eou (TSV) ou xarpoc (H
autre mode dans le langage. Il en résulte cependant que les disciples: ont été transportés dans une atmosphère de lumière, où la foi était fortifiée par une évidence de gloire touchant la ‘personne de Jésus. Les Apôtres ont dû recevoir des lumières intérieures correspondantes, qui les qualifiaient pour leur mission. D'ailleurs ce qui est dit ici de l’action personnelle de Jésus devait se compléter par le don de l'Esprit qui est le sien. Si son Père fait ses œuvres en lui (xv, 10), lassistance de l'Esprit est aussi la sienne (Mt. xxvut, 20). — àrayvéMw seulement ici dans Jo.; le sens est « rapporter » une chose ou une doctrine. Si évæyyéAlw «annoncer » se trouve trois fois à propos de l’Esprit-Saint, c'est que le premier cas visait l’avenir (xvi, 43.14.15). È 26) En ce jour (cf. 23) est ici synonyme de l'heure v. 25 : si l'heure était un jour, le jour peut être une époque. Alors on priera encore (on n'est donc pas encore au ciel), mais d’une manière plus parfaite, au nom de Jésus, mieux connu, et par conséquent invoqué avec le Père (cf. sur xiv, 13). Pour ce qui suit les interprétations sont nombreuses. La difficulté c’est que le Christ glorifié continuera à intercéder pour les siens, d’après Jean lui-même (I Jo. ur, 4; cf. Rom. vin, 34; Heb. vu, 25). D'après Aug. Ad hoc quippe intuendum quomodo non rogat Patrem Filius, sed simul exaudiunt rogantes Pater et Filius, nonnisi spiritualis oculus mentis ascendit. — Gette solution convient pour x, 20, mais non ici où Jésus se distingue du Père. — Schanz : La médiation demeure; elle ne consiste pas dans l’intercession, mais dans les mérites du Christ. — Pourquoi pas les deux? — Durand : « Quand même, par impossible, je n'intercéderais pas en votre faveur » (1944, p. 348). — C'est une échappatoire. Il faut de toute facon constater que Jésus n’est pas absent de cette prière, ni de l’exaudition, puisqu'elle est faite en son nom. Qu'y aura-t-il donc de particulier dans le nouvel état plus parfait? Chrys. l'a dit d’un mot : « L'amour que vous avez pour moi suffit à vous protéger. » Les disciples sont accrédités auprès de Dieu par leur foi et par leur amour pour Jésus : ils n'ont plus besoin que quelqu'un les présente et sollicite pour eux. — icuréw semble avoir dans Le. 1v, 38 le sens d'appeler l’attention sur une personne (xt) plutôt.
que sur l'objet de sa demande. Les disciples n’ont pas besoin d’un introduc-
teur autre que leur amour pour Jésus et son nom sur les lèvres. Ce n’est point là une théorie niant l'intercession de Jésus, qui demeure nécessaire à tous, même lorsqu'il sera au ciel; c'est une manière de caractériser la position privilégiée des apôtres arrivés à la perfection. — Peut-être les mystiques pour-
ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, XVI, 27-29. 434 ouvertement du Père. En ce jour-là, vous prierez en mon nom, et je ne vous dis pas que je solliciterai pour vous le Père, ?car le Père lui [aussi] vous aime, parce que vous m'avez aimé, et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu. #8 Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; je quitte le monde 4 son tour et je vais vers le Père. » 2 Ses disciples{lui]disent : « Voici maintenant que tu parles ouver-
ront-ils s'appuyer sur ce texte pour expliquer certains états d'oraison où l’âme est unie à Dieu sans aucun sentiment particulier de l’humanité du Sauveur, ce qui ne veut pas dire que ces contemplatifs n'en aient plus besoin. Ils doivent toujours se tenir dans les sentiments de I Jo. 11, 1. Jo. ne veut pas dire que le rôle du Sauveur est alors dépassé; il exclut plutôt une action distincte, inutile, puisque l’action de Jésus est déjà inclue dans celle de ses disciples. Loisy a dit très bien (p. 438) : < Jésus n'a pas besoin d'intervenir, puisque l'évocation de son nom suffit pour que le Père exauce, aussi parce qu'il prie lui-même dans les siens. L'on touche ici à l'extrême pointe du mysticisme chrétien ». Il est bien différent de celui de Philon qui ne croit le Logos utile qu'aux imparfaits, et qui le met seulement au rang de ceux qui sont parfaits : Los uèv yap où rereheluwrat, Hyeuôvt Ts 6003 yoñrat Adyw Oelw….. (citation de Ex. xxut, 20.21) émetdùv D mods dupav ÉraT nv agpiantat, suvrovus Émdpaudby icotaytoer to mpdofey fyovuévw The Ébod- aupôtegot yap oÙtus Oxadot ysvhoovrat tob ravnveudvos 6coù (de migrat. Abrah. 174 s.; 1, 463; cf. RB. 1923, p. 352).
27) Tandis que Philon place la perfection dans la science la plus élevée, la raison pour laquelle le Père aime les disciples, c’est leur amour pour Jésus et leur foi dans le mystère essentiel de son origine divine. Ces sentiments sont ceux des disciples dans le jour attendu : l'amour passe avant la foi dont ik fallait expliquer la nature. Il est bien difficile de se prononcer entre les leconsraxpés (BCDLX sah. boh., etc.) et 0608 (n À. Ox. 1781 latt. vg.). La première est beaucoup plus naturelle; ne serait-ce pas une correction pour établir une harmonie plus parfaite dans tout ce passage? Voir RB. 1926, p. 90.
28) Ce sont les deux termes de la mission de Jésus. Il savait ce qu’il en était (œur, 3), il avait à la pensée dès le début de son discours : il le dità lafin de cet enseignement déjà si lumineux, qui en fait pressentir un autre. — ëfñàfo avec ëx ne doit pas signifier autre chose que rapd (Ox. 1781NA). Cyrille (Schanz, Till., etc.) a donc raison de ne point voir ici une allusion à la génération éternelle du Fils, qui n'aurait aucun trait parallèle dans le retour. Le parallélisme est #Afluûa ele Toy nécuov : äplnut rdv xésuov, et aux deux extrémités du mouvement : ë£#\0ov et ropebouar : OT Ce dernier est sûrement le mouvement de Jésus allant vers son Père, parallèle à sa sortie par l'Incarnation. — réhv indique bien ce mouvement en sens inverse; cf. I Jo. 11, 8; Il Macch. y, 20, etc;
29) Les disciples prennent enfin la parole, c’est-à-dire sans doute quelqu'un au nom de tous et non pas seulement comme représentant de ceux qui avaient raisonné en eux mêmes (17 s.). Les dernières paroles les ont frappés : #5: semble renforcer la nouveauté de vüv : c'est une impression toute récente.
xoi mapormtav obdepéav AËYELS. 3 yBy oldauev br ofdas ravræ Xai où
7 De (2 De 2 (4 + f Ds Leo à 5 ££7)0 poctay Eyes iva is ce pur’ ëv voûte micredouey OT: gro Peoë EEnNbes. 31 gmexptôn adroïs ’Insoïs “Apre miovelete; 82/30) Épyerat dpa Kat A Xuev Îva oxoomubire Énaoros eic vù lux nauè môvov doÿre" nai oùx etui uôvoc, rt 6 mathp pet mob éoriv. 3 -aÿta hehGAmxa div va ëv Euot clohvny Eynre ëv T0 xocuw BAiduv Éyere, GNNX Oapoeïre, y vevéknua Tv KOGHLOY.
La netteté des paroles de Jésus au v. 28 est telle qu'ils croient bien comprendre. C’est ce qui arrive souvent lorsque certaines démonstrations sont conduites avec une telle clarté qu’on s’imagine les suivre. Si bien que les Apôtres ne s’aperçoivent pas que la pleine clarté n’était promise que pour plus tard. On ne peut (contre Maid.) expliquer leur état psychologique autrement qu’Augustin; nisi illa quae scit ipse non intelligentibus esse proverbia, illi usaue adeo non intelligunt, ut nec saltem non se intelligere intelligunt? — IL était impossible de marquer plus fortement le contraste entre l'état des Apôtres avant et après la résurrection. Ils croient que Jésus leur donne cette iumière surabondante qu'il leur a seulement promise.
30) Cependant leur confusion existait seulement sur ce point qu’ils se croient plus éclairés qu'ils ne sont. Les paroles du Christ portaient en elles un enseignement vrai et sa formule était parfaitement appropriée. On dirait cependant qu’en la reproduisant les disciples l'affaiblissent un peu, car &ro cod eEnAles est moins fort que éEñAlov ëx roÿ xarpos pour indiquer l’origine divine de Jésus comme Fils sortant du sein du Père par l’incarnation (comme nous avons interprété le v. 28). Cependant Jésus paraît se contenter de cette foi : si seulement elle devait les prémunir contre la fuite! Peut-être aussi n’exige-t-il rien de plus en ce moment que la reconnaissance de sa mission divine : l'Esprit-Saint fera le reste. — vüv oldauev répond à oùx oldauev (18), plutôt pour la forme que pour le fond. Car les disciples ne savaient pas ce que signifiait «encore un peu » et « aller au Père », et maintenant ils savent que Jésus sait tout, puisque (xat causal) il répond si bien à un doute intérieur, ce qui est à tout le moins un don divin (1, 48.49; 1v, 49.29). — ëv toërw non pas seulement : parce que tu sais tout, {tu es d'origine divine; mais encore puisque tu sais tout et que tu affirmes, etc. nous le croyons. C'est désormais la conviction de tout le collège apostolique. Peut-être auparavant tous n'avaient pas la foi aussi éclairée que Pierre (Mt. xvr, 16) ou que Pierre, Jacques et Jean, témoins de la Transtiguration (Mc. 1x, 7 et parall.). De cette facon les mots comprennent toute la formule que vient de prononcer Jésus, et il y a dans l'accent des disciples, à la veille du départ, quelque chose
de ferme et de définitif.
31) Peut-être y avait-il aussi un peu de présomption : Denique de ipsa eorum aetate adhuc secundum interiorem hominem parva et infirma eos admonens (Aug.). Cependant l'interrogation après rtotevere ne met pas en doute la foi des disciples. Le sens est : ce n’est pas trop tôt! Mais si la foi est désormais inébranlable…
tement, et tu ne dis aucune parabole. % Maintenant nous savons que tu sais tout, et que tu n’as pas besoin que quelqu'un t'interroge; c'est pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. » *Jésus leur répondit : « Vous croyez à présent? # Voici venir l'heure, et elle est venue, où vous serez dispersés chacun chez soi, et vous me laisserez seul; mais je ne suis pas seul, parce que le Père est avec moi. * Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi; dans le monde vous avez à endurer, mais ayez confiance, j'ai vaincu le
monde. »
32) Jésus annonce ici la dispersion. Le même fait, en termes différents, dans Mt. xxvi, 34; Mc. xv, 27 avant l'annonce du reniement de Pierre, sur le chemin de Gethsémani. On n’a pas le droit de doubler la prédiction, et il faut reconnaître qu’elle est située plus naturellement avant celle du reniement de Pierre dont elle amène les protestations. Si Jo. l’a placée ici, ce n’est pas sans doute dans le but de corriger les synoptiques, mais pour préparer la grande image finale du Christ abandonné, qui cependant n’est pas seul et qui vaincra. La dispersion ets rà Yütx (cf. xx, 27) est incontestablement synonyme de « dans la maison » (Esther. v, 10; vi, 12; cf. II Macch. v, 21 et vr, 27). Mais ici do. a voulu dire plus largement : « chacun de son côté », car les disciples ne sont pas tout d’abord rentrés en Galilée (xx), et il ne semble pas qu’ils aient été hospitalisés à Jérusalem dans des maisons particulières. Nous verrons Pierre suivre Jésus de loin, et le disciple que Jésus aimait demeurer au pied de la Croix. C'est un exemple entre tant d’autres du peu de soin que prend Jo. de se mettre. à l'abri des chicanes littéraires. — Jésus est trop intimement uni à son Père pour être jamais seul. Durand : « En écrivant ces derniers mots, l'évangéliste a sans doute pensé qu'ils compléteraient heureusement ceux qui se lisaient dans Marc et Matthieu : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné? » (1911, p. 349). — Mais on les trouve déjà à peu près dans vin, 29. jo. suit donc sa propre voie, sans quoi il serait plus juste de dire « rectifier » que « compléter ».
33) Cet encouragement se rapporte manifestement à l'annonce des persécutions. On le comprendrait très bien comme la conclusion du troisième discours (xv, 18-xv1, 3) au lieu de xvi, #, qui a été écrit pour faire la transition avec xvi, 5-32. Dans le contexte actuel, radra se rapporte à tout ce qu'il y a d’encourageant dans ce qui précède. Maigré tout, les disciples doivent se proposer d’avoir et ils auront en effet La paix de l'âme dans le Christ, parce qu'ils souffrent pour lui, et qu'i peut leur donner sa paix (xiv, 27). — Exere a été changé en ékeze par D et les latins: correction trop facile. Déjà l'oppression a commencé, et les disciples vont lâcher pied. Mais Jésus, lui, a vaincu le monde (xx, 31; xnr, 31). Le monde n’est plus seulement le monde juif. Avec ces derniers mots, l'horizon s'est élargi dans l’espace et dans le temps. Jésus embrasse tout l'avenir et tout ce qui lui est hostile, qui ne cessera pas de l'être, mais qu'il a vaincu. C'est pour lui seul que la victoire est définitive; ses dis-
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