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lourd et d'amer, tandis que celle de Jésus, que nous admettons parfaitement,
est légère et presque caressante, comme celle des parents qui instruisent ainsi D leurs enfants à se défier d'eux-mêmes et à solliciter un secours qui ne leur fera
pas défaut. Jésus avait demandé à ses disciples quelque nourriture de leur pêche, et c’est lui-même qui leur avait préparé un petit repas de pêcheurs, comme on en prend encore au bord du lac. Le feu est là pour rôtir le poisson, L en continuant à cuire le pain. Comment Jésus a-t-il disposé tout cela sans ; que les disciples s'en fussent aperçus? Ou ils étaient trop absorbés, ou leur Maître n'agissait point alors à la manière ordinaire, et il faut reconnaitre un miracle.
— Ghéotv du poisson, peut-être un seul, mais qui devait suffire comme les .deux de la multiplication des pains (vi, 9), d'autant qu'il n'y avait cette fois que quelques personnes.
10) On dirait bien que Jésus prie les disciples d'ajouter à ses propres préparatifs quelque chose de leur pêche. Cependant il ne s’en servira pas (12). C’est donc qu'il veut seulement les amener à terminer leur ouvrage et à constater la grandeur du résultat obtenu par son intervention et son assistance miraculeuse. Mais il entend suffire seul à leurs besoins.
11) La manœuvre ne pouvait se terminer sans Pierre : c'est à lui qu'il appartient de lever le filet hors de l'eau. Zahn imagine qu'il arrive seulement alors et qu’il monte sur le rivage. Il aurait donc échoué dans son dessein d'arriver le premier, et aborderait enfin assez piteusement. Ce n’est pas dans l'intention de Jo. Pierre qui attendait monte alors dans le bateau, parce que le filet y était encore attaché, et de là il l'enlève sans le rompre, ce qui n’alla pas sans peine, comme on le fait remarquer. Le chiffre de 133 est encore diversement interprété selon la mystique des nombres, quoique Jérôme ait depuis longtemps résolu l’énigme (LP. L. XXV, c. 474): Atunt autem qui de animantium scripsere naturis et proprietate, qui äkevrmé tam latino, quam graeco didicere sermone, de quibus Oppianus Cilix est, poeta doctissimus, centum quinquaginta tria esse genera piscium. Oppien de Cilicie, vers 180 ap. J.-C., ne propose pas un chiffre ferme, et dit seulement (1, 89) qu'il ne croit pas les espèces de poissons dans la mer moins nombreuses que les animaux sur la terre, mais Jérôme ne
10 Jésus leur dit : « Apportez quelques poissons de ceux que vous avez pris maintenant. » !Simon-Pierre monta donc et releva le filet vers la terre, plein de cent cinquante-trois gros poissons; et malgré ce grand nombre, le filet ne fut pas rompu. ‘? Jésus leur dit :
« Venez, déjeunez. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu? sachant que c'était le Seigneur. ? Jésus s'approche et prend le pain et le leur donne, et de même le poisson. !# Ainsi fut manifesté Jésus à ses disciples pour la troisième fois, depuis qu'il était ressuscité des morts.
le cite qu’en passant, en lettré, et s'appuie sur une opinion, courante parmi les spécialistes, qu'il y avait cent cinquante-trois espèces de poissons; si cette opinion était vraiment répandue, elle expliquerait notre cas : chaque poisson représente une espèce et symbolise une nation ou catégorie humaine.
Il est en effet impossible de méconnaître ici le symbole de la prédication qui a déjà été confiée aux disciples, d'autant que ce symbole est clairement indiqué dans Le v, 10, et à propos de Pierre. On est donc conduit à penser que le filet où l’on prend les poissons et qui ne se rompt pas symbolise l'Église qui doit demeurer une, si nombreux que soient les fidèles. L'épithète « grands » pour les poissons marque l'importance de la capture.
12) À l'invitation de Jésus, les disciples se rendent avec un empressement dominé par le respect. Ce trait rappelle tout à fait la réserve des disciples au puits de Jacob (1v, 27), mais elle est encore plus timide : ils savent que c’est le Seigneur, et ils comprennent maintenant ce que cela signifie pour Jésus.
43) Jésus ne les reprend pas de cette réserve; il ne leur témoigne que plus de bonté. Il sera toujours avec eux d’une manière invisible; il leur en donne une preuve sensible. Ils ont travaillé en suivant ses avis; ils se sont empressés de le rejoindre : il leur sert lui-même la réfection qu’il leur a préparée. Si les poissons qu'ils ont pris eux-mêmes figuraient ici, leur symbolisme en serait altéré d’une façon pénible : aussi n’en est-il plus question.
14) En parfaite harmonie avec xx, 19.26. Jésus n'était pas lié à une seule manière de se manifester; tl n’était pas non plus obligé de dire toujours : Paix à vous! Précédemment il leur a donné mission et pouvoir : cette fois il esquisse par les faits ce que sera leur action, dirigée par lui, récompensée déjà par lui, tandis qu’il demeurera dans la gloire du Père. Dans cette troisième apparition les paroles ont moins d'importance, parce que les faits, étant symboliques, comportent un enseignement. Mais cela même suppose leur réalité, que Jo. a inculquée de la façon la plus expresse et la plus expressive.
Bauer estime que ce récit manque d'unité, et que deux récits (1-8, 9-13) pourraient bien avoir existé avec une portée différente avant d'être cousus ensemble. Les raisons alléguées n’ont vraiment aucune valeur. Que signifie, dit-on, l'acte tumultueux de Pierre, qui n’a pas de suite, l'impuissance des Apôtres, etc. Mais c’est précisément Pierre qui fait l'unité de ce morceau, et c’est son rôle qui prépare le suivant. Pierre agit spontanément, selon sa nature;
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