e uni ἐγένετο μετὰ ἡμέρας τρεῖς
3 QU > 4 3} Ἱερουσαλὴμ. ἀναζητοῦντες αὐτὸν.
écrite ou orale, habituée à l'horizon juif. Les [sraélites devaient se rendre trois fois par an au sanctuaire (Ex. xxu1, 44417; xxxiv, 28: Dt. xvr, 46), pour les fêtes des Azymes, des Semaines et des Tabernacles. Sans doute un très grand nombre, ceux qui étaient éloignés, n’y allaient qu'une fois par an ou même pas du tout. Les femmes n'étaient point obligées, non plus que les enfants, jusqu'au moment où ils étaient censés fils du précepte, ñ%%Y 2, selon l'expression du Talmud (Baba mesia 96%), ce qui avait lieu au moment de la puberté. Mais évidemment les femmes pouvaient accompagner leurs maris et emmener leurs enfants (I Sam. 1, 24).
42) Si Luc avait pensé que Jésus vint alors à Jérusalem pour la première fois, n'aurait-il pas dit expressément que ses parents le prirent avec eux cette fois {εχοντες αυτον D)? L'âge de douze ans est plutôt dans:sa pensée en rapport avec la scène qui suit qu'avec une obligation légale dont il n’est pas question pour l'enfant. L'âge de douze ans dans Ketoubot 50 et loma 82% est seulement cité comme le moment où l'enfant doit être tenu plus sévèrement et commencer à jedner. — ἐτῶν, le génit. comme m1, 23; Act. 1v, 22. — ἄναθαινόντων, partic. prés. d'habitude, au sens de l’imparfait. ἔθος dans le sens de rite, comme dans plusieurs papyrus (Derssmann, Neue Bibelstudien, 79).
43) τελειωσάντων indique que les saints pèlerins sont demeurés à Jérusalem durant les sept jours des Azymes, qui se terminaient par un jour solennel (Ex. ση, 18. s.). À défaut d'une obligation formelle, il y avait une raison de convenance, et l'opportunité de se reposer. — ὑπομένω expression choisie; ceux qui restent en arrière après le départ des autres. (XÉx. Banquet, 1x, 7; Act. xvi, 14). Le fait serait inexplicable si les parents de Jésus n'avaient pris l'habitude de lui laisser une certaine liberté, assurés qu’il serait toujours où il devait être. On pourrait certainement agir ainsi avec des enfants de cet âge qu’on sait raisonnables et avisés. Il est inutile de supposer avec Bède et saint Bonaventure que les hommes allaient d'un côté et les femmes de l’autre, de sorte que Joseph a pu le croire avec Marie et réciproquement; du moins ce n’est pas l'usage actuel; on se groupe par familles pour faire un long trajet. C’est seulement dans la procession solennelle qui conduit une fiancée ou un enfant circoncis que les hommes et les femmes sont séparés. Les caravanes un peu nombreuses comportent toujours un certain désordre; on se retrouve à l'étape indiquée d'avance.
448) συνοδία était devenu un terme technique pour caravane; Palmyre avait ses synodiarques ou chefs des grandes caravanes. On peut imaginer sur la voie de
de la Pâque. Et lorsqu'il eut douze ans, comme ils étaient montés selon le rite de la fête, Het après qu'ils eurent terminé le temps voulu, pendant qu'ils retournaient, l'enfant Jésus resta à Jérusalem, et ses parents ne s’en apercurent pas. .
Μ Avant donc supposé qu'il était dans la caravane, ils firent une journée de chemin, et ils le cherchaient parmi leurs parents et connaissances # et, ne l’ayant pas trouvé, ils retournèrent à Jérusalem en le cherchant. Et 1] arriva qu'après trois jours ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des maîtres, et les écou-
Jérusalem à Néapolis une longue file de gens à pied, à âne ou à cheval, cheminant par groupes de parents ou d'habitants du même bourg, sur une longueur d’un où même de plusieurs kilomètres. Il était difficile d'arriver. en un jour à Naplouse (douze heures environ); l’usage est souvent de partir tard le premier jour et de faire la première étape plus courte. La tradition qui place le premier arrêt à El-Bireh n’est point dépourvue de vraisemblance (trois heures); on pourrait songer aussi à Gifneh (Gofna) où passait la voie romaine (quatre heures et demie de Jérusalem), mais il serait difficile d'aller plus au nord.
45) ἀναζητοῦντες n'est pas le présent pour 16 futur, comme si les parents savaient dès lors qu'il leur faudrait chercher lenfant à Jérusalem. Ilavaït peutêtre été en retard, et s’efforçeit de rejoindre. On pouvait espérer le retrouver sur la route. Tout le monde n'était pas parti le même jour. Marie et Joseph durent interroger anxieusement tous les groupes qu'ils rencontrèrent. C'est ainsi que se passa le second jour, celui du triste retour.
46) Les trois ‘jours peuvent étre calculés de différentes manières. Le plus simple est de dire : après {rois jours de séparation; c'est-à-dire qu'arrivés à Jérusalem le deuxième jour, ils trouvèrent l'enfant le troisième. Ce serait le même comput que pour la Résurrection (cf. Me. vin, 31; 1x, 314; x, 34). — à µέσῳ ne doit pas être pris dans un sens trop strict (cf. γαι, 7), comme si Jésus avait été placé au centre des docteurs, pour leur enseigner la Loi et les Prophètes, ou même les sciences naturelles, selon le style des apocryphes (Ευ. arabe de l'enfance, L-LIIT). La scène à paru analogue à ce qui se passe dans l'Orient musulman; les maîtres enseignent dans les mosquées assis sur des escabeaux, les élèves rangés en cercle autour d'eux, assis sur des nattes. Les rabbins enseignaient eux aussi aux parvis du Temple dans quelque chambre ou galerie, assis sur quelque petit bane, les élèves à leurs pieds (Act. χση, 3). Le Talmud (Megilla 913) prétend que les élèves ne s’assirent qu'après la mort de Gamaliel I; c'est une explication légendaire (Scnürer... II, 386 note 32). Mais ce qui fait le propre de cette scène, c'est que Jésus n'est pas dans un groupe de disciples, car il n'aurait eu qu'un maitre. Les maîtres étaient donc groupés, disputant entre eux, peut-être autour d'un savant d’une autorité * exceptionnelle, car rien n'indique une prédication au peuple en l’honneur de la fête (contre Plum.). Dans ce cas Jésus n'aurait pu interroger, ce qui se faisait
ον καὶ à = - ons AT Lt δι ! 9 = αὐτῶν γαὶ ἐπερωτῶντα αὐτούς ἐξίσταντο δὲ πάντες οἱ ἀχούοντες αὐτοὶ ἰδόντες αὐτὸν ἐξεπλάγησαν, prie αὐτοῦ Τέχνον, τί ἐποίησας ἡμῖν οὕτως ;
© µ 2 LE LA U \ ἰδοὺ ὁ πατήρ σου Ἰάγώ ὀδυνώμενοι ζητοῦμέν σε. 9 καὶ εἶπεν πρὸς αὐτούς
50 yat αὐτοὶ οὐ συνῆγχαν τὸ ῥῆμα ὃ ἐλάλησεν αὐτοῖς. Slot κατέρη per
-ο = . L 4 4 Ka ο , αὐτῶν γαὶ ᾖλθεν εἰς ἸΝαζαρέτ, καὶ ἦν ὑποτασσόμενος αὐτοῖς. καὶ ἡ μήτηρ
nl dont Dyco . À - À FA - μα > 7 ms D αὐτοῦ διετήρει πάντα τὰ ῥήψατα ἐν τῇ καρδίᾳ αὐτῆς δὲ Kat ᾿]ησοῦς προέχοπτεν τῃ σοφία ai ἡλικίᾳ καὶ χάριτι παρὰ θεῷ καὶ ἀνθρώποις.
48. παγω (T 5 V) et non xx εγω (Η). ---ζητουμεν (H) plutôt que εἔητουμεν (T 5 V). 51. παντα τα ϱΏματα (T H) sans ajouter ταυτα (V}, plutôt que τα ρηµατα απαντα (S). 52. τη α. σοσια (5 V) plutôt que om. (S V).
au contraire dans les discussions. Les maîtres, charmés de la bonne grâce et de l'intelligence de l'enfant, l'avaient laissé pénétrer dans leur groupe. Π put donc interroger et répondre, un peu comme l’un d'eux, et l'on imagine leurs graves figures s’éclairant d'un sourire quand il posait une question embarrassante pour les plus sages, ou répondait avec intelligence. On aimait à pressentir chez les jeunes gens de futurs docteurs en Israël.
47) ἐξίστημι mot employé par Mt. une fois (κα, 23), par Μο. trois fois dans le sens d’un extrême étonnement (n, 12; v, 42; τι, 51; tandis que 11, 24 est différent comme If Cor. v, 19) et souvent par Luc (ναι, 56; Act. 11, 7. 42; vi, 13; ix, 21: x, 45; χα, 16), et bien conforme à l'impression produite dans ses écrits par une manifestation -surnaturelle, stupéfaction supposant qu'on ne comprend pas, ou terreur non moins ébahie.
48) ἐκπλήσσω « je frappe, j'étourdis », est encorc plus fort que ἐξίστημι « je sors de moi ». L'intervention -de la mère s'explique assez, sans même tenir compte de sa situation spéciale vis-à-vis de Jésus. Plus angoissée de la perte de son fils et plus émue à sa vue, elle donne un libre cours à son affection, et s’efface en même temps en rappelant les devoirs du fils envers son père. Cela est exquis, et cela doit se lire dans le sens de Luc, lequel nous a avertis que Joseph n’est pas le père de Jésus, maïs qui nous a habitués aussi à la situation de la sainte Famille devant le public. Le rapprochement avec Μο. ‘11, 32 n'est que dans les mots; comment Luc aurait-il pensé qu'un épisode si différent tiendrait lieu de celui de Marc et adoucirait la fâcheuse impression qu'on eût pu en concevoir par rapport à Marie (contre Holz.)? La Leçon ζητοῦμεν appuyée sur N B est confirmée par sa. ; elle est bien supérieure comme effet pathétique et comme naturel à ἐζητοῦμεν « nous te cherchions », soutenu par presque toutes les autorités.
49) τἰ ὅτι (Act. v, 4. 9) comme τίς 6 λόγος οὗτος, ὅτι, IV, 36. — ἐν τοῖς τοῦ πατρός µου, d’après Knab. qui cite beaucoup de commentateurs, mais aucun Père : « les affaires de mon Père », l'œuvre qui m'est confie, comme dans Jo. var,
, ) ÉVANGILE SELON SAINT LUC, If, 0. 97
tant, et les interrogeant; {or tous ceux qni l'écoutaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. #8 A cette vue, ils furent saisis d'étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela? Vois, ton père et moi, fort en peine, nous te cherchons. Et il leur dit : « Pourquoi me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas que je dois être auprès de mon Père? » 50 Et ils ne comprirent pas la parole qu'il leur avait dite.
5l Et il descendit avec eux et vint à Nazareth, et il leur était soumis. Et sa mère observait toutes ces choses dans son cœur. Et Jésus grandissait en sagesse, et en taille, et en grâce auprès de Dieu et des hommes.
29; 1x, 4; xiv, 31. La réponse serait un peu sévère, les parents de Jésus auraient dù savoir qu’il faisait passer avant tout le service de son Père. Mais lui auraient-ils refusé la liberté d'accomplir ce devoir? Dans le sens des Pères (Orig. Cyr. Léon, Euth. etc.), Jésus répond en souriant qu'on devait bien s’attendre à le trouver chez son père. Il serait un peu trop explicite de rendre ἐν τοῖς « dans la maison », parce que l'expression est plus générale et indique plus expressément un rapport avec la personne. On a cité Gen. ση, 51; Esth. vit, 9; Job χντῃ, 19; de même Jos. ο. ΑΡ. 1, 18, d’après Ménandre, ἐν τοῖς τοῦ Διός, et pour son compile (Ant. XVI, x, 1) : ἦν δ) αὐτῷ καταγωγὴ ἐν τοῖς Άντιπάτρου « il était reçu chez Antipater ». Moulton (p. 103) cite Tebtunis pap. 12, |. 3 (πε siècle av. J.-C.) ἐν τοῖς Ἀμεννέως, dans le bureau de, ou chez Amenneus; Paris, 49 (ue av. J.-C.) εἷς τὰ Ἡρωτάρχου καταλύσω, je descendrai chez Protarque; Oz. pap. 523 (n° ap. J.-C.) ἐν τοῖς Ιζλαυδ(ίου), invitation à diner chez Claudios. C'est probablement ce que signifie le syr. 52N na, rendu un peu lourdement : « dans la maison de mon père » par Diat-ur. et arm. Les Pères.avaient plus que les commentateurs à partir du xvie s. le sens vivant de cette locution. La parole paraît moins profonde, mais convient mieux à un enfant. Ce qui d'ailleurs importe le plus, c'est que Jésus nomme Dieu son Père dans un sens spécial, en opposant cette paternité à celle qu’on lui attribuait communément. L'enfant suppose que ses parents connaissaient ce rapport mystérieux. Sachant qui est mon Père, ne saviez-vous pas où vous deviez me trouver?
50) Ce verset a beaucoup embarrassé la piété des exégètes, en particulier de Cajetan, qui a cru qu'il s’appliquait aux auditeurs, non aux interlocuteurs, ou tout au plus à Joseph. La difficulté c'est que Marie du moins connaissait bien la conception miraculeuse de Jésus, et la parole de Jésus avait déjà été précédée de celles des bergers, de Siméon et d'Anne. Mais aussi les paroles de Siméon avaient-elles provoqué l’étonnement des parents (v: 33). Luc qui nous a mis au courant du mystère veut simplement montrer qu’il contenait des : profondeurs insondables. Α. mesure qu’il se déroulait, il dépassait l'intelligence qu'en avaient ceux mêmes auxquels il était confié.
Si Jésus sur la Croix a dû subir l'abandon de son Père, pourquoi l'âme de
Marie n’aurait-elle pas connu des épreuves mystérieuses qui la plongeaient dans une sorte d’obscurité?
Peut-être cependant Luc n'aurait pas écrit cette’phrase, si l'on n'en avait recueilli l'expression de la bouche de Marie. Au moment où la Mère de Jésus rappelait aux premiers chrétiens les souvenirs qu’elle avait conservés dans son cœur, elle pouvait bien dire que dans ces premiers et heureux temps elle n'avait pas compris tout ce que comportaient la nature et la mission de son Fils. Pourquoi avait-il dû se séparer d'eux pour être chez son Père? Première douleur imposée à la Mère, qui en présageait bien d'autres.
54) Luc ne parle pas de l’obéissance de Jésus comme un contraste avec son . émancipation d'un jour, sans quoi il l'aurait mentionnée avant le retour à Nazareth. C'est le mot qui résume le mieux la situation du saint Enfant dans cette retraite obscure. Il était soumis, d’une façon constante (ἦν avec le participe) à Marie et à Joseph. On ne sait combien de temps vécut saint Joseph qui disparaît ici de l'histoire. — διατηρέω, observer avec soin; cf. v. 19 et Gen. xxxvnt, 14, ῥήματα a plus clairement encore qu’au v. 49 le sens de « choses ». Par celte répétition, Luc appelle de nouveau l'attention sur l'importance qu'avait dans ces conditions le témoignage de Marie. .
52) L'idée est esquissée dans I Regn. 1, 26 (Lag.) : καὶ τὸ παιδάριον Nauour à ἐπορεύετο χαὶ ἐμεγαλύνετο, καὶ ἦν ἀγαθὸν μετὰ κυρίου rat ἀνθρώπων.
Comparez aussi Sylloge 995, 18 (315, av. À.-C.) ὑπεστήσατό τε Πλικία προχόπτων καὶ προαγόµενος els τὸ θεοσεθεῖν, d’un jeune citoyen d’Istropolis, près d’une bouche du Danube (MM. Expositor, vu, 44, p. 410).
Lue α mis en action le progrès physique en disant τὸ βρέφος (v. 16): τὸ παιδίον (v. 40); Ἰησοῦς 6 παῖς (ν. 43), ici ᾿Ιησοῦς (Plum.). — προκόπτω d’abord transitif, alonger en frappant au marteau, puis intransitif, par exemple avancer en ins- ‘ truction, ἐν παιδεία (Dion. Sic. Ἔπο. 554, 69; Jos. Vita 2; Gal. 1, 14). Luc a évidemment eu à cœur de constater ce progrès en sagesse, et son texte avait une grande valeur, soit contre les Docètes, soit contre les Apollinaristes, qui refusaient une intelligence humaine à Jésus. Nous n'avons pas le droit de le prendre pour l'expression d’une simple apparence. Il est étonnant que ἡλικία ne soit pas en tête (où il a été replacé par Syrsin.); le sens ne peut étre « en âge », ce qui était inutile à dire, surtout après v. 42, mais er stature, ou plus généralement en développement physique. Il était naturel qu'à ce progrès correspondit, selon notre manière de parler, une plus grande complaisance de la part de Dieu, et une plus grande faveur réelle de Ja part des hommes; sur cette expression, cf. Prov. ur, 4. Tandis que Jean était caché dans le désert pour être un jour manifesté avec éclat, Jésus grandissait sous les yeux de ses compatriotes, ravis de ses heureuses dispositions extérieures, mais peu portés par ce spectacle quotidien à lui attribuer πο mission extraordinaire.