LE RÔLE DU PARACLET : SES RAPPORTS AVEC LE FiLs
5) À propos de : où vas-tu?, il est très facile d’objecter « La demande a été bel et bien faite, et la réponse donnée dans le précédent discours » (xur, 36; xiv, 3. 28), comme dit Loisy (p. 429). Les uns en concluent que ce morceau n’est pas du même auteur (Wel!h.); les autres que Jo. ne se soucie pas beaucoup de la forme (Bauer). Il y a du vrai dans ce dernier mot. Lorsqu'un manque d'harmonie et de suite dans les mots est tellement évident et facile à relever, il ne faut pas le pousser au noir pour conclure à un rédacteur qui l'aurait évité, mais chercher à comprendre la pensée de l’auteur exprimée sans précaution ni artifice. Le texte de Loisy nous fournit la vraie solution : la réponse ayant été donnée, on comprend que la question ne se pose plus. Le premier discours (xiv) était surtout dirigé contre le trouble; celui-ci est une consolation dans la tristesse. C’est une nouvelle situation, exprimée par vüv dé qui ne . contraste ni avec &€ dpyñs (Bauer), ni avec pue0” duüv Aunv (Schanz), mais inaugure une période (xvu, 13), et qui pour le sens gouverne tout ce qui suit,
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Gui jusqu’à l’apodose aXké. « Maintenant vous ne me demandez pas » équivaut à : « vous ne me demandez plus... » Sur ce point ils sont fixés; le trouble intellectuel est du moins en partie dissipé, mais il reste la tristesse.
DE v. 6) Il est donc acquis que je vais vers mon Père : vous en (raÿra) êtes attristés, | c'est à tort. Le reste suit naturellement. Les disciples ne comprennent pas que ITA c'est dans leur intérêt que Jésus remonte vers son Père. C'est le sentiment perpétuel de ceux qui assistent à la mort des saints. Saint Dominique lui aussi répondit aux siens qu'il leur serait plus utile auprès de Dieu.
È 7) Il faut que Jésus parte pour envoyer le Paraclet, qui se trouve là où il Va, es auprès du Père : c'est ce qu'il à déjà annoncé (xrv, 46 s.; 26; xv, 26). Dans
les deux premiers endroits, c'était le Père qui l’envoyait, conformément au but
de ce discours, qui était d’insister sur l’unité du Père et du Fils. Mais pourquoi
le Fils glorifié n’eût-il pas pu demeurer sur la terre et donner cependant
son Esprit? — C'est le secret de Dieu. On entrevoit seulement une certaine
antinomie entre la présence sensible, localisée de sa nature, et la présence
spirituelle universelle. De plus, de cette autre manière il semble bien qu'il
eût fallu changer complètement le plan du salut, qui est dans l'exercice de
la foi. Jésus incarné lui laïssait libre carrière, glorifié il l’eût remplacée par une
évidence. Il devait donc disparaître; mais l'Esprit continuerait son œuvre,
invisible, secours pour la foi, et lui-même objet de foi. Son rôle sera double,
comme il va être indiqué : par rapport au monde (8-11) et par rapport
aux disciples (12-15), quoique dans les deux facons ce soit dans l'intérêt des Le disciples.
$ 8) Ces paroles, en dépit de l'explication qui en est doñnée aussitôt, ont
toujours paru très obscures. Aujourd'hui cependant tout le monde est d'accord,
du moins sur les grandes lignes (Schanz, Loisy, Bauer, Durand, etc.). Tout
d’abord le principe est posé. On dirait, non pas d'un tribunal d'appel, mais de
l'appréciation qu'il’ faudra porter sur l'événement capital qui va se passer,
c'est-à-dire le jugement du Christ, renié par sa nation, et sa mort voulue par
— Satan qui avait suggestionné le traître. On se demande donc qui a eu tort ou
qui a péché, — et qui a raison, qui avait pour soi la justice, — que penser en
somme du jugement déjà rendu? Il y a eu un accusateur, qui croit avoir déjà
gagné sa cause, c'est le monde, qui doit être comme précédemment le monde
vous ne me demande : Où vas-tu? 6Mais parce que je vous ai parlé ainsi, la tristesse a rempli votre cœur. ? Cependant je vous dis la vérité : 1l vous est bon que je m'en aille. Car si je ne m'en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous; mais si je pars, je vous l’enverrai. $ Et quand il sera venu, il mettra le monde dans son tort à propos de péché, et à propos de justice, et à propos de jugement : à propos de péché, parce qu'ils n’ont pas cru en moi; {à propos de justice, parce que je vais vers le Père, et vous ne me voyez plus;
juif, le seul qui soit vraiment responsable de la condamnation de Jésus. Rien n'empêche d'appliquer le même raisonnement à tous les hommes qui imiteront l'attitude des Juifs, mais ils ne sont pas directement visés. Quelqu'un vient, et c’est le Paraclet, ici spécialement dans le rôle qui convient le mieux à l’étymologie, celui de défenseur, mais de défenseur qui prend l'offensive. Il convaincra (ëkéy£a) le monde, ce qui ne veut pas dire qu’il le persuadera, mais il fera la preuve qu'il a eu tort, non seulement devant le Juge suprême, mais au regard de ceux qui sont de bonne foi et de bonne volonté : en fait ceux-là sont ou devraient devenir des croyants, — sauf à faire la part de l’illogisme. — Il n’y a dans Sap., 1, 5 qu'un vague pressentiment du rôle de l’Esprit-Saint comme préservateur de raisonnements insensés. Dans Testament de Juda, cité par Bauer (xx, 5) ro nvcdua tüs GAnÜelas zxarnyopei névrwv (ou paprupet révrz xl xatmyoesi) est une allusion au témoignage de la conscience.
9) Le péché des Juifs est de n'avoir pas cru (cf. mr, 195s.; vin, 46 s.; 1x, 1; xv, 22) en celui qui venait de la part de Dieu et qui était la Lumière. Cette incrédulité sera encore plus tard leur péché, et leur tort apparaîtra clairement lorsque l’Esprit-Saint communiquera ses dons aux croyants de la gentilité (gi Gal. ur, 2).
10) Qui donc avait la justice, qui était le juste par excellence, si ce nee Jésus, comme le prouve son retour à son Père? Mais comment ce retour est-il lui-même prouvé dans son caractère surnaturel spécial, si ce n'est parce qu'il à envoyé l'Esprit? L'Esprit l’affirmera par ses organes, comme Etienne : éxépyww dè rlfons mvsbuaros Gyiou ...sidev D6Eav Oeod xaÙ ’Inooëv Éctüta ë» Debtüiv toù Oeoë (Act. vu, 55). Aussi bien les Apôtres aimaient-ils à rendre hommage au Juste (Act. mr, 143 xxut, 145 I Pet. ur, 18). Le fait même que le baptême était donné dans l’Esprit-Saint, et les manifestations de l'Esprit accompagnant la foi, rendaient témoignage à Jésus (Act. x, 17). — Ce qu'on ne voit pas clairement, c'est pourquoi Jo. ajoute xat oûxére Dewpeiré ue. Le présent ne prouve pas (contre Loisy} que l’auteur soit assez simple pour avouer qu'il pense aux chrétiens de son temps; Jésus a pu dire « vous ne me voyez plus » pour marquer l'imminence de son départ. Mais qu'importe à sa justice que les disciples ne le voient plus? fl faut donc prendre ces mots comme un simple complément qui caractérise la situation créée par le départ du Christ: peut-être y a-t-il celte nuance : la privation qui vous paraît douloureuse fait partie des conditions exigées pour l’action de l'Esprit.
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41) Au sujet du jugement, les Juifs croient l'avoir définitivement rendu contre le Maître et en accabler ses disciples, mais l'Esprit montrera qu’en réalité c'est le prince de ce monde (cf. xiv, 30) qui a été condamné. On aura encore à lutter contre ses suppôts (Eph. vi, 12), mais il a perdu la partie (cf. xn, 31), et précisément parce qu’en trainant Jésus à la mort il a contribué au salut du monde (Eph. n, 2-10). Ce n’est pas que Satan soit le chef du monde ancien y compris la législation mosaïque. Jo. est bien persuadé qu'elle est d'origine divine; mais Satan a voulu interrompre l'œuvre qui conduisait au Christ; les Juifs se sont laissés persuader par lui, ils sont devenus ses fils (vu, 44), si bien que dans sa condamnation ils sont eux-mêmes frappés, et que l'Esprit pourra, même en cela, les convaincre de leur tort.
12-43. Le second rôle du Paraclet. C'était déjà pour les disciples une grande cause de joie, eux chargés de continuer l’œuvre du Christ, de savoir qu'ils y seraient aidés par l’Esprit-Paraclet. Et comme cet Esprit devait demeurer en eux (xiv, 16), ne devaient-ils pas comprendre que le Paraclet se servirait d'eux pour convaincre le monde? I serait donc leur Maître dans la vérité : c'est ce que Jésus va dire d’une manière plus claire et positive, revenant ainsi sur la doctrine de x1v, 26.
12) Quelques auteurs (Schanz, Kn.) semblent croire que Jésus fait allusion à des vérités nouvelles, qu'il n’a pas encore révélées, et ils en tirent un argument en faveur de la tradition, seconde source de la doctrine enseignée par l'Église. Augustin jugeait téméraire de chercher quelles étaient ces choses que les disciples ne pouvaient pas d’abord porter. Celles qu'on à cru pouvoir indiquer, et certes,sans témérité, à la lumière des événements (Todet), peuvent plus ou moins se rattacher à une vérité enseignée par le Seigneur; cela dépend de l'extension plus ou moins grande qu’on donne au terme implicite, pour désigner une vérité qui en contient d’autres en germe.
D’autres entendent roAké d’une explication plus complète des mêmes vérités. La vérité, même religieuse, est toujours en marche, ce qui ne veut pas dire qu'elle cesse d'être ce qu'elle a été : elle se développe. Jésus voulait mettre ses disciples en garde contre une rigidité dans leur enseignement qui eût été en opposition avec tout le mouvement normal de l'humanité. On objecte ce qu'il vient de dire dans xv, 15; mais dans la pensée de l’auteur, sa première formule doit être entendue avec la restriction de la seconde; toutefois cette réponse est beaucoup plus solide si la première partie du second discours visait originairement une situation différente; telle où Jésus a révélé tout à ses disciples, c’està-dire tout ce qu'on dit à ses amis, par opposition aux autres.
à propos de jugement, parce que le prince de ce monde est jugé. J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, que vous n'êtes pas en état maintenant de porter; mais quand il sera venu, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière, car il
— roXdà Eyeuv, ef. II Jo. 423 III Jo. 13; Denys d’Hal. 1x, 30,4 Eywv Ext rAclw Xlyeuwv, raoouat. — Pasrékew supporter comme un joug, dans Act. xv, 10; supporter avec les forces que l’on a, dans Épict. 11, 45, 9 &vôpwre, oxéat rpëtov ti lot +0 mpëyua, eîra ai rhv cauroë pÜaiv, té Dévacat Basréout. C’est le sens ici. Si les disciples ne peuvent recevoir utilement plus de vérité, la faute n’en est pas à la douleur, mais au point de capacité intellectuelle et morale où ils en sont. |
13) La critique textuelle n'est pas sans importance pour le sens. Il est clair qu’il ne faut pas lire avec la Vg. docebit vos omnem veritatem, car docebit rend mal 65myfost. Mais faut-il lire ëv 1% &hnüelx réon ou eis Thv &hhBetav rävav (ou sis räsay thv Afôev)? Le datif s'appuie sur N (sans réon) D L W 6 cinq ou six cursifs, b e ff? L arm. Nonn. Aug.). L'accusatif avec els t. a. x. Sur À B Y, Orig. Didyme, Eus. Cyr. de Jér. — avec €. x. t. «. la masse des mss. Bas. Epiph. Chrys. a fg m q Tert. Novat. Hil. La tradition mss. et patristique est donc pour l'accusatif, qui est aussi recommandé par le sens : on ne conduit pas dans le cercle de la vérité, mais vers une vérité toujours plus complète. Le fait que ednysiv est souvent employé avec ëv (Neh. 1x, 19; Ps. v, 9; xxvi, 41; CxvuI, 35; cxLu, 40; Sap. 1x, 41; x, 10. 17) ne prouve pas que Jo. ait écrit de la même manière, mais expliquerait la propension des copisies; d'ailleurs on dit aussi (Ps. xxiv, 5) 6dfypnodv pe Ent Thv akhetéy sov, tandis qu’on ne trouve pas ëv tf àAnbeia. Si la vérité se présente dans cette image comme un terme, ce n’est pas qu’elle ne se trouve d’une autre façon au point de départ. Le datif pourrait être une correction quelque peu pédante destinée à bien établir que la vérité où conduira l'Esprit est déjà celle du Christ : précaution inutile étant donné ce qui suit.
Lors donc que le Paraclet sera venu, et il est ici qualifié Esprit de vérité, ce qui coïncide exactement avec son rôle, il servira de guide pour la conquête de la vérité. D’après le second système, c'est la vérité toujours mieux connue, s’offrant tout entière à l'investigation sous l’action de l'Esprit, quoiqu'elle ne soit jamais enregistrée et promulguée tout entière comme un résultat acquis (ets avec l’acc.). Ce sera bien le cas des apôtres, mais la perspective est indéfinie (Calmes, Tillm., Durand).
Si, du contraire, on pense avec la première opinion que le discours ne s'adresse qu'aux Apôtres, mäsav indiquera que désormais la révélation est à son terme. Avec le dernier Apôtre le Saint-Esprit aura dit fou ce que Dieu voulait révéler. Il n’y aura plus de révélation officielle nouvelle. C’est d’ailleurs ce que les deux opinions admeltent comme clairement enseigné par le Concile du Vatican (Const. Pastor aeternus, Denz.10 n° 4836) : Neque enim Petri successoribus Spiritus sanctus promissus est, ut €0 revelante novam doctrinam patefacerent, sed ut, eo assistente, etc. cf. dans le décret Lamentabili la proposition 21 condamnée (Denz.
et 2 "N = 2e RES Cou &xoûcer Aahoet, nai Tà Épyoumeva Gvxyyshet buiv. TlhExeïvos Ep LA
«a + =. 1 % , > SUN + et x doËdger, ot x tToù mon Afberar nat avayyehst dpiv. Tavra ox Eye à
rarhp pd éstiv' 15 à robro eîmov Ote Ex où Éo5 Aaufaver at àvayyenet
2021) : Revelatio, obiectum Fidei catholicae constituens, non fuit cum Apostolis completa.
Ce n’est point ici le lieu de montrer comment l'A. T. avait préludé à cette -doctrine sur l’Esprit-Saint : Dieu l’avait placé parmi son peuple : 6 Getç Ëv adrote ro rveôpa td &ytov (Is. Lx, 41) ; spécialement il était descendu pour les conduire : 2atéôn rvedua rapa Kupiou xal bôfynoev adroûs (Is. Lx, 14), et plus spécialement encore, pour enseigner au Psalmiste à faire sa volonté (Ps. cxzu, 10). Cet enseignement avait été naturellement reproduit par Philon (de vita Mos. 11, 265; IL, 176) : 6 yap voës oùx dv oftws edaréxms edu6dAngEv, el ph at Deïoy fv rveüua +d rodnyetobv npoç adriv Thv ak nüetav (cf. de gigant. 55; I; 270). — Au lieu de reconnaître que Jésus assigne le même office à l'Esprit, et d’une facon bien supérieure, dans l’effusion qui devait être un des caractères des temps messianiques, M. Loisy voit ici encore une adroite précaution de l'auteur du IVe évangile, mspiré par un sentiment qu'on n'attribue ordinairement qu'à des aigrefins : « L'auteur se rend suffisamment compte de la différence qui existe entre la théologie johannique et l’enseignement attribué à Jésus par la tradition apostolique. Ge qu’il dit de l'Esprit doit expliquer cette différence : la théologie johannique est une interprétation de l'Évangile qui a été suggérée par l'Esprit » {p. 432). Ce qui est vrai c'est que des hérétiques se sont appuyés sur ce passage pour justifier leurs innovations ; mais ils ont parlé clairement (Aug. xcvr, 5).
Jean lui-même aurait-il eu l'idée d'interpréter la doctrine de Jésus dans l’Esprit, si Jésus n’avait fait cette promesse qui accomplissait si bien les anciennes prophéties? D’ailleurs si le sentiment des convenances et du devoir interdisait à l'évangéliste de prêter au Sauveur en les présentant comme de l'histoire des paroles qui ne fussent rien autre chose que sa propre interprétation, il avait certainement reçu le don de cette pénétration spirituelle qui est le caractère de son évangile.
43b) C'est ici seulement qu’on peut mesurer la portée de 60nyAost qui, en soi, peut signifier aussi bien une révélation nouvelle qu'une pénétration plus approfondie d’une vérité déjà révélée. L'Esprit ne parlera pas de lui-même, c'’est-àdire qu'il n’apportera pas une doctrine qui lui fût propre : la doctrine ne sera pas nouvelle en cela du moins qu’elle ne sera pas étrangère à la Révélation déjà faite par le Fils. Lui non plus ne parlait pas de lui-même (vu, 47; vin, 26. 40; xt, 49 s.), mais disait ce qu’il entendait dire au Père (spécialement vx, 26. 40). 1 semble que c’est aussi le cas du Paraclet qui est venu ou qui procède du Père (xv, 26). Cependant peut-être Jo. a-t-il à dessein laissé le verbe éxoioc sans régime d’origine, avant de s'être expliqué sur les rapports du Fils avec YEsprit. Nous lisons à&xobce, mieux soutenu par les mss., et qui es£ bien dans la situation puisqu'il s’agit d’une mission temporelle future. Les Pères raisonnant sur la procession éternelle en ont été plus ou moins choqués, et c’est sans doute la raison de la variante äxobet.
Parmi les choses qu’enseignera l'Esprit, il faut compter celles de l’avenir. C’est
ne parlera pas de lui-même, mais il redira tout ce qu’il entendra, et il vous fera connaître les choses futures. !# Lui me glorifiera, car il prendra du mien, et il vous [le] fera connaître. Tout ce qu'a le Père est à moi; # voilà pourquoi j'ai dit qu’il prend du mien et qu'il vous [le] fera connaître.
une promesse faite aux Apôtres d’abord; c'est aux Apôtres qu’il parlera, et il
leur révélera aussi l’avenir, ce qui les range parmi les prophètes. Le prophète
qui a vu les choses à venir est tout d’abord l’auteur de l’Apocalypse.
414) L'identité essentielle de l’enseignement de l'Esprit et de l’enseignement de Jésus serait déjà garantie s'ils ont la même source, c’est-à-dire le Père. Mais il y a plus : l'Esprit est aussi en relation avec le Fils. Le Fils incarné qui est Jésus glorifie le Père en faisant son œuvre (x, 28), de même l'Esprit glorifiera le Fils en annonçant les vérités reçues de Lui. Ce sont donc bien essentiellement des vérités qui ne peuvent être en désaccord avec la doctrine du Fils. If faut pourtant admettre que le rôle de l'Esprit ne sera pas inutile. En somme il est possible qu'il enseigne aux Apôtres des vérités nouvelles, venues du Fils, maïs qui n’auraient pas encore été révélées par lui. C’est ce que semble indiquer le mot «annoncer », ce qu'admettent de nombreux théologiens, et ce qu'ils croient enseigné par le Concile de Trente et plus clairement par le conèile du Vatican : Haec porro - supernaturalis revelatio…. continetur in libris scriplis et sine scripto traditionibus, quae ipsius Christi ore ab Apostolis acceptae, aut (ab) Apostolis Spiritu sancto dictante quasi per manus traditae, etc*(Denzinger 1°, no 1787) ; cf, Bainvel, dans le Dict. de Théol., Art. Apôtres, p. 1657.
45) Mais telle est l'unité du Père et du Fils qu’il faut maintenant le reconnaître : tout ce que l'Esprit a recu du Père, il l’a aussi reçu du Fils, car le Fils a tout ce qu'a le Père. Ces mots sont ce que le N. T. contient de plus expressif sur l'unité de nature et la distinction des Personnes dans la Trinité, et spécialement sur la procession de l’Esprit-Saint. Cependant ce qui est marqué directement n’est pas la communication de l'essence divine à l'Esprit-Saint, mais la communication des vérités à révéler, qui sont d’abord, d’après le dessein de Dieu, confiées au Verbe Incarné (Til.) Cette harmonie dans l'action des trois Personnes divines est fondée en dernière analyse sur leurs relations mystérieuses au sein de la divinité (T#/L.), ou comme dit le R. P. Durand (1911, p. 34%). « Bien qu'ici encore, il soit directement question de la mission temporelle confiée à l’Esprit-Saint auprès des Apôtres.. c'est avec raison que la théologie chrétienne a fondé sur ces deux versets la doctrine de la procession qui unit l'Esprit au Père et au Fils. » Il est clair que si la mission est une indication sur la relation des Personnes, l’Esprit-Saint procède du Père et du Fils, et non du Père seul.
__ Tout se termine par la répétition une troisième fois de avayyskeï qui semble bien marquer la révélation d’une chose inconnue, comme sont dans le premier cas les choses à venir.
— XauBéve au présent parce que la perspective est immuable, tandis que Afperau était ordonné à la mission.
ÜpLiv. 16 Mrxpoy nat obnérr Gewpetté ue, vai makw puxpèv naè
Conclésion sur les passages relatifs au Paraclet. Hs se trouvent x1v, 46, 47. 26.; xv, 26; xvr, 7-45. On se demande si la promesse de Jésus s'adresse aux Apôtres et à leurs successeurs ou même à tous les fidèles, ou aux apôtres seuls exclusivement. Il faut d'abord mettre à part xiv, 16. 17, promesse d'habitation de l'Esprit-Saint dans toute âme ayant la charité, et qui se prolonge à jamais. xv, 26 est une promesse spéciale d’assistance dans les persécutions, qui semble bien devoir s'étendre à tous céux qui rendront témoignage au Christ. Il reste xrv, 26et xvi, 7-15, spécialement 12-15, relatifs à l’enseignement. On voit déjà par cette variété d'objets que ces textes ne doïvent pas être commentés trop strictement l’un par l’autre, d'autant que dans les deux derniers Jésus s'adresse très spécialement à ses Apôtres, puisque l’enseignément portera sur ce que Jésus leur à dit (xiv, 26), et sur des choses qu'ils ne peuvent entendre dès ce moment, mais qui leur seront indiquées plus tard (xvr, 12 ss.).
Il est donc parfaitement clair que Jo. avait en vue des lumières nouvelles qui seront accordées aux Apôtres. L'enseignement personnel de Jésus sera complété où du moins interprété en une large mesure par celui de l'Esprit-Saint, dans la personne des Apôtres. Mais ce don est-il exclusivement limité aux Apôtres? Jo. ne le dit pas, comme Mt. ne parlé pas non plus des successeurs de Pierre, et cependant l'Église enseigne qu'ils participent chacun à son tour aux prérogalives qui lui ont été concédées (Mt. xvi, 17 s.). Plusieurs exégètes et théologiens procèdent ici de la même manière, et citent les deux textes pour prouver l'infaiibilité de l'Église, grâce à l'assistance’ de l’Esprit-Saint. D'autre part, on lit, par exemple dans le manuel du R. P. Simôn (Prael. bibl., N.T. I, 2e éd., p. 538): Haec verb&.….…. afferunt generatim Dogmatici ad demonstrandum revelationis depositum tempore Apostolorum impletum clausumque esse. Nous ne voyons pas comment les mêmes textes pourraient prouver à la fois que le dépôt de la révélation est clos, et que FÉglise est assistée du Saint-Esprit pour le conserver intact. Les deux points se complètent admirablement, mais le premier suppose que Jésus s'adresse exclusivement aux Apôtres, le second qu'il envisage leurs successeurs.
Autant que nous voyons, Jo. à insisté très fortément sur le privilège person nel des Apôtres, jusqu'à permettre de conclure qu'ils ont appris de l'Esprit Saint des vérités nouvelles, mais sans s'exprimer clairement sur ce point, et sans exclure l'extension de cet enseignement par tradition à ceux qui suivront.
L'Église a défini que le dépôt de la révélation a été clos avec le dernier des Apôtres, mais sans dire sur quels arguments elle s’appuyait : d'autres ne faisaient pas défaut. De plus, en mettant sur le même rang, semble-t-il, les vérités sorties de la bouche du Christ et celles qui ont été dictées par l'Esprit-Saint aux Apôtres, elle nous autorise pleinement à voir dans les textes de Jo. une révéla tion vraiment nouvelle, maïs elle n’affirme pas que ce soit leur sens.
Ce qui résulte avec évidence des textes scripturaires et conciliaires, c’est que tout ce qu'ont enseigné les Apôtres fait foi, sans qu’il soit le moins du monde nécessaire que leur enseignement ait été fixé par écrit.
En somme, il nous paraît plus probable que les textes de Jo. doivent être enten-
16 Encore un peu, et vous ne me voyez plus, et derechef encore
dus dans le sens d’une assistance perpétuelle de l'Esprit-Saint à l’Église dans l’ordre de la vérité.
C'est du moins ce qu'ont enseigné Augustin et Cyrille qui renvoient tous deux à Eph. 1, 47 ss., ce que supposent Chrysostome et Thomas.
Quant au caractère des vérités enseignées aux Apôtres, Jo. a voulu insister surtout sur leur identité substantielle avec l'enseignement de Jésus. On nous exeusera de ne pas entrer davantage dans une question extrêmement difficile. On est convenu d'appeler nouveau ce qui n’est pas contenu implicitement dans une vérité déjà connue. Mais on sait que saint Thomas a regardé les vérités du N. T. comme contenues implicitement dans l'A. T. Et les théologiens qui n’admettent depuis les Apôtres aucune révélation nouvelle officielle se demandent si l'Église ne pourrait pas définir comme dogme de foi conclusionem theologicam solum virtualiter-connexive revelatam (cf. GarriGow-LaGRANGE, De revelatione, E, p. 189). Ce n’est pas dans les textes de Jo. qu'on trouvera la réponse à cette question.
16-24. BIENTÔT LA JOIE DU RETOUR REMPLACERA LA TRISTESSE. — Le retour a été traité dans xiv, 3.18.19; la joie indiquée dans xv, 28, mais sans allusion au retour. lei le thème de la joie des Apôtres au retour prochain de leur Maître est nettement traité, au moyen d’une comparaison parabolique. La ressemblance avec le ch. x1v, 18 ss., est surtout très marquée au début, où la promesse du retour suit la promesse du Saint-Esprit, avec le mot p:p6v pour le départ (x, 19 et xvr, 46). Mais de plus il semble bien que le thème de là venue est le même. Dans x1v, 18-20, nous avons reconnu l'annonce des apparitions du ressuscité aux Apôtres; cela est encore plus net dans xvi, 22 s., avec la réplique ëv Exeivn rh quépe (uv, 20 el xvr, 23). Il est vrai que dans xIV le caractère mystique de la venue chez tous ceux qui aiment est très nettement marqué (xwv, 21-23) pour le temps qui s’écoulera ensuite sur la terre, tandis que xvi, 25 semble insinuer une plénitude de lumière qui indiquerait la vie éternelle, puisque, après la Résurrection, les Apôtres ont posé des questions, d'après Jo. lui-même (xxr, 24). Mais ce petit serupule doit céder au principe si clair de la lumière donnée par lEsprit-Saint. Tout le temps qui suivra la venue de Jésus sera un temps de pleine lumière et de joie comparé à la tristesse actuelle. La gloire éternelle n'est pas dans la perspective, puisque ce passage se termine par la recommandation de la prière, comme dans xtv, 41-43. — Il reste néanmoins cette différence avec le ch. x1v que si la perspective est indéfinie quant à son terme, elle est plutôt restreinte aux disciples alors présents.
16) L'exégèse de ce v. a été quelque peu brouillée par la présence de l’addition à la fin de ot: vrayw mpos ToV TaTépz quia vado ad Patrem, qu'il faudrait rayer de la Vg. avec NBDL (ajoutez W) et a b d ff? r sah. boh. Sans ces mots l'allusion à la résurrection est devenue pour nous très claire; la Séparation aura lieu par la mort de Jésus, mais, après un court intervalle de temps qui va de la mort de Jésus aux apparitions, les disciples le verront de nouveau. Cest le sentiment des Pères grecs (contre Mald. : de l’Ascension à la fin
du monde !.
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18. tt eott Touto o Àcyet puxpov (H) et non zouro w eott vo uixpov (S) Où touto tt sctiv o Aeyet ro puxpov (TV). à /