‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 35 sur 326 · CRITIQUE LITTÉRAIRE. LXXV · texte numérisé non relu

CRITIQUE LITTÉRAIRE. LXXV

résistance, après qu’elle s’est prononcée, se fait plus acharnée. On peut distinguer plusieurs périodes.

De 1, 49-1v, le témoignage du Baptiste, adhésions plus ou moins

arfaites, mais enfin il y a tendance à croire : 1, 51, foi de Nathanaël; 11, 41.22, foi des disciples; 11, 23, ébranlement d’un grand nombre de personnes; In, Nicodème, type de la foi hésitante; 1v, foi de la Samaritaine et des Samaritains ; 1v, 50: 53, foi du fonctionnaire royal de sa maison. Tout cela se passe en Galilée, à Jérusalem, en Samarie, de nouveau en Galilée. Il y a donc une certaine préoccupation historique de la géographie, et du temps par l'indication d’une Pâque (11, 13).

De v-vr, — quel que soit l’ordre primitif des deux chapitres —, se produit la crise de la foi. A Jérusalem, c'est le miracle de la piscine de Bezatha, lors d’une fête (v, 1), et un jour de sabbat, qui fait naître l'hostilité contre Jésus. En Galilée, vers le temps de Pâque (vi, 4), la foule, au moment d’acclamer le Messie, se détourne de lui, et de même beaucoup de disciples, après le discours sur le pain de vie: à Capharnaüm. Au contraire les Douze, dont Pierre se fait l'organe, s’attachent à Jésus. D'un côté un groupe de fidèles, de l’autre côté la hiérarchie de Jérusalem, les foules de Galilée étant devenues indifférentes.

De vrr-x, c'est la lutte avec la hiérarchie dont le théâtre est naturellement Jérusalem et le Temple. Le refrain de cette section est la mauvaise volonté impuissante des uns (vis, 30. 44; Vu, 20. 59; x, 31. 89), Vhésitation des autres (vu, 13. 31. 40. 42. 50; x, 20 s., 24). Les temps sont marqués par la fête des Tabernacles (vn, 2) et la Dédicace (x, 22).

De x1-xur les dernières positions sont prises. Après la résurrection de Lazare, peu avant la dernière Pâque, les chefs des Juifs se décident à faire mourir Jésus (x1, 53) et ont l'œil sur lui (x1, 57). Au contraire la foule, dans son enthousiasme, le proclame Messie. Les événements sont au premier plan, etJo. en tire la conclusion providentielle : l’incrédulité des chefs de la nation est arrivée à son comble, elle rentre dans les desseins de Dieu.

De xrm-xvu, ce sont les entretiens de Jésus avec ses disciples et sa prière. Le caractère doctrinal l'emporte, et nous pensons que dans ce cadre Jo. a fait figurer des enseignements différés jusque-là.

De xvir-xix, la Passion, avec un aspect très voulu de détails histo- riques et la précision sur le jour (xvurr, 28).

De xx-xx1, les apparitions du ressuscité, à Jérusalem et en Galilée.

Telles sont les grandes lignes du plan, très suffisamment indiquées par la nature des choses : elles accusent certainement l'intention de suivre la marche des événements. Mais ces événements sont avant tout une base pour la foi, ce qui accuse aussi la préoccupation doctrinale de l’auteur. Le soin qu'il a eu d'indiquer des repères. chronologiques marque l'intention de garder le contact avec les faits. Ces notations

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