THV) et non où (S
9) Après avoir ainsi présenté à son Père les disciples qu'il a recus de lui, Jésus va prier pour eux, mais seulement après avoir indiqué pourquoi il prie spécialement pour eux. Car ils sont bien, et seuls en ce moment, l'objet de sa prière. Tout le reste est exclu sous le nom de monde, ce monde d’où ils ont été tirés. Ce n’est donc pas précisément le monde considéré comme mauvais et déjà condamné, indigne que Jésus prie pour lui. C’est simplement l’ensemble des créatures humaines que certes il est venu sauver (mr, 16), mais qui n’est pas l'objet — il ne saurait l'être — d’une prière spéciale en faveur de ses amis. Il faut s'en tenir à la situation telle qu’elle est dessinée : on peut raisonner par analogie, dire que Jésus a associé en pensée ses autres disciples à ceux qui étaient présents, noter que la prière efficace de Jésus n’embrasse que les prédestinés, etc. : en fait, il prie pour les disciples qui l'entourent, et pour trois raisons : a) parce qu'ils sont à Dieu. On pourrait croire que étse rattache à dédwxas, à l'analogie du v. 6 et dans un ordre inverse, mais ici le droit de propriété du Père est plutôt mentionné en vue de ce qui suit, pour aboutir à cette idée que, ceux qui sont au Père étant au Fils, il doit donc prier pour eux (swr& au présent), comme ayant une raison spéciale d'intervenir (cf. xvr, 23).
10) Mieux vaudrait donc commencer le v. 10 à ôtt du v. précédent, puisqu'il n'y a qu'une phrase très liée. Avant de dire que ceux qui sont au Père sont à lui, comme tout le reste, le Fils commence par déclarer que tout ce qui est à lui est au Père, ce qui lui assure la réciprocité (xvi, 415).
b) La deuxième raison pour laquelle Jésus va prier, c’est qu'il est glorifié par ses disciples. On peut bien dire que les disciples qui entouraient Socrate dans sa prison, lui rendaient gloire parmi la haine et l'indifférence des autres. De même pour les disciples de Jésus, groupés fidèlement autour de lui. Souvent déjà ils avaient été sa parure, quand les autres le condamnaient ou l’abandonnaient (vi, 69). Mais le sens profond doit être que la gloire du Fils rayonne désormais dans ses disciples, puisqu'ils la saisissent par la foi. De cette manière le second motif est comme une conséquence du premier : étant au Père et au Fils, et connaissant le rapport du Fils avec son Père, lequel met tout en commun entre eux, ils rendent gloire au Fils incarné. Ce point est acquis, et peu importe qu'il leur arrive de fléchir un instant. Jésus qui prévoit leur faiblesse prévoit aussi leur glorieux apostolat.
sorti d'auprès de toi et ils ont cru que tu m'as envoyé. ? C’est pour eux que je prie; je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, car ils sont à toi, {et tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi, et j'ai été glorifié en eux. {! Désormais je ne suis plus dans le monde, et eux sont dans le monde, tandis que je vais à toi. Père saint, garde-les en ton nom, que tu m'as donné, afin qu'ils soient un comme nous. 12 Pendantque j'étais avec eux, je les gardais en ton nom que tu m’as donné, et je [les]
142) c) Troisième raison de prier : les disciples vont se trouver seuls. Rien n'empêche de dire que ce troisième motif prépare la prière qui va suivre : Commendat ergo eos Patri, quos corporali absentia relicturus est (Aug.), mais on ne saurait distinguer une prière générale au v. 9 et ici une prière spéciale. Le v. 9 annonçait en termes généraux la prière qui va commencer.
Le v. précédent contenait déjà beaucoup de xai, qui ont probablement amené les trois de ce v. représentant des nuances : « désormais, mais... tandis que. » Le waw adversatif est fréquent en hébreu et en araméen (cf. Intr. p. cvi). Il a ce sens devant «droit (N B cinq cursifs d f); peut-être est-ce pour accentuer plus clairement l'opposition que la masse des mss. a écrit oôrot.
aib) La prière commence ici, comme le prouve l'invocation : Père saint. La sainteté est conçue d’abord comme une séparation du profane ; étant un attribut de Dieu elle ne peut être qu'un attribut positif, indiquant la pureté dans sa plus haute perfection. Si Jésus invoque son Père comme saint, c'est qu'il ya le prier de sanctifier les siens (xvir, 17). On n'est donc pas étonné que Jésus ajoute ëv vdpart x. t. À. Les disciples étant installés dans une foi solide, il faut maintenant qu'ils y persévèrent : cette foi c’est la connaissance de ce qu'est Jésus, exprimée ici SOUS cette forme : « dans le nom », c’est-à-dire dans l'adhésion au nom que tu m’as donné. Ce n’est donc pas : « au nom des droits particuliers que tu as Sur eux » (Durand), mais dans un nom qui unit le culte du Père et celui du Fils. Ce nom est donc le lien qui unira les disciples ; {ya se rapporte à tipnoov, mais en y comprenant tout ce qui suit ce mot : c'est parce qu'il les gardera dans l'unité de ce nom que les disciples pourront être entre eux une seule chose, une communauté d'esprit et d'âme, à l'instar de ce que le Père et le Fils sont un à leur manière.
Il faut lire & (même Soden) devant Gédwxas et non où (Vg. quos), qui n'est qu’une correction maladroite : & se lie à ôvéuart par l’attraction du relatif au cas qui précède.
12) Jésus parle à la facon des hommes qui prient un ami de remplir leur charge auprès de ceux qu'ils sont contraints de laisser seuls. Aug. à craint qu’on ne l'entende d’une façon trop matérielle, comme si un garde en remplaçait un autre. Il va sans dire (après le ch. xiv) que le Fils fera avec son père ce qu'il a fait sur la terre spécialement comme Fils incarné. Cette fois encore il faut lire &, dans une formule tout à fait semblable, quoique la lecon oëc soit ici beaucoup plus soutenue : elle était en plus suggérée par rai épblatx,
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