‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 316 sur 326 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Hie ponitur epilogus (Thom.). Il est impossible de considérer ces deux versets comme s'appliquant uniquement aux faits qui ont suivi la résurrection, car Jo. y indique le but de son livre, c’est-à-dire de tout son livre. Ce but, ce n'était pas de raconter tous les signes qu'a faits Jésus; les onueïa ne sont pas des miracles qui simplement étonnent, ou consolent, ou soulagentf, mais ils sont en même temps un enseignement : ils ont été opérés devant tout le peuple, et le Christ en a publiquement exposé la leçon. Si donc Jo. dit ici qu'ils ont été faits devant les disciples, c’est qu'eux seuls ont compris cette leçon et sont chargés de la transmettre à d’autres. Jo. n’a donc pas tout dit; il n'a pas voulu écrire une biographie complète du Sauveur, ou ajouter sa contribution aux Sÿnoptiques pour faire avec eux un tout. Non, il a fait un choix, s’arrêtant à ce qui était le plus propre à engendrer et à nourrir la foi. Le présent roreinte (NBO) est beaucoup plus propre que l'aoriste ruoreionte à indiquer la progression plutôt que la genèse de la foi. Jo. s'adresse à ceux qui croient déjà, mais qui doivent croire davantage, comme cela a été si souvent indiqué même à l'aoriste pour ceux qui étaient déjà disciples (cf. 1, 50; 11, 41. 22; IV, 50 et 53; x, 19; xiv, 29). L'objet de la foi c’est de croire que Jésus est le Ghrist, c'est-à-dire le Messie promis par les Écritures, et qu'il est en même temps le Fils de Dieu, au sens propre que l'évangéliste a toujours affirmé, c’est-à-dire vraiment Dieu, comme Thomas vient de le confesser. Une pareille foi c'est déjà la vie spiri- tuelle, que l’on possède précisément en confessant le nom de Jésus, mais l'intention de l’auteur n’est évidemment pas de donner une instruction supérieure, réservée à quelques-uns. Il a en vue la foi, non la Gnose. — Irénée (III, xvi, 5) lisait seulement : Jesus est Filius Dei. Dans W syrsin pa b f: Jesus Christus est filius Dei (cf. Iesum Christum filium Dei Tert.); mais cette attestation est insuf-

fisante, d'autant qu'irénée et Tertullien, les deux principaux inde n'on peut-être pas cité littéralement, se contentant de ce qui était en effet Le pre cipal dans l'esprit de Jo.

ee Le caractère d'épilogue de ces deux versets étant clair, quel est leur rapport avec ce qui suit? La quasi-totalité des critiques (même Schanz, Calmes, Lepin) e - a conclu de leur place actuelle que le chap. xxr est donc un appendice. On se = s divisait seulement sur la question de savoir si cet appendice est du même auteur E que le livre. On pourrait théoriquement admettre en effet que Jo. a ajouté un Ne supplément, comme nous avons cru qu’il l’a fait pour les chapitres xv et xv. Nous verrons que tout dans ce chapitre indique la même main que précédemment, sauf à discuter des retouches dans 1.14 (Calmes) ou dans 2.10 (Till) ou dans 2,20.21-23 (Zahn), sans parler de 24.25. Et, à la différence de la finale de Me., il n'y à aucun indice dans la tradition manuscrite que l’évangile ait : jamais été publié sans cet appendice. Il faudrait donc à tout le moins conserver or. l'unité (Schanz, Kn., Till., Calmes, Lepin) et rejeter absolument l'opinion de ceux : qui attribuent le ch. xx1 à un autre auteur ou à un groupe d'auteurs (les cri © tiques libéraux) (4). # DE Mais cette hypothèse d’un appendice, même émané du même auteur, ne nous È :

paraît ni plausible, ni nécessaire. Elle n’est pas suggérée par la nature du ch. xx1 qui ne revient pas sur ce qui précède, comme le ch. xvr par rapport au ch. xiv, et qui, beaucoup plus que le ch. xv, marque la suite de ce qui précède (xx1, À merà raûte). Elle n’est pas nécessaire, car il est une autre hypothèse beaucoup plus simple et qui enlève tout prétexte de regarder xxr commeun appendice, c'est de supposer que l’épilogue (xx, 30 s.) n’est pas à sa place. Les “3 critiques les plus récents, qui supposent partout des additions et des remaniements auraient mauvaise grâce à contester la possibilité d'un déplacement, rendu tout à fait vraisemblable quand on a constaté la cohésion parfaite de = xx1, 4-23 avec ce qui précède. 3 Mais où était d’abord cet épilogue? M. Faure (2) à replacé ce morceau après } xu, 37. Alors il faudrait supposer qu’il a été fortement retouché, et l’on ne voit pas pourquoi l’auteur aurait parlé des disciples; enfin c’est bien une conclusion dernière que cet épilogue et l’on ne s'attend pas à le voir suivi d’une seconde partie (3). L'épilogue était donc bien d’abord à la fin du livre, après xxx, 23. Mais lorsque les disciples de Jean eurent ajouté xx, 24 s., comme nous le verrons, il était nécessaire de remplacer la première finale par la nouvelle. On l’a remontée le plus près possible de la fin, avant le dernier épisode.

Chapitre XXI. LA DERNIÈRE APPARITION. — Le ch. xx1 comprend le récit de la dernière apparition du Christ ressuscité; on peut cependant y distinguer trois parties (4-14; 15-17; 48-23) plus un nouvel épilogue (24.28). Des raisons décisives, presque sur chaque verset, prouvent que ce chapitre (sauf 24.25) est du même auteur que tout l’évangile. M. Flowers (Journal of biblical literature,

—— (1) Renan (p. 534) hésite : « Le ch. xxx est une addition maïs une addition presque contemporaine, ou de l’auteur lui-même, ou de ses disciples. » : (2) Zeüschrift [. die neutestamentliche Wiss. 1922, p. 90-121 (3) Et en effet M. Faure attribue r-x17 et x-xx à deux auteurs différents, ce qui est une gageure.

e l’aut 9 est « johanneisch in johanneischem Geist ausgestaltet. La seule explicait de ce fait, c’est qu'il n’y a qu'un auteur, et les petites difficult owers sont parfaitement insuffisantes à prouver le contraire : ple Jo. aurait dù écrire rhéov À oëro: et non æhéov totuv, d’apr & la construction est toute différente); érevdérns est un hapax dans le T., isxéw n'est pas ailleurs dans Jo., etc. — On nous dit encore que xx est un « anti-climax ». Il culmine au contraire par la fondation Église et l'investiture de son chef. Mais n’est-ce pas précisément ce qui 8 > protestantisme? os ee ucoup plus décidé que Flowers à mettre t comme « une belle et ancienne c ni:

la fondation de la communauté primitive de e ». Si l'on veut ne rien exagérer, il fau tient avec Le. pour des apparitions à

Schwartz (Zn W, 1914, p. 216) bea èces le quatrième évangile reconnai eption celle qui fait dériver apparitions du ressuscité en Galilé seulement reconnaître que Jo., qui Jérusalem, fait ici la part des apparitions en Galilée.

ur l’auteur de 24.25, voir plus bas.

Page 1