‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 298 sur 326 · de plutôt que ou (THSV · texte numérisé non relu

de plutôt que ou (THSV

fait Zahn). — Derechef, tout est si naturel avec une simple transposition, que nous penchons pour cette solution.

12) Jo. raconte avec simplicité, sans prendre aucune précaution contre ceux qui voudraient lui chercher chicane. C’est ainsi qu’il a mis Judas à la tête des soldats (3), quoiqu'il n’ignorât pas qu'ils avaient alors leur chef naturel. Le iMapyos (qui commande à mille hommes) est un véritable officier, sinon un officier supérieur; ici c’est le commandant de la oxeïpa, ce qui ne veut pas dire qu'il ait amené tout son monde. Les soldats passent les premiers avec leur chef, avant la police du Temple, qui est maintenant nommée : les agents des Juifs. Ge sont ces agents de la police qui paraitront désormais (18. 22; xIX, 6) jusqu'au moment où les soldats de Pilate entreront en scène (xx, 2). Il n’est point téméraire d'attribuer aux deux forces dans l'arrestation le rôle qui convient à chacune : pendant que les soldats font le service d'ordre et prêtent main forte, la police empoigne Jésus et le garotte. Ce dernier trait est propre à Jo. Le fait est très vraisemblable, et même normal. 5

13) Il est probable que les soldats ont servi d’escorte jusqu’au palais d'Anne. Après quoi leur rôle était terminé, et ils n'avaient plus qu’à regagner leurs cantonnements. Nous savons par Josèphe qu’Ananos, notre Anne, eut cinq fils grands prêtres, dont les noms sont connus : Éléazar, Jonathan, Théophile, Matthias, Ananos le jeune (Scaürer, Gesch.… II, 274 s.). Caïaphas, qui fut l’un de ses successeurs (environ 18 à 36 ap. J.-C.) n'était donc pas l’un d’eux, mais il est vraisemblable qu’il dut son élévation à l'influence de cet homme très heureux. Quoi qu'il en soit, Jo. tient à dire que si Jésus fut conduit chez Anne, ce fut parce que (yée) Anne était le beau-père du grand prêtre en fonctions, et non point parce qu'il était lui-même en charge. Sur l'expression « prêtre de cette année-là », cf. sur xt, 49. Qu’Anne ait conservé malgré sa déposition par Valerius Gratus (Ant. XVIII, 1, 2) vers l’an 15 une grande influence, précisément sous

Caïphe, c’est ce qui ressort de Le. nr, 2; Act. 1v, 6, mais Jo. ne dépend pas de ces textes; ils eussent pu lui faire croire qu’Anne agissait comme grand prêtre : or c'est contre cette confusion possible qu'il proteste, alléguant une autre raison de l'ingérence d’Anne, l'alliance entre Caïphe et lui, raison dont il est impossible de prouver qu'elle soit fausse, et qui est très plausible. On comprend

2 Alors la cohorte et le tribun et les satellites des Juifs se saisirent de Jésus et le lièrent. Et il l’emmenèrent chez Anne d’abord; car il était beau-père de Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là.

(Mais Anne l’envoya lié chez le grand prêtre Caïphe). #0r c'élait Caïphe qui avait donné ce conseil aux Juifs : il est de notre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple. Cependant

Simon-Pierre avait suivi Jésus avec un autre disciple. Or ce disciple était connu du grand prêtre, et il entra en même temps que Jésus

très bien que Caïphe ait tenu à donner une satisfaction d’amour-propre à son beau-père qui ne pouvait plus présider le Sanhédrin, ni par conséquent assister à la séance. Il dut s'écouler un certain temps avant l’arrivée des sanhédrites, même s'ils étaient du complot. Pendant ce temps Anne pourra satisfaire sa * curiosité : rien de légal ne sortira de cette entrevue.

On peut placer ici le v.24, en lisant : Axéoreuhey dé... Mais Anne, qui ne se souciait pas d’usurper l'autorité qu'il n'avait plus dans une si grave affaire, envoya Jésus à Caïphe, tout enchaîné. Le d:deuévoy après #dnoav (12) et quelle que soit la place du v. 24, ne peut signifier qu’il le fit enchaîner de nouveau, mais qu'il l’envoya tel qu'il était venu. Cela est plus naturel si Anne ne veut rien savoir, car, pour un interrogatoire, il eût convenu de délier l’accusé.

14) Nouvelle insistance de Jo., non pour insinuer qu’Anne avait jadis eu la première idée que s’attribua Caïphe (Belser), mais au contraire pour laisser à Caïphe toute la responsabilité avec l'initiative du crime. — cf. x1, 50. Cette remarque a bien l'air de marquer l'entrée en scène de Caïphe, auquel il faudrait attribuer ce qui va suivre. Si Caïphe n'avait rien fait en ce moment, il eût fallu placer cette réflexion après le v. 24: c'est bien ce qui a eu lieu, mais quand

94 était avant 14. — Nous lisons ärobaveiy avec NBCDWE. 13) Ce v. et les suivants (16-17) ont pour but d'expliquer comment Pierre, que son coup d'éclat avait dû mettre en évidence, à pu cependant pénétrer dans le . palais du grand prêtre. Il suivait depuis le lieu de l'arrestation comme ont dit les synoptiques : Mc. roovOnsey, Mt. et Le. fxohoÿbet. Avec Pierre un autre disciple, et non pas l’autre disciple (texte reçu) ce quine serait d'ailleurs pas plus clair. Les Pères, pour l'ordinaire, nomment Jean lui-même. L'évangéliste s’est ainsi désigné mystérieusement comme un témoin particulièrement bien informé de cette scène, et autorisé à la mettre au point. S'il n'a pas dit « le disciple que Jésus aimait », c’est que ce titre n'aurait rien changé à la situation, tandis qu’à la Cène il expliquait sa place auprès du Maître ; d'ailleurs il ne soulève que par degrés le voile qui couvre Sa personnalité comme écrivain. Mais elle est suffisamment suggérée par son rapport plus étroit avec Pierre (cî. Introd. p. XVI). L'auteur de l’évangile avait donc des relations avec le sacerdoce de Jérusalem, ce qui suppose une certaine culture. On voit l'importance de ce point dans la question d'authenticité. AE os Si le disciple n'était pas Jean, il serait inutile de chercher ailleurs (Zakn.

nomme Jacques, fils de Zébédée, après Épiph.); Aug. : Quisnam isie sit disiRRse

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+ À Parmi eux, Anne au premier rang, comme ayant été en charge, de même que nous disons le Président un tel en parlant d'un ancien n Pret de la Répu- 3

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blique. Il est d’ailleurs demeuré connu sous ce nom : on disait plus tard < le tombeau du grand prêtre Anne » (Jos. Bell. V, xxx, 2).

D'après l’ordre reçu, on était chez Anne; c'est donc lui le grand prêtre. Mais. combien tout est plus limpide si ce grand prêtre est Caïphe, et si l’on est chez. à lui! &

46) L'autre disciple (cette fois naturellement avec l’article) pouvait bien: passer, mais il n’a pas osé introduire Pierre sans prendre langue à l'intérieur, . peut-être avec le Pontife lui-même, puisqu'on répète qu'il le connaissait. Cela ; a dû prendre un peu de temps, de sorte que syrsin. s'est cru autorisé à placer Î l'interrogatoire avant l'entrée de Pierre. Cet arrangement est des plus ingénieux, car il explique comment on était hanté par le zèle de dépister les disciples de Jésus. Mais il serait étonnant que Jo. ait aïnsi coupé son récit, et Ia tradition des mss. est contraire. L'autre disciple revient à la porte, muni d’une * permission au moins verbale : d’après tous les témoins (sauf un) il s'adresse à" la portière. Il est assez étrange qu’une femme ait été chargée officiellement de. garder la porte du palais, et ce soir-là. C’est sans doute ce qui a conduit le même … syrsin. à écrire : « la servante du portier » (Texte Lewis). C'est encore très. ingénieux et sûrement plus normal (Mc. xx, 34, Jo. x. 3). Maïs Jo. dit « la servante portière » parce que c'est elle qui a provoqué Pierre. Elle se tenait à la porte et le portier en chef a pu lui confier Ie soin d'ouvrir. — Aussi bien on. trouve une femme portière dans IE Regn. 1v, 6 — Jos. Ant. VIF, 1, 4, il est vrai,

dans une civilisation moins avancée, mais on sait avec quelle maestria les.

femmes des concierges de Paris gardent leurs immeubles. Rien n’empéchait de mettre des sentinelles à la porte ce soir-là, la portière gardant son poste. — Le ee de eisiyayey doit être le même que celui de sïxev, l'autre disciple,

47) L'intervention de la portière (une servante dans les synoptiques) se com-

dans la cour du grand prêtre, {ftandis que Pierre se tenait à la porte au dehors. L'autre disciple qui était connu du grand prètv sortit donc, et parla à la portière, et fit entrer Pierre. !’La servante qui gardait la porte dit à Pierre : « Serais-tu, toi aussi, des disciples de cet homme-là? » Il dit : « Je n’en suis pas! » ‘8Les serviteurs et Les satellites setenaient debout, ayant fait un feu de braise, parce qu'il faisait froid, et ïls se chauffaient. Pierre aussi se tenait avec eux et se chauffait. Le grand prêtre interrogea donc Jésus sur

prend mieux dans Jo.; quoiqu’elle n'eût plus la responsabilité de l'entrée de Pierre, elle ne put retenir une expression de méfiance : « au moins tu n'es pas (u#) de ses disciples »? xaf sv n'est pas dit en comparaison avec l’autre disciple, personnellement connu du grand prêtre, quoique non pas comme disciple (contre Schanz), mais par allusion à d’autres qui peut-être rôdaient aux environs. La même tournure est dans les synoptiques; on se demande avec inquiétude où sont les disciples, puisqu'aucun n’a été arrêté : on pose la question à toute personne suspecte ou même inconnue. Il faut reconnaître que la servante des synoptiques emploie un langage plus familier et plus naturel. Pierre était-il « avec Jésus », ou « l’un d’entre eux », c'est-à-dire « de cette bande ». Dans Jo. c’est toujours la même expression, ici, dans la bouche du grand prêtre (19) et plus tard (25). C’est la formule officielle de l'interrogatoire qui donne d'avance le ton. Cela est plus naturel dans l’ordre de syrsin. qui place l'interrogatoire avant les reniements. D’après le récit de Jo, la culpabilité de Pierre est plutôt diminuée qu'augmentée, et pour ce cas du moins se réduit presque à un petit mensonge nécessaire pour entrer. D’après les trois synoptiques, Pierre était déjà auprès du feu, et assis quand une servante l'interrogea.

48) Le plus-que-parfait elorasisav et le parfait rexoumxôtes indiquent qu’un certain temps s'était écoulé depuis l'arrivée; car les serviteurs et les agents sont ceux qui avaient pris part à l'arrestation. — àvdpzxé (Sir. x1, 32; IV Macch. 1x, 20) ne paraît pas signifier un feu de charbon (en tout cas pas de charbon de terre), mais un feu de braise, du moins d'après les usages actuels fondés sur la nature des choses : on allume un grand feu de bois, et on continue à se chauffer quand le bois est devenu braise. Les nuits sont parfois très fraîches au commencement d’avril, surtout s’il a plu; alors on ne peut s'asseoir : on se tient debout, ce que tout le monde fit, et aussi Pierre. On ne peut vraiment pas voir une contradiction historique entre Jo. et Mi. (avec Le.) disant que Pierre était assis, autre façon d'envisager la situation dans la circonstance. Jo. dit lui aussi que Pierre se chauffait; il n’a donc pas voulu l’épargner, mais dire les faits : ils sont vraisemblables. On peut dire aussi que Pierre crut devoir faire exactement comme tout le monde, pour ne pas éveiller l’attention.

19) Le grand prêtre, ici encore, si c'est entre 13 et 24, ne peut être qu'Anne; mais comment serait-il nommé ainsi sans aucune préparation?

La question posée est double, et les deux préoccupations sont très naturelles. Si l’on voulait reprocher à Jésus un complot contre l'autorité romaine, il fallait

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