Prépicariox pu BarTiste (Mt. ur
Mc. s’est contenté de toucher trois points : l'ascèse de Jean; le concours de ceux qui vont se faire baptiser; l'annonce du Messie. Luc a exprimé le concours du peuple sans aucune indication locale ou personnelle (la Judée, Jérusalem, Mt. et Mec. ; les Pharisiens et les Sadducéens, Mt. seul), il a omis l’ascèse de Jean (Μο. et Mt.), mais il a l'invitation menaçante à une véritable pénitence dans les propres termes de Mt., et l'indication messianique, partie avec Μο., partie avec Mt., et de plus une prédication sur ce qu’il faut faire. Il est donc le plus complet des trois quant au rôle personnel de Jean dans l’histoire du salut, ayant cependant omis de parti pris ce qui avait une nuance historique juive. Les paroles de Jean auraient pu composer un seul discours en trois points, et de fait Mt. a uni en un seul discours les deux points qu'il a conservés. Luc a fractionné selon sa méthode, de facon que chaque point et même certains passages du discours répondent à des circonstances spéciales.
7) Dans Luc l'admonestation s'adresse à tous; dans Mt. aux Pharisiens et aux Sadducéens; le terme « race de vipères » se retrouve encore chez lui deux fois en parlant des Pharisiens (Mt. xn, 34; xx, 33). Luc ne parle pas expressément de la confession des péchés (Mt. et Μο.), peut-être pour qu'on ne croie pas qu'elle faisait partie essentielle du rite, et qu’on ne se pose pas l’objection si le baptême convenait à Jésus.
γεννήµατα comme Jud. 1, 40; ἔχις fém. ἐχιδνή, ne se trouve dans les LXX que Sir. xxxx, 90 (héb. na); la vipère est le type de l'animal venimeux et cruel, et des hommes qui ont ce caractère, ouxopévrnv καὶ πικρὸν καὶ ἔχιν τὴν φύσιν ἄνθρωπον (έν. 799); maïs on remarquait aussi sa facilité à s’insinuer sans être vue (Soru. Ant. 832). Le serpent était pour les Juifs le type de la prudence (Mt. x, 16), et c’est probablement l’idée qui domine ici. (65 méchantes bêtes ont eu l'instinct de se dérober par le baptôme au châtiment qui les menace. Jean craint qu'ils n’y voient qu’une mesure prophylactique, acceptée par supersti-+ tion, mais sans le ferme dessein de se convertir au moral. Une fois baptisés, les Juifs, ayant satisfait à cette nouvelle exigence extérieure de leur Dieu, retrouveront leur confiance dans leur titre de fils d'Abraham. Ils seraient loin du compte (cf. Jer. vu). Ce sont bien là les sentiments surtout des Pharisiens,
711 disait donc aux foules qui venaient pour être baptisées parlui : « Race de vipères, qui vous a appris à fuir la colère qui doit venir? SFaïtes donc de dignes fruits de pénitence. Et n'allez pas vous dire : « Nous avons pour père Abraham. » Car je vous dis que Dieu peut de ces pierres susciter des enfants à Abraham. ὃ Déjà même la cognée est posée à la racine des arbres; tout arbre donc qui ne fait pas de bon fruit est coupé et est jeté au feu. »
mais ils les avaient inspirés au peuple qui 165 suivait. La colère à venir était le jugement de Dieu, toujours suspendu sur la tête du peuple quand il était coupable. Si 165 Pharisiens se targuaient d'observer la Loi, Luc sait, aussi bien: que Μί., qu'ils avaient leurs tares morales, comme aussi le peuple entier.
8) καρπὺν ποιεῖν (πι, 95 vi, 43; vin, 8; x, 9) avec le sing., et ici dans Mt.; si donc Le. met ici le pluriel, c’est qu’il parlera plus loin de différents fruits de pénitence. καρπός au sens figuré (moral) est fréquent dans les LXX (Sir. vi, 19 etc.) et c'est d’ailleurs une figure très naturelle; ἄξιος, comme Act. xxvi, 20, dans le sens de Rom. νπι, 18, des actes moraux proportionnés à la pénitence qu'on affecte par un rite extérieur. L’aor. imp. ποιήσατε « faites donc une bonne fois ». ος ἄρξησθε est la seule variante sérieuse avec Mt. dans cette péricope (γεννήpate — βάλλεται). M. à δόξητε : « n'ayez pas l'air de penser », « ne vous imaginez pas qu'il suffise de dire » (ef. Sopu. Ant. 762 τοῦτο μὴ δόξης ποτέ) qui est très élégant. Le terme de Luc est moins significatif; dans l’évangile il emploie très souvent ἄρχαμαι, comme Mc., dans des cas où il paraît équivalent del'aram. "1%, « se mettre à faire quelque chose ». Luc serait donc plus dans la
couleur de l'original, araméen ou grec aramaïsant (Moulton, 15); peut-être cependant a-t-il simplifié ; cf. Comm. Mé. — ἐν ἑαυτοῖς est omis par 198, laft. (presque tous), 00., syrsin. et cur. sah. Les autorités pour l’omission sont donc de plus en plus nombreuses ; l’addition s’expliquerait comme conformation à Mt. Avec l’omission le sens est « dire », tout court; avec ἐν ξαυτοῖς « penser », qui convient mieux avec δόξητε qu'avec doënole, car Luc écrit très souvent « il se mit à dire », 1v, 24; vi, 24 etc. Les Juifs étaient très fiers de descendre d'Abraham, καὶ ñ ἀγάπη σου: ἐπὶ σπέρμα A6padu (Ps.-Sal. xvin, 4); de lui dafait une ère nouvelle, la dernière du monde, allant de l’Abraham de l’histoire à un Abraham symbolique (IV Esdr. νι, 8). Mais eux-mêmes confessaient que la descendance charnelle n'était pas tout, puisque Dieu était intervenu deux fois miraeuleusement, à La naissance d'Isaac et à celle de Jacob. Sa toute-puissance pouvait susciter d’autres fils à Abraham, de ces pierres mêmes. L'image n’est sans doute pas venue à Jean d'une réminiscence de Deuealion, mais de l’assonance entre banim. « fils » et abanim « pierres » (Plum.), ow plutôt ὀοπαίά et abnd en araméen, ou encore parce qu'Abraham avait été comparé par Isaïe à un roc, d'où Dieu avait détaché les Israélites (Is. οἱ, 1 s.} eomme les pierres d’une carrière.
9) Troisième divergence de Luc avec Mt., καί ajouté après δέ, ce qui est bien dans sa manière (Sckanz, Plum.); c'est donc lui qui a fait le changement. Les
ο. κ eos ”
nt un »
µεταδὂτω τῷ ph ἔχοντι, καὶ 6 ἔχων βρώματα ὁμοίως ποιείτω. 1 ᾖλθον δὲ
. Lu # µ -. A πεν πρὸς αὐτούς Μηδὲν πλέον παρὰ τὸ διατεταγµένον ὑμῖν πράσ-
deux présents ἐκχόπτεται et βάλλεται ont le sens du futur; la koëné connaissait cette tournure; néanmoins elle est plus naturelle dans un écrit juif, soit à cause de la certitude du décret divin, qui présente les choses futures comme accomplies, soit comme traduction d'une tournure sémitique. La seconde explication est préférable surtout pour βάλλεται dont l’action est postérieure à celle du premier verbe. ἄξίνη est, dans l’opinion commune, une forte hache de bûcheron, une cognée. Elle est dispose, κεῖται (comme w, 34), contre la racine de l'arbre, mais n’est point encore dans la main du bûcheron. Maïs alors pourquoi dire « à la racine »? D'après l'usage palestinien, ce serait plutôt un coin qu’on place à la racine. Quand il est bien posé, il ne reste plus qu’à frapper avec un lourd marteau. | |
On suppose qu’un arbre peut encore faire de bon fruit; dans ce cas il ne serait pas coupé. Comparant leurs fautes à celles des gentils, les Juifs ne se croyaient guère coupables que d'ignorance; le châtiment pour eux ne pouvait être qu’une épreuve destinée à les purifier de taches légères (Ps.-Sal. xvrr, 4 55.). Jean prend les choses plus à cœur; le jugement menace tous les arbres.
40-44. Avis PARTICULIERS. Péricope propre à Luc. Elle est souvent qualifiée : prédication pour les divers états. Il serait plus juste de la regarder comme une monition sur la manière de faire pénitence. Le premier avis s'adresse presque à tout le monde. Viennent ensuite deux autres pour des cas particuliers.
10) Les foules paraissent convaincues de la nécessité de faire une véritable pénitence, mais en quoi consistera-t-elle? On comprend mieux maintenant pourquoi Luc n’a pas nommé les Pharisiens; il eùt été difficile de leur supposer une pareille bonne volonté. Après ποιήσωµεν, subj. délibératif, on a ajouté pour la clarté ινα σωθωµεν (D 9 37 Τὰ Latt (b 9 q) sah cur), qui était inutile; cf. la même tournure Αοἱ. 11, 37.
14) La meilleure pénitence est la pralique de la charité. Ce n’est point une raison pour parler des tendances ébionites de Luce, d'autant qu'il s'agit d'une parole de Jean, écho de la pensée d'isaïe (Lv, 7). Le jeûne (c'est-à-dire la pénitence) qui plaît à Dieu c'est « partager son pain avec l'affamé, héberger Les pauvres sans abri; qui se trouve nu, le vôtir » (Trad. Condamin). Jean ne dit pas de partager sa tunique, ni de ne posséder qu'une tunique, mais, si l’on en a deux, soit sur soi, soit à sa disposition, d'en donner une à qui n'en a pas. La tunique était le vêtement de dessous, regardé comme indispensable. Avoir deux tuniques, ce n’est pas avoir la tunique de dessous (n1n2) οἱ par-dessus cette autre tunique plus longue, sans manches, qui était un habit de luxe (by),
ÉVANGILE SELON SAINT LUC, It, 12-14. 409
10 Et les foules l'interrogeaient, disant : « Que devons-nous donc faire? » Ἡ Π répondait et leur disait : « Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a pas, et que celui qui a de quoi manger fasse de même. Il vint aussi des publicains pour être. baptisés, et ils lui dirent : « Maitre, que devons-nous faire? » (Et ‘il leur dit : « N'exigez rien en plus de ce qui vous a été fixé. » l‘Des gens du service armé lui demandaient aussi : « Et nous, que devons-nous faire? » Et il leur dit : « Ne molestez personne: ne dénoncez pas faussement, et contentez-vous de votre paye. »
“mais avoir en double ce dont 16 prochain ne peut se passer. Au sujet de la nourriture, on se conduira d'après le même principe. C’est d'ailleurs encore aujourd’hui une règle en Orient de ne point manger sans offrir à ceux qui sont présents. Malgré l’imminence du jugement, Jean n’exige donc point qu'on se: dépouille de ses biens, qu’on change les conditions de sa vie, pourvu qu'on soit pitoyable aux miséreux,
12) Il admet même qu'on demeure dans certaines situations qui passaient -aux yeux des Juifs trop zélés pour incompatibles avec la justice et la sainteté requises par la Loi. Il ne prétend pas régler toutes les positions, mais montre que la pénitence est compatible avec toutes, à la condition d'y vivre sans commettre d’injustices. En même temps Luc nous fait comprendre l’intensité du mouvement qui atteint même (za) ceux qu'on regardait comme désespérés. C'est déjà l'universalité de l'Évangile, du moins au sein d'Israël, car ni les publicains ni les soldats ne figurent comme étrangers. Sur τελῶναι ef. Μο. n, 15. Si les publicains posent la question, ce n'est pas que le précepte de la charité ne les oblige pas; ils se demandent s'ils ne sont pas encore tenus à quitter leur office. Aussi Jean ne répond que pour l'avenir, sans les dispenser pour cela de restituer le bien volé.
13) Les taxes étant déterminées, comment les publicains pouvaient-ils percevoir davantage? C'est que, dit le tarif de Palmyre (de 137 ap. J.-C.; Drrr. Or. 629), les tarifs n'étaient pas assez détaillés, de sorte qu'on percevait trop souvent d'après la coutume (ἐπράσ[σετ]ο δὲ ἐκ συνηθείας), car il était convenu qu’on devait opérer la perception (τὴν πρᾶξω ποιεῖσθαι) d'après la loi et‘la coutume. Pour obvier à ces difficultés, la ville de Palmyre fit graver sur une stèle un tarif plus détaillé, enjoignant aux magistrats d'empêcher de percevoir: davantage (παραπράασειν). L'introduction grecque du texte de Palmyre est le: meilleur commentaire de Luc, surtout quant au sens de πράσσειν (cf. τις, 23), mal rendu par la Vg. faciatis. Outre les prétentions exagérées que les publicains fondaient sur la coutume, il leur était facile de tromper les illettrés, surtout avec la complicité des pouvoirs publics.
44) στρατευόµενοι, selon la rigueur du terme, des soldats qui vont en campagne, ou plus simplement une classe de personnes, des soldats (Chrys. t. VII. p. 466 D, cité par Field): Mais quels soldats? Ceux que Ponce-Pilate avait à son.
410 | ÉVANGILE SELON SAINT LUC, Il, 15.
ἀρχεῖσθε τοῖς ἐφωνίοις ὑμῶν. 15 ]ροσδοκῶντος δὲ τοῦ λαοῦ καὶ διαλογιζοµένων πάντων ἐν ταῖς Χαρδίαις οὐτῶν περὶ τοῦ ᾿Ἰωάνου, né ποτε αὐτὸς εἴη ὁ γριστὸς, 1ῦ ἀπεκρίνατο λέγων πᾶσιν ὁ ᾿Ἰωάνης "᾿Βγὼ μὲν ὕλατι βαπτίζω ὑμᾶς᾽ ἔρχεται δὲ ὃ ἰσχυβότερός µου, οὗ οὐ εἰμὶ ἔκανὸς Ἀῦσαι τὸν ς ῥαττίσει ἐν πυεύµιατι ἁγίῳ καὶ
< <} ο Ct ..- «1 ©” nn το Q D κα ο]
service n'étaient que des troupes auxiliaires composées de non-Juifs. Les soldats d’Antipas ne pouvaient guère se présenter dans la plaine du Jourdain, au moins sur la rive droite, parmi la foule qui venait surtout de Jérusalem. 1 est plus vraisemblable que ce sont des postes recrutés pour prêter main forte aux publicains, des douaniers, qui pouvaient être juifs. On s’expliquerait très bien ainsi leur καὶ quete, « nous aussi », qui participons à ce négoce, et les injonctions de Jean. — διασείω, « intimider », d’où : extorquer de l'argent par intimidation, naturellement sans le porter aux recettes, délit aussi funeste aux fermiers bénéficiaires de l'impôt qu'aux imposés. — συκοφαντέω, agir en sycophante. L'étym. est toujours douteuse; l’ancienne est la plus vraisemblable; celui qui dénonce des figues, c’est-à-dire qui est toujours prêt à dénoncer (D'après (ΑΠΟ, Revue des études grecq. t. XX, 1907, p. 443-163, « celui qui apparaît dans le figuier », pris en flagrant délit); en tout cas « délätion, escroquerie, et chantage » (Sacrio, ad verbum) sont le fait du sycophante. Les douaniers avaient le droit et le devoir de dénoncer la fraude, mais non de s’entendre pour dénoncer faussement et « faire chanter »; c’est bien un crime de publicaïin; cf. x1x, 8. Les deux abus signalés ici étaient précisément reprochés aux publicains en Égypte, et un certain Dioscourides, haut fonctionnaire, adressdit en 145 av. J.-C. des avis qui ressemblent assez à ceux du Baptiste, <ar on se plaignait surtout des publicains, de leurs extorsions, et erreurs, et même d’être faussement dénoncé par eux : μάλιστα δὲ κατὰ τῶν πρὸς ταῖς τελωνίαις ἐντυγχανόντων, περί τε διασεισμῶν καὶ παραλογειῶν {majorations de taxes?}, ἐνίων δὲ καὶ συκοφαντεῖσθαι προφεροµένων (Notices et extraits, ΧΝΗΙ, 11, p. 351), ce qui ne convient pas à leur profession. On trouve encore συχοφαντία et διασεισμός réunis dans une pétition qui semble dirigée contre des policiers subalternes (Tebf. par. 43: 118 αν. J.-C.). Ces abus sont donc plutôt le fait de la police ou gendarmerie des douanes que des soldats. Aucun de ces abus ne se produirait si les doutaniers militaires se contentaient de leur solde; ὀφώνιον, primitivement « vivres achetés d'avance », ὄφον et ὠνέομαι. Un poste douanier d'importance se comprend bien au pont du Jourdain (marqué sur la mosaïque de Mâdaba), commandant la circulation entre la Judée et la Pérée, probablement non loin du pont actuel, à une heure et demie au nord-est de Jéricho.
15-18. Anxoxce Du Messre (Μο, 1, 7-8; Mt. mi, 11-13). C'est le point capital pour les évangélistes, le seul que Mc. ait retenu (ο. 1, 7 s.). Des trois versets de Luc, le premier est une introdection composée librement pour marquer . l'importance de la déclaration de Jean; le second et le troisième retrouvent accord avec ΜΙ., sauf quelques changements qui semblent avoir été suggérés
par Mc.
48) προσδοκῶντος dans un sens vague, sans que l’objet soit déterminé, comme
15 Tout le peuple étant dans l'attente, et comme ils se demandaient dans leur cœur au sujet de Jean s’il ne serait pas le Christ, 16 Jean déclara, s'adressant à tous : « Moi, je vous baptise avec de l'eau, mais il vient, celui qui est plus fort que moi, dont je ne suis pas digne de délier la courroie des sandales; lui vous baptisera dans
Act. xxvir, 33; xxvinr, 6. D’après le contexte c’est l’attenté du Messie; l'apparition de Jean lui a donné une nouvelle impulsion; après cette manifestation devenue si rare de l'esprit prophétique, on était dans l'attente de quelque grand événement, et, dans la situation des esprits, on pense au Messie. | . pri ποτε αὐτὸς εἴη, Optatif bien choisi pour marquer l'incertitude; comme xxu, 23 τὸ τίς ἄρα eln ... 6 τοῦτο µέλλων πράσσειν. ‘
Π ÿ avait bien des raisons de douter; outre que Jean était d’origine lévitique et même sacerdotale, non point davidique, il n'avait encore accompli aucun acte vraiment messianique. La même supposition dans le discours de Paul, Act. sur, 25: cf. Jo. 1, 49 ss. Luc n’explique pas ce que signifie ὁ ὁ Χριστός, il a déjà dit que c'est le sauveur (1, 11; cf. 11, 26 58.).
16) Les paroles de Jean sont présentées comme une réponse (comme däns Jo. 1, 26), parce qu'elles répondent à la pensée des foules; comme cette pensée était commune à tous (πάντων), Jean répond à tous (:äaw), et comme l'interrogation muette portait sur-sa personne, il explique d’abord son propre rôle (de même Mt.). Luc s’écarte donc de l’ordre de Mc. qui met tout d'abord plus en relief le Messie, mais il revient à Mc. en écrivant ὕδατι sans ἐν, ἔρχετα: qui est pittoresque, délier le cordon des sandales, au lieu de porter les sandales (ΜΙ.). Comme Luc avait alors sous les yeux une source semblable à Mt. (πι, 44 5.), Ἡ est difficile de s'expliquer comment il est d’aecord avec Mc. s’il ne l’a pas suivi, d'autant qu'une fois que Μο. s’est arrêté, avant καὶ πυρί, Luc est beaucoup plus semblable à Mt. L'opposition du baptème de Jean, dans l’eau, et du baptême dans l’Esprit-Saïnt est commune aux quatre évangilistes (Μο. 1, 8; Mt. ur, 41; Jo. 1, 38); Dibelius (Die vorchrist. Ueberl. von Johannes dem Täufer) prétend (après HarnacK etc.) que Jean n’a pu prononcer cette parole, puisque ses disciples ne savaient pas même qu’il existât un Esprit-Saint (Act. xx, 2). Mais l'argument prouverait trop. Des disciples de Jean ne peuvent avoir ignoré l'existence de l’Esprit-Saint; ceux dont parlent les Actes ont recu récemment le baptême de Jean, sans avoir été ses disciples. Les relations du Messie avec l'Esprit du Seigneur étaient fortement marquées dans Is. xx, 2 s., et ce passage n'avait pas été perdu de vue; cf. Ps.-Sal. xvn, 42; Hén. xx, 3; Lxu, 2, d'autant que le temps du salut devait être celui de l’effusion de l'Esprit-Saint (Joël. mx, 1-5).
Au surplus ne voulons-nous pas soutenir comme absolument certain que Jean ait prononcé le mot « Saïnt », mais seulement que c’est une explication
correcte de sa pensée (Syrsin et Syrcur « dans le feu et dans l’Esprit-Saint »), quand il aurait dit seulement : « par l'esprit et le feu » Car il s’agit à tout le moins d'être baptisé par le feu, non pas celui du v. 47 qui punit ceux qui sont déjà discernés, mais un feu qui purifie.
112 | ÉVANGILE SELON SAINT LUC, It, 17.
myol τοῦ -ὃ mer ὃν τῷ κειοὶ mire À 3 y 4] Dent 1 volt où τὸ πτύον ἐν τῃ Ὑειρι αὐτοῦ διαλαθαραι τὴν ἅλωνα αὐτοῦ καὶ
- x » , 4 y , - κ x συναγαγεῖν τὸν σῖτον εἰς τὴν ἀποθήχην αὐτοῦ, τὸ δὲ ἆ 2 sa 3 > e ο ἀσβέστῳ. ISTICHAX μὲν οὖν καὶ ἕτερα παρακαλῶν εὐηγγελίζετο
2 ΄ 3 = {ωάνην ἐν ouvhaxt.
“ 17. om. µεν αν σιτον (T'H V) et non add. (5). 20. om. και a. χατεχλεισεν (T Ἡ) et non add. (5. Υ).
παρουν ἩῬ δι 90ο. ns y raden Le) mer à Lu 20 #4 ο)ηρῶν © DHÔNS, "'προσεὐηχξν AA! τοῦτο ἐπὶ πᾶσω, Ἀατέλλεισεν τὸν
L'opposition avec l'eau est parfaitement claire. On purifie les objets au moyen de l’eau; si l'eau ne suffit pas, on les fait passer par le feu; ce qui ne supporte pas l'épreuve est détruit, le reste est purifié. Le feu a certainement ce rôle dans VA. T., par exemple Sir. πι, 5, mais surtout dans des passages où il s’agit de l'intervention de Dieu, 15. 1, 25 πυρώσω εἰς καθαρόν, 18. 1V, 4 ἐκκαθαριεῖ... ἐν πνεύματι κρίσεως καὶ πνεύµατι καύσεως, Zach. ΧΙΙ, 9 πυρώῴσω αὐτοὺς ὡς πυροῦται τὸ ἀργύριον... αὐτὸς ἐπικαλέσεται τὸ ὄνομά µου, spécialement des temps messianiques ; Mal. η, 2. 3. Le baptême dont parle Jean ne peut être comparé à cette suprême purifica-
-tion, mais les deux actions sont du même ordre, ce qui ne serait pas si Jean se bornait à annoncer l'exécuteur du châtiment. Le baptême dans l’Esprit-Saint (Luc a écrit ἐν pour marquer que l'Esprit-Saint n'est pas un instrument comme l'eau) n'exclut pas en réalité l'usage de l'eau, et Ézéchiel a uni la purification par l’eau et le don de l’Esprit de Dieu (Ez. xxxvi, 25-27), mais l'exécution n’était pas dans la perspective de Jean qui a seulement marqué l'opposition entre son temps et celui du plus fort, ou le temps du salut, c’est-à-dire d’une action divine plus pénétrante. Au v. 16 16 feu peut très bien, dans la pensée de Le., être une
allusion au don de l’Esprit-Saint (Act. 11, 3).
411) Ce verset n’est pas l'explication du précédent, mais l'indication d’un autre rôle du Messie, quoique les perspectives ne soient pas très distinctes. οὗ τὸ πτύον... αὐτοῦ, comme au v. 16 οὗ... αὐτοῦ, tournure sémitique, surtout hébraïque, mais tolérable en grec. Au licu de καὶ διαχαθαριεῖ (de παθαρίζω) de Mt., parataxe sémitique, Luc. lie et met l’infinitif de but de διακαθαίρὠ (sur l’aor. en α, au lieu de ἐκάθηρα, cf. Pap. Petr. τι, 19, 5, ἀνακαθᾶραι, Pap. Leyd. x, T, 13 καθᾶραι et ἔκκα-θάρατε, I Cor. v, 7); le mode et le verbe sont changés par élégance. Au lieu de συνάξει de Mt., Luc a plus probablement συναγαγεῖν, quoique συνάξει soit très soutenu pour harmoniser avec Mt.; d'autant que le second infinitif du but est encore parfaitement justifié, car πτύον n’est pas un van, mais une pelle à vanner, qui servait aussi à rentrer le grain. Dans Luc αὐτοῦ est toujours à la fin de chaque
incise, d'une facon rythmée.
La paille est courte en Palestine, et on ne coupe guère que l'épi; il n’y a donc pas grand inconvénient, une fois le blé rentré, à brûler les déchets sur l’aire : ὥςπερ ἐν ἅλῳ πῦρ ἀγάπτον καλαμὴν αὐτοῦ (Ps.-Sal. ΣΠ, 3). Il ne s'agit plus ici d’une
ÉVANGILE SELON SAINT LUC, Int, 18-20. 143
l'Esprit-Saint et par le feu; 17 il tient dans sa maïn la pelle à vanner pour nettoyer son aire et recueillir le froment dans son grenier; quant à la paille, il la brülera dans un feu inextinguible. »
18 Fréquemment done, et par d'autres exhortations encore, il évangélisait le peuple. {9 Mais le tétrarque Hérode, repris par lui au sujet d'Hérodiade, la femme de son frère, et au sujet de toutes les mauvaises actions qu'il avait commises, lui Hérode, % ajouta encore cela à tout [le reste]; il enferma Jean dans une prison.
purification par le feu, compatible en somme avec une rénovation temporelle; 41 s’agit de la consommation définitive; les hommes sont divisés en deux groupes, les uns échappent à la flamme φλὸξ πυρὸς καὶ ὀργὴ ἀδίκων οὐχ ἄφεται αὐτοῦ (Ps. Sal. xv, 6), et vont auprès de Dieu (Ps.-Sal. 1171, 16 etc.), tandis que les autres sont comme le chaume consumé par le feu. Le feu dans les roseaux ou dans l'herbe ne purifie pas, il consume (Is. x, 17; Joël, n, 5; Zach. xn, 6); il est d'ailleurs impossible de l'éteindre, tant qu'il n'a pas consumé entièrement (κατακαίειν) une matière aussi inflammable. Le tout constitue une comparaison, l'esquisse d’une parabole; il n'y a donc pas lieu d'allégoriser et de se demander si l'aire est le monde ou la Palesfine, si le feu est inextinguible de sa nature etc.; la comparaison a dàù être choisie parce que les méchants seront livrés au feu vengeur qui ne s’éteindra pas, καὶ τὸ πῦρ αὐτῶν où σθεσθήσεται (Is. Lxvr, 24). On ne saurait donc confondre ce feu avec le feu purificateur du v. 16. Il n’a rien d’un baptême et exerce sa fureur sur des objets qui sont tous déjà discernés et ne peuvent plus être purifiés.
18-20) JEAN EN Prison, Propre à Luc qui termine ici ce qui regarde la prédication de Jean, car son arrestation par Hérode en fut la conséquence. Le bap- {όπιο de Jésus appartient moins à l’histoire de Jean qu'à celle de Jésus. Cette terminaison ressemble à celle de 1, 80. |
18 s.} Les deux versets sont étroitement unis par l'opposition entre μέν οἱ δέ. οὖν après μέν (le seul cas de l'évangile, fréquent dans Actes) a perdu ici de sa valeur affirmative; il sert de transition pour passer à une autre idée, après avoir résumé tout ce qui précède; cf. Thuc. 1, 15 τὰ εν οὖν ναυτικὰ τῶν Ἑλλήνών τοιαῦτα ἦν... ἰσχὺν δὲ περιεποιήσαντο... (Kühner, δ 507, c). C’est pour ne pas l'avoir compris que Dibelius (L. L.; p. 53) regarde ce Fret comme contredisant le v. 17, sous prétexte que le jugement n’est pas une bonne nouvelle. Mais Luc a soin de dire que la prédication de Jean contenait divers thèmes, ἕτερα. Il a prêté à Jean des reproches et des exhortations, des menaces, qui convergent vers l'annonce de la venue du Messie que Luc regarde avec raison comme une bonne nouvelle. Sur Hérodiade, cf. Μο. vi, 17, Com. Elle motive Le seul grief allégué par Μο. et ME. (xiv, 3 s.), mais Luc, bien informé sur Hérode (cf. sur v. 4), a pu savoir que le Baptiste ne s’en était pas tenu là. Il a d’ailleurs évité de nommer 16 frère d'Hérode (Philippe dans Mc.). — πάντων ὧν comme xx, 37; Act. x,.39; Χα, 995 ασ, 405 χχνι, 2 οἱ cf. Ἡ, 20; 1x, 48; xxiv, 25.
20) προσέθηκεν, dans un sens péjoratif, qu’il peut avoir en grec, nullement dans
114 ÉVANGILE SELON SAINT LUC, It, 91-99,
3 LA κ ο μα 21 Ἐένετο δὲ ἐν τῷ panne ὁ ἅπαντα τὸν λαὸν καὶ ‘Troc βαπτισθέντες
à vec
καὶ προσευγοµένου avewy0%v Y 9 1 ι ς ἴδει ὡς περιστερὰν ἐπ αὐτόν, καὶ φωνὴν ἐξ οὐρανοῦ γενέσθαι t
ἅγιον σωματικῶ el
le sens sémitique, comme προσέθετο πέµφαι (xx, 11. 12) ος συλλαδεῖν (Act. χιτ, 3). C’est le sens de Polybe, p. 1265 τούτων δ’ ἑξῆς τὸ συνεχὲς ἐξειργάζοντο, καὶ προςἡ σον ποιοῦντες ἀναπολόγητον τὴν ἁμαρτίαν (Plum.)
. JÉSUS PROCLAMÉ FILS DE DIEU LORS DE SON BAPTÈME (Μο. 1, 9-41; Mt. πι, 18- 47. 8. Ambroise a parfaitement compris l'intention de Luc par rapport aux deux autres synoptiques : Pulchre autem in iis quae a caeteris dicta sun, sanctus Lucas evangelista compendium sumpsit, et intelligendum magis quod a Joanne Dominus baptizatus est, quam expressum reliquit. Μο. avait raconté le baptême avec ses circonstances : Jésus vient de Nazareth de Galilée, vers le Jourdain, où il est baptisé par Jean, et la vision a lieu au moment où il sort de l'eau. Le baptême de Jean étant un baptême de pénitence, pour la rémission des péchés, on se demanda de bonne heure pourquoi Jésus s’y est soumis. Ce scrupule a été mis en scène d’une façon assez grossière par l’évangile selon les Hébreux : Ecce mater domini et fratres eius dicebant ei : loannes Baptisia baptizät in remissionem peccatorum; eamus et baptizemur ab eo. Dixit autem εἰς : Quid peccavi, ut vadam et baptizer ab eo? Nisi forte hoc ipsum, quod dixi, tgnorantia est (Her. contra Pelag. 1, 2). S. Matthieu a donné la raison qu'il convenait ainsi au Sauveur d'accomplir toute justice, S. Jean n'a même plus raconté le baptême, et l'Esprit qui descend sur Jésus est une preuve qu'il baptise dans l'Esprit-Saint. Luc n’a pas parlé du dialogue de Jean avec Jésus (Mt.), non parce qu'il pouvait être mal compris par des lecteurs venus de la gentilité (contre Schanz), mais plutôt parce qu'il ne connaissait pas Mt., ou parce qu'il ne voulait pas insister sur le baptême, qu'il suppose, plus qu’il ne le raconte (Απιῤγ.).
91-99) Luc comprend tout ce qu’il a à dire dans une belle période, dont le terme comme le but est la filiation divine de Jésus.
— βαπτισθῆναι, à Υ40Υ. indique une action passée, mais Plum. exagère en supposant que Jésus est venu seul après que tout le peuple eût été baptisé, car ἐν τῷ indique bien quelque chose de simultané; l'événement simultané doit être le baptême de Jésus, qui est aussi au passé par rapport à la prière de Jésus. Ces deux choses sont donc antécédentes, le baptême du peuple et celui de Jésus, celui de Jésus ayant eu lieu probablement vers la fin (καθ de celui des autres, qui cependant pouvaient être présents. Luc dit que tout le peuple avait ‘été baptisé, ce qu'il faut sûrement entendre en atténuant le « tout » dont il est prodigue, probablement pour insinuer que Jésus devait faire comme les autres, dans l'esprit qui l’a soumis aux observances de la circoncision et de la présentation.
Il est certain qu'il mentionne volontiers la prière de Jésus (v, 16: vr, 195 1x, 18. 28; χι, 41), mais ici la prière, après le baptême, ἃ une efficacité particulière; les cieux s'ouvrent (ἀνεῳχθῆναι pour ἀνοιχθῆναι); l'Esprit-Saint (Μο. l'Esprit, Mt. l'Esprit de Dieu) est fréquent dans Luc (1, 15. 35 etc.). Sur le symbolisme de la colombe, cf. Mc. Com. p. 12. Si Luc a insisté plus que Μο. sur la
2! Or il arriva, quand tout le peuple eut reçu le baptême, et Jésus ayant été baptisé, pendant qu'il priait, que le ciel fut ouvert, ® et que l'Esprit-Saint descendit sur lui en forme corporelle comme une colombe, et qu’une voix se fit entendre du ciel : « Tu es mon fils bien-aimé, en toi j'ai pris mes complaisances. »
forme corporelle, c'est sans doute pour mieux marquer la réalité de l’apparition; peut-être aussi pour détacher davantage l’individualité du Saint-Esprit; il descend sur lui, ce qui a le même sens, maïs est plus correct que εἲς αὐτόν de Mc. La voix est la voix du Père; l'intention trinitaire est donc assez marquée. Les paroles sont exactement celles de Μο., plus naturelles dans Mc. où c’est Jésus qui voit, aussi Mt. a mis οὗτος. Luc à donc insisté sur le caractère objectif de la vision; il n’a pas dit expressément qu’elle ait été perçue de la foule, mais il l’a laissé entendre.
Le peu d'importance qu'il attache au baptême met davantage en relief la valeur de cette déclaration. Elle correspond exactement à ce qu'on’ pouvait attendre de la parole de l'ange (1, 35). Toute l'histoire des origines de Jean et de Jésus, conduite jusqu'au moment où ils se rencontrent pour la première fois, aboutit à constater la nature divine de Jésus. IL n'appartenait pas à Jean de révéler ce mystère; il annonce seulement un plus fort que lui, dont il n'est pas digne de délier les sandales, et un baptême dans l'Esprit-Saint. Après que Jésus a été baptisé, l'Esprit-Saint apparaît, comme au moment de la conception surnaturelle il était venu sur Marie, et le Père reconnaît son Fils. La parole céleste est conçue dans D, abc ff? 1 Τ υιος µου ει συ, eye σηµερον Yeyewmxa ae, ce qu représente une partie des latt. (européens, mais non africains) et D; aucune autorité découverte depuis Ti. ne s’est jointe à eux, ni syrsin ni sah. ni 6 ni W. Augustin (de cons. ev. τα, 14) : illud vero quod nonnulli codices habent secundum Lucam hoc illa voce sonuisse quod in psalmo seriptum est: filius meus es tu, ego hodie genui te, quamquam in antiquioribus codicibus Graecis non inveniri perhibeatur… c'est dire presque ouvertement que ce texte a été inséré ici d’après le ps. x, 7, ét c'est à l’état d’ajoute que cette lecon parait dans Clém. d'A. (Paed. 1, vi) υἱός µου εἶ συ ἀγαπητός, ἐγὼ oÂuepov Ἰεγεννηκά σε, et dans l'évangile dit des Ébionites (Er. Haer. xxx, 13) καὶ φωνὴ ἐγένετο ἐκ τοῦ οὐρανοῦ λέγουσα. Z5 µου et 6 ἀγαπητός: ἐν σοὶ ἠηὐδόκησα. Kat πάλιν ᾿Εγὼ σήμερον γεγέννηκά σε. Dans Justin (ο. Trypk. rexxvur et οι) elle est seule, sans doute parce qu'elle a supplanté l’autre; cf. Acta Petri et Pauli xxix, Const. ΑΡ. 11, 32, LACTANCE, Inst. divin. τν, 15; Hilaire. Soden cite faussement l'épitre à Diognète. Quant à Origène, dans le commentaire en latin, il a la lecon commune de Mt. (PG. τι, 1871) et dans le commentaire de Jean en grec (1, 29 ed. Preuschen) il cite le psaume et non Luc. C’est cette lecon, si dénuée d'appuis diplomatiques, que préfèrent de nombreux critiques indépendants, parce qu’elle semble indiquer que Jésus est devenu Fils de Dieu au baptême, si bien que Dibelius (p. 63) finit par croire que c’est la lecon originale de Marc! Au surplus on reconnaît (Klost.) que Le. aurait dû comprendre que ce passage était inconciliable avec la conception miraculeuse, et c’est dans Le. seulement que cette lecon a une apparence de probabilité
΄ \ ° Σὺ εἶ ὁ viss µου à ἀγαπητός, iv σοὶ εὐδόχησα, 28 Καὶ αὐτὸς ἦν I se Lane ο) 2e Le A e 9 PA ; ᾽ ησοῦς ἀρχόμ.ενος ὡσεῖ ἐτῶν rie τα, ὧν υἱός, ὡς ἐνομίζετο, ]ωσὴφ ατθὰτ τοῦ Λευεὶ) τοῦ Μελχεὶ τοῦ Ἰανναὶ τοῦ Ἰωσὴφ ee = 2 λ = N ou 25 τοῦ Maxsabiou τοῦ pes τοῦ μα. τοῦ ᾿Ειολεὶ τοῦ Ναγγαὶ 26 τοῦ Μαλθ τοῦ Ματταθίου τοῦ Σεμεεὶν τοῦ ᾿Ἰωσὴγ τοῦ Ἰ]ωδὰ 27:25 Ἰωανὰν τοῦ Ῥησὰ τοῦ 7οροῤάβει τοῦ τς αλαθὴη τοῦ Νηρεὶ "δτοῦ Μελχεὶ τοῦ
d'après les mss.! C’est montrer bien ouvertement le parti pris de faire dater l’adoption de Jésus comme Fils de Dieu du jour du baptême. Encore dans Le. σήμερον ne peut signifier que Le jour éternel (cf. Heb. 1,.5), et les modernes lisent adoption où le texte parle de génération. Le copiste qui a fait l'addition n'y mettait pas tant de malice; il était heureux de confirmer le texte évangélique par celui d'un psaume. Il faut beaucoup d’aplomb pour soutenir que c'est un commentaire non une citation (Klost.), car elle est littérale. Mis en goût, les critiques devraient admettre la suite de l’évangile des ébionites : καὶ edûbs περιέλαµφε τὸν τόπον φῶς uéya; ce feu qui resplendit sur le Jourdain se trouve encore dans Justin (ο. Trÿph. Lexxvin) καὶ rüo ἀνήφθη ἐν τῷ Ἰορδάνη, dans Éphrem (does. 43) lumine super aquas exorto. Dans la Prædicatio Pauli (citée par le pseudo-Cyprien de Rebaptismate xvn). On le trouve encore dans les oracles sibyllins (va, 82-84) et dans quelques latt (a gt) après Mt. πα, 15. Sur le texte de Tatien‘d’après'Isho'dad, cf: R B. 1930 p. 329 s.