PRÉLIMINAIRES : LA QUESTION JOHANNIQUE. XI
n’y perdra rien. Loin de nous la pensée de leur infliger la chicane hargneuse de Méphistophélès, incapable de saisir dans l’œuvre de Dieu autre chose que des imperfections. Ce n’est point ainsi qu’on a commencé - à s'écarter de la tradition : en refusant à l’évangile une valeur proprement historique, on rendait cependant hommage à son inspiration religieuse. On dirait que la critique négative est acculée à un paroxysme de malyeillance : ayant épuisé ses munitions, elle ne compte plus que sur un surcroit d'audace. Mais déjà une réaction est commencée, parmi les plus indépendants. La connaissance plus approfondie de l'Orient, en particulier de la Palestine, du milieu palestinien : opinions, institutions, tournure d'esprit, langue, a fait réfléchir bien des critiques, de ceux qui ne consentent pas à incliner les réalités devant les combinaisons les plus subtiles. On se souvient que Renan, si sceptique, n’a jamais consenti à rejeter l'autorité historique du quatrième évangile, simplement parce qu'il avait pris la peine de venir le lire au pays de Jésus.
Le plan de cette introduction est déterminé par la nature des choses, et aussi par cette nécessité de tenir compte des discussions de notre temps.
Quoiqu'’on affecte de la placer au second rang, la question de l’auteur a une extrême gravité. Sans doute la doctrine de Jésus importe plus que le nom de celui qui nous l’a fait connaitre. Mais, dans ce cas particulier, le nom de l’auteur est garant de la croyance qui lui est due. Quand il serait démontré que le second évangile a. été écrit par Silas et non point par Marc, il ne perdrait guère de son autorité. Le quatrième évangile perdrait la sienne s’il n’était l’œuvre d’un témoin oculaire. Si l’auteur ou l'éditeur nous a trompé sur ce point, comment croire à son témoignage? Théoriquement, on pourrait supposer un témoin oculaire, un disciple de Jésus qui ne serait pas Jean, fils de Zébédée, mais on s'écarterait à la fois de ce qu’insinue le livre et de ce qu'a affirmé la tradition. Nous aurons donc à repasser une fois de plus, dans un premier chapitre, le témoignage de l’évangile et celui de la tradition ancienne.
Les attaques contre l'unité, trop variées pour être examinées une à une (4), trop subjectives pour être redoutables, perdront, croyons-nous, toute influence nocive si l’on se pénètre du plan, du but, de la manière de composer de l’évangéliste, de ses habitudes de langage : tout cela relève de la critique littéraire et philologique, et formera le second chapitre.
L'autorité historique de l’évangéliste a été contestée à cause de ses divergences avec les synoptiques : il faudra donc établir ses titres à être tenu pour un historien sérieux : c'est la critique historique ou des faits,
au chapitre 111.
(1) Un examen rapide des principaux systèmes a été donné dans la Revue biblique, juillet, 1924 : « Où en est la dissection du quatrième évangile? »
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Wu ne restera plus qu’à jeter un regard -sur l’état du texte dans L GHsss et dernier chapitre, spécialement en ce qui concerne