‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 304 sur 326 · expavyacav (HV) ou expauyotov (TS · texte numérisé non relu

expavyacav (HV) ou expauyotov (TS

mais du moins il n'aura pas cherché à perdre un innocent. Combien plus coupable celui qui Pa livré ou trahi! On a pensé (encore Zahn) à Caïphe qui a livré Jésus à Pilate (xvmr, 30.35); mais à ce moment sa personnalité n’est pas mise en relief. Toutes les fois que Jo. emploie rapadidcoux (vr, 64.71; x11, 4; x, 2.114.241 ; xvinx, 2.5.36; xx1, 20) c'est à propos de la trahison de Judas (sauf xvur, 30.35; xx, 16). C’est donc de lui qu'il s’agit. On objecte que Pilate ne savait probablement rien de Judas, landis que Jo. vient de dire que Jésus lui a été livré par les Juifs. Il faudrait donc que parmi les grands prêtres la pensée de Jésus se soit portée sans qu'il le dise sur Caïphe, dont la politique sans scrupule a tout machiné (xr, 50). Mais alors Pilate ne pouvait pas mieux le comprendre que si on lui avait parlé de Judas. Ges mots sont donc comme un aparté, et c'est bien Judas qui est le traître par excellence et le grand coupable, lui qui avait été choisi par Jésus et avait vécu dans son intimité. — Gà roro est difficile : il faut sous-entendre : « Puisque tu agis comme saisi de l'affaire »; à cause de cela, un autre est relativement plus coupable. — Loisy propose : « A raison de ce pouvoir qui t'est donné, le péché de celui qui m'a livré à toi est plus grand qu'il ne serait si tu n'avais pas ce pouvoir. » Cela reviendrait à dire : il est plus coupable de livrer un accusé à quelqu'un qui a le pouvoir de le punir, qu’à celui qui ne pourrait rien lui faire, proposition trop évidente et qui ne tient pas compte du pouvoir d’en haut. — Le même Loisy affirme que derrière Judas il y à Satan, le grand coupable, etc. — Sans doute, mais tout à fait derrière; on ne le voit pas même par transparence.

12) x voürou non pas « à partir de ce moment », mais « à cause de cela » (vi, 66); c'est un motif nouveau, et peut-être plus pressant. Pilate répugnait à condamner Jésus parce qu'il ne le jugeait pas coupable; maintenant il est aussi retenu par une sorte d'inquiétude superstitieuse. ëx roërou marque ainsi le point de départ d’une intention plus nettement formulée d’acquitter Jésus. Jusqu'à présent Pilate à exposé le cas, sollicitant presque les Juifs de renoncer à le poursuivre. Maintenant il paraît résolu à lui rendre la liberté. Cela est indiqué par #Grirer et cela résulte aussi de la volte-face des Juifs qui, voyant leur proie leur échapper, jouent leur va-tout, au risque d’offenser le procurateur : Pilate recon- naït qu’il y a quelque chose de vrai dans les prétentions de Jésus à la royauté; quand ces prétentions seraient vaines et dérisoires, elles n’en sont pas moins un crime. Les tolérer c’est montrer peu de zèle pour les intérêts de César. Sous Tibère une pareille négligence est grave : iudicia maiestatis atrocissime emercuit (SUÉTONE, Tibère, Lvm). Le titre d'ami de César était en quelque sorte

été donné d’en haut; voilà pourquoi celui qui m'a livré à toi est plus coupable. » ? Ensuite de cela, Pilate cherchait à le relâcher ; mais les Juifs crièrent disant : « Si tu le relâches tu n’es pas ami de César : quiconque se fait roi se déclare contre César. » !3 Pilate donc ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors et s’assit sur

officiel; cf. Corp. inscr. graec. 3499,4; 3500,4. Être ou n'être pas ami de César était le grand point (Épict. 1v, 1, 45-48); un fonctionnaire indigne de ce titre élait perdu.

— ävrdéyew au sens de faire opposition, de se dresser contre le pouvoir souverain. Bauer : « Jo. a vraiment bien indiqué le motif qui a déterminé la conduite de Pilate envers Jésus. » Mais pour Loisy, Jo. est vraiment hors la loi. Quand il tombe juste, c’est sans l'avoir fait exprès : « La psychologie de Pilate et les vraisemblances historiques n'ont rien à voir dans le présent récit » (p. 479).

13) Après tant de tergiversations, Pilate se décide à agir en magistrat, dans l'appareil solennel de ses fonctions. Il fait avancer dans la cour'qui précédait le prétoire son Bäua (cf. Mt. xxvir, 19), c’est-à-dire l’estrade où il devait prendre place sur sa chaise curule. Jésus est amené pour entendre prononcer sa sentence. Alors Pilate s’assied à son tribunal. — C’est ainsi qu’on l’entendait et qu'on l'entend encore généralement (même Bauer), et c'est évidemment le sens. xa{£w est ordinairement intransitif ; la locution xabi£w ërt Bhuaros de l’acte du magistrat qui s'apprête à juger est presque un terme technique : cf. Act. x1r, 21; xxv, 6.17; Jos. Ant. XX, vi, 2 xaûlous ërt fiparos (donc aussi sans article), C’est la situation de Pilate lui-même dans Jos. Bell. IL, 1x, 3 : © MiAdros xaioas ènt Biuartos 2.1.À. et de Gessius Florus, probablement au même lieu où Pilate avait jugé Jésus, et avec le même cadre, Bell. II, xiv, 8 : PAGpos dè rôte pv êv tofs Baorkelou adXKerar, Tr © borepala Biux rpô adrév Béuevos xalKerar, nat mposeMdvres oÙ Te apyuepets xat Buvatol 76 re ywpuubtaroy Ts RÜkEwS rapéornaav té Barr. Cf. Épictète, 1v, 10, 24 : ri Gâua zaîlom. Loisy demande « pourquoi l’auteur, qui omet la condam- - nation, aurait égard à ce détail de procédure » {p. 480). — Il a parlé comme tout le monde pour signifier des assises solennelles : la régularité de la condamnation en dépendait; il n’est pas rare qu’un historien omette le principal, qui va de soi, et la condamnation est bien supposée et même contenue dans le v. 46.

Toutefois il faut concéder que xait peut avoir le sens transitif (Act. u, 30; I Cor. vi, 4; Éph. 1, 20) et quoiqu'il n’ait pas de régime dans notre verset, on pourrait sans offenser la grammaire absolument suppléer Jésus, qui vient d’être nommé. Loisy traduit donc que Pilate fit asseoir Jésus au tribunal. Si l’on entendait par là qu'il le fit asseoir quelque part sur l’estrade au lieu de le laisser debout, cela ne serait pas totalement invraisemblable, mais c’est bien ce détail qui eût été à La fois inutile et mal exprimé, car ërt ffuaros, en parlant de Jésus comme du procurateur, doit signifier la place d'honneur, et c’est bien à cela qu'en vient Loisy : La présentation du roi s’accomplit « avec toute la solennité que comportent les circonstances » (p. 480); Pilate affecte de traiter

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ros elç Tôroy Acyomevoy Auéorpuroy, ’Efomort dè T'apBadd. Tapasrevh Tob Técya, pa y de Éurn. nai héyer vote Toudafous "Ièe 6 Basihedc buüv. TSExpaiyacav oÙy Exeiver *Apov Gpov, crabpwsoy abrey. Aëyer abroïç © IliAaros Tov fact dudy oravpucw; àrexoibnoav cf

Jésus en roi avant de l'appeler roi. — C'est-à-dire en français qu'il joue la comédie. Il est vrai qu’on trouve quelque chose de semblable dans Justin (Apol. 1, 95); x ydp, ds einev 6 rpogfrne, diacbpovres adrov Exdôtoav Ex! Biuaros, za elrov Kotvoy uiy et dans l’évangile de Pierre (171) : xai éxdfioay adtoy ëmt xa0édoay rploews, Aéyovtes Arai xpive, Bacihed roù ’lopañh. Justin avait en vue Is. vx, qu'il venait de citer, mais il semble bien dépendre du pseudo-Pierre, en retenant peut-être de Jo. le fäux. De toute façon l’outrage à Jésus fait partie de la mascarade de la soldatesque. S'il est invraisemblable qu'elle ait pu disposer du tribunal pour ce jeu (ce qu'a peut-être senti le pseudo-Pierre), du moins elle pouvait ajouter cette moquerie aux autres. Mais Pilate, magistrat romain, vilipender à plaisir la majesté d’un tribunal romain devant des Juifs... c'eût été se compromettre beaucoup plus vis-à-vis de l'empereur qu’en acquittant un illuminé. Ce sens conduit donc à une absurdité. Il est vrai que pour Loisy c'est tout bénéfice : « Dans notre livre la vraisemblance historique est moins à considérer que le symbolisme des récits et la logique de son développement » (p. 480). Mais que Jésus ait été renié publiquement par Israël dont il était le roi, ce n'est point du symbolisme, et cela n’est pas moins réel si les choses se sont passées d’une facon normale, en interprétant Jo. selon l’usage normal des mots. Quand Jo. emploie des termes d’une précision juridique, il n’y a qu'à lui en donner acte.

Jo. est le seul à nommer l'endroit où s’installe Pilate Adootowrov. Le mot est ordinairement un adjectif commun, pour qualifier un endroit dallé ou une mosaique. Josèphe l’emploie deux fois (Bell. VI, 1, 8 et VI, mm, 2) à propos des cours du Temple, où il y avait non pas des mosaïques, mais de grandes dalles; ef. Jérusalem, (1, p. 570. La lettre d’Aristée dit précisément que tout le sol du Temple extérieur était Adorowtos (Aristée, LXXXVII; Cf. Jos. Bell. V, v, 2) ro üè Üratfooy Gray rerotkiÂto ravrodartv AOwv xatestpwuevov. À Ostie on devrait traduire mosaïque, à Jérusalem, grandes dalles. Les textes de Josèphe ont porté à eroire que c'est au Temple qu’un endroit spécial avait reçu le nom de Lithostrotos. Mais pourquoi plus précisément celui qui était au-dessous de la tour Antonia? L'emplacement du prétoire ne peut donc être tranché par ce détail. Si le Prétoire était au palais, la cour pavée était ainsi nommée par les Juifs hellénistes. Les gens du pays la nommaient Gabbatha. Le seul mot araméen semblable est Nn21 dans le lectionnaire syriaque palestinien pour rendre teÿ6koy (Mt. xxvi, 23), « un plat ». L'araméen ne serait donc nullement la traduction du grec ou réciproquement, mais aussi Jo. ne le dit pas, car le

mot araméen doit s'entendre de l'endroit, non du vocable Addstowtos. On ne

sait comment expliquer ce terme. Y aurait-il eu une étymologie populaire se ratlachant à 523, être grand, élevé, pour désigner une partie haute de la ville, quelque chose comme notre double sens de « plateau »? À Toulouse une rue se

le tribunal, au lieu appelé Lithostrotos, en hébreu Gabbatha. 14 C'était la préparation de la Pâque, il était environ six heures. Et il dit aux Juifs : « Voilà votre roi. » 1 Ceux-ci crièrent donc : « Enlève-[le]! Enlève-[le]! Crucifie-le! » Pilate leur dit : « Crucifierai-je votre roi? » Les grands prêtres répondirent : « Nous

nomme « la côte pavée »; à Lyon il y a la « rue du Plat ».… Peut-être était-ce La Plate-forme (nom d’une commune de France)? On peut rappeler comme une coïncidence curieuse que le même mot arabe (sahn) signifie plat et place.

14) On a remarqué la précision de Jo. sur le lieu de la condamnation. Il tient aussi à marquer le jour ct l'heure. Le jour était celui de la préparation de la Pàque, selon le sens naturel des mots (Schanz, Bauer, elc.). Geux qui prétendent que Jo. a voulu parler du 15 nisan, au lendemain du repas pascal, traduisent : le vendredi de la semaine de Pâque (Zahn, Tül.). D'ailleurs il est constant que c'était bien un vendredi (Mt. xxvir, 62; Le. xxmr, 54; Mc. xv, 42). Mais l'addition ° xcô résya fait rentrer raoxoxeün dans son sens normal; Mc. est même obligé d'expliquer le sens juif de parascève, jour avant le sabbat.

Jo. dit la sixième heure, avec &x, environ, parce qu'il s’agit d'une scène qui nest pas déterminée par un temps précis, comme fut l'accord sur l’armistice (11 heures, 14 nov. 1918). Mais cette sixième heure paraît peu en harmonie avec la troisième de Me. (xv, 25). IL semble que Jo. a voulu préciser. Il a attaché une grande importance à ce moment, parce que c’est celui qui marque la fin du judaïsme, lequel s’est condamné en faisant condamner Jésus. Dans tout ce passage la recherche de la précision historique est trop évidente pour qu’on s'arrête à une date symbolique, comme midi pour dire le milieu de l’histoire. La divergence avec Mc. ne doit pas s'étendre à l'heure de la mort du Christ, la neuvième heure d’après Me., et qui n’est pas indiquée dans Jo. Sur les raisons du comput de Mc., cf. Comm. p. 400.

Les paroles de Pilate ne sont plus une tentative pour obtenir une condamnation plus douce (Zahn). Au point où il en est, il a pris son parti. Les menaces des Juifs l'ont blessé; il leur répond par l'ironie : c’est bien votre roi que je vais condamner? Le voici; c’est pour ce grief qu'il est à mon tribunal.

45) Ce sarcasme exaspère les Juifs, mais Pilate se donne le malin plaisir d'insister, comme si vraiment, par égard pour eux, il se faisait scrupule de crucifier leur roi. — äpoy « enlève-le », comme dans lé papyrus de l’écolier Théon qui fait dire à sa mère avaotarot pe &ppoy adriv : il m'ennuie, enlève-le » (Oxyrh. 419, ue-rne siècle ap. J.-C.).

Ce sont les grands prêtres seuls qui répondent et prennent sur eux l'infamie; ils ont livré un compatriote aux Romains pour ne pas s'exposer à des tracasseries de leur part : c’est donc qu'ils acceptent le joug servilement.

162) Pilate prononce donc la sentence: il avait seul qualité pour cela. Mais Jo. exprime le sens de cette condamnation extorquée. C’est aux grands prêtres que Jésus est livré : ils l'ont condamné et ont poursuivi avec acharnement l'exécution. Ils en ont la responsabilité et presque la direction, quoique les soldats romains en soient les agents naturels.

apyuepeis OÙx Éyopev Baoiñéo ei ph Kaisapa. ‘l6rôre oùy rapéduxer abToy abroïs va oTaupwly.

Ilapéhafoy où rdv ‘Incoüv” yat Baordtuy br rèv oravpdv EEmhbey eig Tèv Aeyémevov Kpavlou Térov, 8 Xéyerar "EBpatort l'oxyché, 18érou abrèy éoraipuoav, ka pet abroÿ GAXoug Do Evredbey nat Evreüev, uécov Dè vèv ’Incoëv. 1 EVpadey d ua téthoy 8 IlAGroc nai Eônxev rt rod

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