‹ Evangile selon saint LucChapitre 100 sur 300 · DEUXIÈME PARTIE. L'INVESTITURE DE JÉSUS (nr, 1-1ν · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. L'INVESTITURE DE JÉSUS (nr, 1-1ν

rit, 4-6. ENTRÉE EN ScÈNE DE JEAN (cf. Me. 1, 2-8; Mt mi, 1-19).

4) Luc seul indique une date qui s'applique au début de la prédication de Jean. C'est de la même manière qu'il a indiqué le temps de la conception de Jean, encore que vaguement (1, 5}, non de cellé de Jésus. Mais on peut croire que dans les deux cas Jésus est visé, et que son baptême n’a pas tardé beaucoup.

Le mot de ἡγεμονία, si vague qu'il soit, marqué l'autorité impériale. Tibère succéda à Auguste, mort le 19 août, 767 de‘Rome, 14 ap. J.-C. La quinzième année naturelle va done du 19 août 28 au 48 août 29 ap. J.-C., 781-782 de - Rome. Jésus étant πό au plus tard en 749 de Rome, puisqu'il est né avant la mort d'Hérode, mort au printemps de 750, avait donc environ trente-deux ans lors de son baptème, ce que Luc exprime plus loin (nt, 23} par « environ trente ans ». Quant à la durée de son ministère, Luc ne la précise pas, et rien ne prouve qu'en indiquant la date du ministère du Baptiste il ait entendu indiquer le temps de la mort de Jésus à Ia fin de cette même année.

La date de l'an 28 à 29 ayant paru trop tardive, à eause du chiffre de trente ans de Luc (rr, 23), plusieurs commentateurs (encore Knab.} prennent pour point de départ du règne de Tibère le moment où ik fut associé au gouvernement par Auguste, à la fin de 764 ou au commencement de 76% de Rome (44 ou 12), ut provincias cum Augusto communiter administraret, simulque censum ageret (Suer. Tib. XXI}; ut aequum ei jus in omnibus provinctis exercitibusque esset (VeLL. PaTERC. 11, 121); filius, collega imperti, consors tribuniciae potestatis adsumitur, Omnisque per exercitus ostentatur (Tac. Ann.r, 8). Mais les mêmes auteurs montrent Tibère ne commençant vraiment à sé croire émpereur et à régner qu'après là mort d'Auguste; Agrippa est mis à mort, primum facinus novi prineipatus (Tac. Ann. 1, 6); les sénaleurs composent leur visage ne laeti excessu principis, neu tristiores primordio (1. 1. 7); tandem quasi coactus… recepit imperium (Suer. Tib, 24); una tamen veluti luctatio civitatis fuit, pugnan-

100 ÉVANGILE SELON SAINT LUC, Itl, À.

καὶ Γραχωνίτιδος ώρας, rat Λυσανίου τῆς ᾽Αβιλην τ ντος La Σραχωνίτιδος γώρας, αἱ ανίου τῆς ᾿Αβιληνῆς τετρααρχοῦντος,

tis cum Caesure senatus populique romani, ut stalioni paternae succederet (Ver... Parerc. 11, 124). D'ailleurs les médailles prouvent que Tibère ne prit le titre d'Auguste qu'après ce moment (Ti. Caesar Augustus (rarement dans les provinces), tmp. Caesar Augustus). Or ce titre était le seul qui marquât le principat, et durant les deux premiers siècles il n’y eut jamais qu'un Auguste. La corégence ne signifiait pas le partage du lilre souverain; le collega imperië était seulement l'associé à la puissance proconsulaire (sur le caractère de ces corégences, cf. ΜΟΜΜΘΕΝ, Le droit public romain, trad. france. v, p. 459 55.). Mais, la date de la corégence écartée, il reste un doute sur la manière de calculer les années de règne. Les années romaines demeurèrent réglées par le nom des consuls; les années impériales l'étaient ordinairement par les puissances tribuniliennes; quand on parlait des années de règne, on partait en Occident du 4° janvier, « sauf le point incertain de savoir si l’année incomplète où les fonctions ont commencé est tout entière laissée de côté ou, au contraire, comptée comme complète » (Momusew, ᾖ. 4. p. 67); c’est ainsi que Tacite (Αη. iv, 1), en donnant l’année 23 comme la 9° de Tibère, semble commencer le règne au 13 janv. 15, si vraiment il compte à la manière romaine. Le P. Pfättisch (Die Dauer der Lehrtätigkeit Jesu... p. 172), suppose au contraire avec vraisemblance que Luc a commencé une deuxième année de Tibère au 1 janv. 15, et il semble que ce fut la pratique de Josèphe pour Néron (cf. Zerrun, The Jewish Quart. Rev. 1919, p. 73). On peut obtenir le même résultat οἱ même gagner trois mois, en s'appuyant sur la théorie de Mommsen que, en Orient et spécialement en Syrie, on comptait probablement « comme première année de règne le temps qui s’étendait de l’arrivée au pouvoir jusqu'au 4er octobre suivant » ({. 1. p. 68). C’est ainsi que Galba, qui régna du 9 juin 68 au 45 janv. 69 put avoir des monnaies de l'an I et de l'an Il (Ecrez, 1v, 418). Si Luc a compté de cette manière, — et c'était probablement celle de son pays, — la deuxième année de Tibère a commencé le 195 octobre 14, et la quinzième le 197 octobre 27. Si Jean a dès lors baptisé, et si Jésus a été baptisé en hiver ou du moins avant Pâque de l’an 28, on peut fixer sa mort en l’an 30 et donner toute la latitude nécessaire à la chronologie de l'évangile de 5. Jean. La Pâque de Jean (nr, 20), la première, est vraisemblablement datée de l'an 28 (Scuürer… 1, 370; Pragrriscu, ζ. {. 71 55.).

ἡγεμ.ονεύοντος qui choque un peu pour un procurateur après que ἡγεμονίας a élé: dit de l’empereur, a été remplacé dans D par επ'τροπευοντος; les verss. n’avaient pas à se gêner, aussi la Vg. a employé deux mots, imperii et procurante. Sur: Pontius Pilatus, ef. Me. xv, 1 (Com.); il [ut procurateur de l’an 26 à l'an 36 ap. ‘4.-C. Ici la Judée est prise dans un sens relativement restreint, comprenant l'ancien domaine d’Archélaüs, la Judée avec l’Idumée et la Samarie, ayant Césarée au bord de la mer pour capitale. — Le nom de tétrarchie a d’abord été donné à la Thessalie, divisée en quatre régions (Scuünrer.. 1, 423 n. 12). Chacune avait son ἄρχων, qui était naturellement un tétrarque, ou chef d'un

Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode tétrarque de la Galilée, Philippe, son frère, tétrarque de l’Iturée et du pays Trachonite, et

quart. Le nom parait en Galatie, où chacune des trois grandes tribus était gouvernée par quatre tétrarques (Srrason ΧΗ, v, 1). Plus tard le nom perdit ce sens spécial, et fut donné aux petits potentats qui ne pouvaient prétendre au titre royal. Il n'y a aucune raison de penser que Luc ait songé au sens primitif en comptant Ponce Pilate pour le quatrième, puisque 16 mot était d'un usage fréquent, sans aucun rapport avec le chiffre quatre : PLur. ΑΠΙ. 36 πολλοῖς ἐχαρίζετο τετραρχίας μαὶ βασιλείας ἐθνῶν μεγάλων. Tac. Ann. xv, 25 : scribitur tetrarchis ac regibus praefectisque et procuratoribus… H'rode Antipas, fils d'Hérode le Grand et de Malthaké (4 av. — 39 ap. J.-C.) se perdit pour avoir ambitionné le titre de roi. En le nommant tétrarque, Luc montre plus de souci du protocole que Marc (vi, 14); deux inscriptions grecques de Kos (Corp. insc. graec. 2802), et de Délos (Bullet. de corresp. hell. nr, 365 5.) le nomment Hérode, le tétrarque, fils du roi Hérode, ce qui blessait sans doute sa vanité. Luc l’a mis spécialement en scène (τι, 49; τς, 7.9; Χα, 845 αχ, 7 ss.), informé peut-être par Jeanne, femme de Chouza, son ministre (vi, 3) ou par Manaen, son frère de lait (Act. χιπ, 4). Déposé par Caligula, il fut Banni à Lugdunum (Jos. Ant. ναι, 7, 2) ou en Espagne (Bell. Ἡ, 9, 6). Schürer cherche à concilier les textes en proposant Lugdunum Convenarum, S. Bertrand de Comminges, au nord des Pyrénées, où l'on a retrouvé récemment une grande basilique (Comptes rendus de l’Ac. des [. et B.-L. 1914, janvier). Mais la conciliation serait fort imparfaite; mieux vaut supposer que Josèphe, mieux informé, s’est corrigé dans les Antiquités. Le folklore a retenu la légende de Pilate aux environs de Lyon et en Suisse.

Philippe était demi-frère d'Antipas, πό d'Hérode le Grand et de Cléopôtre. Sa tétrarchie comprenait d'après Josèphe (Ant. XVII, von, 13 σι, 43 XVIII, 1v, 6; Bell. Ἡ, vi, 3) la Batanée, la Trachonitide, l'Auranitide, la Gaulanitide, et la région de Panias. Luc indique la Trachonitide, et ajoute l'Iturée, dont Josèphe ne parle pas. On a donc taxé Luc d'erreur. Certains défenseurs ont prétendu, soit que la Trachonitide équivalait à l'Tturée, erreur d'Eusèbe, renouvelée par M. Ramsay, soit qu'on pouvait 18 chercher dans le Hauran ou dans la plaine du Djedour. Mais Schürer a prouvé que le siège propre des lturéens était l’Antidiban, depuis Laodicée du Liban, jusqu’au sud de Chalcis, aujourd’hui Andjar, au sud de Zahlé, et de l’autre côté de la Beqa, ancienne Coelésyrie. Telle est donc la région des Ituréens au sens propre et restreint. Mais le nom de pays des Ituréens dut être donné à un pays beaucoup plus étendu vers le sud, et groupé en royaume par Ptolémée, fils de Mennas (de 85 à 40 av. J.-C.). C'est ainsi que Strabon, d'après Timagène, disait qu’Aristobule (104-103 av. J.-C.) avait conquis une partie de la race des Ituréens (dans Jos. Ant. ΧΠΙ, χι, 3). Schürer veut même (1, 275) que ce soit la Galilée! Il suffit que ce soit le pays de Panias, qui fut certainement compris dans le royaume ituréen de Ptolémée, puis de Lysanias et de Zénodore, ses successeurs (Anf. XIV, xim, 3 et XV, x, 1). 68 pays de Panias fut donné à Hérode (Ant. XV, x, 3) et passa à Philippe, qui l'affectionna même particulièrement. Luc pouvait donc lui donner dans un sens

. Δαχαρίου uv ἐν τῇ ἐρήμῳ.

large le nom d'Iturée, quoique les Ituréens aient encore constitué un groupé distinct gouverné de 38 à 49 ap. J.-C. par un certain Soëmos (Dion Cass. Πχ, 142; Tac. Ann. xu, 23). C'est la solution de Schürer (1, 427). En nommant la Trachonitide et l'Iturée, Lue indiquait les points extrêmes de la tétrarchie de Philippe. Ce dernier ne figure pas personnellement dans l'Évangile; c'était un prince très favorable aux idées romaines ou même païennes, au point de construire un temple de Pan et de le représenter sur ses monnaies ; il est Le fondateur de Césarée de Philippe (Μο. νι, 27).

On a encore plus attaqué Luc à propos de Lysanias. Comme on ne connaissait que Lysanias, roi des Iituréens, mis à mort par Antoine en l'an 34 av. J.-C. (Dion Cass. ΣΣ, 32), on prétendait que Luc avait confondu. Schürer a montré que l'erreur est plutôt le fait de ses critiques. Abila, aujourd'hui Soug wadi Barada est située sur la pente est de l’Antiliban, sur la route et la voie ferrée qui conduit à Damas en venant de Beyrouth. Il est probable que cette région a appartenu au grand royaume ituréen, mis eu pièces au temps où nous sommes, et un de ses débris constituait une tétrarchie, nommée précisément de Lysanias en l'an 37 ap. J.-C., où Caligula la donna à Agrippa Ier. Claude confirma cette donation en 41, Ἀθίλαν τὴν Λυσανίου καὶ ὑπάαα ἐν τῷ Λιδάνῳ ὄρει (Ant. XIX, v, 1; cf..Bell, IT, πι, 5; cf, pour la période suivante Ant. XX, vn κ), Mais on aurait dû se garder de prétendre que VlAbilène, un tout petit pays, tenait son nom, comme tétrarchie, de l'ancien Lysanias, roi de fout le pays des Ituréens. D'ailleurs on à irouvé près d’Abila une inscription (Corp. insc. graec. n° 45924 ; cf. addenda p. 1174) qui constate l'existence d’un tétrarque Lysanias, et qui ne peut être ni antérieure à Tibère, ni postérieure à Caligula; ce Lysanias est bien celui de Luc (Scuüren, 1, 717 $s.). La nouvelle inscription, variante de la première et trouvée près du Ouély Abil (RB. 1912, p. 533 ss.) indique plus clairement qu’on était au temps de deux Augustes, qui ne peuvent avoir été que Tibère et Livie. Or Livie fut Augusta de la mort d'Auguste à la sienne (29 ap. J.-C.) L'inscription émane de Nymphaios, affranchi de Lysanias, tétrarque. La coïncidence ne saurait être plus heureuse. Nous sommes étonnés que ce principicule ait trouvé place dans un synchronisme qui commence par Tibère; mais il gouvernait un territoire voisin de celui de Philippe, de la Décapole et de Gésarée de Philippe qui ont été visitées par Jésus; e’était comme la limite de son activité du côté du nord, un peu au nord de Sidon (μοι vi,47; x, 43 s.). Probablement Le. aura voulu indiquer les chefs des territoires groupés sous la même domination au moment où lui-même écrivait, Or M. Cronin (The Journ. of theol. Gt. 4947, p. 167) a montré que ce groupement, détruit en 66 au moment de la révolte, ne fut jamais reconstitué tel quel. C’est donc un indice que Le. écrivit avant 66.

3) ἐπὶ ἀρχιερέως avec l'immense majorité des bons mss. et s&h. contre apyts- Ρεων (it. Vg. go, boh.}; les syrr. « sous le grand sacerdoce ». Luc a évité la formule : sous les grands prêtres, car il eût semblé dire qu'il y avait deux

Lysanias tétrarque de l’Abilène, 2sous le grand prêtre Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut [adressée] à Jean, fils de Zacharie,

grands prêtres, comme deux consuls. Il a donc insinué que le pouvoir, unique de droit, était partagé en fait. Il eût pu d’ailleurs, sauf l'inconvénient indiqué, les nommer tous deux grands prêtres, car les grands prêtres déposés conservaient certainement ce titre. La difficulté est que Luc semble regarder Anne comme Île grand prêtre officiellement en fonction, puisqu' ‘il dit ailleurs : Ἄννας ὁ ἁργιερεὺς καὶ Kaïdoce καὶ Ἰωάνης καὶ Ἀλέξανδρος καὶ ὅσοι Nouv ἐκ γένους ἆρχιερατικοῦ (Act. 1v, 6). Mais Μέ, xxvr, 3. 57 et Jo. x1, 49 etc. nomment expressément grand prêtre Caïphe ou Kaïaphas, et ils sont d'accord avec Josèphe. D’après. celui-ci (Ant. XVII, 1, 2; τν, 5), Ananos, le Annas de Luc, grand prêtre depuis l'an 6 ap. J.-C., avait été déposé en l’an 15 par Valérius Gratus et remplacé successivement par Ismaël fils de Phiabi, par Eléazar fils d'Ananos, par Simon fils de Kamithos, et par Joseph, nommé Kaïaphas, vers l'an 18. Ce dernier, qui était, d’après Jo. xvin, 13, le beau-fils d'Anne, fut déposé en l'an 36 par Vitellius. Anne, déposé par Valérius Gratus, reprit probablement un grand prestige, surtout à l’arrivée de Pilate, et eut toujours assez de crédit pour que cinq de ses fils arrivassent au soüverain pontificat. Josèphe le cite comme le type de l'homme heureux (An. XX, 1x, 4). Schürer a noté qu’Ananos le jeune et Jésus, fils de Gamaliel, quoique déposés, étaient à la tête des affaires dans la première ” période de la guerre. « La charge conférait à celui qui en était investi un character indelebilis qui lui permettait de conserver une grande partie des droits et des devoirs du grand prêtre en fonctions » (Scaünrer, Ἡ, 274 citant Horaioth τπτ, 1-4),

Anne, plus âgé et heau-père de Caïphe, était certainement le plus en vue; c'est à cause de cette situation de fait que Luc le nomme le premier, mais il s'est abstenu de le mettre en scène lors du jugement de Jésus; on ne peui donc lui reprocher une erreur formelle, mais seulement une expression offciellement inexacie (Schanz), comme celle d'yeuovt pour Tibère. Knab. lui-même rejelte les anciennes échappatoires, qu’Anne présidait le sanhédrin, ou était le vicaire de Caïphe, ou qu'ils faisaient les fonctions chacun durant un an, ou que Jean avait commencé à prêcher sous Anne.

— ἐγένετο ῥῆμα θεοῦ, est l'événement auquel se réfère le synchronisme chroe nologique. Le dessein de Dieu que nous connaissons par les premiers chapitres va se manifester. L'expression appartient à ΤΑ. T. sous la forme πι 927 πι . γίνεσθαι ῥῆμα où λόγον Kuolov. Luc a mis θεοῦ montrant une certaine indépendance de la lecan toute faite des LXX, à moins qu'il n’ait eu en vue τὸ ῥῆμα τοῦ θεοῦ 6 ἐγένετο ἐπὶ Ἱερεμίου (Jer. 1, 4), avec ἐπὶ au lieu de πρός qui est normal dans ΓΑ. T. (Plum.), (Mich. 1, 4; Jon. 1, 4 etc.). Jean est nommé ici seulement fils de Zacharie, en harmonie avec ce qui précède. Nous savions qu'il était dans les lieux déserts (1, 80), se fortifiant en esprit pour la mission qui lui était réservée. La parole de Dieu est le signal qui le fait sortir du désert, sans doute la région ste nement stérile qui va de Jérusalem, de Bethléem et d'Hébron à la mer Morte.

Durs Sa Bov=e τος ἐν τῇ Ἔρήμῳ 2 , Ετοιμιάσατε τὴν ὁδὸν Κυρίου, εὐθείας ποιεῖτε τὰς τρίβους αὐτοῦ.

ὅπᾶσα φάρχγξ πληρωθήσεται χαὶ av ὄρος al βουγὸς ταπεινωθήσεται, ‘ 1 = 4 , , , καὶ ἔσται τὰ σχολιᾶ εἰς εὐθείαν La αἱ τραχεῖα, εἰς ὁδοὺ

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