‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 305 sur 326 · avrw (H) ou exvrw (TSV); — o (TH) et non oç (SV · texte numérisé non relu

avrw (H) ou exvrw (TSV); — o (TH) et non oç (SV

Sur le caractère historique de la procédure chez Pilate. Bauer croit que le caractère de la comparution est fortement influencé par les intentions apologétiques de l’auteur. Celui-ci voulait non seulement consoler les chrétiens, mais les défendre aux yeux des autorités romaines. Leur royaume, comme l'avait déclaré Jésus, n’est pas de ce monde: ils ne sont pas plus coupables que leur Maître, en qui Pilate n’a trouvé aucun motif de condamnation, etc. — S'il en était ainsi, comment se fait-il que Justin, dont l'apologie traite ce thème, et qui à fait allusion au IVe évangile (ef. Introd., p. xzvin), n'ait pas tiré parti de cette apologie? — C'est peut-être qu'il a très bien compris que ce procès n'avait rien de flatteur pour l'autorité romaine. En gros, Pilate se montre tel qu'il est dans les synoptiques; les détails ajoutés par Jo. ne le montrent pas plus convaincu de l’innocence de Jésus, mais plus lâche à le défendre. Sa psychologie n'est certes pas traitée pour elle-même, mais elle se détache avec une complète logique dans sa versatilité. Quant aux invraisemblances historiques, lorsque Bauer en est réduit à citer xvur, 30.33; xx, 4.6 comme les plus signalées, ilrend service à Jo., car ces passages sont irréprochables.

16b-37. La CRUCIFIXION; JÉSUS EN CROIX: MORT DE Jésus (Mc. xv, 20b-41: Mt. xXV, 33-56; Leo. xxur, 33-49).

Jo. coïncide avec les synoptiques, avec des omissions et des additions que nous aurons à signaler, ainsi que sa manière un peu différente sur certains points.

16?) Il n’est guère permis de supprimer ce demi-verset (Blass, Zahn) sous prétexte que NW et anc. latt. ont of dè rapañlabdvtes, suivis de xat &rfyayov, variante certainement fausse. Elle confie l’exécution aux Juifs, ce qui ne peut avoir été le cas. On voit plus loin que ce sont les soldats romains qui ont crucifié Jésus (23 s., 32 ss.) et Pilate lui-même a rédigé le titre : rap£laéoy ne dit pas le contraire. On ne prétend pas non plus que le sujet soit précisément la force romaine; c'est vaguement ceux que cela regardait. Ce n’est pas la suite, mais plutôt la contre-partie de rapédwxe, après une pause notable. Pilate livre Jésus aux Juifs. Ils tiennent leur proie : mais ils devront se contenter du spectacle, très agréable à leur haïne : d’autres seront chargés de l'exécution.

- #7) Dans Basrdtuv EÉaur® on a vu (Bauer, Loisy) un indice manifeste du parti pris de corriger les synoptiques, lesquels font porter la croix par Simon le Cyrénéen. Jo. l'aurait écarté « pour marquer la libre et souveraine initiative du Christ... et le Christ johannique n'a pas besoin qu’un autre porte sa croix ».

ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, xIx, 18-19. 489

n'avons d’autre roi que César. » {Alors donc il le leur livra pour être crucifié.

Ils prirent donc Jésus, {et portant sa croix il sortit vers l'endroit dit « du Crâne », qu'on nomme en hébreu Golgotha, f#où ils le crucifièrent, et avec lui deux autres, un de chaque côté et Jésus au milieu. ‘‘Pilate écrivit aussi un écriteau, et il le plaça sur la croix; il y était écrit : Jésus de Nazareth, le roi des Juifs. ? Plusieurs Juifs

(Loisy, p. 483). Ce serait bien plutôt parce que Jésus a invité ceux qui voulaient le suivre à porter leur croix eux-mêmes (Mc. vin, 34; Mt. xvi, 24). Mais si Jo avait tant de déférence pour cette parole des synoptiques, aurait-il voulu les contredire? On ajoute que Jo. a peut-être voulu contredire les docètes qui avaient abusé du Cyrénéen, d'aprés Irénée ([, xx1v, 4) Quapropter neque passum eum, sed Simonem quendam Cyrenaeum angariatum portasse crucem eius pro 0; et hunc secundum ignorantiam et errorem crucifixum, transfiquratum ab eo, uti putaretur ipse esse lesus; et ipsum autem Tesum Simonis accepisse formam et stantem irrisisse eos. — Jo. aurait donc supprimé d'avance tout prétexte à une exagération des prérogatives du Christ johannique par Basilide? Il est certain en effet que le condamné devait porter lui-même sa croix (cf. Comm. Me. xv, 21), mais d'après Mc. et Mt. c’est en dehors de la ville seulement que les Romains ont réquisitionné Simon. Si les soldats l'ont fait, c'est sûrement après avoir suivi d’abord la coutume ordinaire, et constaté que Jésus succombait sous le fardeau. Jo. n’a indiqué que le fait inouï de Jésus portant sa croix, bien plus propre à humilier le Christ johannique qu'à rehausser sa vigueur. 1 n'entre pas dans le détail, non plus que pour les deux autres crucifiés.

— Le lieu comme dans Mc. et Mt., mais le nom grec le premier, comme dans le v. 13.

18) Le sujet de écraipwoav ne peut être les Juifs; Jo. suppose que nous le savons (xvin, 34); ce sont ceux qui sont d'ordinaire chargés de ce soin, les soldats romains. — Les deux crucifiés à gauche et à droite, comme dans les synoptiques. Loisy : « L'auteur s'abstient de dire que ces deux compagnons de supplice étaient des voleurs, et il supprime ainsi le côté infâmant du trait » (p. 483). — Auraient-ils donc été crucifiés sans motif? — Bien plus : «cils font pour ainsi dire cortège au Christ, dont la croix devient un trône » (p. 483). Et c’est Jo. qui a qualifié de brigand Barrabbas qu'on avait préféré à Jésus! —

Disons simplement qu’il ne s'étend pas sur un point auquel le. avait donné tous les développements désirables; il n’est point si naïf que de faire une escorte d'honneur avec des crucifiés qui ne pouvaient être que des malfaiteurs et que la tradition connaissait comme tels. ,

49) Pour le titulus, cf. Me. xv, 26. Jo. est le seul à employer le mot latin roc. Il attribue tout à Pilate, qui évidemment n’a pas fait le charpentier, le graveur sur bois, etc. Les trois synoptiques ont : « Roi des Juifs »5 Mt. ajoute « Jésus »; Jo. de plus encore l'origine, vafuwpaios, ce qui devait être pénible aux Juifs. Mais Pilate avait dù s'informer des origines de Jésus, et J6, se montre ici

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