toy I. eu (H) plutôt que €. t. I. (TSV
d'accord avec Le. xxnr, 6 quant à la connaissance des origines galiléennes de l'accusé. ;
20) Jo. est seul à dire, et comme en rejet, que l’écriteau était en trois langues : de latin était la langue de l’administration, le grec celle de la population cultivée, l'hébreu ou plutôt l’araméen, l’idiome des gens du peuple. Aujourd’hui encore la Palestine a trois langues officielles : l'anglais, l'arabe et l'hébreu. Bauer cite Jul. Capitolinus (Script. hist. Aug., XX, 34) à propos de Gordien III : Gordiano sepulchrum milites apud Circesium castrum fecerunt in finibus Persidis, titulum huiusmodi addentes et graecis et latinis et persicis et iudaicis et aegyptiacis litleris, ut ab omnibus legeretur. Josèphe (Bell. V, v, 2) parle des stèles les unes en grec, les autres en latin (af pèy ‘EAXnvxoïs ai D ‘Poyœxots Yeépuasty) qui interdisaient l'entrée du hiéron intérieur. Une d'elles, en grec, est à Constantiaople. On à découvert plusieurs ossuaires ou pierres tumulaires portant des inscriptions grecques et araméennes (voir par exemple RB. 1913, p. 266 ss.; 4903, p. 490). La proximité de la ville est le plus précieux des détails topogra- phiques (Heb. x, 12), et parfaitement conforme à l'usage romain (PLavre, Miles, 359; Cic. in Verrem, v, 66, cf. Comm. Me. p. 396.399). — Il va sans dire que cetle vue provoqua maint quolibet des grands prêtres eux-mêmes (Me. XV, 32, M£. xxvn, 42; cf. Le. xxx, 35). Jo. ne les a pas reproduits. Mais si la hiérarchie raillait ainsi les prétentions de Jésus, d’autres sans doute, des Romains ou des Grecs, tournèrent en dérision les Juifs dont le roi était crucifié.
21) C'est ce qui explique la démarche des grands prêtres auprès de Pilate, qu'il n’y à vraiment aucune raison de supposer présent.
22) Pilate en a assez. Il n’a pas rédigé l'écriteau pour leur déplaire, car il ne contient que le motif de la condamnation, tel qu'eux-mêmes l'ont allégué; il ne changera rien pour leur plaire. — Imperatoria brevitas: encore estl qu'un Romain eût pu se contenter de dire : yéyoapa. Bauer cite Épict. IL, 15,5 xéxptxa, j'ai jugé, une fois pour toutes, et Pline met ce mot en grec (Epist. I, x) : Dixerat sane medico admoventi cibum, xéxptxa. Pour la nuance : ce que j'ai écrit une #ois est écrit pour toujours, le grec eût préféré à Eypada, yéyeapz. Il semble donc que la tournure a une nuance sémitique. Sans parler de Gen. xzur, 14, Schlatter (p. 429) a proposé plusieurs exemples tirés des Rabbins : « ce qu'il a fait est fait », « qui a entendu a entendu », etc.
lurent donc cet écriteau, parce que l'endroit où fut crucifié Jésus était proche de la ville, et on avait écrit en hébreu, en latin et en grec. 2!Les grands prêtres des Juifs dirent donc à Pilate : « N'écris pas : le roi des Juifs, mais qu’il a dit : je suis roi des Juifs. » #Pilate
répondit : « Ce que j'ai écrit, je [l’Jai écrit. »
%3Les soldats donc, lorsqu'ils eurent crucifié Jésus, prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une part pour chaque soldat, et
23 s.) Les synoptiques disent que les soldats partagèrent les vêtements et les tirèrent au sort, sans renvoyer à l'Écriture (Ps. xx1, 19). Jo. admet qu'il y avait quatre soldats, ce qui est très vraisemblable, à savoir un zeroédtov (cf. Act. xu, 4). De plus il distingue les autres habits dont on fit quatre parts, et la tunique, ou vêtement de dessous qui fut tirée au sort, car elle eût perdu toute sa valeur si on l'avait déchirée : elle ne pouvait même pas être décousue, étant tissée par en haut. Sur quoi on conteste le caractère historique de cette addition (Bauer, Loisy, etc.) : l'auteur s'étant reporté au psaume que rappelait le texte des synoptiques, y aurait vu (à tort) deux opérations distinctes portant sur deux objets distincts, tandis que dans l’hébreu et même les Septante le vêtement est simplement synonyme des habits. — Cette conjecture serait assez séduisante, si Jo. prenait son appui sur le psaume; dans ce cas il l'aurait cependant modifié en changeant iparuwuds en yirév. Mais en fait il s'appuie sur la réalité, et il donne une raison très plausible des deux procédés différents. Les critiques le sentent si bien qu'ils nient le caractère réel de la tunique qui ne serait qu'un symbole. Et en e‘fet les Pères, depuis saint Cyprien, y ont vu le symbole de l'Église qui doit demeurer une. Mais ce symbole qui a sa valeur comme leçon à tirer d’un fait, ne ressort pas assez clairement pour justifier une addition de la part de Jo. On dirait plutôt qu'il a voulu comparer Jésus au grand prêtre dont Josèphe a décrit la tunique (Ant. IL, var, 2) : « elle ne se composait pas de deux pièces qui eussent été cousues sur les épaules et le long des flancs, mais c'était un seul morceau très long tissé et fendu non pas de côté dans le sens du fil, mais échancré sur la longueur jusqu’à la poitrine et au milieu du
dos; une lisière y était cousue pour ne pas laisser voir une coupure peu con-
venable ». Mais Jo. ne manifeste nulle part l'intention d’assimiler Jésus au grand prêtre, et le trait « tissé par en haut » manque à Josèphe qui n'évite pas de parti pris toute coupure. Plus piquant serait Le rapprochement avec Philon, qui compare cette tunique du grand prêtre aux quatre éléments soutenus par Je Logos (de fuga, 110-112; M. 1, 562 à propos de Lev. xx, 410) : CDSTE j 5 TLEGÉVTATOS TOÙ 8vros Àdyos &s Era Toy 20940Y (yñv yo nai Vdwp REA ce rip aa tà Èx TOUTWV érapriopete)... (Cod aù à iudria diapoñe: ». 6 te Yap ToÙ ne os Rdyos deouds &v Ti érévruwv, Ds dlontat, al ouvéyet Tù HÉpn révra al opiyyes 2m Xwv adrà ie AMecbar za diapräsar. Mais si Jo. regarde le monde dans ses quatre éléments comme la tunique du Logos, parce qu'il en maintient la cohésion, le Logos pouvait-il quitter sa tunique sans que le monde soit dissous? Et alors comment les quatre parts des vêtements pouvaient-elles figurer les quatre parties du monde.(Loisy)? Il faudrait composer le symbolisme de Jo. de
nat Emolnoav récoapa pLépn, ExdoTw orpatuwtn Uépoc, rai rov yurüve. Tv D 6 yuruy dpapos, Ex Toy &vwber bpavros 1 Gao Heïmav oùv rpèc ax\fhous Mn oyiowmey abrév, GAAG Adywpey mept adrod vives Écran” Ua À ypapn TAnpwO
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24. om. n Aeyouoa p. nAncwôn (TH) plutôt que add. (SV). 26. 15e (THV) et non tôov (S).
données aussi incohérentes que quintessenciées, bien étrangères à la manière simple dont il raconte un fait. S'il a entrevu dans ce fait un symbolisme divin, la tunique tissue par en haut et sans couture serait plutôt l'humanité que Jésus est venu prendre d’en haut et dont il n'avait pas eu besoin de réunir les facultés divisées chez les autres par le péché. Le corps, vétement de l’âme, est une métaphore courante (cf. Philon, au même endroit : 4 5’ ëm uépous duyn td cu, sc. évôdera). Mais om ne verrait pas pourquoi cette humanité, dont le Logos ne devait pas être séparé, serait tirée au sort, etc.
— Azyyévw signifie « obtenir par le sort » et non pas «tirer au sort », quoique Bailly cite Isocrate 144 b, qui n’est pas décisif.
25-27. La dernière volonté de Jésus sur sa mère et le disciple qu'il aimait.
25) Si Jo. a repris au v. 24 : « ainsi donc agirent les soldats », c'est pour montrer l'Écriture accomplie et ménager un contraste entre ces soldats indifférents au supplice qu'ils ont exécuté, ne songeant qu’à en tirer profit, et le groupe de ceux qui ont le plus aimé Jésus et l'ont suivi au pied de la croix. Le moment suit la crucifixion et précède la mort d’un temps notable. C’est un autre tableau que celui des femmes regardant de loin après la mort de Jésus dans les synoptiques (Mc. xv, 40.41 ; Mt. xxvnr, 55.36: Le. xxII, 49). Le. ne les nomme pas. Dans Mc. et dans Mt. ce sont les mêmes, car Salomé de Me. doit être la même que dans Mt. la mère des fils de Zébédée. Et nous verrons que Jo. semble bien parler aussi des mêmes personnes. Il y à donc harmonie, si ce n’est que Jo. ajoute la Mère de Jésus et le disciple que Jésus aimait, et que leur place n’est pas la même. Mais il est fort possible que les femmes aient été ou se soient écartées du pied de la Croix avant le dernier soupir de Jésus, et que sa Mère ait été dès lors emmenée par le disciple.
Et peut-être pourrait-on dire aussi que seuls la Mère et le disciple se sont
__approchés si près de la Croix, ce qui n'avait pas été constaté par ceux qui-se tenaient loin, et que Jo. n’a fait qu’un groupe des femmes. De toute facon la présentation des synoptiques ne peut être un argument pour nier la réalité d’une scène où l’auteur figure sans aucun doute comme le disciple que Jésus
[ils prirent] aussi la tunique. Mais la tunique était sans couture, d’un seul tissu depuis le haut. #1Ils dirent donc les uns aux autres : « Ne la déchirons pas, mais tirons au sort à qui elle sera »; afin que l'Écriture fût accomplie : « Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré au sort ma robe. » C'est donc ce que firent les soldats. 25 Or près de la croix de Jésus se tenait sa Mère et la sœur de sa Mère, Marie de Clopas et Marie la Magdeleine. ?6Jésus donc, voyant
aimait (cf. v. 35). D’après les Actes (1, 14) Marie se trouvait à Jérusalem avec les apôtres dans le Cénacle. Quelle mère n'aurait suivi son fils au supplice, et que dire de cette Mère!
Les soldats n'avaient certainement pas pour consigne d’écarter les parents : la loi romaine accordait des adoucissements à ceux qui allaient mourir.
Les femmes étaient-elles trois (Calmes, Schanz, Till., etc.) ou quatre (Zahn, Loisy, Bauer, ete.)? Après avoir hésité longtemps (cf. Comm. Me., p. 80), nous nous décidons très nettement pour quatre. Si Marie de Clopas était la sœur de la Mère de Jésus, on avait done donné le même nom à deux sœurs, ce qui n'est pas normal. De plus, pourquoi une titulature si complète pour celte femme, dont d’ailleurs le nom propre aurait dû précéder la qualification de sœur de...? D'autant que les noms vont souvent par couples, par exemple dans le catalogue des Apôtres de Mt. (x, 3 s.). Nous avons donc deux femmes innomées et deux autres, nommées Marie, distinguées l’une par le nom de Clopas, probablement son mari, l'autre par son lieu d’origine, Marie la Magdaléenne, dont Jo. allait parler (xx, 4) et qui était bien connue (Le. vur, 2; xxiv, 10; Mt. xxvir, 56.61; xxvur, À ; Mc. xv, 40.47; xvi, 1.9). Jo. n'a pas indiqué le nom de la Mère de Jésus, non plus qu'à Cana (n, 1), et il ne nomme pas non plus sa sœur. Si l’on tient compte (Zahn) de son soin de voiler sous l’anonyme non seulement sa personne, mais encore son père Zébédée el son frère Jacques, on admettra aisément que cette personne est sa propre mère, que l’on nommera Salomé, si tel est le nom de la mère des fils de Zébédée, comme on peut le déduire du rapprochement entre Mc. xv, 40; et Mt. xxvnr, 56. En tout cela nous suivons Zahn, mais on ne conçoit pas pourquoi il rejette l'identité de Marie de Clopas avec Marie, mère de Jacques le petit et de José (Mc. xv, 40 et xvi, 1; Mt. xxvu, 56 et XVI, 4, l’autre Marie), la fidèle compagne de Marie Magdeleine près de la Croix et dans les offices de la sépulture. Clopas, d’après Hégésippe (Eus. H. E. IT, 11,2) était frère de Joseph, père putatif de Jésus. Probablement figure-t-il ici comme mari, plutôt que comme père, car l’origine d’une femme importe moins que le nom de son mari; elle aurait donc été la belle-sœur de Marie, Mère de Jésus, et ses fils les cousins du côté paternel putatif, ou les « frères » du Seigneur. — Le disciple que Jésus aimait était là, lui aussi, mais il n’est pas présenté avec les femmes: il n’apparaitra qu’au moment où cela sera nécessaire. Ajoutons que le chiffre de quatre femmes est celui de la peschittà.
26 s.) 11 se passa alors la chose la plus simple et la plus touchante. Le Christ johannique, qui savait qu'il entrait dans la gloire, qu'il pourrait
Pr + . 2 V2 Le /2 r " € EL 27 Lu palnThy mapeorüra dy mydma héyer T9 patpé T'Üvon, Le à vis oou. Ffeitæ
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exaucer ses disciples et viendrait les visiter, étant Dieu comme son Père, ce Christ est cependant un fils aimant, cloué à une croix, sensible à l'abandon où va se trouver sa mère, et qui la confie à celui qu'il aime : nunc autem humana iam paliens, ex qua fuerat factus homo, affectu commendabat humano (Ausg.). Beaucoup de mourants avaient agi ainsi, d’autres ont suivi et suivront. Mais Jésus sachant que sa Mère pourra faire plus pour le disciple, que lui pour elle, la lui donne aussi pour Mère. Ordinairement c’est une charge : aroksirw ’Apetaiw T}v pnréoa pou toégev za ynpoxousiv (LUCIEN, Toxaris, xxx); ici c'est un privilège : la Mère de Jésus sera pour le disciple une mère. — yôvæ cf. 11, 4; tà lovx cf. 1, 11. Ce serait exagérer la pauvreté des Apôtres que de ne pas leur laisser un gîte; Jean, car c’est bien lui, prit done Marie avec lui, peut-être tout d’abord auprès de sa propre mère. Mais ce n’était pas à titre de sœur - qu'elle se trouvait chez Salomé, c'était comme la mère adoptive de Jean. D'après la picuse opinion si douce aux chrétiens, Jean représentait ici tous les fidèles auxquels Marie a été dès lors donnée comme mère. Selon Knabenbauer c'est Rupert qui le premier l’a exprimée en ces termes : quia èn passione unigeniti omnium nostrum salutem beata Virgo peperit, plane omnium nostrum mater est. Igitur quod de hoc discipulo dictum est ab eo, recte et de alio quolibet discipulo, si praesens adesset dici potuisset, nisi quia licet omnium, ut dictum est, mater sit, pulchrius tamen huic ut virgo virgini commendari debuit. Mais si on lit attentivement Rupert, on voit que lui-même ne fait pas dériver l’opinion de la maternité spirituelle de Marie du texte de Jo., mais que, cette maternité étant admise, le texte eût pu dire de tout autre disciple ce qu'il dit de Jean. Il n’y a donc pas lieu de changer l’exégèse admise par les catholiques les plus conservateurs (Schanz, Corluy, Knab., Fülion, Murillo, Tillmann, etc., cités par Simén), sans pour cela porter atteinte à la pieuse croyance des fidèles sur là maternité spirituelle de Marie, établie théologiquement moins en vertu des paroles de Jésus sur la Croix qu'ensuite de la qualité des chrétiens, frères adoptifs de Jésus, devenant même mystiquement d’autres Jésus, comme a dit Origène des parfaits : xal yap näs 6 retekewuévos « Cf odxérr » AN Ey aût® « Cn postés », za Exet «CT » Ev adt® « yprotde », Âéyerar nept aûtoÿ tÿ Mapla: « Ide 6 vide cou » à yptorôs (Comm. I, 1v, 23). Cela était dit bien avant Rupert. Chaque chrétien, se sachant fils de Marie, éprouve une consolation à penser qu'il est dans la même situation que Jean au pied de la Croix. Notre piété envers Marie voit aussi dans l'attitude de celle qui se tenait debout au pied de la Croix un indice de la place qu'elle occupe dans notre rédemption. Elle compatissait aux souffrances de son Fils, mais aussi comme son Fils elle compatissait à nos maux; elle souffrait avec lui, s’offrait avec lui, sans rien ajouter à ses mérites infinis, mais en y joignant les siens, en s’associant intimement à l'œuvre de celui qu’elle avait donné au monde pour
© ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, xIx, 98. 495:
sa Mère et tout près le disciple qu’il aimait, dit à sa Mère : «Femme, voilà ton fils. » ?7 Ensuite il dit au disciple : « Voilà ta mère. » Et depuis ce moment le disciple la prit chez lui.
28 Après cela, Jésus, sachant que désormais tout était consommé,
le sauver, non moins participante de son œuvre à sa mort qu'à sa naissance.
IL faut seulement prévenir ceux qui parlent trop facilement des Pères comme s'ils étaient unanimes, que les plus grands se sont ici lamentablement égarés : on peut lire Cyrille, qui est cependant le docteur de la Maternité divine.
Il était réservé à la critique moderne de nier la réalité des adieux de Jésus à sa mère. La mère de Jésus n’est plus qu'un symbole : La mère est « la femme typique, l'Israël véritable, la communauté judéo-chrétienne, le judaïsme en tant qu'il a produit le Christ et l’église apostolique ; et à cette femme Jésus désigne comme devant être son protecteur, guide et gardien de sa vieillesse, le disciple bien-aimé, type du croyant parfait, du chrétien johannique, de l’Église helléno-chrétienne » (Loisy, p. 488, de même Bauer). Celle image symbolique est équivoque ou incohérente. Parle-t-on du judaïsme? Jésus en est sorti en quelque manière, mais comment le judaïsme, dont la haine l’a mis en croix, peut-il être représenté par sa mère affectueusement placée devant la Croix? Aussi l'on dit : l'Église judéo-chrétienne. Mais à supposer qu'un « paulinien » comme Jo. admette l'existence d’une église distincte dans le christianisme où il n'y a plus ni juif ni gentil, comment cette église, née de la foi en Jésus, peut-elle être la mère de Jésus? I serait moins illogique de parler des rapports entre les deux écritures de l'A. et du N. Testament. Mais nos critiques admettront-ils l'existence au temps de Jo. d’un N. Testament qui servirait de refuge à l'Ancien? De toute facon on n’a pas le droit de substituer l'intention d'un symbolisme sur lequel il ne s’est pas fait d'accord à l'intention très claire de rapporter un fait dont le disciple bien-aimé était justement fier. On ne peut même pas dans ce cas s'appuyer sur le goût des Pères pour l'allégorie. Sans compter que pour le symbolisme les autres femmes sont de trop, si bien que Loisy attribue leur insertion à un rédacteur !
28 s.) Jésus est abreuvé de vinaigre (Mc. xv, 36; ME. xxvur, 48; Le. xxIu, 36) L'accord est parfait avec les synoptiques (Le. se contente d’un mot) sur le fait que Jésus fut abreuvé de vinaigre, et que sa mort suivit aussitôt.
28) Dans Me. et Mt. l'initiative vient d’un assistant qui s'imagine que Jésus a appelé Élie. Dans Jo. c'est une plainte de Jésus, disant qu'il a soif, à laquelle on donne satisfaction. On avouera que cela est plus naturel. Et cependant c’est l'occasion pour Bauer de déclarer qu’ «il est certain seulement que dans Jo. s'est évanouie toute trace de tourment et de souffrance »s Loisy : « On doit supposer que Jésus à soif, mais il n’a soif que par sa volonté, par la conscience d’une prophétie à réaliser » (p. 489), Ge demi-docétisme serait fort apparenté à la doctrine que Jo. aurait voulu combattre en supprimant le Cyrénéen (voir sur 17). Le sens est simplement que Jésus, dévoré par la soif, trop naturelle en pareil cas, a exprimé sa souffrance pour réaliser une pro-
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29. om. ovy p. oxevoc (THV) et non add. (S). — vocw scripsi, voowrw (THSV).
phétie, tout le reste de ce qui lui avait été imposé par son Père étant désormais consommé. D’ordinaire, pour l’accomplissement d’une prophétie, Jo. emploie rAnpéw (x, 38; xt, 48; xv, 44. 25; xvir, 12; xvir, 9. 32) et releuw pour l’accomplissement de l’œuvre du Père (1v, 34; v, 36; xvn, 4). C’est la pensée qui domine ici, et qui influe sur le choix du mot par rapport à l'Écriture : d'autant qu'à ce coup toutes les prophéties (rouvent leur accomplissement définitif : Jésus va mourir. Le texte n’est pas cité; ce doit être : nat ei Tv Dfbav pou érotiodv que Ü6os (Ps. Lxviir, 22). Dans le ps. c’est un mauvais traitement (cf. Le.); dans Mc. et dans Mt. l'intention ne paraît pas mauvaise, encore moins dans Jo. Le point de comparaison est donc plutôt dans celui qui souffre : en être réduit à boire du vinaigre, dans une soif dévorante!
29) Jo. met au pluriel ce qui ne doit s'entendre que d’un seul (Me. Mt.). Pour la présence de cette boisson, cf. Comm. Me. — Mt. et Me. parlent d’un roseau, et Jo. a manifestement en vue quelque chose de semblable, sur quoi est fixée l'éponge : le même verbe xepittônu pour les trois. Or il est certain que l'hysope ne peut remplir ce but, n’ayant pas de tiges assez fermes pour cela. Il eût fallu dire : mettant un petit balai d'hysope au bout d’un roseau. Le sens de Gaswros étant certain, on n’a pas le droit de chercher une autre plante que l’hysope. Une correction très simple s'impose, proposée par Camerarius (+ 1574), très soutenue par Field, etc. L'auteur avait écrit vosuwrepuevtec. Un copiste très ancien, ne connaissant pas le mot boode, javelot, le pilum des Romains, mais connaissant bien l’hysope, a pensé que le manuscrit qu’il copiait péchait par la faute si fréquente de l’haplographie, et qu’on avait mis wr une seule fois au lieu de wrur; la restitution amenait l'hysope, plante biblique. — Bauer et Loisy (p. 489) refusent une correction si heureuse en critique textuelle, parce que l’hysope figurait dans l’ancien rituel pascal, « qui prescrivait de marquer les portes des maisons avec un balai d’hysope trempé dans le sang de l'agneau » (Ex. x, 22).
Mais cet usage même montre que l’hysope aurait pu remplacer (très mal) l'éponge, mais non le roseau. Au lieu de dire une chose absurde, Jo. a désigné très exactement de quelle sorte de roseau on s'était servi. A vrai dire la hampe du pilum était en bois, mais elle était renforcée en haut pour recevoir
la soie du fer, ce qui donnait au pilum tout à fait l'apparence d’un roseau avec sa fleur (cf. les illustrations de l’art. Pifum dans Saglio). On dirait chez Jo, et les synoptiques d’un même objet vu de près et de loin.
30) La mort de Jésus (Mc. xv, 37 ; Mt. xxXVIT, 50 ; Le. xxmr, 46).
afin que l'Écriture fût consommée, il dit : « J'ai soif. » © Il y avait là un vase rempli de vinaigre. Ils fixèrent donc une éponge remplie de vinaigre à un javelot et l'approchèrent de sa bouche. * Lors donc que Jésus eut pris le vinaigre, il dit : « C’est consommé », et ayant incliné la tête, il rendit l'esprit.
#1Les Juifs donc, comme c'était la préparation, afin que les corps ne demeurassent pas sur la croix durant le sabbat, car c'était
fésus boit donc le vinaigre et peut dire, aussitôt après, « c’est fini », en accord avec le v. 28. Il a accompli sa mission, sa carrière terrestre est terminée. Après quoi il incline la tête, comme pour dormir (Mt. var, 20; Le. 1x, 58), et remet son esprit, sans doute à son Père. C’est le sentiment exprimé par la parole de Lc. : « Père je remets mon esprit entre vos mains », que Jésus prononça alors. — Selon leur coutume, Loisy et Bauer exagèrent à plaisir la divergence entre Jo. ct les synoptiques. Le cri des synoptiques est un cri de … douleur, la dernière parole de Jésus est triomphale (Bauer). Mais le cri, le grand cri ne peut-il être regardé comme l'indice d’une force surhumaine ? - Sans aller jusqu’au cri de triomphe, on peut estimer que Jésus a exprimé dans un cri la satisfaction du Fils qui a accompli l’œuvre que lui avait confiée son Père. Les synoptiques n'ont pas insisté plus que Jo. sur les souffrances physiques de Jésus; c’est encore Jo. qui seul a mis sur ses lèvres le mot « j'ai soif ». La descriplion, si sobre soit-elle, d'une crucifixion suffit à appeler la compassion sur les plus extrêmes douleurs. Jo. il est vrai n’a pas parlé des injures des Juifs, ni dans la nuit du procès, ni au pied de la Croix : mais il a ‘aussi omis la confession messianique de Jésus devant Caïphe. Il faut toujours reconnaitre qu'il n’écrit pas une biographie complète, et qu'il n'entend pas supplanter les synoptiques. Loisy estime que l'émission du souffle figure le don de l'Esprit-Saint parce qu’en baissant la tête il dirige son esprit vers le groupe aimé. — C’est aller un peu vite : il faut attendre la résurrection (xx, 22). 31-37. Le coup de lance. Jo. seul, mais il omet ce que les synoptiques disent du centurion et des femmes, aussi bien que la rupture du rideau du temple (Mc. et Mt.) et le tremblement de terre avec les résurrections et apparitions (Mt seul). C'est certes un cas où Jo. ne se préoccupe pas de faire une auréole miraculeuse au Verbe incarné.
31) D’après Dt. xxx, 23, le corps d’un pendu devait être enseveli le jour même et Josèphe atteste que telle était la coutume de son temps pour les crucifiés : y Lovdaiovy resp} tas Tapès TpÔvoiav RotouHévwY, 63TE xal ToÙs Êx xaTa— Déns vestavouwuévous pd évroç flou xaPeheïy te at Oénrery (Bell. IV, v, 2). Peut-être les Juifs auraient-ils cependant laissé aux Romains la responsabiï lité d’une dérogation à cette loi, si le lendemain n'eût été un sabbat, et même un grand jour, c'est-à-dire une grande fête. Cette fête spécialement chômée ne peut être que le 15 nisan. On voit que Jo. est parfaitement d’accord avec lui-même. Dans ce cas, rapasxeuf doit comme au v. 14 s'entendre d’une préparation, quoiqu'il n'ait pas de régime. On ne peut alléguer que c'est la paras- ÉVANCILE SELON SAINT JEAN. 2
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