‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 85 sur 326 · SANTÉ PS RS · texte numérisé non relu

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dans cette voie, et n'envisagent la passion elle-même que sous l'ar d'une manifestation glorieuse. Cette glorification ne serait dans bouche du disciple qu'un acte de piété que personne ne songerait à lu reprocher, mais, en la plaçant sur les lèvres de Jésus, n'a-t-il pas altéré sa physionomie? È Telles sont, semble-t-il, les principales difficultés de la critique plus. __ ou moins raticnaliste; si l'on a insisté ici sur la dernière, c'est qu'elle = paraîtra la principale aux âmes pénétrées de l'esprit de la Croix, esprit ‘F0 aussi paulinien que synoptique. Il résulterait de ces objections que les | Re discours de Jésus ont été, sinon tout à fait inventés, du moins trans- È - formés pour servir d’organe à la foi de son disciple. ; Se On note d'ailleurs, avec une sorte de condescendance, que ce procédé sn rentrerait sans peine dans les usages de l'antiquité, et qu'alors personne n'aurait songé à le blâmer. Il sufirait de citer, non pas tant les discours « insérés par les historiens et composés par eux, que les raisonnements et les théorèmes que Platon a prêtés à Socrate. Nous-mêmes pourrions ajouter que, du point de vue chrétien, le dogme . enseigné tiendrait encore. En effet la théologie catholique admet sans . difficulté que les Apôtres ont reçu des révélations qui ont pu devenir partie intégrante de la foi de l'Église, qu'elles soient consignées dans

EE = l'Écriture, ou transmises par la tradition orale. C'est même sur les textes de Jean qu'on s'appuie le plus fortement pour constater l'existence 7e de cette révélation de l'Esprit, complétant, en même temps qu'elle

È & l'éclairait, la révélation faite par le Christ {xiv, 26; xvr, 13). Que l'évan-

re à gile spirituel contiènne quelqu'une de ces vérités, cela ne serait qu'un 4

# sujet de rendre grâces à Dieu. F

ee, Mais le respect de la vérité, le sentiment de ce qui lui est dû, senti-

me, __ ment dont la grande âme de Jean était toute pénétrée, et la gravité de

ES ses aflirmations comme témoin oculaire, tout cela ne permet pas d'ad-

Mrs mettre qu'il ait osé imposer une vérité nouvelle à la foi au nom de

= l'autorité du Maître. Et nous croyons pouvoir montrer que les difficultés

x. proposées n'obligent nullement à tenir les discours de Jésus pour des

Sa à compositions théologiques de l'évangéliste, alors qu'ils sont au contraire

Rue vraiment et proprement des discours du Seigneur (1).

à la dispersion des disciples. C'est dans ce sens, avec des intermittences durant la vie JS et une consommation définitive entrevue après la Résurrection, que l'auteur peut se = ranger parmi ceux qui ont vu la gloire du Verbe incarné (1, 14). Faire de tout l'évangile une manifestation perpétuelle de la gloire du Christ, c'est servir le jeu de ceux qui font de Jo. un doctrinaire insouciant des réalités de l'histoire, telles qu'elles sont exprimées d'ailleurs par les synoptiques. Jo. n’est pas tellement systématique. (4) CE la décision de la Commission biblique du 29 mai 1907 : utrum… dici possit… sermones vero Domini non proprie et vere esse ipsius Domini sermones, sed cor positiones theologicas scriptoris, licet in ore Domini posilas? Resp. Negative. - |

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