eavrots (THV) plutôt que aÙrotc (S
16. oux eut ex tou xoouou (TH) ou 2x +. x. ovx eu (SV). 17. OM. cov p. axnderx (THV) et non add. (S).
Ni dé mais ce mot indique seulement la vigilance extrême du Fils et Île résultat Ÿ obtenu, la fidélité des disciples, qui les rendra aptes à leur mission. Sauf pour … = le fils de la perdition (cf. If Thess., n, 3), expression sémitisante, comme les fils de la géhenne (Mt. xxm, 45), 4 C'est Judas, déjà indiqué sahs être nommé dans x, 48, avec l'indication d’un passage scripturaire (Ps. xur, 40). D'ailleurs le personnage du traître figure ailleurs dans les Psaumes {cf. Lv. 13 ss.). — D'après toute la doctrine juive et chrétienne, on n'est fils du royaume ou fils L. de la géhenne que par choix et non pas par nature. Il doit donc en être de
même du fils de perdition. Aussi Jo. se garde bien de faire dire à Jésus qu'il ne l’a pas gardé, mais seulement qu'il s’est perdu. On ne doit pas se scandaliser de cet échec apparent parce qu'il entrait dans le plan divin, et que Dieu, loin d’en être surpris, l'avait annoncé. C’est donc, selon la nature des choses, la trahison de Judas prévue qui a été cause de l’Écriture, mais cette prévision, notée dans l'Écriture, ne pouvait être frustrée. À
13) La prière n’a pas seulement pour but d'élever l'âme à Dieu, d'obtenir ñ des grâces, etc. Celle surtout qui se fait en commun et qu'on sait puissante sur le cœur de Dieu a aussi pour objet de consoler les fidèles, qui se voient déjà exaucés. Combien plus la prière du Christ, et quelle consolation pour les : disciples de penser que dans cette tendre protection qu'il avait exercée, Jésus serait remplacé par le Père! Ainsi la tristesse qui était la leur serait remplacée par la joie qui est la sienne au moment de relourner vers son Père {xv, 11).
14) La pensée est claire. Jésus n'appartient pas au monde, il vient d’en haut : donc le monde le hait, parce qu'il ne lui appartient pas, et qu'il a rendu témoignage contre ses œuvres (vr, 7). De la même facon le monde à pris en haine ses disciples parce qu'ils ont recu la parole qu'il leur a donnée, c'est-à-dire parce qu'ils se sont rangés à sa doctrine Sr à celle du -m@i nde, et que de la sorte ils ne sont pas du monde. Au v. 6 Jésus disait dans
les mêmes termes qu'ils en éfaïent sortis : Æoxé pot Ex Toù xdouov. Il faut
donc reconnaître que le « monde » doit être pris dans deux sens un peu différents. Tantôt c’est toute l'humanité, comme lorsque Jésus vient dans le monde (ut, 17), tantôt c’est l'humanité hostile ou tout au moins qui ne com-
i conservés, et nul d’entre eux n’a péri que le fils | afin que l'Écriture soit accomplie. Mais à présent je vais àtoi,et je parle ainsi dans le monde afin qu’ils aient en eux-mêmes la pléaitude de ma joie . Je leur ai donné ta parole, et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme je ne suis pas du monde. ‘Je ne prie pas pour que tu les enlèves du monde, mais pour que tu les gardes du mal. 15Ils ne sont pas du monde, comme je ne
suis pas du monde. !Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité.
prend pas les choses d'en haut. De cette facon on peut être dans le monde sans en être, c’est-à-dire sans en avoir l'esprit. é 45 s.) Jésus, continuant à parler à son Père, s'explique en faveur de. se5 0 10 disciples (cf. xr, 42). S'ils sortaient avec lui (xnr, 4) du monde d'une façon définitive, ils ne pourraient remplir leur mission : il suffit que le Père les préserve des mauvais éléments qui sont dans le monde et qui lui donnent son prit propre, opposé à celui de Jésus. — Si nous n'avions pour le mot roynpés 4 “d'autres textes que ceux de l’évangile de Jo., on peut estimer que personne ne Ve préférerait le masculin au neutre. En effet les hommes n'ont pas reçu Jésus parce que leurs œuvres étaient mauvaises (mm, 19) et Jésus reproche au monde ses œuvres mauvaises (vu, 7). Il serait donc très naturel qu'il priât le | Père de préserver ses disciples de ce mal qui est dans le monde. Que le. | monde les haïsse et les persécute, cela ne les empêchera pas d'accomplir leur . mission : l'unique nécessaire est de les préserver de la contagion du mal moral (Zahn). Aug. ni Chrys. ne parlent ici du diable, et Cyrille peut être entendu dans leur sens : ris Toù moynpoÿ Duotponias uw pmévoyras del, xai TOv rapagpüv Thv Épodoy ÿrervetovras, allusion à Mt. vi, 13 où nous ne voyons aulleent la personne du Malin. Il serait étrange que dans une prière si solennelle Jésus ait regardé les disciples comme une sorte d’enjeu entre son Père et le diable, comme si les disciples n'avaient à se préoccuper que des tentations diaboliques. 11 faut reconnaître cependant que la plupart des modernes (Bauer, Loisy, Schanz, Tillm., West., etc.) {traduisent « le Malin », à cause des textes
e À Jo. 1, 43 8.3; mi, 12; v, 18 S., où rovnp6s est visiblement au masculin (cf. I Thess. m, 3). Mais aucun de ces. textes n’est l'explication authentique du nôtre. On peut les considérer comme le résultat d’une méditation spéciale ‘qui a montré à Jean l'influence du démon sur le monde, méditation qu'il ne faut point perdre de vue, mais qui ne change pas le sens d’un texte antérieur, d'une parole de Jésus; je traduirais donc avec Thomas : serves à malo, scilicet mundi : grave enïm est ut homo inter malos existens a malo immumis exisiat, praecipue cum totus mundus in maligno positus sit. . SET
17) La répétition au v. 16 de l'affirmation que ni Jésus ni ses disciples ne sont du monde prépare la prière des vv. 17-19. Pour agir sur le monde, sans en être, c’est-à-dire en étant à l'abri de sa contagion, il faut que les disciples reçoivent une consécration qui achève leur séparation du monde en les Tappro= chant de Dieu. Chrys. a indiqué les deux étapes de’ cette consécration : dpdptov
448 ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, XVII, 18-19. | ss
x , Y ÿ alle Éortv. 1Bualos EUÈ améotethas els Tùv nov, UXYWO GTÉGTELÀX , x » < f . 19 NU2 TUE" Dore DU SET € 4 ? f e 52 adrods els Tov xéomov 1xai dmèo abrüv Eye àyiélu Emautov, (vx Go xat abrol yiaouévor èv GAnelz. OÙ rept roiruv dE Epuro f ? \ N A sa r Oo s X4 CRC > » ie 21° pévov, &AÂAX nai repli Tüy Tuoreuovtwy ia Toù ÀAdyou abrov elc mé, 21ivx r a À Y a 4 > , x » \ , r "” à] » LS mévtes Êv @ouw, xaDws où, marhp, ëv Euoi xayw Ev oof, Îvx nai abrot èv 21. om. Ëv &. wot 2° p. nutv (TH) et non add. (SV); — rioteun (TH) plutôt que x16-
-cevon (SV). ;
adrobs T@ ÀA0yw xai T@ xnpüyuart, et plus positivement : &ylous nofnoov O1 ti toù Hyeduaros déseus rat Tv 0p0Giv Goyuéruwv. Déjà les disciples ayant reçu la parole ne sont plus du monde, mais ce n’est que l’aspect négatif : Jésus demande à Dieu de les faire participer en vertu de cette même parole à la perfection transcendante qui est l’aspect positif de sa sainteté. Et en même temps le caractère de la parole du Père se révèle : c’est la vérité; de même dans le Ps. cxvi, 442 6 ÀAdyos oov aAnfera. Mais tandis que le psalmiste distinguait la vérité et la justice, Jésus propose une sainteté qui est dans la vérité acceptée toute entière, et agissant dans les âmes. Le mot de consécration (Schanz, Durand, etc.) n’exprime pas assez le caractère intime du fait : les disciples ne sont pas seulement « consacrés » au service de la vérité (Durand), ils en sont pénétrés et transformés intérieurement. Dans Sir. xLv, 4 les qualités personnelles de Moïse entrent en jeu : èv riotet ai mpaütntt atoÿ ylacev, ÉEeléEato aûrov ëx réonc SapxÔs. — Èv TŸ aAnûeia n'est pas &knô&, « véritablement » (cf. v. 49 et II Jo. 1; III Jo. 4 sans article), puisque la vérité est quelque chose de distinct, à savoir la parole de Dieu.
18) On voit ici que cette sanctification préparait la mission des apôtres, mission analogue à celle du Fils : la liaison est tout à fait claire si l’on a présent à la pensée ce qui a été dit (x, 36) : dv 6 ratho nylacev nat drioreuhey eic rov x6apov. Jo. n'a pas oublié que la mission définitive sera donnée plus tard (xx, 21), mais la mission était déjà au passé dans 1v, 38.
19) Bossuet : « IL était donc saint, et consacré à Dieu, non seulement en qualité de pontife, mais encore en qualité de victime. C'est pour cela qu'il se sanclifie, qu’il s'offre, qu'il se consacre, comme une chose dédiée et sainte au Seigneur. Mais il ajoute : « Je me sanctifie pour eux », en parlant de ses apôtres, afin que participant par leur ministère à la grâce de son sacerdoce, ils entrent aussi en même temps dans son état de victime, et que n'ayant point par eux-mêmes la sainteté qu'il fallait pour être les envoyés et les ministres de Jésus-Christ, ils la trouvassent en lui. » — I] n’y a qu'à gloser par des textes cette synthèse incomparable. Sanctification du pontife (Ex. xxviir, 37) xt dytéoetc œotoëi; de la victime (Ex. x, 2; Dt. xv, 19). Ici Jésus se sanctifie en ce moment même, donc plutôt comme victime, puisqu'il va mourir, et que cest pour d’autres, ôxép (cf. xr, 50-52; xv, 13). Mais le résultat n’est pas seulement un sacrifice en faveur des disciples, c'est un sacrifice qui les mettra dans ce même état (proportion gardée) de sanctification qui doit répondre à la sancti-
soient eux aussi sanctifiés en vérité. -
20 Or je ne prie pas seulement pour ceux-ci; mais aussi pour ceux qui croiront en moi à cause de leur parole, ?tafin que tous soient un, comme toi-même, Ô Père, tu es en moi et moi en toi, afin qu'eux
fication de Jésus. En lui, éyéfw signifie surtout la consécration, parce qu'il possède déjà La sainteté divine; mais les disciples devront y participer. Ils ne sont pas seulement désignés, choisis, consacrés pour le ministère de la parole : même dans xx, 21 Jo. ne mettra pas en relief la prédication de l'Évangile. Elle est comprise assurément, mais la sanctification que Jésus leur obtient les substitue dans tout son rôle comme prêtres et victimes, dispensateurs de la grâce, et spécialement dans ce contexte, liens de l'unité. Durand dit.: « le.
premier « ministère » de l'apôtre est la prédication de l'Évangile. L'Ancien
“Testament était avant tout un culte, le Nouveau sera, d’abord, un enseignement »; — cela est vrai dans l'ordre d'exécution, mais trop influencé par la vocation spéciale de Paul (I Cor. r, 47), tandis que celle des apôtres comprend le baptême (Mt. xxvur, 48 s.). La différence essentielle avec l'A. T., c’est que le culte qui était en figure est maintenant en réalité. 3
— iy &Anûelz non plus « dans la vérité », mais, sans l’article, « véritable-
ment », en toute vérité (cf. II Jo. 1; LI Jo. 1), et non plus par une consécration extérieure, comme dans lancienne Loi (Chrys.). — {vx Got peut s'entendre du moment présent, comme en général dans ce discours où les choses sont vues comme acquises. C’est donc bien une consécration liturgique (Durand) par le Pontife suprême (Heb. 1x, 14-14; x, 40).
20-23. Le Fils prie pour ceux qui croiront en lui. On dit généralement et avec raison que Jésus prie ici pour son Église. Mais il faut noter que rien dans les expressions n'indique une époque postérieure et n'est comme le reflet d'institutions établies. Ce que Jésus demande pour les siens, c’est l’unité.
20) La parole des Apôtres sera celte fonction de leur ministère qui amènera au Christ des croyants (Rom. x, 17). L'Église ancienne a beaucoup insisté sur le témoignage publie des apôtres, conservé dans les Églises, par opposition aux traditions secrètes (Jrénée, Tert.). La parole des apôtres se perpétue donc, et c’est pour tous ces croyants que Jésus a prié. Aug. Quotquot enim postea crediderunt in eum, per verbum Apostolorum sine dubio crediderunt, et donec veniat, credituri sunt… el per hos Evangelium ministratum est, et antequam scriberetur,… et ita verbum eorum, ut etiam nos crederemus, ad nos usque pervenit, ubicumque est eius Ecclesin. — miotevOvtwv au présent, parce que la prière se perpétue. | Ë
24) Le but de J'apostolat ne sera pas de répandre des doctrines, dont chacun
prendra ce qu'il voudra, ni d'obtenir des hommes l'adhésion aux mêmes.
vérités, sans rien de plus. Tous ces croyants doivent être unis, comme les
disciples présents doivent l'être, d'une union semblable à celle qui unit le Fils
au Père; bien plus ils doivent être unis au Père et au Fils. La foi est le point ÉVANGILE SELON SAINT JEAN. 29
48 Comme tu m'as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde ; {et je me consacre moi-même pour eux, afin qu'ils Fe
4 el # 9 \ fut Gotv, (va à nbopog rioreün Gr où me Gméorethas. ?x2yo Thv DoËav
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où l’on s'unit, mais d'une union mystique de loute l’âme. Que si l’on prend
dans son ensemble la doctrine de Jo., on dira volontiers avec Bauer : « Pour Jo. le chemin qui permet d'arriver à Dieu et de s’unir à lui, ce n’est pas l’extase
comme pour Philon et les Néoplatoniciens, mais la foi, la garde de la parole
divine et des commandements du Christ, l’usage des moyens accordés à la
communauté pour dispenser la grâce, l'abandon à l'Esprit divin qui agit dans
l'Église. » — Des trois {v«, le premier marque un premier but, l'union ad instar,
comme au v. 11, le second marque un but plus élevé, l’union avec les personnes
divines, la pénétration par l’union (I Jo. 1, 3). Le troisième tva ne nous parait
pas indiquer un troisième but plus élevé — il ne saurait y en avoir — mais
ou bien un autre but coordonné, Jésus priant pour la conversion du monde,
ou bien un résultat, de façon que ce soit pour le monde un motif de crédibilité.
Des deux manières Jésus considère cette unité comme un motif de crédibilité,
et des deux manières il désire ce résultat. Ce n'est donc qu'une nuance. Le x6cuos est tout le monde; personne n’est exclu. Jésus n’a pas d’abord voulu
prier pour le monde, qu’il envisageait comme hostile (9. 14) ou du moins hors
de son but actuel, maïs ici il figure comme cette masse flottante d’où sortiront
des croyants, bien plus il est invité à se transformer par la foi. Rien ne peut
l’attirer davantage que l'unité des esprits et des cœurs en Dieu. Une pareille
unité demande une cause divine : si c’est le fait de l'Église de Jésus-Christ,
il est donc l’envoyé de Dieu. Déjà la charité des chrétiens entre eux touche
l'infidèle (x, 35); celui qui réfléchit se rend compte que Dieu seul peut en
être le principe. — C'est restreindre arbitrairement l'invitation de Jésus que d'entendre par le monde : ceux du monde que le Père a donnés à son Fils (Aug.,
Durand). — Nous supprimons £v (20 après fut) avec BCD abce sak., d'autant
que ce mot alourdit sans rien ajouter d’essentiel. — riorsin avec NBCW, qu'il croie habituellement, plutôt que par un acte de foi dans une circonstance
donnée, riotebon.
22 s.) Les deux versets ne forment qu'une même phrase, conçue exactement sur le plan de 20. 21, avec deux {va de finalité dont le second complète le premier, et avec un troisième tva qui marque plutôt une conséquence ou un but secondaire. Il y a seulement cette différence que la première phrase était une simple prière, tandis qu'ici Jésus a déjà posé le fait qui garantit qu’elle sera exaucée; l'on voit désormais qu’il est le chaïnon entre le Père et les siens, ce qui rendra plus manifestes les sentiments du Père pour lui et pour eux.
22) La d6ëa est pour quelques-uns la puissance que Jésus a manifestée, spécialement par des miracles (Chrys. encore Zahn), don qu'il a transmis à ses Apôtres et à d’autres après eux, car abro® se rapporte aux révrec du v. 21; il s’agit toujours de tous ceux qui croiront en Jésus : on cite pour ce sens :
aussi soient en nous, de façon que le monde croie que tu m'as envoyé. ? Pour moi, je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un, comme nous sommes un, # moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient consommés dans l'unité, de façon que le monde sache que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. Père, ce que tu m'as donné, je veux qu’où je suis, ceux-là aussi soient avec moi, afin qu’ils voient ma gloire que tu
1, 14; 11, 11; v, 23; x1, 4; xu, 28; xum, 31. — Mais si dans ces cas la puissance est manifestée sur la terre, ce qui est bien en effet le sens de la gloire, on peut aussi entendre la gloire johannique d’une vertu divine qui en réalité serait voilée aux hommes : si celle de Jésus était manifestée dans certaines circonstances, elle n'existait pas moins pour n'être pas perçue par le public (5). C'est donc plutôt quelque chose de la nature divine, que Jésus possède tout entière et qui, beaucoup mieux qu’un pouvoir gratuit, est par elle-même un principe d'unité : elle est nommée « gloire » parce que la nature divine est conçue par nous comme une lumière. Il semble que c’est préciser trop que de nommer l’adoption des enfants de Dieu, car les textes d'Eph. 1, 6. 12. 44 ne sont pas une explication de la même pensée : l'adoption y est plutôt à la louange de la gloire du Christ (contre Schanz, Durand, Tüll.). Autre précision exagérée - « par cette communion de vie divine qui a son symbole et son aliment dans l’eucharistie » (Loisy, p. 449). — La fin poursuivie par ce don, l’unité à l'instar du Fils et du Père, comme au v. 21, mais avec une formule plus courte.
23) Au v. 21 l'union ad instar est complétée par l'union ëv äuiv. Le mode de cette union est indiqué ici : le Fils est dans les fidèles, il est dans le Père : c’est donc par lui que les fidèles sont unis au Père; non qu'ils passent de l’un à l’autre, mais parce qu'ils trouvent le Père dans le Fils; le second {va ne vient qu'à ce moment, ce qui joint à sa finalité un caractère explicatif : une pareille union, terme de la prière, peut bien s'appeler une union consommée, et ceux qui y participent sont arrivés à l’unité parfaite. — L'effet produit sur le monde comme au v. 21, mais puisque cette fois le Fils sert de lien, le monde devra comprendre que l’amour du Père pour les fidèles est à l'instar de celui qu'il a eu pour le Fils : l'envoi du Fils était un acte d'amour pour les hommes puisqu'il venait pour les sauver (ir, 46).
24-26. La prière suprême. Ce passage n’est pas simplement la suite du précédent, mais la conclusion de toute la prière, avec deux invocations au Père, comme au début (1.5), et ôlxae (25) au lieu de &yx (11) au centre de la prière. L'horizon s'étend toujours à tous les fidèles, mais le terme est cette fois la vie éternelle.
24) Merveilleuse expression de la déférence du Verbe Incarné, qui cependant parle au Père avec assurance! Ceux dont il va parler lui ont été donnés par son Père. 8 est probablement plus vague que oùs (6) à dessein, pour embrasser tous les fidèles de l'avenir. C’est un don fait au Fils, mais enfin, puisqu'ils lui appartiennent désormais, il veut qu'ils soient avec lui. 0éAw n’est pas simple-
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ment l'expression d’un désir, c’est une volonté. Ceux que le Père Jui a donnés, c'est-à-dire ceux qui ont cru en lui, qui lui appartiennent, il veut qu'ils soient ; avec lui là où il sera bientôt, lorsque le moment sera venu. On dirait que lui- à même y trouvera un contentement, et ce sera leur bonheur de voir sa gloire. ;. Cette gloire n’est pas distinctement celle du Fils de Dieu incréé, car Dieu le Père ne l'a pas engendré parce qu'il l’aimait (raison théologique), et aussi . parce que jamais dans le N. T. la gloire qui appartient au Fils par nature n’est Ê représentée comme donnée par le Père (Schanz, citant Phil. n, 6; Col. 1, 45; + II Cor. vin, 9), Ce n'est pas non plus la gloire de l'humanité envisagée distine- } tement. C’est la gloire du Fils de Dieu incarné, qui rejaillit sur sa nature + humaine, gloire que le Père a eue en vue et a résolu de lui donner quand il a + __ décrété l'mcarnation avant la création du monde, — Il peut paraître étrange que les disciples qui ont déjà recu la gloire du Fils (22) soient appelés ensuite à la voir comme une récompense suprême En réalité ces inégalités de style rendent : très bien des réalités profondes. La gloire du Fils est communiquée par la : grâce : elle rayonne dans l'éternité aux yeux de ceux qui l'ont conservée. Nous 3 sentons bien avec Augustin que nous sommes réduits à des métaphores dont . nous éprouvons douloureusement l'insuffisance : quae cum penetrare mens invalida, et minus quam illa sunt, pura, nequiverit ; non sine amoris gemitu et destse derii lacrymis inde pellatur; et patienter ferat quamdiu fide mundatur, atque ut ilhe habitare valeat, sanctis moribus praeparatur. -25) Jésus redescend pour ainsi dire sur la terre, et envisage la situation présente. : ee Ceci n’est plus proprement une demande, c'est plutôt une complaisance dans È ï ‘la contemplation de la justice de Dieu. Aussi est-il nommé : Père juste. I se … ES montrera juste envers le monde qui ne l'a pas connu, et envers les disciples | présents qui ont reconnu qu'il avait envoyé son Fils. Il faut donc entendre les deux xaf comme se répondant, et ëy dé e #yvwy comme une parenthèse qui va. de soi. Le monde, en refusant de reconnaître Jésus comme envoyé de Dieu a méconnu Dieu lui-même. Il est donc condamné; le Sauveur attristé (Chrys.) ne. s'arrête pas à cette pensée pénible; il ne l'énonce même pas. Il oppose aussitôt la connaissance qu’il a eue lui-même, et l'hommage que les disciples ont rendu. au Père en croyant au Fils : Gefvuaty évraÿla undéva eldôra Oeby &XN À môvoy tobc Tv Vidv éreyvwxdtas (Chrys.). $ __- 28) De nouveau Jésus résume son œuvre (6) et en entrevoit le prolongement. Le premier xai est presque explicatif; le second a son sens ordinaire. vroolcw, après la Résurrection pour ce qui regarde les disciples présents, mais le Christ ne cessera plus de manifester son Père auprès des siens. — Connaissant le Père et son amour pour le Fils, les disciples auront pour le Fils le même amour (Schanz), ou bien : la connaissance que les disciples ont du Père, c’est-à-dire
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m'as donnée, parce que tu m'as a Le 25 Père juste, si le monde ne t’a pas connu, moi je t'ai connu, et ceux-ci ont connu que tu m'as envoyé; #et je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, afin que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux, et moi en eux. »
leur foi, permet en quelque sorte au Père d'étendre à eux l'amour qu’il a eu (et qu’il a) pour son Fils. Quomodo autem dilectio qua dilexit Pater Filium, est et in nobis, nisi quia meMbra eius sumus, et in illo diligimur, cum ipse diligitur totus, id est caput et corpus (Aug.)? De même Cyrille. Et en effet, c’est bien du : Père que l’amour descend, mais il s’arrête dans les disciples, il y est, comme ‘une chose à eux, et il se porte vers le Fils comme celui du Père. C'est donc ce. que voulait le Fils : que les siens soient aimés de son Père. Par là même il est : aimé d'eux et en eux. Ce dernier mot nous apprend donc que notre unité avec e Fils et avec le Père est une union de charité. — Durand entend yvwpisw de l’action du Fils par l'Esprit-Saint, qui serait désigné comme l'Amour substan- tiel qui unit le Fils à son Père. Pieuse exégèse qui ajoute beaucoup au texte. L'amour du Père est son amour pour le Fils incarné; c'est cet amour qui s'étend aux hommes comme un résultat de l’Incarnation, et c'est Jésus qui vit
en eux de da sorte. Il semble que cela s’entende mieux de la vie de l'Église que de la gloire éternelle.
É= Chapitres XVII-XIX. La Passion. C’est dans le récit de la Passion de Jésus que do. se rapproche le plus des synoptiques ; il est moins complet, et cepen« dant il ajoute certains traits. Ge n’est pas qu’il ait eu pour but de leur fournir des suppléments, mais « parce qu’il a tracé un tableau des principaux aspects spirituels des faits, illustré d’après la plénitude d'une connaissance immé- 2 diate ». Westcott, auquel nous empruntons ces mots, a désigné parmi les traits : que Jo. a surtout mis en relief : 1) le caractère volontaire des souffrances du “ Christ (xvur, 48.11.36; xix, 28. 30; 2) l’'accomplissement d'un plan divin (vm, 4.9, 11; xix, 41.24.28); 3) la majesté du Christ dans ses souffrances (xviur, 6.20 ss. 37; xix, 411.26 s. 36 s.). :
Les points qui sont particuliers à Jo. seront signalés à l’occasion.
La Passion se divise assez naturellement ainsi : 1° L’arrestation (xvim, 1-14); 20 La comparution chez Anne et chez Caïphe (xvur, 12-27); 30 Le jugement de Pilate (x, 28-xx, 16); 4° Le supplice (xx, 16b-x1x, 42),