CRITIQUE HISTORIQUE. CXXVII
a) do. mentionne trois fêtes de Pâque, très expressément désignées, dans les mêmes termes, et presque avec le même ordre des mots : 11, 43 éyrès nv ro néoya Tüv ’oudarGv, VI, 4 : Av dE Éyyds ro nécya À Éoprh Tr. /L., XI, 55 nv dE éyyde Tù réc4a r. É
Entre les deux premières, il y a une fête des Juifs (v, 1); si elle n’est pas désignée comme la Pâque, ainsi que les trois autres, c'est donc que ce n’était pas cette fête. Si l’on place le ch. vr avant le ch. v, ou c’est la Pâque de vi, 4, ou ce n’est pas la Pâque : des deux façons ce n'est pas une Pâquen plus. Après la seconde Pâque il y a la fête des Tabernacles (vu, 2) et celle de la Dédicace (x, 22).
- b) Le jour de la mort du Sauveur ou plus précisément de sa condamnation par Pilate est le jour de la préparation de la Pâque (x1x, 14), ce qui est confirmé par xvut, 28 et xur, 29. C'est donc le 14 nisan jusqu’au coucher du soleil.
Le repas de Béthanie est fixé six jours avant la Pâque, avant l'entrée des Rameaux, et le dernier repas est avant la Pâque (xur, L).
c) Pour la date assez énigmatique de 1, 20; voir le Commentaire.
Il est assez clair que ces maigres données ne constituent pas une chronologie telle qu'un historien l’aurait conçue. Elles sont même beaucoup moins dans le style de l’histoire que celles de Luc, qui place la naissance du’ Baptiste sous Hérode (1, 5), celle de Jésus lors d’un recensement ordonné par César Auguste, avec une certaine relation avec Quirinius, gouverneur de Syrie (x, 4 s.), et qui marque par un synchronisme étendu l’entrée en scène du Baptiste (ur, 1 ss.).
On notera aussi que par les indications a) et b) Jo. semble être peu d'accord avec les synoptiques. On dirait en effet, du moins d’après un examen superficiel, que pour les synoptiques, spécialement pour Luc, le ministère public de Jésus n'a duré qu’un an : autrement pourquoi aurait-il parlé d’un an de grâce (Iv, 19.21)? Et pourquoi aurait-il daté si solennellement le ministère du Baptiste, si ce n’est pour fournir en même temps la date de la mort de Jésus ?
Quant aux jours datés lors de la dernière Pâque, le 14 nisan paraît peu d'accord avec la manducation de la Pâque à la veille de la Passion (Mt. Mc. Le.), et la cène de Béthanie (dont Le. ne parle pas) est placée par Mt. et par Mc. après l'entrée des Rameaux.
De sorte que Jo. semble n'avoir pas voulu faire de la chronologie pour elle-même, mais seulement par rapport à une chronologie dont il aurait admis le point de départ, el qu'il prétendait préciser sur certains points; s’il n'a pas eu l'intention de donner un démenti aux autres évangélistes, ce qu'on ne saurait prouver et qui serait contraire à toute son attitude à leur égard, il a du moins voulu corriger les affirmations inexactes qu’on aurait pu tirer à tort de leur texte. Cela ressort bien de J'opposition facile à relever pour la série b. Quant à la série a, peut-on