‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 302 sur 326 · arokvow vutv (THV) plutôt que v. «. (S · texte numérisé non relu

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geste de Pierre pouvait paraître négligeable, d'autant que Jésus l'avait désavoué. Il est cependant étonnant qu'il nomme « les Juifs » comme ses adversaires, puisqu'il est accusé de s'être dit le roi des Juifs. Mais cela même montre l’inanité de l'accusation : un roi des Juifs, celui qui n’a pas même de partisans résolus à empêcher qu'on ne le livre aux Juifs, ses ennemis! — ürnpétar, nous l’a-

vons vu (vu, 32. 45; xvin, 3. 10) n'est pas synonyme de 5cÿlos « domestique », et désigne des agents, ordinairement d’un ordre inférieur, mais cependant aussi les aides de camp d'un général (XÉN. Cyr. Il, 1v, 4). Il y a là une simple comparaison avec l’ordre humain; Jésus ne fait pas allusion à des serviteurs célestes | comme seraient les anges de Mt. xxvi, 53. — vüy d£ sous-entendu : qu'ils n'ont. pas combattu.

372) Pilate : « Enfin, tu es tout de même roi? » Le juge d'instruction s'aperçoit déjà que l'accusé est un rêveur peu redoutable. Pourquoi tient-il à son idée, qui. pourrait lui causer du désagrément ? Ironique, avec un peu de pitié et une plus forte dose de mépris, Pilate n’est pas fâché de montrer à l'accusé que sa question à lui n'était pas si mal posée, et qu’une distinction chimérique n’empêcherait pas les suites d’un aveu déplorable : il serait temps pour le prévenu d'y réfléchir. — 0%40% avec l'interrogation dans une argumentation suivie (Épict. I, 1, 6, ete.) : « Est-ce qu'il n’en résulte pas? » Et non pas, sans interrogation : « tu n’es donc pas roi », car Jésus a plutôt concédé que nié, et il va avouer.

37b) Cette fois Jésus reconnait qu’il est roi, et même en termes plus exprès que dans les synoptiques. Mais puisque Pilate n'a pas compris le sens de cette royauté, et en effet Jésus n’en avait donné qu’une notion négative, il dit en quoi elle consiste : dans la mission qu'il a reçue de révéler la vérité. Il n’y avait rien

“à qui n’eût une amorce dans les prétentions des sages du temps. Les stoïciens

avaient posé en principe que les sages étaient rois et même les seuls rois ('Arxm, Stoic. vet. fragm., I, p. 158 ss), et Philon n'avait pas manqué de retenir-ces termes (de nom. mut. $ 152; de migr. Abrah. $ 1974) Jésus était aussi venu pour donner la vie (x, 10); s’il met surtout ici en relief la vérité, c'est

mes satellites auraient combattu, afin que je ne fusse pas livré aux Juifs; mais maintenant mon royaume n’est pas d'ici. » ’Pilate donc Jui dit : « Alors tu es roi tout de même? » Jésus répondit : « Tu le dis; je suis roi. Je suis né pour ceci, et je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité; quiconque procède de la vérité écoute ma voix. » 8 Pilate lui dit : « Qu'est-ce que la vérité? » Et sur ces mots il sortit de nouveau vers les Juifs, et il leur dit : «Pour moi je ne trouve en lui aucun motif [de condamnation]. » 39Mais c’est une de vos coutumes que je vous délivre quelqu'un à l'occasion de la Pâque : voulez-vous donc que je vous délivre le roi des Juifs? » Alors ils crièrent de nouveau, disant : « Non pas lui, mais Barabbas. » Or Barrabas était un brigand.

peut-être que cette idée, moins myslique, était plus accessible à un Romain.

— Les termes sont johanniques, cela va sans dire. — « Je suis né », dans ce contexte, ne peut s'entendre que de la naissance humaine, de sorte que « je suis venu dans le monde » n’imposait pas la croyance à une origine divine,

mais indique plutôt le ministère public. « Rendre témoignage à la vérité » comme v, 33, cf. 11, 32. — Révéler la vérité était encore une manière de se faire

des partisans et de créer un royaume, composé des amis de la vérité. Jo. dit :

« qui sont de la vérité » à cause de l'influence divine qui agit sur eux : s'ils

vont à la vérité, c'est qu'ils en viennent (I Jo. mr, 49). Il y avait là moins une

allusion à ses disciples, devenus ainsi ses sujets, qu’une invitation discrète à

écouter des paroles de vérité.

38) C’est bien ce que comprend Pilate; ce n’est pas la première fois qu’il rencontre un de ces sages qui ont seuls le secret de la vérité. Il n'a pas eu confiance dans leurs recettes. Et il serait plaisant que ce Juif fût mieux informé qu'eux tous. Le scepticisme spéculatif du Romain qui n’est qu'administrateur a-t-il jamais trouvé une expression plus naturelle? Il n’en a pas moins des devoirs de magistrat. Dans ce cas ils étaient clairs. Jésus était peut-être une sorte de philosophe, un juif semblable aux cyniques ambulants qui prêchaient la bonne doctrine: il était peut-être un illuminé : dans les deux cas il ne relevait pas de son tribunal. Pour ce qui me concerne, dit-il, je ne trouve rien.

39-x1ix, 6. On a regardé comme une addition rédactionnelle xvur, 39-xIx, 6 (Schwartz, Wellh., Loisy), parce qu’au v. 6 de xx nous sommes au même point : le rédacteur aurait voulu se rapprocher de la tradition synoptique. — Réponse : il aurait donc mis les faits dans le même ordre, et il serait trop commode pour un greffier de retrancher d'un procès les incidents qui ramènent le magistrat à son point de départ : c'est un cas désagréable, mais très fréquent. Aussi bien les distingués critiques ont-ils méconnu la péripélie suprème du drame, le point vers lequel tout converge. En | ;

39) Le raisonnement de Pilate n’est pas très juridique. Si Le prévenu ne lui paraît pas coupable, il n'a qu’à le relâcher. Mai il prend au sérieux, ou il feint

igés de le dé livrer (30), "ah pour qu’il ne “ont plus ques! gère une solution qui arrangera tout. Sur cette coutume et son car ridique, cf. Comm. Mc. xv, 6. D’après Mc. c’est la foule qui a pris les deva a est très vraisemblable, et Go n “avait LPS à faire connaître aux Ra.

# allégué; comme la foule était ee Pilate a peut: être ne lui fai We Pre à elle. Jo. de même que Mc. et Le. se garde bien de faire proposer

0) Ce sont les grands prêtres d’après Mc. qui détournent le eoup en prop ) nt Barabbas. Jo. va au plus court. Le xékw se rapporte difficilement au v. 30

Il suppose que la foule a déjà crié, comme dans Me. xv, 13. Barabbas est désigné un mot, en harmonie avec Le. xxu, 18, où il est qualifié de meurtrier, ce.

Alors donc Pilate prit Jésus et le fit flageller. ?Et les soldats

1-462 JÉSUS AU TRIBUNAL DE PILATE (deuxième partie); (ef. Me. xv, 15.16-202; Mt. xxvur, 26.27-31a; Le. xxur, 4-5; 13-16; 20-23). Tout ce passage est fort maltraité par certains critiques : « Qu'un tel procédé oit peu conforme aux habitudes de la justice romaine, au caractère de Pilate, aux vraisemblances du cas, il est à peine besoin de le remarquer » (Loisy, p. 473). « Tableau sans aucune vraisemblance » (p. 474). « La fiction ne tient pas debout » (475). — Nous aurions préféré quelques preuves tirées des usages antiques à cet appel au bon sens du lecteur, appuyé seulement sur les prétendus thèmes johanniques : « on ne se moque pas du Christ johannique » p. 468) etc.

La vraie et la seule difficulté pour l’exégète catholique, c'est que dans Me.

et Mt. l’ordre des faits n’est pas le même. On doit nécessairement opter. Nous irons les raisons qui rendent l'ordre de Jo. vraisemblable dans ce cas particuer. C’est l'avis d'Augustin (De cons. IT, ix) : unde isti (Mc. et Mt.) quod praeterierant recoluerunt. En revanche on verra que Jo. se rapproche de Lc. ; 4) Jo. emploie pasryw au lieu du latinisant ppayelkdw de Mc. xv, 15; Mi. xxvir, 26, mais évidemment dans le même sens; c'était d’ailleurs le terme des synoptiques dans la prédiction sur la flagellation qui devait précéder la crucifixion de Jésus (Me. x, 34; Le. xvur, 33; Mt. xx, 19). Dans Me. et Mt. la flagellation suit la condamnation, et tel était en effet l’ordre accoutumé. On pourrait donc croire que Jo. a anticipé ce fait, pour le raconter (comme ont fait Mc. et Mt.) avant le couronnement d’épines, si nous ne trouvions dans Le. xx, 16 un indice des intentions de Pilate de châtier Jésus sans le mettre à mort, pour donner une satisfaction à ses accusateurs sans violer trop sa propre conscience. fvidemment ce n’eùt pas été selon les principes de la « justice romaine »,. mais parfaitement conforme à l'arbitraire dont usaient les magistrats romains envers les sujets de Rome. Pilate lui-même avait machiné une violence autre- ment grave, dont il ne se désista que devant l'énergie des Juifs qui l’auraient - conduit à une véritable boucherie (Bell. I, 1x, 3); il ne fut même pas toujours si modéré (Ant. XVII, 1v, 1). Dans le cas présent il se disait, d'après Jo. comme d'après Le., qu'il sévissait contre Jésus dans son intérêt. S'il y a là quelque

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4. etnibev (T) plutôt que xax eér)üev (H) et non eënAüev ouv (SV).

chose de contraire au caractère de Pilate, tel que l’a dépeint Philon (Zegat. ad Caium, M. IL, p. 599), c'est qu'il se montre trop respectueux de la justice. Mais son impression sur la non-culpabilité est un trait attesté pour cette fois par les trois synoptiques, et Jo. coïncide avec Le. sur la triple déclaration de Pilate qu'il ne voit pas de motif de punir Jésus de mort (Le. xx, 4.14.16; Jo. xvir, 38; x1x, 6.12). Pilate en effet ne paraît pas avoir été cruel par goût. Il avait la main dure quand il croyait la répression nécessaire; mais ce n'était pas le cas à propos de Jésus. Il ne voyait en lui qu’une victime de la haine des Juifs qu'il

étestait et qui prétendaient lui faire porter la responsabilité d'une condamnation injuste, et surtout ridicule, comme si l’on pouvait prendre au sérieux un pauvre illuminé.

Cependant ce serait lui imputer trop de maladresse et même de la niaiserie que d'interpréter la flagellation comme un appel à la compassion des Juifs dirigeants. Il se serait étrangement trompé sur leurs sentiments, et l'on voit dans toutes ces scènes qu’il ruse avec les chefs de la nation. Leur donner une certaine satisfaction, c'était dans sa pensée imposer une limite à leurs exigences.

2) Contrairement aux synoptiques, Jo. place aussi le couronnement d’épines avant la condamnation. Mais cette fois on peut dire que la vraisemblance est de son côté. La scène n'est pas provoquée par Pilate; elle est toute spontanée les soldats s'amusent parce qu'ils sont oisifs. Après la condamnation, il n'y avait plus qu’à exécuter la sentence, comprenant ordinairement la flagellation. La flagellation ayant été infligée comme une peine distincte, les soldats lui donnent une suite selon leur goût. Sur cette mascarade cruelle, cf. Comm. Me., p. 393 s. L’accoutrement est comme dans Mec., couronne d épines et vêtement de pourpre.

3) La salutation moqueuse comme dans Mc.; les mauvais traitements sont des soufflets; il n’est pas question du roseau, ni de génuftexions, ni de crachats. On-dirait que Jo. abrège.

4) Pilate n’a pas dû s'inquiéter beaucoup de la manière dont la flagellation a été exécutée, ni du temps qu'on y a mis. S'il n’a pas ordonné la scène burlesque, il lui paraît sans doute qu’elle peut contribuer à ses desseins. On juge

ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, xIx, 5-6. A81

ayant tressé une couronne d’épines la mirent sur sa tête, et le revétirent d’un manteau de pourpre, $et ils s’approchaïent de lui et disaient : « Salut roi des Juifs! » Et ils lui donnaient des soufflets. #Pilate sortit de nouveau dehors et il leur dit: « Voici que je vous l'amène dehors, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif [de condamnation]. » 5 Jésus sortit donc dehors portant la couronne d'épines et le manteau de pourpre. Et [Pilate] leur dit : « Voilà l’homme. » 6Lors donc que les grands prêtres et Les satellites le virent, ils crièrent disant : « Crucifie ! Crucifie ! » Pilate leur dit :

amusant de lui amener Jésus dans son costume de roi des Juifs pour rire. C’est ainsi qu'il le présentera à la foule et aux prêtres.

3) Était-ce pour exciter la pitié? IL n’y paraît guère. Quand il dit : « Voilà l’homme », en désignant un pauvre être ridiculisé, le sens est évidemment : ce n’est rien de plus : avec sa royauté, vous voyez ce que cela compte! Lui, gouverneur, rougirait de se faire un épouvantail de l’homme et de ses prétentions : qu’en pensent les chefs des Juifs, et qu’en pense le peuple? On sait combien il importait dans l'antiquité que l’accusé se montrâl dans un atlirail sordide, implorant la miséricorde des juges, sans quoi ils se seraient fait un devoir de le condamner. Sûrement Socrate n'aurait pas été condamné à mort, s'il ne l'avait pris de si haut. Les grands prêtres pouvaient-ils sans perdre leur prestige s’acharner contre ce fantôme de roi? S'ils avaient prétendu faire du zèle auprès des Romains, Pilate montrait qu’il n'était pas dupe. Le peuple, lui, serait peut-être touché et révolté de l’infamie qui livrait un juif à la dérision des gentils.

Les termes dont Pilate se sert sont donc parfaitement naturels. Il est certain que pour un chrétien le contraste est violent entre cet état misérable et l'homme qu’il adore comme son Dieu. Dans les desseins de Dieu, «le procurateur ne dit : « Voilà l'homme », que pour faire crier à la conscience chrétienne : « Voilà Dieu! » Car cet « homme » est «le Fils de l’homme », « l'homme des prophéties, lhomme-Dieu, Dieu fait homme » (Loisy, p. #74). Mais ce bel effet oratoire suppose la réalité du fait, et Jo. aurait été bien subtil — et imprudent, et peu « johannique », — s'il avait inventé ce comble d’ignominie pour provoquer cette suprême adoration.

6) Cette vue détermine chez les grands prêtres et les satellites un cri de rage. Il n’est pas question du peuple, mais de gens de parti pris ou payés. Il u'y a pas de régime à orafpwov, il est sous les yeux, comme si l’on criait : en croix! Les ennemis de Jésus pensent que le gouverneur se moque d'eux et le somment d'en finir. Mais Pilate se cabre contre cette exigence; noter l’opposition de we et de éyw. Si cette besogne vous convient, faites-la, moi je me récuse. Il est clair d’ailleurs que s’il se sert du mot « crucifier », c’est parce qu’il leur renvoie la balle. 11 sait très bien qu'ils n’oseraient pas prendre sur eux d'exécuter la crucifixion sous ses yeux en s’autorisant d’un pareil verdict : ce serait le braver. Mais qu'ils aillent où ils voudront, dans le barathre

Rs, 7

roc AdBere adrèv bpeis vol cravobaure, èyw yap oùy ebplonw ëv at airiav. Témerolfnoav abr ci ’Toudaier “Hysis vopov £yeuev, Ka naTa rov vémov dgelher dmobaveiv, Ori vièv Deoë Eaurèv Eroincev. FlOre oi rouge 8 IlXGroc voërov vov Abyov, uäAhoy Épofiôn, Vrai eloÿAdey elç à mparôpior mé no Aéyer tv Inooë Téüev ei oû, 6 à Tnoods aménpuau oùx EBwxey abr®. 10AEYer oùy ar 6 [rikares Euot où Rakeïc ; oùu oDus rt ÉÉouoiay Éyw aroNioal os nai Éfouciar Éyuw oravodoxé ce; llérenoiôn abr® Inocùcs OÙx elyes éÉouaia var po obdepla et 7. OM. nuwv p. vouoy (THV) et non add, (S).

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