui ont fait naître l'opinion de sa surintendance sur des évêques, ses évêques. Il est vrai que plus loin (1. 4 ss.) le Canon regarde l’Apocalypse comme antérieure aux sept épitres de Paul à des églises déterminées. Mais cela prouve seulement qu'il tenait l'Apocalypse pour très ancienne (2), tandis que Jean ne s'était pas pressé d'écrire son évangile.
Les condiscipuli ne sont pas nécessairement des membres du collège des Douze. André seul est nommé Apôtre, ce qui d’ailleurs ne veut pas dire que Jean ne l'était pas : il était, d’après son évangile, quelque chose de plus, le disciple bien-aimé. Qu’André se soit trouvé en Asie à point nommé, nous ne voudrions pas le soutenir sur ce seul témoignage, mais, si ce n'est vrai, c’est bien trouvé, avec un sentiment très juste des relations spéciales entre André et un disciple anonyme, dans lequel on aura reconnu Jean avec raison (Jo. 1, 40 ss.).
La circonstance du jeûne et de la révélation accordée à André vaut ce que vaut l’historiette, et cette valeur dépend de l'écrivain. Nous ne voyons absolument aucune raison de l’accorder à Leucius Charinus, l’auteur prétendu des Actes de Jean (3). Ces Actes dans leur meilleur état (4) ne disent rien de semblable, et une hypothèse fondée sur leurs lacunes serait tout à fait en l’air.
S'il failait hasarder une autre conjecture quelque peu motivée, nous désignerions Papias. Un texte évangélique (Jo. xxr, 24) glosé par une tradition, c’est précisément sa manière. De plus, des deux fragments que nous possédons de lui sur Mc. et sur Mt., ce qui regarde Mc. se souderait très aisément à la seule ligne subsistante du Canon sur le second évangile (5). On remarque dans le Canon et dans Papias le même
(1) Loisy, 2° éd., p. 16.
(2) Sous Claude, avec l'opinion mentionnée par Épiphane, haer. LI, 33. (3) Avec Harnack, Chronol. p. 542, n. 2, contre Zahn en plusieurs endroits. (4) Ed. Bonnet. L'éditeur, quoique s'exprimant en termes obscurs, ne paraît pas favorable à une haute antiquité des Acta au moins sous leur forme actuelle. Nous avons absolument renoncé à en tenir compte quant à la tradition johannique.
(5) On sait qu'il n’a plus rien sur Mt.
L'AUTEUR DU QUATRIÈME ÉVANGILE. CAR
expliquer les différences sur l’ordre des faits. Jean, dit le Canon, firme avoir écrit par ordre. On n’en peut dire autant de Mc. (t), dit Papias : il se contentait de suivre la catéchèse de Pierre et écrivait certaines choses selon qu'il se les rappelait, Il n'a donc pas fout dit, ni suivant l’ordre [sed iuxta quod audierat a Petro in concionibus] (2)
quibus tamen interfuit, et ita posuil.
Au surplus, quand la glose évangélique remonterait à l'un des anciens de Papias, elle n’en serait pas pour cela au-dessus de toute critique. Ce qui a dû frapper l’auteur du Canon, c’est qu'elle lui permettait de répondre à Caïus. Re
Quoi qu'il en soit de la source du Canon (3), il ne représente nullement une tradition opposée à celle de l’Asie. C’est plutôt la tradition asiatique qu'il veut faire triompher à Rome, étant partisan de Jean jusqu’à ce point d'en faire un modèle pour Paul. C’est ainsi qu’une opinion aussi osée que celle de Gaïus aboutissait à une contradiction exagérée. Mais désormais la tradition s'imposait avec une telle certitude qu'elle ne devait plus être contestée jusqu’à la fin du xvitr° siècle.
Clément d'Alexandrie. Tout le monde.
FE Il serait superflu de citer les textes des Pères qui sont unanimes. Rap- 2 pelons cependant deux textes intéressants de Clément d'Alexandrie, comme se référant à une tradition reçue des Anciens (4) : tbv pévrot ’lwdyvnv Écyarov, cuvdévra 8rt tà cuuarue} êv vois ebayyehious dednlwTer, TPOTPATÉVEE End rov yopiuwv, TVEUUATL Oeopogndévra mveumatixdv morioat edæyyéhuoy, Que l’'évangile de Jean ait été le dernier, c’est aussi la tradition d'Irénée; qu'il ait été composé à la requête de personnes amies, c’est la tradition ; du Canon de Muratori. Mais le trait de l'évangile spirituel est d’une = pénétration qui fait honneur à ces anciens. Ne seraient-ce pas encore Lee Les anciens de Papias? C’est l'opinion de Heitmüller, qui n'est pas sans e vraisemblance. Seulement il eût dû en conclure que Clément, comme rénée et comme Eusèbe, lisait lui aussi dans Papias que le quatrième D évangile était l'œuvre du fils de Zébédée.
Érudit comme il l'était, Clément s'était informé sur la situation de et Jean en Asie. Voici comment il l’expose en tête de l'histoire du jeune bri-
AO SN pi M +
(1) Cf. Comm. Me. p. xx, Le. p. LXXXI- (2) On nous pardonnera cette tentative de restauration qui souderait Muratori à
Papias; {amen signifierait : du moins à celles auxquelles il assistait, (3) Si Papias parlait de la présence d'André en Asie, on s'expliquerait au mieux ce que ; nous avons lu dans Irénée sur Jean et les apôtres. (4) Extrait par Eusèbe (H. £. VI, 14, 7),des Hypolyposes. i ÉVANCGILE SELON SAINT JEAN. e
gand que Jean convertit (1): éxousoy u3fov où u5%ov, SA Brrx XGyov mot
vou +00 drosrokou raoadefouévoy «ai uvmun repukæyuévor. éteÎh yèp +00 ruséwvou rékeurfoavros Rd he Tléruou + micou merde ri rhv “Eyecov, érret raoaxa-
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Sac éxximoiec Soudouv x. +. À.
En Égypte on admettait donc, peu après Irénée, que Jean avait établi des évêques en Asie. Gela.est en parfait accord, de coïncidence,
une confirmation du séjour de Jean l’Apôtre à Éphèse. Toutefois nous tenons à répéter qu'il n'est pas aussi certain qu'il y ait écrit l'évangile.
. non de dépendance, avec ce qu'Irénée avait dit de saint Polycarpe. C'est "
Nous ne doutons pas qu'en effet Jean soit venu dans la province d'Asie,
à Éphèse, où il est mort. Mais y a-t-il vraiment écrit l’évangile ? Irénée
le dit (Æaer. TE, 1, 4), mais il a pu le conclure du séjour de Jean dans cette ville, et il ne dit même pas que Polycarpe l'y ait connu. D'autre part un texte de saint Éphrem à la suite de son commentaire
du Diatessaron s'exprime ainsi : Johannes scripsit illud (l'évangile) graece «
Antiochice, nam permansit in terra usque ad tempus Traiant 2).
Ce texte est'isolé, mais les Actes du martyre de saint Ienace {du rv° ou du v° siècle), font d'Ignace un condisciple de Polycarpe auprès de Jean: Éysyovetcav yèo radar maônral ro0 £yiou &rosrédkou ‘Iwavyou (3), et Jérôme a enregistré la même tradition dans sa chronique (4) : post quem {Jean) auditores eius insignes fuerunt papias hierapolitanus episcopus et polycarpus zmurnaeus et ignatius antiochenus.
Et cela encore n'a pas un grand poids. Cependant si Jean avait écrit
son évangile à Antioche, on s'expliqueraïit très bien et qu'Ignace s'en
soit si largement inspiré, et qu'il n'ait pas parlé à ceux de l'église d'Éphèse de Jean qui dès lors ne leur appartenaït plus en propre. On comprendrait aussi, comme l'a suggéré M. Burney (5), l'influence de Jean sur les odes de Salomon, dont la langue originale fut probablement le syriaque, et qui, par conséquent seraient originaires d’Antioche ou des environs.
Gela soit dit, non pas pour soutenir l'origine antiochienne, mais pour distinguer, dans une question de cette importance, ce qui est tout à fait certain et ce qui est seulement très probable ou plus probable (6).
(1) Quis dives salvabitur, XLIL 1 s.
(2) Traduction de M. Conybeare (Zn W, 1902, P. 193), plus littérale que celle de Moesinger, p. 286. ;
(3) Pe G.t. V, ec. 984.
(4) Éd. Helm, 4913, p. 493 s.
(5) The aramaïic origin. p. 129 ss., 171.
(6) L'origine antiochienne ne donnerait pas un milligramme de probabilité à la thèse
fantastique de M. Kreyenbühl qui attribuelle quatrième évangile au gnostique Ménandre: ef. RB., 1901, p. 453, et 1906. p. 495.
sa tige" À