‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 76 sur 326 · CXXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CXXXIV INTRODUCTION

chose de surprenant (vr, 27). Les Juifs avaient foi en la résurrection (v, 2; x1, 24), mais n'avaient pas fait le raccord entre cette foi et le Messianisme, ce qui est bien conforme à l'opinion dominante ancienne (1). Il est aussi très remarquable que Jo. ait noté le terme de Fils de l’homme comme peu connu des Juifs (x1, 34), alors que les synoptiques l'avaient mis si souvent dans la bouche du Christ.

Les Samaritains, tout en ayant un lieu de culte différent (1v, 20), partageaient les espérances messianiques des Juifs (1v, 25). Il semble même que c’est d'eux que Jo. a appris la tradition sur le puits de Jacob, et sur le lieu que Jacob donna à Joseph (1v, 5), par une combinaison de Gen. xLvu, 22 et Jos. xxiv, 32.

La prophétie involontaire de Caïphe (xr, 54), la manne donnée par Moïse (vi, 32) ont des répondants dans le rabbinisme.

Si l’on note que le Logos, la seule notion d'apparence philosophique grecque se rattache dans le prologue (1,14) à deux notions juives, la Chekina et la Zeqara, on pourra conclure qu'aucune conception d’importation étrangère ne se mêle à celles du milieu juif avant la prise de Jérusalem. Un juif réfugié à Éphèse peut être l’auteur du livre, mais qu'on ne parle pas d’un représentant du christianisme hellénistique à la manière du judaïsme syncrétique de Philon. Il est moralement impossible qu'un ouvrage né à Éphèse dans un pareil milieu eût réflété aussi fidèlement l’état des institutions et des esprits à Jérusalem soixante ans plus tôt.

Si l'on se demande comment un pêcheur de Galilée pouvait être si bien au courant des usages juifs et des opinions dominantes parmi les grands prêtres et les Pharisiens de Jérusalem, la tradition et l’auteur lui-même donnent la réponse la plus naturelle. L'auteur était connu (xvii, 15 s.) du grand prêtre; il savait le nom de son serviteur Malchus (xvim, 10), et connaissait un parent de ce dernier. Il avait, selon toute apparence, un logis à Jérusalem (xix, 27). Parlant plusieurs fois de Nicodème, inconnu des synoptiques, il avait sans doute des accointances avec lui : il a pu savoir de lui ce que lui avait dit le Sauveur (nr, 4-45), ce qui s'était dit parmi les adversaires de Jésus (vx, 50-32), même dans Ja réunion où intervint Caïphe (x1, 47-53). Nous avons déjà dit que ces relations avec le sacerdoce de Jérusalem pouvaient être le fait de Jean, fils de Zébédée.

$ 2. — Le quatrième évangile et les synoptiques.

Les différences entre les évangiles synoptiques et le quatrième sautent aux yeux. Autrefois, on s’en préoccupait uniquement pour savoir

(1) Le AMessianisme... p. 176.

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