CVIII INTRODUCTION
entre. — oëv, d’abord adverbe afirmatif, est devenu une conjonction
syllogistique, semblable à raque.
A la différence de &ox (igitur), c'est une nue qui vient des
choses elles-mêmes. On comprend donc très bien que olv ait pu marquer l'évolution et l'enchainement des faits.
L'usage exceptionnel qu'en fait Jo. vient probablement de sa manière . de voir les choses surgir dans sa mémoire comme si elles sortaient l'une : - après l’autre (1). Il est tellement caractéristique qu'on n'en trouverait
sans doute pas d'autre exemple. Mais il ne faut pas exagérer comme Abbott (2) la rareté de cet emploi dans les narrations. Seulement dans le Mariyrium Polycerpi, aussi d'Asie, je citerai vu, 4.2: 1x, 2; x, 4.3; XVI, À: xvuN, 1.
M. Abbott a vu dans le où johannique l'intention de ranger les actes et les paroles du Christ sous l'impulsion de la cause première. C'est plutôt un effet de son génie inductif et de sa manière populaire.
La particule qui indiquerait plutôt la cause, mais la cause finale, c'est ve.
Cette particule est employée par Jo. 127 fois, Mt. 33; Le. 40: Me. 60. De plus Jo. à ?va ur 18 fois, Me. 5; Mt 8; Le. 8, — mais jamais uéxors (3), qui est connu des Septante. Bien plus, dans la traduction d'Isaïe citée, il demeure dans Mt. x, 15 et dans Me. 1v, 12, tandis que Jo. xur, 40 le remplace par va ui.
Ce fait très caractéristique nous invite à considérer l'absence de uérors comme très réfléchie, Ce terme en effet suggère une sorte de possibilité, sinon de probabilité pour le cas contraire, comme si la cause finale ne dominait pas complètement : « de peur que » (par hasard, ou par hypo-
thèse) est beaucoup moins fort que « afin que non ». En choisissant veuf
et en évitant systématiquement uñrore, Jo. a donc insisté sur la finalité, ce qui met dans un certain jour son emploi de vx même seul.
D'autre part les cas où îv n'indique pas la finalité sont particulièrement nombreux dans Jo. Nous croyons qu'on peut trouver cet emploi (métabatique), plus ou moins prononcé, dans 1, 27; m1, 95; 1v, 34. 47; me 1.29. ee vi, 7. 29. 30. 40; 1x, 2. 22. 36; xx, 50. 53. 57; xx, 7. 40. 93: x, 1. 2. 29. 34; xiv, 46; xv, 42. 13. 46. 417; xvr, 2. 7. 30. 32; xvu, 3. 4. 45:94: Frs 39; xIx, 31. 38., soit A cas, ce qui laisserait néanmoins subsister un grand nombre de cas où la finalité est acquise.
Si elle est très affaiblie ou remplacée par la notion de conséquence, c'est que ivx avec le subjonctif a souvent dans la koinè remplacé l’infnitif : on trouve ces cas dans Jo. beaucoup plus souvent que dans les
(1) Dans les Épitres de Jo. seulement HE Jo. 8; dans l’Apoe. 5 ou 6 fois. (2) Jok.-Gr. p. 479.
(3) Ni dans l'Apocalypse.
nédart mé ét tt) ds
HO OMÉAE.,
noptiques, par exemple Jo. 7, 97 à mis 4e Xéw où Le. 1, 46 et même Mc. 1, 7 ont Xax. Dans Jo. xt, 50 on lit 4 érobévs quand Caïphe donne son avis, et éxobavés dans xviunr, 14 en style indirect. 1322 Cela posé, M. Burney argumente de deux façons : 1) l'usage si fréquent | de %yx dans Me. et surtout dans Jo. est un indice qu'ils pensaient en araméen. — Nous ne le nions pas, quoique cet indice soit assez faible. 2) l'usage de {a représente dans certains cas un araméen * relatif, au sens de « qui », « que », où l'on aurait un indice positif que le grec traduit un original araméen. — Les cas cités comme probants sont 1, 8 (avec une ellipse); v, 7; VI, 30; vi, 50; 1x, 36; x1V, 16. — Mais sans doute peut-on trouver dans 7, 8 et vi, 50 un sens final. Il est assez remarquable que M. Gwilliam dans sa traduction de la peschitta en latin ait rendu par ul sauf pour v, 7. Que le syriaque ait ordinairement ; traduit 7, c’est qu'il n'avait guère d’autre ressource, et ce relatif peut
aussi valoir pour ut. Et en effet le cas de v, 7 est assez saisissant : Gyhguwmor 00% qu, tra Gray 292457 ro Lowp Bakn ue se traduirait très bien: « je n'ai pas d'homme qui me jette ». Mais rien n'empêche de traduire : « pour me jeter », et alors nous retombons dans l'usage ordinaire. Que #x puisse être équivalent à un sens relatif, c'est ce qui ressort d’un cas de l'inscription d'Ancyre (4) où fa À adx05… Bwvrm rend le latin ex quo. darentur. Une traduction araméenne aurait mis de. À Ancyre EEE aussi + représente uf, comme dans Jo. (2). |
D'autres cas allégués par M. Burney ne sont pas plus décisifs. C'est lorsque #2 suit la venue de l'heure :
xu1, 23 2fhubev À Son tu Cokas0f 6 vide +, e.; Cf. x, À; XVI, 2; XVI, 22
A côté de ces cas on trouve Zoperar on 6x IV, 91.923; v, 25; xv1, 25 et dpyerar pu àv À, V; 28.
Tous ces cas répondraient au même araméen 7, mieux rendu par êre que par fs. a
ji serait étonnant cependant que le traducteur prétendu n’ait pas eu son intention de marquer une nuancé, d'autant que cette nuance à été sentie par la peschitta. Le cas de &pz èv à (v, 28) indique une prédiction formelle, et de même les cas avec #:e, tandis que « marque seulement Vorientation vers l'avenir de ce qui est à prévoir (3).
En somme la tournure épyerat Ga se rattache à suuyéos et autres jocutions impersonnelles. Le seul cas difficile est celui de 1x, 2, ?va ruyhos yerrn0%, parce que le verbe est au passé; on trouvera au Comm. un texte
tout semblable d'Épictète (4).
(4) Chap. 17.
(2) Ch. 10, 1% (bis); dans 5 le latin manque. (3) Deb. ? 393, 3. + Le (4) C'est un confresens critique d’opiner avec Deb. 2 390, 4 que le texte primitif Er
DER Per
ox INTRODUCTION.
La tendance de Jean à exprimer fortement sa pensée se retrouve dans ce que M. Abbott a nommé une répétition par négation (1), et qui est plutôt une manifestation plus éclatante de la vérité par voie d'opposition. Tout l’évangile roule sur le contraste entre les ténèbres et la lumière : elle n’en ressort que mieux si elle a d'abord été qualifiée sous une forme négative.
Cette tournure est incontestablement dans l'esprit sémitique, et se retrouve dans les synoptiques (Me. 1, 44. 45; 11, 17 (bis), etc.; Mt. v, 15. 17, etc.) mais beaucoup plus dans Jo., qui emploie cù presque aussi souvent que Mc. et Le. ensemble, et &\x 102 fois, tandis que Mt. 37; Mc. 45; Le. 40 environ.
Elle se rattache naturellement au parallélisme antithétique et caractérise le début du psautier : paxdptoç dvho à oùx... oùx.. oùx.. dt. Il est dans la nature des choses que la vérité mise en lumière suive la formule négative, et c'est de beaucoup le cas le plus fréquent dans Jo. 1, 13; int, 16.17; 1v, 14; v, 24; v, 30; vi, 32. 38. 39; vu, 16. 28; virt, 12. 16. 28. 42. 49. 55 (2); 1x, 3. 31; x, 18; x1, 4. 52. Mais on rencontre aussi l’ordre descendant 1, 8; m1, 36; vi, 27; x, 1. 5. 33.
On trouve la même manière en grec; mais, avec leur goût pour la nuance, les Grecs atténuaient souvent l'opposition en l’exprimant soit par pévet &\x, soit même par uév et à. Cette dernière opposition très mitigée ne se trouve dans Jo. que six ou sept fois (vir, 42 [douteux]; x, A; xvi, 9. 22; x1x, 24. 32; xx, 30).