‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 7 sur 326 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

L'AUTEUR DU QUATRIÈME ÉVANGILE

Dans l'examen de la tradition on a coutume de placer d’abord les passages d’où l’on peut conclure à l'existence de l’évangile, puis ceux des écrivains qui croient connaître le nom de l’auteur (1). Mais le lecteur peut être tenté de conclure qu’à un ouvrage anonyme on à fini par donner un nom. Ce ne peut être en aucune façon le cas pour le quatrième évangile, qui n’est pas anonyme de la même façon que les trois premiers, puisqu'il se donne comme l’œuvre d’un témoin oculaire. C’est ce point qu'il faut établir tout d'abord. Le nom propre se déduira assez naturellement, et il sera constant que l’évangile n’a jamais été ni produit, ni reçu, sinon sous le couvert d’une autorité que nous ne pouvons appeler qu’apostolique, quoique l’évangile ne prononce pas ce nom. ! Là est le point décisif de toute cette enquête.

$ 1%. — Le témoignage du livre.

Les évangiles de Marc et de Matthieu sont complètement anonymes ; Luc, sans se nommer, manifeste cependant son activité littéraire par une préface. Le quatrième évangile indique qu'il est l'œuvre d'un disciple de Jésus, et du disciple que Jésus aimait. On dirait que l’auteur, parfaitement résolu à donner toute l'énergie possible à son témoignage, a voulu lui assurer ce point d'appui solide sans cependant mettre en avant sa personnalité. C’est peu à peu que le voile se lève ou du moins devient plus transparent.

Jamais il ne dit « je » ou « moi » (2), comme pour laisser à Jésus seul cette formule si claire-d’auto-manifestation. Cependant, dès le début, il se range parmi ceux qui ont été les témoins du Verbe incarné (x, 44), soudant ainsi ce témoignage à celui de Jean-Baptiste.

Si on lisait la vocation des premiers disciples sans avoir déjà lu et médité tout l'ouvrage, on ne ferait pas grande attention au fait de

(1) Par exemple dans d'excellente dissertation de M. Camerlynck, De quarti evangeli auctore dissertatio, Louvain, 1899.

(2) Pas même par la première personne d’un verbe au singulier; sur ouar (xxt, 25)

voir le Commentaire.

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