Expuzsion D'un Démon (Me
33) Luc laisse de côté εὐθύς caractéristique de Μο. et change la locution difficile ἓν πνεύµατι ἀκαθάρτῳ, en ἔχων πνεῦμα δαιµογίου ἀκαθάρτου. Le rapport entre le possédé et le démon est ainsi plus clair, maïs il est difficile d'apprécier grammaticalement le génitif qui suit πνεῦμα. Luc n'a pu vouloir distinguer l'esprit du démon, le gén. est donc soit à la place d’une apposition, « un esprit qui était un démon impur », soit un gén. de qualité pour indiquer la nature spéciale de cet esprit. Le sens est le même; peut-être cette construction inusitée vient-elle de ce que Luc a gardé le rveüua de Μο. et l’a défini pour ses lecteurs par l'expression, plus connue dans ce sens, de δαιµόνιον. Les Grecs disaient δαίµονες plus fréquemment que δαιμόνια, et les deux plutôt en bonne part; mais dans les LXX δαιµόνιον
signifiait à lui tout seul les mauvais esprits (Dt. sxxir, 11; Ps. Χου (xcvi), 5). — quvf µεγάλη, réservé par Mc. pour la sortie du démon est mis par Luc avec ἀνέχραξεν, de façon à n'avoir qu'un cri du démoniaque.
94) Comme Μο., sauf ἔα au lieu de λέγων. "Ex hapax dans le N. T. et quatre fois dans Job; traduit ici sine, comme si c'était l’impér. de ἐάω. À supposer que ce soit la véritable étymologie, le mot était devenu une simple interjection exprimant une surprise désagréable (Sorx. Ο. C. 1477). Luc écrit ici Ναζαρηνέ, comme Μο. et Le. xxiv, 49, mais il écrit Ναζωραῖος xvinr, 37 et toujours dans les Actes (7 fois); il est donc plus vraisernblable qu'ici il’ a adopté la forme constante de Μο, — D'après Plum. la formule τί ἡμῖν καὶ σοέ; signifie : « qu'avons-nous de commun »? Cependant, même en grec, par exemple dans Épictète, le sens se rapproche beaucoup de : « qu'avons-nous à nous occuper? » ou « qu'est-ce que cela nous fait? » ou «en quoi cela te regarde-t-il? »; cf. Éprcr. 1, 1, 16; 22, 15; 27,14; π, 49, 16. 49; 20, 11; πι, 18, 7.
35) Le début comme Mc. Luc ajoute λέγων qu'il n'avait pas employé au v.
ς τὸ μέσον ἐξῆλθεν dx’ αὐτοῦ μηδὲν βλάψαν
EM
es a δὲν
αὐτόν. mai ἐγένετο θάµβος ἐπὶ πάντας, nat συνελάλουν πρὸς ἀλλήλους
-λέγοντες Τίς ὁ λόγος οὗτος ὅτι ἐν ἐξουσία καὶ δυνάμει ἐπιτάσσει τοῖς ἀκαθάρτοις πγεύµασιν, καὶ ἐξέρχονται; #7 Kat ἐξεπορεύετο ἦχος περὶ αὐτοῦ εἷς πάντα τόπον τῆς περιχώρου. 55 ᾽Αγαστὰς δὲ ἀπὸ τῆς συναγωγῆς εἰσῆλθεν εἰς τὴν οἴκίαν Ἠέμωνος. πενθερὰ δὲ τοῦ έμωνος ἦν συνεχοµένη πυρετῷ µεγάλῳ, noi ἠρώτησαν αὐτὸν περὶ αὐτῆς. ya ἐπιατὰς ἐπάνω
mn -ο . 9 . \ en" αὐτῆς ἐπετίμησεν τῷ πυρετῷ, καὶ ἀφῆχεν αὐτήν παραχρῖῆμα δὲ ἀναστᾶσα
précédent, et met ἀπό au lieu de ἐξ pour ne pas répéter la préposition du verbe composé; c’est sa manière (v. #1, v,8; vin, 2. 29.33. 35.38; 1x, 5; χι, 24; xvil, 29; Act. xvi, 18. 40). Il emploie cependant ἐξ (Act. νη, 4; ανα, 33; xxu, 18) qui est habituel à Μο. Dans la seconde partie du v. σπαράξαν, très pittoresque, est remplacé par ῥίφαν, expression employée par les médecins Hippocrate et Galien à propos de convulsion; GAL. de Comate, 3 (vu, 658) : à σύμπαν τὸ σῶμα ῥίπτουσιν ἀλόγως,.. Hobart note encore (p. 2) que βλάπτειν est un terme médical « faire du mal », opposé à « faire du bien » ὠφελεῖν. La réflexion ajoutée par Luc, « sans lui faire du mal » a donc elle aussi une saveur médicale : Hipp. Epid. 1146 : παρῆλθε καὶ ἐς τὰ ἀριστερὰ τὸ οἴδημα, οὐδὲν οὖν τοῦτο ἔδλαπτεν. La forme μηδέν au lieu de οὐδέν simplement parce que μή avait prévalu avec le participe. Luc a ajouté els τὸ μέσον pour indiquer que le fait était facile à constater.
36) ἐγένετο θάµθος au lieu de ἐθαμθήθησαν, parce que Luc aime les périphrases avec γίνομαι (1, 65; vi, 49: να, 475 xu, 40; Σι, 2, #; XVII, 23) (Plum.); καὶ συνελάλουν est plus coulant que ὥστε συζητεῖν. Dans Μο. l'étonnement était comme partagé entre la doctrine et le miracle, non sans une certaine obscurité. Luc semble avoir opté ici pour le miracle, ayant déjà parlé de la doctrine au v. 32. Cependant le terme ὁ λόχος ne doit pas signifier ici « qu'est-ce que cela? » (Holtz. citant Act. ντα, 21), car il eût suffi de dire τί ἐστιν τοῦτο; comme Mc. Le terme λόγος est peut-être choisi comme conservant la saveur de διδαχή de Μο., mais s'entend seulement du verbe impératif de Jésus ; Euth. en seconde ligne : ἢ λόγον λέγων, τὸν λεχθέντα πρὸς τὸ δαιμόνιον (Schanz). — ὅτι est explicatif. Tandis que le démon n'ohbéissait pas toujours aux exorcismes compliqués des Juifs, il rencontre ici une autorité qui lui impose, et une puissance qui le contraint.
37) Hobart (p. 63) prétend que Luc ne pouvait dire ἀκοή dans le sens de bruit, parce que les médecins n'emploient ce mot que pour le sens de l’ouie ou les oreilles ; d'ailleurs ἦχος avec περί était certainement plus clair. Dans Μο. πανταχ où els ὅλην,.. pouvait sembler un pléonasme, et à περίχωρος τῆς Γαλιλαίας est amphibologique; Lue y a pourvu en prenant περίχωρος comme toujours dans le sens de région. Le miracle de la guérison du possédé est le premier dans l'ordre de Μο. et de Luc. Mt. n’en parle pas. |
D'après Tertullien, l'édition de Luc par Marcion commençait là, précédée de la date historique de 1, 3 : La descente à Capharnaüm était la descente de Dieu en passant par le ciel du Démiurge (Contra Marc. τν, 7, 1) : Anno quintodecimo principaius Tiberit proponit eum descendisse in civitatem Galilaeae Capharnaum,
de lui! » Et le démon l'ayant jeté au milieu, sortit de lui sans lui avoir fait aucun mal. % Et il passa sur tous un frisson, et ils s'entretenaient entre eux, disant : « Quelle est cette parole, pour qu'il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs et qu'ils sortent? » 37 Et un bruit courait de lui en tout endroit de la contrée.
58 Ayant donc quitté la synagogue, il entra dans la maison de Simon. Or la belle-mère de Simon était prise d’une grosse fièvre, et on le pria à son intention. Et se penchant au-dessus d'elle, ïl commanda à la fièvre, et elle la quitta; et s'étant aussitôt levée, elle
les servait, utique de caelo Creatoris, ἵπ quod de suo ante descenderat. Cependant, d'après un anonyme syrien, le Christ de Marcion auraït apparu d’abord entre Jérusalem et Jéricho (Zann, Einleitung n, 389), et l’on ne saït comment concilier ces renseignements.
38-39. GUÉRISON DE LA BELLE-MÈRE DE SIMON (Μο. 1, 29-314; Mt. ναι, 14-15).
Ce miracle, dans Luc comme dans Μοι, suit immédiatement la scène de la synagogue; Mi. qui n'a pas ce dernier épisode a placé la guérison de la bellemère de Pierre après l’histoire du centurion.
38) Luc omet εὐθύς et met le singulier, toujours parce que Jésus n'a pas encore appelé Simon. Mais alors pourquoi entre-t-il chez sa belle-mère? pourquoi Lc. parle-t-il de lui sans le présenter au public? L'explication la plus vraisemblable est qu'il suit Μο., se contentant de supprimer ce qui rendrait son récit encore plus étrange, la présence d’Ahdré, de Jacques et de Jean. Et cependant
au v. 39; il y aura plusieurs personnes à table. ἸΑναστάς non pas dans le sens de se lever d'un siège (Mc. n, 44; Mt. 1x, 9), mais dans celui de se disposer à partir : 1, 39; xv, 48. 20; xx, 1; Act. x, 20; xxnt, 10. — πενθερά sans article ne peut guère s'expliquer comme un sémitisme (état construit); c’est une certaine belle-mère dudit Simon. Au lieu de πυρέασουσα, Le. met des termes plus techniques. — συγέχεσθαι est employé neuf fois par Luc et seulement trois autres fois dans le N. T. C'est un terme médical ef. Act. xxvrm, 8 et Ox. Pap. 896, 1. 34 (316 ap. J.-C.) où des médecins déclarent un homme πυραιτίοις... συνεχ[όμενον]; de même plusieurs textes d'Hippocrate et de Galien dans Hobart (p. 3 s.), qui cite aussi GAL. Different Febr. 1, 4 (ντ, 273) : καὶ σύνηθες ἤδη τοῖς ἑατροῖς ὀνομάζειν ἐν τούτῳ τῷ γένει τῆς διαφορᾶς τὸν µέγαντε καὶ μικρὸν πυρετόν. Ἡ est vrai qu’ensuite Galien blâme cet usage; il ne l'a pas moins constaté chez ses confrères. — ἠρώτησαν explique le λέγχουσιν de Mc. dans le sens d’une demandeprière, sens le plus ordinaire dans Luc (vnr, 37; xvi, 27 etc.) de ce verbe au οι d’une demande-interrogation (ασ, 68), sens primitif. Ceux qui prient sont Simon et ceux qui lui tiennent de plus près, nommés dans Mt.
39) Jésus ne prend pas la main de la malade comme dans Me.; il se tient au-dessus de la malade, vraisemblablement couchée sur un grabat bas ou même sur des naftes. Il commande à la fièvre, comme à Fesprit impur (v. 35), ce qui ne prouve pas qu'il traite la fièvre comme une personne. ἀφῆχεν est
# , - ΄ s ea + ΄ ο Σ διηλόνει αὐτοῖς. 40 Αύνοντος δὲ τοῦ Ἠλίου ἅπαντες ὅσοι εἶχον ἀσθενοῦντας Υόσοις ποιχίλαις ἤγαγον αὐτοὺς πρὸς αὐτὸν ὁ δὲ ἐπὶ ἑκάστῳ αὐτῶν τὰς γεῖρας ἐπιτιθεὶς ἐθεράπευεν αὐτούς. M ἐξήρχετο δὲ καὶ δαιμόνια
ἀπὸ πολλῶν, χράζοντα καὶ λέγοντα Ori Σὺ εἶ 6 υἱὸς τοῦ θεοῦ. καὶ ἐπιτιμῶν
41. εἔηρχετο (H V) et non εἔηρχοντο (T 5). — κραζοντα (I V) plutôt que κραυγαζοντα (TS). |
comme on sait un aoriste et non un parfait comme le dit Harnack (Sprüche… Ρ. 48). — παραχρῆμα dans ME, xx, 19-20, et seulement dans Luc (Le. 10 fois; Act. 4 fois), lui sert surtout à exprimer l’instantané des guérisons (1, 64; v, 25; vin, 44.47.55; Χα, 43; xvin, 43; Act. πι, 7) ou même d'un autre miracle (Act. κ, 23; ΧΙ, 11; xvi, 26). C'est une manière de souligner le prodige; maïs il se peut très bien qu'il ait emprunté le terme παραχρῆμα aux médecins, qui l'emploient volontiers d’une aggravation ou d'une amélioration subite (Hobart, 96 ss.). Puisqu'il s'agit de servir, sans doute à table, le pluriel αὐτοῖς ne peut s'entendre que des familiers; Luc l’a transcrit de Μο., sans se préoccuper de Ia curiosité de son lecteur. Les faits sont beaucoup plus clairs dans Μο., et découlent naturellement des précédents; Luc laisse entrevoir qu'il a interverti l'ordre sans renoncer à suivre sa source dans le récit d’un miracle qu'il a d'ailleurs narré avec plus de solennité. S'il avait été influencé par Mt., comme lui il n’aurait laissé paraitre que Pierre, .ce qui est d’un écrivain plus logique.