II. — Le plan
Il a été analysé de bien des manières. Loisy ne s’en éfonne pas : « Il ya sans dire que la différence des conjectures est en rapport avec la façon dont on comprend FÉvangile (4) », c’est-à-dire soit comme une méditation théologique, soit comme un ouvrage historique. - © La méthode exige que l'on étudie le plan en lui-même, sauf à entirer des déductions sur le caractère de l’œuvre.
Le Prologue mis à part, on parait d'accord pour noter deux (2) grandes parties : La vie publique (1, 49-xn), et la Passion suivie de la Résurrection (xmr-xx1). Il est clair que la fin du ch. x termine la prédication du Christ, et, dès le début du ch. x, nous sommes sous l’impression de la Passion. En termes très généraux, la partition distingue deux époques comme dans une histoire. Mais le caractère doctrinal s’y montre aussi. Car d’après ce plan les enseignements de Jésus à ses disciples sont réservés à la seconde partie. Or il n’est pas vraisemblable qu'il ait commencé seulement alors à les instruire en particulier, et la tradition synoptique — Mc. surtout, — montre nettement que leur formation fut prolongée. Il y a donc dans Jo. une apparence qui pourrait faire illusion si l’on insistait sur l'ordre chronologique des faits. On est tenté de dire que, selon la grande distinction théorique du prologue (1, 11 s.), Jo. a parlé d’abord de ceux qui ont rejeté la lumière, puis de ceux qui l’ont reçue. Mais ce serait exagérer l'aspect doctrinal de la partition, car la Passion est l’œuvre de l’opposition montée à son comble, tandis que la première partie constate déjà l’adhésion des disciples au Christ. La grande partition est donc plutôt historique, avec quelque chose de systématique par l'exclusion dans la première partie d'entretiens réservés aux disciples (3) : et cela nous autorisera à chercher si le dernier entretien ne contient pas des paroles prononcées auparavant.
Le caractère à la fois historique et doctrinal de cette coupure en deux sections se retrouve dans les subdivisions, qui sont moins claires, mais qui semblent cependant établies comme les étapes d’une carrière doctrinale vraisemblable et conforme à l’ordre général des synoptiques.
De la part de Jésus il n’y a aucun progrès dans la connaissance de soi, cela. va. sans dire, mais il y. à un. certain. progrès dans la révélation. Les formules, vers la fin, et surtout avec ses disciples, sont plus claires et jettent plus de lumière sursa nature divine (4). Avec la lumière croissent les bonnes dispositions de ceux qui la reçeivent. En sens contraire, la
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(2) M. Tillmann en voit trois, 5 19:x1i; XEXVIT;: XVII-XX, 29. (3) Sauf 1", 31-37.
{4) Voir au chap. IV, p: cExvr.