‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 303 sur 326 · axokvour avant cravpwcat (TH) et non après (SV · texte numérisé non relu

axokvour avant cravpwcat (TH) et non après (SV

ou au diable! Loisy remarque (p. #74) : « Singulière condescendance, et proposition qui s'accorde mal avec ce qui a été dit d’abord touchant l'incapacité des Juifs en matière de sentence capitale » (xvir, 31). Comme si Pilate leur faisait une proposition sérieuse! On traduirait moins doctement mais plus justement : « Faites ce que vous voudrez, moi je m'en moque et de vous aussi. »

7} Les Juifs ont très bien compris que Pilate ne leur a rien permis du tout. It a le pouvoir; eux ont le motif. Puisqu'il ne trouve pas de crime de son point de vue, qu'il se place au leur. Il doit respecter leur loi, et la faire respecter, puisqu'ils n’en ont plus le droit. Tout d’abord ils avaient pensé manier plus aisément le gouverneur par un grief politique : n'ayant pas réussi, ils se découvrent. Ce changement de front est indiqué, quoique moins clairement, dans Le. xx, 5. Obstination et légalisme affecté : ils jouent leur rôle au naturel. On voit ici que sans le moindre artifice Jo. retrouve le motif de la condamnation à mort d'après les synoptiques (Mc. x1v, 61-64; Mt. xxvi, 63-66; Le. xxu, 67-71). « La formule « Fils de Dieu » est prise dans le sens johannique » (Loisy, 415). Assurément, mais aurait-elle été un blasphème digne de mort dans un autre sens? On se rappelle avec quelle précision Le. a distingué la prétention messianique, sur laquelle on pouvait discuter, et la qualité de Fils de Dieu, qui cntrainait le dernier supplice (cf. v, 18; x, 33). On voit donc ici clairement que Jo. suppose les synoptiques et que son silence, même une façon différente de présenter les choses, ne signifient pas le dessein de les mettre dans leur tort. En fait l'argument des Juifs était excellent (Lev. xxiv, 16), et ils pouvaient raisonnablement espérer que Pilate leur ferait justice. — uv après véuov 20 a été ajouté pour la clarté (om. par RBCW Orig. les latt.).

8) pähhoy est en l'air (Bauer). Comment Jo. peut-il dire que Pilate craignit davantage, sans avoir parlé de crainte jusqu’à présent? Ce n'est pas très littéraire, mais enfin cela jette un jour sur les dispositions de Pilate. On était

“étonné qu’il fit presque l'avocat. Jo. insinue qu'il n'était pas si bon homme,

et que s'il ne se prêtait pas au jeu des Juifs, c'est qu'il craignait pour luimême. Cette crainte, puisqu'elle augmente, n'était pas encore de la terreur. C'élait peut-être seulement l’appréhension de conséquences ennuyeuses plutôt

£ ; n ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, xIxX, 9-11. - A83

« Prenez-le vous-mêmes, et [le] crucifiez; car je ne trouve en Jui aucun motif [de condamnation]. » 7 Les Juifs lui répondirent : « Nous avons une loi, et d’après la Loi il doit mourir, parce qu'il s’est fait Fils de Dieu. » 8Lors donc que Pilate entendit cette parole, il fut encore plus effrayé, ‘et il entra de nouveau dans le prétoire et il dit à Jésus : «D'où es-tu? » Mais Jésus ne lui donna pas de réponse. 10Pilate donc lui dit : « Tu ne me parles pas? Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te relâcher et que j'ai le pouvoir de te crucifier ? » 1! Jésus répondit : « Tu n'aurais aucun pouvoir sur mois’il ne t’avait

que redoutables : s’exposer, s’il résistait ouvertement, au fanatisme des Juifs; encourir le risque d’une dénonciation, venant peut-être d’autres Juifs, s'il cédait aux grands prêtres. En augmentant, sa crainte a peut-être changé d'objet.

9) L'exhibition de Jésus ayant si mal réussi, on avait dù le ramener dans le prétoire. C’est là que Pilate le rejoint. La question qu'il pose, si elle regardait seulement le lieu où Jésus était né, ses parents, leur profession, etc. aurait dà être posée dès le début. Il y a autre chose. Cependant les termes ne signifient pas directement : es-tu d’origine divine? Pilate eût répugné à montrer une crédulité superstitieuse. Mais on était d'accord dans le paganisme que les fils des dieux ou des déesses apparaissaient subitement, comme Bacchus à Thèbes, etc. Demander d'où était Jésus était une manière de s'informer qui ne compromettait rien et pouvait mettre sur la yoie d'une origine divine. Cette question manquait de franchise en l’état du procès; elle n’était pas imposée au procurateur par son office, et il ne méritait pas d’être éclairé puisqu'il avait refusé si légèrement (xvur, 38) d’être instruit de la vérité. Jésus se taira donc, comme dans les synoptiques (Me. xv, 5; Mt. xxvur, 1%), sauf une dernière réponse.

10) Décidément Pilate trouve partout des raisons de s'impatienter. Jésus n’a donc pas encore compris qu'il voudrait lui éviter le dernier supplice? Mais il ne faudrait pas l’obliger à sévir! Il expose le droit avec une précision romaine : Digeste,L, xvu, 37 : nemo qui condemnare potest, absolvere non potest (Bauer). Le pouvoir d'absoudre était le plus précieux : il passe avant, axoAüoat avant stavpügat avec NBAEN e pes.

11) Le pouvoir qu’exerce Pilate, il le tient de Tibère, mais avant tout de Dieu. Encore ici n'est-il pas question du pouvoir de juridiction en général, mais du pouvoir qu'il est loisible à Pilate d'exercer contre Jésus. C’est précisément celui qui-est donné d'en haut. Il fallait une permission, même une volonté spéciale de Dieu, pour que Pilate puisse rendre une sentence efficace au sujet du Fils de Dieu. — Pour &vofey ef. m1, 3. Ici on ne peut même pas songer à un autre sens que « d'en haut ». — eyes sans dv qui n’est plus obligatoire à cette époque; cf. xv, 24. é

Mais Pilate ne se doute pas de cette disposition providentielle qui devait aboutir à la mort de Jésus et à sa mort sur la croix. Il se targue de Fautorité dont il est revêtu; cependant elle est aussi une charge qui le met dans l’obligation de se prononcer. Il sera certes coupable de décider contre sa conscience,

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