om. o a. xetpos (THV) et non add. (S
Caïphe vient d'y être nommé le grand prêtre, étant ainsi domestique de la même personne que son parent, domestique du grand prêtre (10), c’est-à-dire de Caïphe. Celui-là est plus sûr de son affaire; il parle toujours de Jésus comme d'une personne qu'il n’est pas nécessaire de nommer (mer aroÿ), et comme pour appuyer l'insinuation des autres.
27) Comme Mt. xxvi, 74b.
© Les trois reniements de Pierre. Même si la scène racontée par Jo. s’est passée chez Caïphe, il reste certaines divergences entre les évangélistes sur les circonstances des trois reniements. D'après Mc. et Mt. c'est le second reniement qui eut lieu près de la porte : on reconnaitra que le récit de Jo. est plus naturel, surtout parce qu’on ne sait où placer le troisième reniement dans Mc. et Mt. Le. ne parle pas du vestibule, mais il suppose environ une heure entre le second et le troisième reniement. Cela ne cadre guère avec les termes de Jo., mais n’est pas tout à fait incompatible. On doit reconnaître que le parti pris de raconter à la suite les trois faits a dù influer sur la physionomie des circonstances chez les synoptiques. Il semble que Jo. ait voulu mettre les choses au point en montrant comment Pierre a pu entrer, et comment les reniements! ont coïncidé avec le début de l'instruction. Lui-même a pu, pour en finir, rapprocher le troisième sans tenir compte du temps précis marqué par Le. Ceux qui n’admettent dans les récits évangéliques que la précision la plus rigoureuse peuvent à leur gré admettre sept reniements. Nous nous contentons de l'accord substantiel des évangélistes sur trois. Car ce ne serait pas améliorer beaucoup la sûreté de la tradition que de dire avec Cajetan, Zahn, Simén, qu’on à compté de diverses manières parmi des reniements plus nombreux pour obtenir les trois reniements prophétisés. ;
En effet les paroles de Jésus sont formelles : il a prédit trois reniements et c'est bien ce qu’ont compris les évangélistes puisqu'ils ont tous le nombre de trois. Il faudra donc — puisqu'on n'oserait mettre en doute la prophétie du Sauveur — que les évangélistes l’aient mal comprise. Je préfère admettre qu’ils ont raconté l'histoire avec l’approximation qu’elle comporte lorsqu'il s’agit de détails minutieux, sans cesser pour cela d'être exacte. L'opinion des conservateurs ultra a été sévèrement jugée par Maldonat : quidam in eum errorem (sic enim audacter appello) inducti sunt, ut Petrum saepius quam ter Christum negasse dicerent, et nonnulli quidem septies. Satius erat ignorantiam confiteri suam, quam et Petro et quatuor evangelistis, et Christo etiam ipsi facere iniuriam (sur Mt. xxvr, 71). Je ne sais si l’on peut citer un seul auteur ancien pour cette étrange opinion. D'ailleurs si Jo. place les trois reniements dans le palais de
dont Pierre avait coupé l'oreille lui dit : Ne t’ai-je pas vu avec lui dans le jardin? » ?’Pierre nia donc de nouveau, et aussitôt un. coq chanta. ,
Ils amenèrent donc Jésus de chez Caïphe au prétoire; il était de très bonne heure: et eux r’entrèrent pas dans le prétoire, afin
Caïphe, comme nous le pensons, les divergences ne sont plus guère que des. variations dans l’ordre des faits comme les exégètes les plus conservateurs les admettent couramment.
28-40. JÉSUS AU TRIBUNAL DE Pirare (première partie); (cf. Mc. xv, 1-14; Mt. xxvir, 1.2.11-22; Le. xxut, 1-4; 13-23).
Tandis que Jo. s’est borné à quelques mots sur la comparution de Jésus devant les Juifs sans même mentionner sa condamnation, il a repris pour son compte le procès devant Pilate. Ce n’est pas pour innocenter les Juifs qui ne se montrent pas moins ardents que dans les synoptiques à poursuivre la mort de leur compatriote devant un tribunal étranger. Les faits sont les mêmes : interrogatoire par Pilate, hésitations du gouverneur, la préférence donnée à Barabbas, la flagellation et le couronnement d'épines. Mais si Jo. n’a épargné au Christ aucun affront, ni aucune douleur, il a su donner à cette douleur humaine une incomparable majesté divine, sans s’écarter un seul instant des vraisemblances du sujet. Tout ce récit se tient, de xvim, 28 à xix, 16 : nous ne le divisons que pour nous conformer à la division par chapitres.
28) Le sujet de äyouotv c'est proprement l’escorte désignée par le sanhédrin, les agents de sa police, mais aussi les chefs eux-mêmes qui viennent poursuivre devant Pilate l'exécution de la condamnation qu'ils ont prononcée, comme on le comprendra à xx, 7. — 0%v pourrait à la rigueur ne rien signifier de précis, mais se comprend beaucoup mieux si ce qui précède a eu lieu dans la maison de Caïphe. Si ëx0 to Katdga était un renvoi au v. 24, les vv. 25-27 s'élant passés chez Anne, il y aurait eu lieu de reprendre le fil du récit et non de le continuer par un « donc ». — Le prétoire était la résidence du gouverneur quand il venait à Jérusalem, que les Pères Vincent et Abel inclinent à placer au palais d'Hérode (Jérusalem, t. II, p. 562 ss.); cf. Comm. Mc., p. 390 5.
rewi probablement au lever du jour, vers 6 heures du matin; il eût été inconvenant de déranger le gouverneur plus tôt, mais les tribunaux romains ouvraient de bonne heure (prima luce, SEX. de ira, u, 7; cf. Hor. ep. IL, 1, 103).
Les Juifs ne veulent pas entrer pour ne pas $e souiller. Et en effet, entrer dans la maison d’un paien c'était, non d’après la Loi, mais d’après la tradition consignée dans la Michna (Ohal. vu, 71), contracter une impureté de sept jours, comme si l'on avait touché un cadavre. Or, on devait manger la Pâque ce même soir.
Ces derniers mots du v. soulèvent la question si disputée du jour de la mort de Jésus. Le sens de Jo. est clair : les Juifs n’entrent pas afin de manger la Pâque, ce qu'ils n'auraient pu faire s'ils avaient contracté une impureté. Manger la Pâque, c'est manger l'agneau pascal : on était donc au matin du 14 nisan. Sur cette expression, cf. MC. xlv, 12.144; Mt. xxvi, 173 Le. xxn, 8.414.145; IT Par.
xxx, 48; II Esdras vr, 21. C’est ainsi que l’entendait Tatien, du moins d’après le commentaire ou la citation libre d'Ephrem (Moes. 238) : ne contaminaren-
tur, ut prius ederent agnum in sanctitate. De même Clém. d’Al. (De pasch. éd. Stäblin, 11, 217, 5). L'intention de Jo. d'indiquer ce jour est confirmée par Er 120$ xx, 14: ;
Quelques-uns cependant, dans le dessein de concilier Jo. avec les synoptiques où Jésus a déjà mangé la Pâque avec ses disciples, soutiennent que l'expression de Jo. peut s'entendre de manger les azymes, comme on faisaitle 45 nisan et les jours suivants (encore Zahn, Tüll.). Ils peuvent alléguer : a) le
- texte de syrsin. qui est « manger les azymes ». :
— Mais ce ms. a toujours traduit résya de la sorte dans Jo. lorsqu'il n’est pas lacuneux (xvin, 39; xix, 14) et dans xx, 55 où rien ne représente le mot, pâque. Il est donc assuré qu'ici encore il lisait résye, et sa traduction ne vaut que pour l'opinion du traducteur, qui n’a pas grande portée. La seule question est de savoir s'il a toujours mis azymes parce que la fête avait un double nom, ou si, voulant concilier Jo. avec les synoptiques, il a dès le début et consciemment choisi ce terme dans ce but : dans Me. xiv, 4 et Mt. xxvi, 2, il a « la Pâque ».
b) On lit dans IT Chr. xxx, 22 : «ils mangèrent la fête durant sept jours », donc à plus forte raison la Pâque. — Mais c’est là une absurdité du texte massorétique (153N4 pour 55, grec : ouverélecav) absurdité telle que la pes. et la ve. tout en conservant « ils mangèrent » ont omis la fête. On ne peut donc arguer ni du texte, ni des versions, comme témoins d’une pareille facon de parler (contre l’instance de Zahn).
c) On employait le mot pâque pour signifier les sept jours des azymes, comme le prouve la Michna (Pesakhim, 1x, 5), qui distingue la Pâque des Égyptiens, c’est-à-dire le premier jour, et les autres jours, qu’on nommait la Pâque des générations. — Il est vrai, mais le texte ne dit pas qu'on mangeât la seconde! « La Pâque des Égyptiens fut... mangée en hâte en une nuit, et la Pâque des générations fut pratiquée (noheg) durant sept jours. » On a évité l'alliance des mots « manger la Pâque », aussitôt qu'ils ne pouvaient plus s’entendre de la manducation de l'agneau.
D'ailleurs si les Juifs avaient seulement voulu manger les azymes, ils n’auraient pas tellement craint de se souiller, car on ne voit pas qu'il at été interdit de manger les azymes en pareil cas (DaLman, Jesus-Jeschua, p. 81). Le sens de Jo. n'est donc absolument pas douteux. Mais parmi ceux qui l’entendent comme nous, il en est beaucoup (Dalman, Bauer, récemment après tant d’autres) qui ne lui reconnaissent aucune valeur historique. Jo. aurait déplacé le jour marqué par les synoptiques pour obtenir un symbolisme déjà proposé par saint Paul :
Ô réoya nudv Eto0n Xouatés (I Cor. v, 7), et que Jo. avait sûrement en vue dans xx, 36. — Mais si Paul a pensé que la ressemblance était fondée sur la mort du Christ le 14 nisan, il est donc pour Jo. un appui décisif: s'il s’est contenté d’une approximation, pourquoi Jo. aurait-il ét6 plus exigeant? Il ne dit nulle —part que Jésus est mort ce jour-là pour accomplir une Écriture, mais simplement en passant il fait allusion à une circonstance qui compliqua la discussion entre Pilate et les Juifs. En fait le procès n'eût même pu avoir lieu un jour “férié, comme était le premier jour des Azymes. Si bien que plusieurs critiques
indépendants (Wellhausen, Héitmüller, ec.) admettent la parfaite véracité 0, On 2 méme relevé chez les synoptiques des indices que le jour de la on n'était pas férié : le port des armes, Simon le Cyrénéen venant des nps, les achals faits en vue de la sépulture. — M. Dalman (Jesus-Jeschus, ss,) a réponse à tout, et relève çà et là dans la lillérature rabbinique dérogations analogues; de toute façon, ajoute-t-il, nous devons aussi recon- re des illégalités dans le procès; tout s’excusait par la raison d'état, que 8 Pabbins nomment « ce qu’exige l'heure ». | 1 faut cependant distinguer entre des illégalilés connues des Juifs seuls, et ïls ne se seraient pas reproches entre eux, puisque le très grand nombre archait d'accord, — et une illégalité flagrante, un renversement de toute jutume, comme un procès capital tenu le jour de Pâque. Ainsi la Michna 1 (Sanh. 19, 1) de faire un procès capital « la veille du sabbat ou fune féte », sans doute parce qu’on risquait de ne finir que le sabbat étant commencé; à la rigueur on eût pu éviter ce risque en prenant ses tions, mais on voulait couper court. Car c'est un principe presque de Aroit naturel que les tribunaux restent fermés les jours fériés. Les Juifs qui avaient pas de procès le jour du sabbat (PmiLox, De migr. Abrah. A; M.T, 150), et avaient obtenu des Séleucides qu'on ne les poursuivit pas les jours de Héte et les sabbats (1 Macch. x, 34 ss.), avaient encore obtenu d’Auguste de “nétre point obligés à comparaitre en justice le jour du sabbat, même pour donner caution (Jos, Ant. XVI, vr, 8). La fête de Pâque était certainement —… chômée (Ex. x, 14). Concoit-on que les chefs de la nation aient étalé devant … pilale, qui les serrait de près, un pareil mépris de leur loi et de leurs privi- Jèges? Et si l’on laisse les textes de coté, il faut peser l'effet produit parmi Je peuple, accouru de toutes les parties du monde, on peut dire, mais surtout “de la terre sainte, pour célébrer en paix et en joie la fête de la délivrance. — Non, une pareille exécution devait étre renvoyée après Pâques (Act. xu, 4) où rapidement enlevée avant (ME. xxvr, 5). Aucune argulie tirée des textes ne … peut tenir contre une pareille impossibilité morale. Bauer allègue la part prise par les Juifs au martyre de saint Polycarpe, un jour de grand sabbat 16 22 février 155. Mais on voit seulement (x, 4) qu'ils se joignirent avec ardeur 7 la démonstration hostile de la foule, sans qu'on puisse dire d’ailleurs ce £ que signifiait « le grand sabbat » de ce jour. Le Nous tenons donc les allusions de Jo. comme ua indice très certain de sa “aleur historique. La principale difficulté de Bauer et des autres, c'est la divergence des synoptiques : comment la tradition du repas pascal de Jésus rait-celle née si elle n’était véridique? Mais Jo. ne l’a pas non plus combattue, Nous admettons la réalité du caractère pascal du repas des synoptiques; seu ment il ne nous paraît pas impossible qu'un groupe donné ait célébré la Pâque la weille du jour officiel. Pour les chefs de la nation, spécialement pour les Pharisiens, il importait beaucoup que tout se fasse strictement selon la Loi, quand leurs personnes étaient en jeu. Mais ne pouvaient-ils tolérer un autre usage en faveur des Galiléens? Naturellement ils ne l’auraient jamais approuvé <omme légal, et c'est pourquoi il n°y en à pas de traces dans la jurisprudence, mais le grand nombre des assistants a pu le rendre nécessaire; cf, Comm Me.,
p. 320 ss.
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29. om. xate p. ssoste (TH) plutôt que add. (SV). . 31.04. ne (TSY) plutôt que om. (H}); — ouv p. stxev (TSV) plutôt que om- -
29) Le lecteur est censé savoir que le prétoire est le siège du gouvernement” et que le gouverneur se nomme Pilate. Qui l'ignorait parmi les chrétiens * surtout parmi les lecteurs des synoptiques? Pilate, à cette heure, devait & | au courant de la part prise à l'arrestation par des soldats romains, et sans” doute de la procédure qu'on avait déjà suivie. IL a dù s'informer, ne fût-ce" qu'en apprenant l'arrivée des Juifs, au moment où ils l'ont envoyé prier ne pas les obliger à entrer dans le prétoire. II ne veut pas les y contraindre. « Quoiqu'il ait eu personnellement la main assez dure dans certains cas, l'esprit” du gouvernement de Rome était de ne pas froisser les sentiments religieux des” populations. Mais il n'était pas pour cela obligé d'obéir à toutes les fantaisies” des Juifs. I! devait d'abord poser la question juridique indispensable sur l'objet de la poursuite, question officielle qui ne décèle rien de ce qu'il savait ou croyait savoir. RS
30) On interprète assez souvent (Bauer, Loisy) la réponse comme une insolence. Si nous l'amenons, c'est qu'il est coupable! Mais Pilate n'avait pas dit” qu'il en doutât, et une impolitesse eût tout gâté, car les Juifs essaient d’abord” de l'amener à leurs fins. D'autres (Krab.) voient là une quasi sommation à Pilate de faire exécuter leur condamnation : mais Jo. n’en a pas parlé, et il n'est pas de la bonne méthode de faire violence à son texte pour le mettre d'accord explicitement avec les synoptiques. Nous pensons que les Juif, désireux de faire marcher Pilate, mais sans l’offenser, affectent plutôt un air patelin. Noter le zassdxauev. Ce n'était guère l'usage que les Juifs fissent con damper un des leurs : il fallait qu'il fût bien coupable! Ils avaient dù dompter leurs répugnances. Mais enfin c'était leur devoir. +
31) On comprend ainsi très bien la riposte de Pilate, peut-être un peu goguenard à son tour. En somme on ne l'a pas avisé que ce fût une cause capitale. Si ce n'est pas le cas, ils n'ont qu'à procéder eux-mèmes. « Très touché de votre scrupule: mais je ne veux pas abuser de votre bonne volonté »! Si c’est la mort qu'ils veulent, et si Pilate a appris la condamna-
__Hon déjà portée, sa réserve n’en a que plus de saveur ironique. Le procurateur
ne veut pas qu'on l'accuse d'attirer à son tribunal toutes les affaires surtout
celle-ci dont il doit flairer le côté religieux. | — Les Juifs — enfin nommés — c'est-à-dire les chefs de la nation, grands
prêtres et Pharisiens, sont débusqués. Ils ne veulent pas avouer qu'ils ont déjà
. fait le procès et à tout le moins instruit la cause, mais ils le laissent entendre
de ne se point souiller, mais de manger la Pâque. %Pilate sortit donc vers eux au dehors et dit : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme? » %IIs répondirent et lui dirent : « Si ce n'était un malfaiteur, nous ne te l’aurions pas livré. » Ÿ Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mèmes, et jugez-le selon votre loi. » Les Juifs donc lui dirent : « IL ne nous est pas permis de mettre à mort
sans trop se compromettre, Car ils savaient du moins que le crime, s’il était prouvé, entrainait la peine capitale. Ils confessent done qu'ils ont perdu le droit de vie et de mort. Jo. est le seul à le dire aussi clairement, mais les synoptiques le supposent, et le Talmud l'avoue (jer. Sanhedrin, 1, 1 et vu, AE On ne voit pas comment ils l'auraient conservé, puisqu'il appartenait au procurateur (Jos. Bell. II, vin, À; Ant. XX, 1x, 1). A toutle moins ne pouvaient-ils exécuter une sentence de mort sans son assentiment. Mommsen regarde ce point comme acquis (Rüm. Strafrecht, p. 240 et ZnT. W, 1902, p. 199), comme aussi Schürer (I, p. 261). Il faudrait done savoir gré à Jo. d’avoir fourni sur cette question la formule la plus nette. Cependant Loisy lui impute une confusion : « Cette parole ne signifie pas, comme on l'admet volontiers, que le sanhédrin n’a pas le droit de faire exécuter de sentences capitales sans la ratification du procurateur, mais qu'il n’a pas le droit d'en porter » (p. 467). C’est bien vite dit, car le texte parle de « mettre à mort ». Mais au fond la nécessité de la ratification excluait le droit de porter une sentence définitive, car le gouverneur n’était pas une machine à signer, donnant un simple visa sur le vu d'une sentence légale : «Il va de soi qu’il n’exerçait pas ce droit sans s'être mis au courant par lui-même de la question de culpabilité » (Mommsen 1. 1.).
De sorte qu’en réalité le droit ou le prétendu droit de porter une condam—
nation était rendu d'avance inopérant. Il est simplement faux de dire que Jo. « parle conformément à l’état légal des temps postérieurs à la ruine de Jérusalem où les Juifs. n'ont pas de tribunaux civils dont les jugements aient une valeur quelconque » (Loisy, p. #67). Jo. sait très bien que les Juifs peuvent juger dans une certaine mesure, puisque Pilate leur offre de le faire; mais ils s'adressent au gouverneur parce qu'ils veulent un arrêt de mort exécutable que seul il peut rendre. ;
M. Juster n'ose rejeter tout à fait la nécessité d'une confirmation, mais il pose le dilemme (Les Juifs dans l'empire romain, t. IN, p. 437) : ou le crime était religieux, le Sanhédrin seul compétent, l'exécution selon Les formalités juives de la lapidation : ou bien le crime était politique, crime de sédition dont seul le procurateur devait connaître. — Cetle intransigeance juvénile oppose deux droits absolus sans tenir compte des faits concrets. Les Juifs ne pouvaient intenter qu'un procès religieux, et cest ce qu'ils ont fait. Pilate qui s’en doute les prie de s’en tirer seuls. Mais ils ne peuvent faire l'exécution sans sa permission, et lui, cela va de soi, comme dit Mommsen, doit s'assurer que Jésus est coupable. Alors, très adroitement, et cela était nécessaire, les Juifs transforment leurs. propres griefs en une accusation qui obligera le Procurateur à condamner. C’est sur quoi sont d'accord les quatre évangélistes. Lolsy dit encore : « Inutile
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