‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 293 sur 326 · om. oov p. wo (TH) plutôt add. (SV). sg or | he · texte numérisé non relu

om. oov p. wo (TH) plutôt add. (SV). sg or | he

Ainsi parla Jésus, et levant les yeux au ciel, il dit : « Père, ; l'heure est venue : glorifie ton Fils, afin que [ton] Fils te glorifie, 2puisque tu lui as donné autorité sur toute chair, afin que, tout ce

Frs

: 1-5. Le Fils prie son Pére de le glorifier. Cette petite section se distingue des | autres par le contenu, car le Fils ne prie d’abord que pour lui-même; etaussi par le rythme puisque le SEasoy du v. 4 revient au v. 5 comme une inclusio. Doncle Fils prie pour lui, mais la gloire qu'il demande au Père, il la lui a donnée, | et sa propre gloire doit se résoudre en celle du Père; c’est celle qu'il avait déjà et dans laquelle il ne fera que rentrer. : & 4) La prière succède aux discours. Ceux-ci terminés par l'ordre de sortir (x, 31), on pourrait encore concevoir la prière avant le départ; ce qui fait l'effet d'avoir été ajouté, c’est donc plutôt xv-xvi que ce chap. xvir. Cependant la prière les yeux tournés vers le ciel semble bien indiquer qu'on est à l’airlibre (Zahn); cf. HI Regn. vin, 22; I Par. vi, 13; c'est le plus naturel (Mc. vi, M; vir, 34) quoique cela puisse se concevoir dans une salle (Act. vrr, 55). Ifaudrait supposer que Jésus s’est arrêté sur la route, pour une pause solennelle. Dans x1, 44 même attitude les yeux en haut. Le Fils se transporte dans la sphère céleste : ce n’est pas l’homme qui tombe à genoux ou sur sa face (Le. xxtr, 41 ; Mt. xxvi, 39; Mc. xuv, 35), comme fit Jésus à Gethsémani. Cependant l'invocation est la même, réxep, en araméen abba. — L'heure n’est pas envisagée comme celle de la souffrance : c’est celle de la glorification (xur, 31; xu, 23), en harmonie avec l’encouragement que Jésus donne à ses disciples et avec la prophétie 1 qu'il leur a laissée (xvr, 33). Jésus a posé les bases de la glorification du Père (ex, 33 x1, 4; xx, 27 8.); mais pour que cette gloire s'étende et s’affermisse, D PA faut que le Fils soit glorifié, car c’est pour sa victoire et par elle que l’on rendra gloire au Père. — oov après viés a été ajouté pour la clarté par le gros des mss. et des versions. pe ' 2) Que le Fils doive, lui glorifié, glorifier le Père, cela est en harmonie (xalws) avec le pouvoir que le Père lui a donné, pouvoir comportant une mission. Le pouvoir s'étend sur toute chair (hapax dans Jo.), c’est-à-dire sur tous les

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6. eôwxas 1° (TH) ou deôwxac (SV); — rernpnxav (TH) plutôt que retnonxaot (SV).

hommes, manifestement dans le dessein de les sauver tous, puisqu'ils sont de son domaine. Il en est cependant qui lui sont spécialement donnés par le Père, et à ceux-là il confère la vie éternelle. ce qui est à la gloire de Dieu. — y ne dépend pas de GéEucov, mais de Ewxas. — rä&v quoique neutre s'entend des hommes, étant expliqué par aèrois. — C’est la même doctrine que dans m1, 355. Le Père donne tout au Fils, mais il faut que chacun croie pour avoir la vie éternelle. Ici la foi n’est pas exprimée, mais contenue dans le don spécial du Père (vi, 37.39.44.65) qui les amène à suivre Jésus.

3) Que le don de la vie éternelle conduise ‘à la glorification du Père, cela va de soi, puisqu'elle est la connaissance du Père, ou la diffusion de son éclat parmi les créatures; et que cette glorification se fasse par le Fils, cela résulte de ce qui a été dit (xiv, 6) sur la voie qui conduit au Père; mais le Fils qu'il a envoyé, Jésus-Christ, est aussi au terme. Ce verset semble moins une affirmation de ce qu'est essentiellement la vie éternelle dans sa perfection suprême qu’une explication de la manière dont le Fils glorifie le Père en la conférant. Or il la confère à ceux que le Père lui a amenés pour recevoir son enseignement (cf. vi, 37. 39. 44. 65). C'est donc la vie éternelle commencée (Zahn, Schanz, Durand, en général les modernes) par la connaissance de Dieu telle qu’on la reçoit de celui que l’on confesse comme son Messie, car les deux connaissances sont inséparables. Assurément le seul vrai Dieu est distinct de son envoyé, mais tous deux sont l'objet de la connaissance qui est déjà la vie éternelle, non point une connaissance spéculative, mais un don de l'âme par la foi et la charité. Si Dieu est le seul vrai Dieu, ce n’est pas par opposition avec son Fils, mais avec les prétendus dieux du paganisme, et s’il est le seul véritablement digne de ce nom, c'est en tant que son Fils le fait connaître, par opposition aux préjugés des Juifs (cf. vu, 28). — On serait tenté de croire que toute cette explication théélogique, qui a l’aspect d’une confession de foi, est une glose de l'évangéliste; mais on remarquera une différence de forme entre l'affirmation directe de Jésus (vi, 29; xv, 12) et l'affirmation transmise par son apôtre (I Jo. 1, 5). Toutefois « Jésus-Christ », hapax dans l’évangile sauf AE Vi

-et” fréquent dans I et IT Jo. est plus vraisemblable comme émanant de Jo. ou d'un copiste que de Jésus; si on admet qu'il a parlé de lui-même de cette facon il faut regarder ypiorov comme un attribut, c’est-à-dire que l’on connaîtra Jésus comme le Messie (Zahn); car il serait bien étrange que Jésus lui-même se soit désigné par Je double nom qui n'en fera plus qu’un par l'habitude des fidèles

ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, XVII, 4-5. } A4t

que tu lui as donné, il leur donne la vie éternelle. 3 Or la vie éternelle, c’est qu'ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. Pour moi, je t'ai glorifié sur la terre, ayant achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire; et maintenant, Ô Père, glorifie-moi auprès de toi de la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût.

6Jai manifesté ton nom aux hommes que tu as tirés du monde

& 8.). Nouvelle demande de glorification, qui n’est plus appuyée sur le désir de glorifier le Père, mais sur l'œuvre déjà accomplie. C’est un principe posé par Dieu dans PA. T. (I Regn. n1, 30) vos DoËdtovrés pe doëdow. Cette réciprocité est l'inverse de la loi du talion et fondée en raison. Bauer l’a signalée dans un papyrus magique du mes. où l’on ne peut guère voir une dépendance de la Bible, malgré son aspect syncrétiste : Jos Neueote Adpasreux ROALVEVUUE TOÀULOpYE DoEasoy pret wç eDoËxox to ovopux TOU ULOUS (sic) sov Qpos (Pap. Lond. cxxI, FÉD03ES 2)

Jésus parle ici de son œuvre humaine. On ne saurait donc isoler ce qui regarde l'humanité de Jésus (4-3) et sa divinité (4-3). C’est toujours le Fils de Dieu incarné qui parle. Il a rempli sur la terre la tâche que son Père lui avait confiée, la Passion étant d'avance comprise (Chrys. etc.) comme l’œuvre principale, et qui devait voiler plus que toute autre la gloire du Fils de Dieu. 1 demande maintenant à reprendre la gloire qu'il avait auprès du Péreel comme c'est bien le Fils incarné qui va retourner auprès de lui, la gloire qu’il possédait devra rejaillir sur son humanité. Nulle part Jésus n’a rien dit qur puisse aussi clairement servir de base à la doctrine du Prologue (1, 1), et à l'enseignement de saint Paul (If Gor. vi, 9; Phil. u, 5 s.). Il ne semble pas qu'il soit ici question de la gloire que les Personnes divines pourraient se rendre mutuellement comme telles. Mais si le Fils incarné a pu glorifier le Père en lui procurant les hommages des hommes, le Père peut glorifier le Fils incarné pour le remercier de cet office.

La préexistence divine de Jésus et la conscience qu’il en a sont clairement enseignées. — Aug., pour éviter l'absorption de la nature humaine dans la divinité a entendu la gloire première de la prédestination de la nature humaine : sicut tunc praedestinatione, ita et nunc perfectione. Mais Thomas indiquait 2° loco l'opinion de saint Hilaire, la seule admissible comme explication du texte, qu’il résume ainsi : ut scilicet sicul ab aeterno apud Patrem immortalis et ad dexteram consedens fuit, ta el secundum quod homo immortalis efficiatur, et ad Dei dexteram eæaltetur. — Yüy ne s'oppose pas à l'éternité, mais aux faits antérieurs : maintenant que la Passion va achever l'œuvre; cf. vôv xur, 31. — Tehstoïv de l'œuvre du Christ, cf. 1v, 34; v, 36; du Christ lui-même Le. x, 32, Heb. n, 10; v, 9; vu, 28.

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