LA EN ATAET ENS
| ciples ne doivent pas se posèr en triomphateurs, mais avoir confiance. Quand Jésus a annoncé sa victoire comme un fait accompli, il n'y paraissait guère. . Elle est toujours enveloppée d’un certain mystère, quoique si apparente à certains moments; maïs il ÿ a foujours des disciples qui ont confiance. F U GARACTÈRE LITTÉRAIRE DE L'ENSEMBLE DES DISCOURS A LA CÈNE.
ù Nous y avons distingué un prélude (x, 31-35) : Le Fils de l'homme va être | Ê glorifié; ses disciples ne peuvent pas le suivre; il leur laisse le commandement de la charité fraternelle. On peut regarder ce passage comme le début du grand discours, interrompu par l'épisode de Pierre (xut, 35-38), mais il n'aborde pas le thème principal qui est double : promesse du retour et assistance perpétuelle. Ce thème n’est traité cependant que dans xiv et xvr, 5-33. Dans xv, 1-xvr, 4 ES nous avons deux discours assez distincs : l'un sur l’union de Jésus avec ses TANT disciples choisis et leur union entre eux (xv, 4-A7), l’autre sur la haine et les persécutions qui les attendent (xv, 18-xvr, 4). Rien dans ces deux discours ne rappelle nécessairement la situation après la Cène, quoique tout ait été placé | damscette perspective. Entre les deux discours parallèles de x1v et xvr, 5-33 ilya cette différence que dans le premier trois disciples interrogent en leur nom propre, tandis que dans le second üls n’osent interroger et parlent-ensuite collectivement. Mais le thème du retour de Jésus et de l'assistance du Paraclet y sont
traités de la même manière, tandis que dans xv, 26 le Paraclet qui avait sa place dams le discours analogue des synoptiques, tient seulement du contexte une a | nuance. Cependant on ne saurait regarder xvr, 5-33 comme une doctrine plus profonde : le ch. xrv marque en traits beaucoup plus pénétrants l'union du . Père et du Fils, poussée à ce point que le Père viendra avec de Fils (xw, 23). Le quatrième discours est donc, ainsi qu'on l'a déjà pensé, une sorte de com- 5 __ plément du premier, une réminiscence de points qui n'avaient pas été d'abord Eu touchés, non pas une révélation plus claire. Il va sans dire que la doctrine est la même.
Nous proposons donc, avec la réserve qu’exige un pareil sujet, de considérer le discours après la Cène comme un véritable discours d’adieu, prononcé par Jésus dans la circonstance, mais auquel ont été joints des enseignements et avis donnés précédemment par Jésus à ses disciples. Jo. aura fait pour le discours d'adieu ce que Mt. a fait pour le discours-programme. Il a réservé pour ce moment l’enseignement spécial donné par Jésus à ses disciples. Cet enseignement spécial commence plus tôt dans Mc. (ix, 31), et l’on peut dire qu’il n'a jamais été interrompu : Jo. lui a réservé une place de choix, le moment de. l'intimité des adieux et des dernières paroles.
Et c'est peut-être la raison pour laquelle il n’a pas raconté l'institution de l'Eucharistie. Elle l'avait été suffisamment par les trois synoptiques et même par saint Paul. Mais le discours d'adieu en était comme le reflet et le commentaire. Nul plus que M. Loisy n’a insisté sur le caractère eucharistique du discours, où revient si souvent le mot d'agapé qui désignait pour les premiers chrétiens
___Eucharistie. Il ÿ a quelque exagération à voir à chaque instant dans Jes termes $ une allusion précise. Mais tout est bien dans la note de l'unité. C’est par l'unité de sève et la charité que s'exprime le mieux le rapport de Jésus avec ses. disciples. S'il les quitte pour retourner à son Père, il leur sera cependant uni
* d'une facon mystique. Sans voir là une allusion à l'Eucharistie, on peut penser
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À ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, avr.
que ed fau l'effet que lui attribuaient les premiers reins. Comme ell est destinée à tous les fidèles, le discours de Jésus sur ce mystère a été adressé à tous Les disciples (vr, 51-65). La vraie difficulté n’est pas : Pourquoi Jo. n’a-t-il pas raconté l'institution de l'Eucharistie? — Il a omis tant de faits suffisamment ‘connus par les synoptiques! Mais : Pourquoi n’a-t-il pas placé à la Cène le discours qui en était au ch. vr comme le commentaire anticipé? — On peut dire qu’ainsi l’exigeait la suite historique des faits. Mais elle ne s imposait pas | absolument à sa liberté de composition. C’est donc peut-être parce que l’Eucha ristie, proposée à tous les chrétiens, est précisément ce qui fait le discernement des fidèles et des incroyants. Les instructions aux disciples choisis. supposent qu'eux-mêmes ont pris parti. Ce n’est pas sans raison qu'il y a un paral- lélisme entre vi, 70 et x, 18.
C'est bien aux disciples, choisis que Jésus parle dans ces dernières one et cet aspect particulier nidbne à leur vraisemblance historique. Assurément la lecon porte plus loin, et chacun peut en faire son profit. Quelquefois même cet auditoire plus vague est désigné assez clairement (xiv, 12. 21. 23). Fncore est-il que ces termes plus généraux doivent s'entendre d’abord des Apôtres, et, lorsqu'on ne les rencontre pas, on est encore moins autorisé à dire que Jo. a prêté au Seigneur un discours pour les fidèles de son temps et de tous les temps (cf. sur XV, 12 ss.).
Chapitre XVIL. La PRIÈRE DE JÉSUS POUR L’UNITÉ. il 1. Idée générale. — On nomme ordinairement cette prière « la prière sacerdotale » du Christ, d’après Chytraeus (Kochhafe, + 1600), un des derniers « Pères » du luthéranisme : precatio summi sacerdotis. Et il est de, fait que Jésus y parle comme Pontife, ainsi que l’ont vu Cyrille d'Alexandrie et Rupert : Haec pontifez summus propitiator ipse et propitiatorium, sacerdos el sacrificium, pro nobis oravil (ap. Schanz). Mais si Jésus y parle en prêtre, c'est qu'il y prie pour nous, et il nous paraît excessif de dire avec Durand : « Avant de Le sur l'autel de la Croix, il fait à son Père la suprême offrande de soi pour le salut du monde », ou avec Tillmann : « C’est la langue du cœur du grand prêtre qui manifeste la disposition et la volonté dans lesquelles il 4 entend consommer son sacrifice. » Le sacrifice ne figure qu'au v. 19, et d’une manière voilée, comme le moyen d'arriver au but de la prière. Si lon envisage ce but, il ressort très clairement : Jésus expose à son Père qu'il a terminé son œuvre propre, et il lui demande de la continuer par ceux qu'il lui à donnés et qu'il a formés pour cela, dans l'unité de la doctrine qu'il leur a enseignée, el . dans l'amour que île Père a pour lui. Au fond il n’y à qu'une œuvre, celle du | Père et la sienne qui sera l’œuvre de ceux qui participeront à leur unité. Bossuet : « Et il me semble que cette intention secrète de Jésus-Christ est celle de former toute son Église, et de s'offrir lui-même, intérieurement et extérieurement, en sacrifice pour cela.
Les paroles du Christ ont nt pour but d’instruire ses disciples F (Thomas : : sed oratio Christi est magis ‘ad instructionem), maïs elles sont néan- DU moins une vraie prière. AU moment de mourir, Jésus a prié afin que ses 1 disciples pussent fonder une Église, car c’est bien le sens, et qui fût une, par la doctrine, et par la charité, doctrine du Père et du Fils, charité du Der et
du Fils: et il nous importait infiniment de le savoir! On remarquera d’ailleurs que si l'unité de l'Église est le thème principal, cette église doit être apostolique (20) sainte (19) et catholique, puisqu'elle embrasse tous les croyants (20).
2. Division. — Cette idée principale et même dominante comporte plusieurs vues particulières. Tout le monde convient (déja Thomas, très nettement) que Jésus prie d’abord pour lui (1-5), puis pour ses disciples présents qui vont être, qui sont déjà ses apôtres (6-19), enfin pour ceux qui croiront en acceptant la même doctrine (20-23). Le tout se termine par une complaisance du Fils dans l'œuvre du Père qui est aussi la sienne dans l'unité de l'amour, et qui embrasse .le présent et l'avenir (24-26); on a pu d’ailleurs (Thom. Westc., etc.) rattacher cette dernière section à la précédente.
La première partie (1-5) est une effusion du Fils avec le Père. Elle contient une demande, mais sans le caractère d’une intervention pour d'autres (épur& v. 9). Le Père a assigné au Fils une mission, lui conférant tout pouvoir, et spécialement celui de donner la vie éternelle qui est la connaissance du Père et de celui qu’il a envoyé. Cette mission accomplie à la gloire du Père, celui-ci donnera au Fils la gloire, et en sera encore glorifié.
Dans la deuxième partie, Jésus présente ses disciples au Père : il leur a révélé ce Père, et ils ont accepté pleinement son enseignement par la foi. Ils sont donc aptes à continuer son œuvre, ef, puisque Lui s’en va, il les confie à son Père, afin qu'il les préserve du mal et les sanctifie, les destine à leur ministère en les pénétrant de vérité. C'est ici seulement qu'apparaît l'idée du sacrifice : Jésus ne peut se consacrer à la vérité, mais il peut se consacrer comme prêtre et comme victime, afin qu’ils soient eux-mêmes consacrés et sanctifiés. Jusqu'à présent l'unité, objet de la prière du Christ (41), est l’unité dans la doctrine, dans la vérité reçue par la foi.
Troisième partie. Mais la foi s'étend par l'action des Apôtres. L'unité ne doit pas être moins étroite. Jésus explique comment elle se fait en sa personne, et comment l'amour que le Père a pour lui doit en être le modèle et réellement le lien. On verra mieux par l’analyse du détail comment l'unité est vraiment ce que Jésus veut obtenir du Père. Il n'a directement en vue que ceux que le Père lui a donnés pour l'écouter, croire en lui, observer sa parole. C’est pour eux seulement qu'il prie et il demande qu'ils soient un, non seulement à limitation du Père et du Fils, mais par une participation réelle à cette unité par la foi et par l'amour. Il prie donc en ce moment solennel pour l'unité de son Église, selon la manière de parler que nous ont imposée les faits. Est-ce à dire qu'il ne soit pas venu pour sauver tous les hommes? Même lorsqu'il prie uniquement pour son Église, il les a en vue. Seulement il y a un ordre dans le salut. Il faut croire, il faut faire partie de l'unité. Mais la grâce demandée pour l'Église, obtenue pour elle, doit tourner au profit de l'humanité (out entière : ce sera la meilleure raison de croire que Jésus est l’envoyé du Père, c’est-à- - dire qu'on ne va au Père que par lui. Croire, s’insérer dans l'unité de l'Église, cest s'unir au Fils et au Père. Jésus désire évidemment que tous en viennent là : c'est pour cela qu'il envoie ses apôtres. En priant pour l'unité de l'Église il rend service à tous ceux qui voudront ouvrir les yeux à cette lumière (21.23).
Faire partie de l'Église, ou, selon le terme plus fort du texte, être uni au Fils et au Père, c'est déjà commencer la vie éternelle : aussi est-elle en vue
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dans sa consommation, au début (3) et à la fin (24) de la prière. C’est pourquoi la gloire, qui appartient proprement à l'éternité (5.24) est déjà donnée aux disciples (22).
3. Situation. — D'ailleurs toute cette prière est écrite sub specie aelernitatis. Il y à bien des passés et, des futurs avec leur sens propre, mais il y a aussi des passés qui doivent s'entendre d’une prédestination décidant de lavenir (40.12.14.18.24). On en a conclu que Jo. s'était inspiré des circonstances de son temps, et qu’il a laissé entrevoir son intention, de façon qu’en prêtant à Jésus un discours de son cru il n’a trompé personne. — Mais il est impossible de trouver dans le discours un indice (sauf ce qui est dit au v. 3) caractéristique des environs de l’an 100. La prière fait bien plutôt abstraction des circonstances postérieures : celui qui prie sait qu'il est exaucé, il sait que ce qu'il décide s’exécutera. S'il dit qu'il n’est plus dans le monde (11), c'est qu'il se voit déjà de retour auprès de son Père. C'est précisément la situation dans laquelle a été prononcée la prière. Rien n’y détonne, aucune expression n'indique l'état ultérieur de l'Église avec sa hiérarchie : même le mot d'apôtre n’est pas employé. On peut même dire que rien n’étonne dans ces adieux d'un maître à ses disciples que l'affirmation réitérée par Jésus de son unité avec son Père, c'est-à-dire de sa divinité. Mais cette affirmation était plus que jamais nécessaire à ce moment, où les disciples devaient recevoir le dépôt de la vérité, destiné à être communiqué à d’autres, la révélation de Dieu, l'essence de la religion avec la charité qu'elle attestait et qui en découlait. C’est en fait ce qu'ont cru les chrétiens et ce qui les a distingués. C'était bien au moment de mourir que Jésus, confiant dans sa mission, à laquelle il associe ses fidèles, devait leur révéler son secret. La seule difficulté, et elle est sérieuse, est de concilier cette prière avec celle de Gethsémani. Pour dire toute notre pensée, c’est la prière de Gethsémani qui est la plus étonnante, alors même qu'on ne raisonnerait pas d’après la foi en la divinité de Jésus. Et en effet, parmi les chefs que l'humanité a reconnus, il en est beaucoup qui ont su mourir avec sérénité, et si d’autres ont cédé à la faiblesse humaine, ce n'étaient pas leurs partisans qui se complaisaient à les montrer sous ce jour. Il a plu à Dieu, par un dessein d’une très grande condescendance, de mettre à nu dans son infirmité native notre nature humaine, même dans un saint, même unie à un Dieu. Mais pourquoi Jésus-Christ n’aurait-il pas connu aussi et manifesté sa confiance et l'assurance de son triomphe? C’est ce que nous avons déjà dit à propos de xn, 27. L'objection se fait ici plus instante à cause du peu de temps qui sépare les deux prières. Mais le temps en somme importe peu. Puisque nous raisonnons sur la nature humaine, qui était certainement en Jésus, on peut rappeler les cas où l'exaltation est suivie d'une dépression plus profonde. Et plus la nature est parfaite et plus susceptible d'émotions, plus la succession peut être rapide. La constance guindée (ataraxie) du stoïcien ajoute à la nature.
lei Jésus, au milieu de ses disciples, auxquels il faut donner du cœur, prie le Père de réaliser l'œuvre qu'il a commencée et compte sur le triomphe après le combat, indiquant seulement par un trait qu'il en sera d’abord victime. À Gethsémani, Jésus, seul et abandonné de ses plus chers disciples qui dorment au lieu de prier avec lui, s'approche de nouveau de son Père, mais dans l’an-
a ne s pos done à ce que rh prière soit bien lle de Jésus E e de la Didachè stitutions présent
| to ee », c'est se moquer. On trouve ce trop sublime 0 us : quel prophète chrétien aurait osé le RIERSAS QUES et
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