‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 290 sur 326 · exere (THV) et non ekete (S); — ape (TSV) ou apet (H · texte numérisé non relu

exere (THV) et non ekete (S); — ape (TSV) ou apet (H

17) Ce n'était pas clair pour les disciples. Ce qui achève de les embarrasser, c'est qu’ils rapprochent une autre parole : « Je vais à mon Père », qui semblait faire allusion à une séparation définitive. Il n'est pas nécessaire que ces derniers mots aient été sur le moment même pronencés par Jésus (ce qu'a sans doute estimé la masse des copistes), puisqu'ils avaient été dits équivalemment (5 et 10).

18) Peut-être en somme se sont-ils souvenus que Jésus avait promis de revenir les chercher (xiv, 2.3) : mais quand? Le temps qui suivrait son départ serait-il si court? C'est cela surtout qui les étonne. C'est aussi ce qui est le mieux exprimé par la leçon de H soutenue par BLV 121 al. pauci, Or. Cependant l’autorité des mss. semblerait exiger l'addition de l'article : ro (uexpdv), ce qui ne changerait guère le sens, non plus que la suppression de 5 Aéyer (K D Ox. 1781).

19) Selon son habitude, Jésus ne répond pas à la difficulté des disciples sous la dernière forme précise qu’elle a dans leur esprit. Il les exhorte plutôt à s’abandonner aux desseins de Dieu, leur promettant fermement que leur tristesse sera changée en joie, car la tristesse du départ est effacée par la joie du retour.

20) Que les disciples ne se fassent pas illusion : ce qui s'annonce, ce sont des heures de tristesse pour eux, et par opposition de joie pour le monde, c'est-àdire encore une fois pour les Juifs qui croiront s'être débarrassés de lui. Mais leur tristesse sera changée en joie, non pas seulement en espérance, parce que l'affliction est le gage d’un sort meilleur (Mt. v, 4; Le. vi, 23), mais par une réelle transformation. Tel fut bien le cas après la résurrection (xx, 20).

21) Cette comparaison est très naturelle. On cite de nombreux textes de LA. T. qui parlent des douleurs de l'enfantement par manière de comparaison

ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, XVI, 22. se 497

un peu et vous me verrez. » {’Quelques-uns de ses disciples se dirent donc les uns aux autres : Que signifie ce qu’il nous dit : Encore un peu et vous ne me voyez plus, et derechef encore un peu, et vous me verrez? Et : Parce que je vais à [mon] Père? # Ils disaient donc : Qu’entend-il par encore un peu? Nous ne savons ce qu’il veut dire. {Jésus connut qu’ils voulaient l’interroger, et il leur dit : « Vous vous enquérez les uns auprès des autres parce que j'ai dit: Encore un peu et vous ne me voyez plus, et derechef encore un peu et vous me verrez? ® En vérité, en vérité je vous [le] dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, mais le monde se réjouira; vous serez accablés de tristesse, mais votre tristesse se changera en joie. 2! La femme, au moment d'enfanter, éprouve de la tristesse, parce que son heure est venue; mais lorsqu'elle a donné le jour à l'enfant, elle ne se souvient plus de l'oppression, dans la joie de ce qu'un homme est venu au monde. ??Et vous donc, vous avez main-

(Is. xt, 8; xx1, 3; xxVI, 17 S.; LXVI, 7; Jér. xt, 21; xx, 23; Os. xur, 13; Mich. iv, 9 s.; cf. IV Esdr. xvi, 39 s.), et cependant aucun n'offre précisément ce contraste de la douleur et de la joie, si ce n'est peut-être Is. xxvi, 48 ëv yasxç} EXdSopey xai Dovoapev 2al ÉtétOUEV" rvEbpa gwrnpias cou ëroujoauev, mais seulement d’après le texte grec, car l’hébreu porte : « nous n’avons pas donné le salut », évidemment exigé par le contexte. D'ailleurs tout est tiré de l'ordre naturel : à yuré « la » femme -qui est dans ce cas, une femme quelconque; il n’y a là aucune allusion aux douleurs de l’enfantement (@0ive) qui précèdent les dernières persécutions d'après Mc. (xn, 8; ef. Mt. xx1v, 8) et qui sont, d'après la tradition juive, la douleur du Messie (cf. Le Messianisme… p. 186). — La comparaison étant tirée de la nature, le bouos est ici le milieu dans lequel vit une famille, sans allusion spéciale au judaïsme. La femme ne se réjouit pas d’avoir un enfant, mais d’avoir donné un homme à la société : c'est sa contribution au bien général.

22) L'application se fait d'elle-même. Les disciples sont déjà dans la tristesse (éxere, mieux soutenu que f£ere) : c'est la première période qui durera, en empirant, jusqu’au ré du v. 47. Mais tandis que Jésus disait alors : vous me verrez, il dit : je vous verrai, car c’est bien lui qui viendra vers ses disciples. La joie inamissible a fait penser Mald. à l'éternité. Jésus dit seulement que personne au monde n’a le pouvoir de l’arracher à un cœur qui aime Dieu. — La leçon alex au présent est un peu mieux soutenue que le futur àpeï. Elle est aussi mieux en harmonie avec le caractère absolu de la proposition. Le caractère eschatologique du passage paraîtrait mieux s'il était une réminiscence d'Is. LI, 14 xaÙ dYeoe, xai xapioarat h xapdia bp, cependant la perspective n'en serait pas mieux déterminée pour cela, ces termes devant être appréciés dans Jo. d’après leur contexte.

dè Gpouar dpas, at yaphsetar dv à xapdla, vai Tv yapav budv oÙùDelc 4 1 ‘ - 2 aiper àp dbuoüv. Bxat ëv Exelvn T9 fuéox EuÈ oùx Épurnoere oùBév" uv 2 4 CI K4 7 x z 1 e 3 où ‘À ‘À »

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232) Dans ce jour-là, comme xiv, 20, c’est-à-dire au jour de la Résurrection. Mais il s'étend indéfiniment, et comprend sûrement, outre le retour du Christ, le don de lEsprit-Saint. On a voulu entendre ce jour de l’éternité (Mald.}) d'autant qu'après la résurreclion les disciples ont posé des questions (Act. 1, 6; Jo. xxt, 21). Pour éviter cette difficulté on a pris épwrä dans le sens de prier, en liant les deux parties du verset; Chrys. : « vous n’aurez plus besoin d’un médiateur ». Mais si le verbe peut incontestablement avoir ce sens (comme en latin rogare), et s’il l’a dans Jo. (1v, 31.40.47; xiv, 16; xvr, 26; xvir, 9. 45. 20; xix, 31.38) il a aussi le sens de questionner, aussi dans Jo. (1, 19.21.25; v, 12: 1x, 2.19.21; xvi, 5.19.30; xvix, 19.24). Ce dernier sens est manifestement celui du contexte, car les disciples n’ont rien demandé, mais ils ont interrogé, ou voulu interroger plusieurs fois (x1v, 5.8.22; xvr, 17.18). Et en effet, les disciples étant instruits par l'Esprit-Saint, n'auront qu'à s’en remettre à lui pour recevoir l’enseignement convenable. Probablement Jo. n'a pas fait ressértir à cet ordre des grandes vérités la petite question de Pierre (xx, 21), ni même celle des Actes (1, 6), toutes deux considérées comme inopportunes, et d’ailleurs antérieures à la grande effusion de l’Esprit-Saint. Le détail de la perspective n’est pas iei son fait : il oppose les obscurités où se débattent les disciples au grand jour qui suivra la résurrection.

23b) Au contraire ce temps — qui n’est donc pas l'éternité — n’exclura pas la prière (Chrys. Thom.) comme l'indiquait déjà xrv, 12-13. C’est l'idée en partie nouvelle qui se présente selon la coutume avec la formule : en vérité, etc., idée nouvelle, mais qui ne revient pas sur un temps antérieur à 234, comme l'admet Thom. pour défendre Aug. Les termes ne sont pas tout à fait ceux de HV, où l'unité du Père et du Fils était mieux marquée: èv ovéuatt n’a pas non plus tout à fait la même nuance; ici le Père accordera par égard pour le nom de son Fils, qui est censé devoir être invoqué.

24) Jusqu'à ce moment, Jésus étant présent, les disciples ne l'ont pas nommé dans leur prière; lorsqu'il sera auprès de son Père, il sera nommé comme médiateur, mais aussi comme objet de leur culte. À ce moment s'applique l'impératif aireire et le résultat, tellement consolant, que la joie des disciples sera à son comble, comme dans xv, 41, mais dans une autre perspective, D'où vient ici la joie? Ce n’est pas précisément la satisfaction d’être exaucé mais

cependant la joie d’avoir reçu ce qu’on a demandé, le bien spirituel (cf. Le. xx, 13) qui apaise tous les désirs : et hoc bonum est solum Deus, qui replet in bonis desiderium nostrum (Thom.). C'est peut-être interpréter trop strictement d'après xiv, 12-44 que de dire (Loisy, 437) : « La joie des disciples sera complète, parce que, leurs prières étant exaucées, leur activité sera féconde,

tenant de la tristesse, mais je vous verrai de nouveau, et votre cœur se réjouira, et personne n’est en mesure de vous enlever cette joie. 25 Et dans ce jour-là vous ne m'interrogerez sur rien; en vérité, en vérité je vous [le] dis, quoi que vous demandiez au Père, il vous l'accordera en mon nom. #Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom : demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit entière.

25 Je vous ai dit ces choses en paraboles; l'heure vient où je ne vous parlerai plus en paraboles, mais [où] je vous entretiendrai

et Dieu glorifié dans le Ghrist. » Ici l'apostolat n’est pas envisagé, mais le rapport des disciples avec le Père par la médiation ale Jésus.

95-33. LA FOI EN L'ORIGINE DIVINE DE Jésus, ENCORE INSUFFISANTE, MAIS QUI VAINCRA LE MONDE.

Ge sont les dernières paroles de Jésus aux disciples. Elles reviennent au thème de la foi traité au ch. xiv, et qui l'encadre en quelque sorte (4 et 29). Dans le ch. xrv le thème était surtout que Jésus est dans son Père et que son Père est en lui (10)..Ici c’est l’origine divine de Jésus. Dans les deux cas, l'adieu se fait par la paix (x, 27; XVI, 33). A la fin de xIv, on voit clairement que le triomphe momentané du prince de ce monde ne sera qu'apparent; mais à la fin de xm la victoire sur le monde est déjà remportée. Toutes ces paroles sont très spécialement adressées aux disciples présents, dont on entrevoit encore les illusions qu’une prophétie de Jésus réduit à leur valeur.

25) Dans le contexte actuel (de xiv-xni), il y à au moins deux parabolesallégories, celle de la vigne (xv, 1-1) et celle de la femme qui enfante (xvi, 24). D'ailleurs il y avait encore un certain voile sur les paroles de Jésus : sa Résurrection et son Ascension n'avaient pas été annoncées selon leurs modalités historiques, ni même sa passion el sa mort; encore moins claire était la notion qu'il avait esquissée du mystère de la très sainte Trinité! Le moment viendra d’une révélation plus ouverte. — Nous lisons dans Loisy (p. 437) : « D'ailleurs, tout l'enseignement du Christ johannique est censé awpir été donné en paraboles, c'est-à-dire en allégories, puisque notre évangile entend ainsi la parabole », puis aussitôt après (p. 438) : « N imagine que sa doctrine spirituelle, dégagée des comparaisons et des allégories, représente la révélation définitive. »— Ces deux textes sont-ils bien du même auteur? Il semble plutôt que Jo. a considéré toute sa doctrine spirituelle — celle de Jésus — comme contenue dans l’évangile, y compris le sien, d’une façon voilée, sans affectation de rhétoricien à distinguer V’allégorie de la parabole. La lumière se fera plus tard. Mais lorsqu'il parlera des apparitions du ressuscité, aura-t-il changé de manière, comme il semble qu’il eùt dù le faire pour parler ouvertement? Zahn tranche da difficulté en voyant ici une allusion à la Parousie et à la contemplation bienheureuse qui l’a suivie. Mais cette explication ne convient pas plus ici que dans xIv, 18 S8., puisque cet état est encore celui de la prière (26 s.). Il faut donc concéder que les chapitres xx el xx1 de Jo. ne renferment pas un

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