III. Casus pendens
Wellhausen en reconnaît à peine deux ou trois dans Jo., Burney donne une liste de 27 cas. C’est que la définition n'est sans doute pas la même.
Burney entend par là un sujet (au nominatif) ou un objet (à un cas oblique), renforcé ensuite par un pronom, spécialement par un pronom démonstratif. À s’en tenir là, la tournure est parfaitement grecuue, non sans une certaine insistance sur ce sujet et cet objet. Exemples des deux types (Æ.-G. IL, 2, 660) : 6 dé pot mayos, rov Kau6Üons énirporov tüy oixilwv dmédeke, obros radræ éveretharo (Hér. III, 63); avec l'objet en avant : tarplouc
portait l’infinitif remplacé ensuite par {va. Ce sont plutôt les correcteurs ou les traducteurs qui auraient mis l'infinitif dans v, 36; x1, 31. 55; xu, 20. Dans la lettre des martyrs de Lyon (Eus. H. E. V, 1, 15) le texte de xvi, 2.a été adapté : ëleüsetar xatpds ëv & nâs 6 amoxrelvas dudc ÔOEer larpelav mpocgépety t® 0e&, Où la prévision par îva devient une prédiction formelle, dans le style de v, 28.
(1) Joh.-Gr. p. 445.
(2) ee éyrwxare adtôv, éy® 0ë olôx aûrov (à la grecque) puis, pour insister : &\\& otôæ K, T. À.
CRITIQUE LITTÉRAIRE. Cxr
mapadoyès dc 0” éuAliuxac ypôvo xexrhmel”, oùdelc adrà xarabaet Adyos (EUR. Bacch. 202). Dans Mc: vi, 16 et xuix, 44.
Or dans les cas de Jo. l'importance de la personne ou de la chose n’est pas moins mise en vedette : 1, 18 (1) du logos; 1, 33 de Dieu; mr, 26 odros de Jésus; v, 11 id.; v, 36 aùté, les œuvres; v, 37 de Dieu; vi, 46 odros de Jésus; vir, 18 odros de Jésus dans une proposition générale; x, À en mauvaise part, mais avec accent; x, 25 tadra les œuvres; xt, 48 la parole de Jésus; x11, 49 oùréç du Père; xiv, 21 de celui qui aime; x1v, 26 . du Paraclet; xv, 5 oroç de celui qui demeure en Jésus. |
Dans les cas qui débutent par un relatif repris à un cas oblique, l’'emphase n’est guère moins signalée : 1, 12; m1, 32; v, 19. 38; vint, 26; NEV, 19: Vmr, LT:
Il n’y a donc pas là d'indice d’une traduction, ni même emploi d’une tournure sémitique, mais bien ce que nous avons déjà constaté, emploi fréquent d'une tournure qui convient mieux aux Sémites à cause de leur manière plus énergique que variée.
Mais nous reconnaissons une tournure sémitique (2) dans les cas où le suffixe revient après Le verbe, la phrase commençant par x&s. vi, 39 : Fva müv 6 Dédexév pou pe dmoAoew Ë aùroë, XV, 2 : müv xAua... aiper «dtO, xat nüv rd xapndy wépoy xaaiper adré; XVII, 2 : räv 6 Oédoxas adr Gwen aûrois Liv aiviov, Cf. vir, 38 : 6 niorebuv eiç Êué, moramol Ëx re xotAlaç adrod bebcouotv.
De même pour le cas où le relatif est repris à la fin de la phrase par un pronom démonstratif. Wellhausen {$ 3) n’en trouve aucune trace dans Jo., mais Torrey cite 1, 27 ob... adroü... xII, 26, 6... aùrÿ; 1, 33 ë” 8... ëx” adrév. Le dernier exemple est le meilleur. Encore faut-il noter que le grec s’en accommode très bien : fv yàp xar” oixous Ehw’, 67’ & Tpotav ÉTAet napÜévoy… raurn YÉYNÜE (Eur. Or. 64).
Prolepse. — C'est encore pour accentuer davantage le sujet d’une phrase secondaire qu'on le fait figurer dans la phrase principale comme accusatif. Les Grecs ont connu cette prolepse : XÉN. Comm., 1v, 2, 33 rdv AulSaov oùx &xfxoaç 8ru... AvayxAGero Éxeived dourevev. Il n’y a donc pas lieu d'évoquer avec Wellhausen le paradigme : vidit lucem quod bona erat. Cependant, tandis que dans le grec la phrase dépendante commence de bien des façons : dr, 66, 8otu, 660, etc. la tournure johannique, comme celle des synoptiques, a quelque chose de stéréotypé : 1v, 35 : Gsioucbe ke xwpas re Xeuxdi siow, Cf. V, 42: IX, 8; x1, 31.
IN. Parties du discours.
A. Le verbe. — Jo. n’emploie qu’une fois le passif avec üxo et le génitif pour désigner le sujet (x1v, 21). Mais il emploie volontiers le passif pour
(1) éxeïvos, toutes Les fois qu'un autre pronom n'est pas désigné. (2) Cf. Comm. ME. xCVu ss.