xoo8ara (SV) plutôt que npo£aria (TH). | CE
mais quand il a quitté la barque, ses collaborateurs mêmes doivent attendre son retour : lui seul peut diriger et mener à bien l’œuvre commencée. Enfin nous croyons avoir montré que tous les détails convergent vers cette lecon : « Pierre, assisté des disciples, bien plus encore assisté de Jésus, conduira la -
pêche qui doit amener dans l'Église des hommes que leur grand nombre et leur -
diversité n’empêchent pas de demeurer une. Jésus s'occupe des siens, et quand 4
bien même ils ne pourraient échanger avec lui aucune parole, ils savent qu'ils
sont à la table du Seigneur. Toute la direction appartient donc à Pierre, mais
Jean a eu le pressentiment plus rapide : n'est-ce pas ce qui se passe encore, …
lorsqu'une voyante très aimée, une sainte Marguerite-Marie par exemple, reçoit |
des lumières de choix? Elle doit cependant les communiquer à Pierre, lequel a
seul qualité pour agir au nom de tous. Il y a dans tout ce passage on ne sait
quelle transparence de lumière divine. + 45-23. LA PRIMAUTÉ ET LE MARTYRE DE PIERRE. LE DISCIPLE BIEN-AIMÉ. S. Ge qui était suggéré par la scène précédente est maintenant exprimé claire- “
ment en ce qui regarde Pierre; ce n’est pas un autre épisode, ayant un objet
différent, c’est la parole authentique du Seigneur qui dégage une loi. De même que le disciple bien-aimé a eu sa note au début de l'apparition, il figurera ici. encore à côté de Pierre. <=
45-17. La primauté de Pierre. Tout le monde reconnaît dans la triple question de Jésus et dans la triple réponse de Pierre une compensation éclatante du -
reniement. Pierre n'avait pas perdu la foi en son Maître, mais l'amour dont il
* s'était vanté (xur, 37) n'avait pas été jusqu'à la mort, tant s’en faut! Sans rap-
peler la faute, Jésus montre aux disciples présents, par les paroles qu'il fait dire à Pierre, comment la présomption a été remplacée par un amour à la fois « plus profond et plus modeste. Au lieu de mettre en doute la préscience de son Maître, Pierre fait appel maintenant à sa science, et ne veut plus d'autre juge | de son affection. Alors qu'il se mettait au-dessus des autres (Mi. xxvi, 33), 44 évite modestement de s’attribuer à lui-même la supériorité dans l'amour, alors même que le Christ semble l'y inviter. Et cependant elle existe aux yeux . de Jésus, et c'est une convenance parfaite avec l’attribut de pasteur suprême que Pierre va recevoir. Car, pour paître les brebis, il faut beaucoup les aimer (x, 11), et si les brebis ne sauraient cesser d’être au Christ, il faut donc que le pasteur délégué aime beaucoup le pasteur véritable : Si amoris officium,
__ pascére Dominicum gregem; si fuit timoris indicium, negare pastorem (Aug.) :
Pierre sera donc désormais le pasteur du troupeau, à la place du Christ qui ne sera plus visible, devant remonter vers son Père, Les apôtres ont recu leur
a te LE Aile dl au de in
1 Lors donc qu'ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon- Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci? » Il lui dit :
« Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. » Il lui dit : « Pais mes agneaux. » {6]1 lui dit une seconde fois : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu? » Il lui dit : « Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. »Il
mission, et le droit de remettre les péchés ou de les retenir (xx, 22 s.): on pourra donc aussi les nommer des pasteurs par rapport aux autres. Mais, eomparés à l’unique Pasteur, ils rentrent dans le troupeau, ils ne seront même pas nommés à part comme occupant un rang intermédiaire, car les « agneaux» et les « brebis » sont synonymes, comme gveiv et àyax&, employés tout à * fait dans le même sens par Xén. Memorabilia, II, 7,9 et 42, comme fsxetv et roalvev; encore que ces mots représentent souvent des nuances, ils ont ici la même valeur.
15) Au lieu du vague usrà raÿüra, l'indication précise de la fin du déjeüner. Loisy : « Transition tout artificielle et rédactionnelle : on dirait que le Christ n’attendait que la fin du repas pour engager avec Simon-Pierre la conversation qu’on va lire » (p. 522).
— Pourquoi pas? Les disciples se taisent, laissant au Seigneur l'initiative;
‘ celui-ci remet à la fin du repas un entretien d’une importance capitale. Le début est assez solennel; Simon est nommé fils de Jean, comme lors de sa
vocation (1, 42). Jésus demande à Pierre si son amour pour lui est plus grand que
-celui des autres. Point important, puisqu'il allait lui conférer une charge plus haute. Il n’est pas requis ni acquis que l'amour du chef dépasse toujours celui d'un simple fidèle, mais c'était une convenance à l’origine, et peut-être Jésus veut-il rappeler doucement à Pierre sa présomption, lorsqu'il se vantait si imprudemment d'aimer plus que les autres (Me. xiv, 29; Mt. xxvi. 33), Ce trait est moins accusé dans Jo. x, 37, cependant même dans Jo. Pierre s’est mis en avant tout seul. — Désormais il a compris et se garde bien de toute jactance. Jésus, qui le sait guéri, ne lui posera plus la question de même sorte. Que son amour ait été le plus grand, c’est d’ailleurs ce qui résulte des évangiles, et tout à l'heure du verset 7. — Jésus se sert de dyaräv et Pierre répond par getr. Il semble que dans le premier verbe, il y ait plus de résolution volontaire, dans le second plus d’inclination du sentiment : Mais faut-il tenir compte de cette subtilité ici, quand Jésus à la troisième question emploie prhetv?
16) Cette fois Jésus réplique rofuave et zed6ata au lieu de fécxe et aoviæ. Nous lisons en effet xedéata avec toute la tradition manuscrite contre BC deux cursifs et b (rco6éria oviculas). Le changement de äpvia en rpd6ata a son importance pour montrer que Jésus parle de tout le troupeau; mais on ne voit pas que les brebis symbolisent les autres apôtres par opposition aux agneaux qui seraient les simples fidèles. On ne voit pas non plus que féoxeiv ait une relation spéciale avec les agneaux, romuaiveiv avec les brebis, le premier signifiant plutôt
faire paître, le second plutôt conduire au pâturage, d'autant que le LaPRoR sera
inverse au v. suivant.
Réyer adt® [louve 1ù mpéBerd pou, ÎTAéye dre tè rpirov Zipuyr ’Todyvou, quais pe; ÉAUT YO 6 Llérpos br eimev br vo voftoy qiheïs pe; 1 po eirev ado Kôgre, mévra où ofdas, où yirwouers One quad Ge. Réyer | ad ’Inooës Bôvxe vù mpéfard pou. 1Sauny auhv kéyo oo, être %e veuTepos, Étuvyves ceaurèv Kai meptemdreré Omou #fehec" Orav DÈ ynpéons, Eurevets Tac yeiodc sou, ual dAhoS Éwoer ce nai oser Omou où Oéhetc. 1rodro
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x Er CPR | de sinev onpalvuy molw Oavérw dobdaer Toy Deby. val roüro elrwy Àéyer
17, Cf. 16.
18. aXdoc Love ce xo1 ie (THV) et non &Xka fwaouor ge xa amorouoiv (S).
17) ëkurôn est la péripétie décisive. Après cela Jésus n’insistera plus. Pierre pouvait se dire que son amour était agréé, puisque récompensé par une marque de confiance. Mais peu lui importerait, si cette confiance ne venait pas d'un cœur bien convaincu, ou plutôt il me songe qu'à l'écho de sa parole dans le cœur du Maître. Il ne se lasserait pas de dire qu’il aime, mais qu'on le lui demande trois fois! N’a-t-il pas versé assez de larmes, pour qu’on lattriste encore? Une plainte si douce, soupirée par une nature si ardente, presque violente... qu'il est changél ;
— Nous lisons encore rodéara. Pour xpo6érix À remplace b. — La vg. qui avait la seconde fois agnos meos sans aucun appui dans le grec, a ici oves eus, alors que &pyla se trouve en grec dans trois mss.
Nous n'avons pas à rappeler les textes des Pères qui reconnaissent ici une véritable primauté accordéé à Pierre, en harmonie avec Mt. xvr, 47 s. Les deux métaphores du pasteur et de la pierre fondamentale se complètent. IL n'y a aücune raison de dire avec Gyrille que nous avons ici un renouvellement du pouvoir donné déjà à Pierre, et qu'il aurait perdu par le reniement, car Pierre a fait figure de chef depuis la Passion comme avant (Jo. xx, 3 ss.; xxr, 3 ss.), et Jésus ne suppose pas un instant qu’il ait encore besoin de pardon.
La tradition aété formulée définitivement par le concile du Vatican : « Afque uni Simoni Petro contulit Tesus post suam resurrectionem summi pastoris et rectoris turisdictionem in totum suum ovile dicens : « Pasce agnos meos », « Pasce oves meas » (Denz, 108 éd. n° 1822).
Tandis que quelques protestants étroitement confessionnels s’attardent à dire que Pierre ne figure ici que comme représentant des Apôtres, qu'il est tout au plus primus inter pares, des critiques plus indépendants se rangent à l’ancienne exégèse catholique, et reconnaissent que Jésus a entendu choisir Pierre seul comme dépositaire de son autorité pastorale suprême (Harnack, Heifmüller, Bauer, Loisy).
—— 48-23. La mort de Pierre et le sort du disciple. I n’y a pas de suture extérieure entre le passage qui précède et celui-ci, mais il y a une cohésion intime : Pierre qui s'était trop pressé en s’offrant à donner sa vie pour Jésus, maintenant que son amour est à la fois plus profond et moins présomptueux, est invité par
lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » {711 lui dit une troisième fois : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu? » Pierre fut contristé de ce que Jésus lui avait dit pour la troisième fois, m’aimes-tu? Et il lui dit : « Seigneur, tu connais tout, tu sais que je t'aime. » Jésus lui dit : « Pais mes brebis. {En vérité, en vérité, je te [le] dis : <orsque tu étais jeune, tu te ceignais et tu allais où tu voulais. Mais lorsque tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te portera où fu ne voudras pas. » 111 dit cela pour suggérer par quelle mort [Pierre] devait glorifier Dieu. Et ayant ainsi parlé, il lui dit : « Suis-moi. »
Jésus lui-même à le suivre dans la mort, et dans une mort semblable. Aug. à exprimé ingénieusement ces degrés et le point culminant où Pierre est élevé par le Christ : « Hunc invenit exitum ülle negator, et amalor : praesumendo elatus, negando prostratus, flendo purgatus, confitendo probatus, patiendo coronatus... Hoc enim oportebat, ut prius Christus pro Petri salute, deinde Petrus pro Christi praedicatione moreretur.
18) äuxv (bis) etc. donne à la pensée une direction un peu différente de ce qui précède; la répétition est bien du style de Jo. L'opposition paraît être seulement entre la jeunesse de Pierre et sa vieillesse : en ce moment ilest donc entre les deux âges, ayant toutefois conservé les allures très spontanées d’une nature franche et vigoureuse (7).
Se ceindre soi-même indique qu'on choisit librement l'objet de son activité, et le jeune homme va où il veut pour exercer cette énergie. A l'opposé, la vieillesse. Étendre les mains n'est pas le geste du vieillard qui perd la vue (Zahn), car rien ne l'indique dans le contexte; c’est seulement le geste qui permet à un ami complaisant dé fixer la ceinture, sans être embarrassé par des bras ballants; aussi est-ce le premier indice de dépendance. Ceint par un autre, le vieillard accepte d'être conduit où l’on voudra, selon les convenances des jeunes. Le texte ne dit rien de plus au premier abord et l’on peut en conclure que Jo. à transcrit la prédiction telle quelle, sans prendre soin de la rapprocher du genre de mort de Pierre, qu'elle désignait en termes voilés. Cela est d’ailleurs en parfaite harmonie avec la manière de Jo. : 1, 19; it, 83 vu, 34; vit, 24.28.32.51; xt, 41.50; x1r, 32; Xi, 27.33; xvr, 17. ee
19) C’est seulement après que Pierre eut été crucifié qu'apparut au disciple bien-aimé le sens très clair de ces mots mystérieux. D’après Bauer, il n'y eut rien à changer dans l’ordré des mots pour signifier l'exécution, parce que le condamné portait son gibet les mains étendues et attachées à ce gibet. Mais ce serait bizarre et presque impossible; cela ne résulte pas de Plaute (Miles glor. Il, 4, 7) dispessis manibus patibulum quom habebis (ce dernier mot n'est pas certain), qui vise plutôt la mise en çgroix que le portement de la croix, et il est plus simple d'expliquer cet hysteron proteron comme suggéré par le sens apparent (cf. v. 18). Les mains étendues élaient le signe du supplice de la
332 ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, xx, 20-21.
aïro ’Auxohobler pou. 20 Eriorpapsts 6 Tlérpos (Bkérer vèv à ; s - ja ? s el :
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’Incoëe ’Éùv abrov Du pévew Ewç Épyouat, tl mods sé; où pot awo- Aoûber, 23"EËmAôev oùv obros à Adyos els rods ddchoods Om à maûnrhs
.28. ua oux euxev (TS) plutôt que oux eumev Ge (HV); — ve wp0s 6e (HV) et non om. (TS). /
£roix; ARTÉMIDORE, Oneirocriton, 1, 76 xaxodpyos dè wv (si celui qui rêve est un scélérat) otavpwbnoetat Dix +0 Übos nat rhv Tüv yecpüv Extaouv, cf. Épict. int, 26, “22. — Être ceint par un autre signifie être attaché à la croix par des couroies; c'était encore un des caractères de la crucifixion, à«à +iv Béotv (Artém. m, 53), comme l’a bien vu Tertullien (Scorp. 45) : func Petrus ab altero cingitur, cum cruci adstringitur. La marche à la croix était déjà un supplice : äta te forabunt patibulatum per vias (PLaute, Most. I, 1, 56), mais il était encore plus douloureux d'être élevé sur la croix, demeure fatale où l’on était exposé à toutes les tortures et aux morsures des chiens et des vautours. Jésus ne dit pas que Pierre subira ce supplice à conire-Cœur ; il le décrit seulement dans sa nudité, effroyable à la nature.
Mais cette mort affreuse sera à la gloire de Dieu, et Pierre l’entendit bien ainsi (I Pet. 1v, 46) : rendre témoignage à la foi chrétienne, c’est glorifier Dieu.
Pierre était ainsi bien averti, et le ton du Sauveur, une lumière spéciale, lui firent sûrement entendre qu'il s'agissait de le suivre dans la mort, si le genre du supplice était encore obscur. C’est donc ce que Jésus lui propose, sans s'expliquer sur toute la portée de ce termé : suis-moi. Il l'avait déjà fait d’après Jo. xn, 24 ss., sans parler des synoptiques (Mt. x, 38, etc.). Il ne ressortait nullement des paroles de Jésus que Pierre dût être crucifié la tête en bas. Ce trait retenu par Eusèbe, Jérôme, Chrysostome, appartient donc à la tradition, et n'a pas été suggéré par l’exégèse, quoi qu'en ait pensé Théodore de Mopsueste, et après lui Icho‘dad. Citons, pour noter la fantaisie des criliques extrémistes la restitution par E. Schwartz (ZnW, 1914, p. 217) du texte « primitif »; vüy d Cuow çe Eyù xat olow 6xou Oélw.
20 s.) De fait Pierre se met à la suite de Jésus, qui sans doute allait s'éloigner. Mais il se retourne, car il entend qu'un autre suit le Sauveur. Si Jo. insiste en cet endroit sur le disciple bien-aimé, c’est qu'il entre en scène, et que désormais c'est de lui qu'il faut informer le lecteur (23 ss.). Peut-être aussi est-ce une manière de rappeler les liens qui l’unissaient à Pierre : il a
interrogé Jésus pour lui être agréable (x, 23), maintenant c'est Pierre qui va interroger. Il n’y a pas à le soupçonner de trop de curiosité, ou de jalousie à la pensée que cet autre peut-être échappera au martyre. Rien de plus naturel que sa question, quand elle ne serait pas dictée par une sympathie particulière. C’est à lui-même que Jésus a dit de le suivre. Un autre suit : alors est-il
#S’étant retourné, Pierre voit venir à la suite Le disciple que Jésus aimait, celui qui reposa pendant le repas sur son sein et qui dit : Seigneur, quel est celui qui te trahit? # Pierre donc le voyant dit à Jésus : « Seigneur, et celui-ci, qu’en sera-t-il? » 2? Jésus lui dit : «Sije voulais qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t'importe? toi, suis-moi. » # Ce bruit se répandit donc parmi les frères, que ce disciple ne doit pas mourir. Mais Jésus ne dit pas à [Pierre]
compris dans la même destinée? — oÿtos dè ri; est très concis, mais s'entend très bien : ri est prédicat, en sous-entendant yivsrar; les classiques ont des tournures analogues.
22) Pierre a si bien compris (contre Zahn, Till.) que Jésus avait fait allusion à sa mort, et sa question portait si bien sur ce point par rapport à l’autre disciple, que c’est à cela que Jésus fait allusion dans sa réponse, tout en se refusant à donner une solution. Pierre ne doit songer qu'à ce que son Mattre lui demande à lui. Il aura à paitre toutes les brebis, mais c’est au Seigneur à fixer leur destinée, le moment et la manière dont les fidèles quitteront le monde. Spécialement pour le disciple bien-aimé, s’il lui plaisait qu'il demeure — au lieu de le suivre — jusqu'au moment de sa venue? Par cette venue, tout le monde entend la Parousie. Et c’est bien ce qu’ont entendu les frères du v. 23. Notons que êév est beaucoup plus dubitatif que ei. Ce n’est point une puérilité que de préciser dans un texte que l’auteur est résolu à interpréter tel qu'il est. Jésus ne dit donc pas comme s’il y était décidé : si c'est mon intention; mais : si c'était mon intention. Quoi qu'il en soit, toi, suismoi. Il semble que dès lors Pierre seul suivit Jésus. Comment le Christ disparut-il? Jo. ne l'indique en aucune manière, comme il ne l'avait pas dit non plus aux deux premières apparitions.
23) Qui parle ici?
Il y a deux systèmes. Les uns (Bauer, Loisy, Calmes, etc.) estiment que l'auteur de ce verset connaît la mort du disciple, et qu'il veut défendre la parole du Christ contre une fausse interprétation. Non, le Christ ne s’est pas trompé en prononçant cette parole; le disciple est mort, il est vrai, mais Jésus n'avait pas dit qu'il ne mourrait pas. Mais d'autres. (Wesf., Zahn, Till. Schanz, etc.) pensent que l’auteur-de l’évangile maintient seulement la parole de Jésus telle qu’elle est, sans rien préciser, parce que le disciple est encore vivant, et qu’il faut laisser la solution au Christ. De cette façon, l'auteur peut être le disciple lui-même. Cette manière paraît la bonne. Parmi les fidèles on avait interprété sans hésiter que ce disciple ne doit pas mourir {le présent äxoûy{oxs) : l’auteur ne conteste pas que ce serait le sens si Jésus avaif dit : il demeurera jusqu’à ce que je revienne; mais le Maltre a seulement dit que peut-être telle était son intention. Il n'avait pas à la manifester plus nettement, puisqu'il ne donnait pas une solution directe au disciple; il répondait à Pierre (a«dr@) qui n’avait pas à s'en occuper, mais seulement à suivre. Ce point est plus clairement marqué si on lit ri xpès cé; omis seulement par N 4
nt » = «! , » t à Exetvoc oùx dmobvhone, nat oùx eîmev adr@ & ‘Inooës Ort oùx &rodvécrer, GA Eùv adroy Dékw.péver Éws Épyopar, TÉ mpdc cé;
2 Obréc Eonv à palnrhe 8 paprupüv mept robruv nai à ypébacs Tadre,
nat oldapey bre &An0ne abroë à maprupia ati.
» x A 2 > [T4 3 CEE 2% "Eoruy dÈ nai SARA moNAS à émoinoey 6 ‘Inoobc, Griwa éav Ypapnrar A F 4 \ na” Ey, 002 abrèov otuar Toy xbauoy ywohoey Ta ypapoueva frfilix. 24. xa o (HV) et non o xar (S) ou on. o (T); — eott p. maprupta (TH) plutôt que
p. anônc (SV); — aurou p. axnôns (TH) plutôt que p. Hæprupua (SV). 25, ywonseuwv (H) et non ywpnaat (SV); T 072. 25 avec N seul.
22 deux ou trois autres cursifs & e syrsin arm. Chrys. — Zahn a très bien noté que si des chrétiens avaient osé douter de la parole du Seigneur, censément démentie par la mort du disciple, l’auteur ne leur aurait pas donné le nom de frères — le seul cas dans l'Évangile. Dans II Pet. m1, 3-10 ceux qui interprètent mal le retard de la Parousie sont repris d'un autre ton. Jean, vieillard demeuré seul pie les disciples, ne voulait pas qu’on affirmât qu'il ne mourrait pas et qu’on l’entourât peut-être d'avance d'un culte superstitieux, ou qu’on tranchât sans hésiter la question du temps de la Parousie, qui n’eût pu être bien lointaine : il a voulu simplement qu'on s'en tint au sens, si vague qu’il fût, des paroles du Christ, qu’il reproduisait telles quelles. Aussi, lorsque en fait le disciple mourut, il n’y avait pas à retrancher de l’évangile une parole de Jésus que personne ne risquait plus de prendre pour une fausse prédiction (contre ScawarTz, Zn W, 1914 p. 215). Ce passage dans son entier suppose néanmoins que le disciple a survécu fort longtemps à Pierre c'est le premier indice de cette survie que la tradition d’'Irénée plaçait à Éphèse. — On sait que malgré tout l'opinion fut ancrée à Éphèse que Jean n'était pas mort : mais elle n'apparaît pas avant la fin du mre siècle.