II, — CHRONOLOGIE DU QUATRIÈME ÉVANGILE
Nous ne mentionnons que pour mémoire certaines menues indications qui ne peuvent servir à fixer la chronologie. Il semble qu’il y ait six jours entre le premier témoignage du Baptiste et le miracle de Cana (2). Gette précision n'a rien de symbolique, car on ne saurait vraiment y
voir une réplique des six jours de la création. On dirait plutôt que
l’auteur veuille, dès le début, garantir par ces détails la précision de son témoignage. Mais il n'indique pas la saison.
Le milieu (vx, 14) et le dernier jour de la fête (vu, 37) des Tabernacles sont probablement dans le même cas, et ce doit être aussi pour cela que Jo. indique certaines heures (1, 40; 1v, 6; x1x, 14), toujours avec x, « environ », pour ne pas affecter une précision de pédant.
Les vrais repères chronologiques du quatrième évangile sont relatifs 4) à certaines fêtes; b) à certains jours de la dernière Pâque; c) au àmps pris par la reconstruction du Temple.
1) Srzemène, P. G. LXVIL, c. 1281, cf. RB. 1896, p. 91. La tradition ne se gêne nul.
ent pour placer Emmaüs en plusieurs endroits : mais elle n’invente pas un autre 4m de lieu pour une scène semblable ou analogue; elle peut proposer Bethabara pour Béthanie, Gergésa pour Gerasa ou Gadara: en pareil cas on dispute sur le nom ou sur le lieu, mais tout roule sur un texte écrit. Si Origène préfère Bethabara, c’est qu'il trouve ce nom tout près du Jourdain : Jean est sacrifié aux synoptiques, sa tradition rayée plutôt qu'ajoutée. Gergésa paraît plus plausible que Gérasa ou’ Gadara ; un seu] nom, mieux approprié au texte (pensait-on) en remplace deux. Quelle différence entre les raisonnements des curiosiores locorum et la manière souveraine de Jean, à laquelle les découvertes donnent raison!
(2) I, 29 le lendemain; I, 35 le lendemain; I, 43 le lendemain ; IL, 1 le troisième jour : donc le sixième, mais ef sur II, 1