λεγων (H) et non ειπων (T 8 V
Pour le dire plus elairement, une série de faits a dù se passer comme cela est dit par Me.; Simon et André jettent l'épervier quand Jésus les appelle. Plus loïn il appelle Jacques et Jean. Ce n'est pas la scène de la pêche miraculeuse où l'on pêche avec un grand filet, quand Simon est déjà un ami de Jésus. Lue, connaissant une seconde pêche que Pierre omettait probablement de raconter comme trop honorable pour lui, à transporté à l'issue de cette pêche la ” vocation des premiers apôtres, relenant ainsi tout ce qu'il y avait d’essentiel dans le récit de Marc. Si Τοπ objectait que la pure objectivité de Luc une fois mise en doute, on l’aceuscra d'avoir inventé la pêche miraculeuse comme une préparation Httéraire à l'appel de Pierre, it faut répondre qu'autre chose est d'inventer les faits, autre chose: est de 165 placer dans un certain ordre. On peut ajouter avec Loisy (1, 443) que si Luc avait inventé la pêche miraeuleuse, il l'aurait mieux adaptée à son but, tandis que sa composition trahit une certaine gêne.
Mais tandis que nous expliquons cetté gène par la combinaison de Μο. avec ses renseignements particuliers, Loisy, J. Weiss et d'autres supposent que Lue a transformé la tradition recueillie par Jean: xxx, 1-44. S'il n'y avait cu dans la tradition qu’une pêche miraculeuse, il serait plus conforme aux tendances de
la critique indépendante de regarder (avee Wellk.) comme plus récent le réeit qui transfigure davantage la personne de Jésus, tel qu'est eelui de Jean où Jésus apparaît après sa résurrection. Pour cette fois ces critiques préfèrent supposer que Luc a en quelque sorte rationalisé un récit plus miraculeux supposant le reniement de Pierre et la résurrection de Jésus, et Gressmann (dans Klost.) a même cru retrouver une pêche miraculeuse dans la légende de Gilgamech! Mais si Fon reconnait que Le. a suivi une source écrite de pêche miraculeuse assez fidèlement pour en être gêné (Eaisy : « un compilateur gêné par les matériaux qu'il exploite », 1, 443), il faut convenir que cette source ne ressemblaït guère à celle de Jean. Il suffit de rappeler que, dans Jean, Jésus demeure sur le rivage, ct que Pierre 5ο précipite vers lui; la manière de pêcher n’est pas la même; l'humilité de Simon: n'a pes le même motif, etc.
Luc n’a done pas rationalisé une apparition surnaturelle; il α raconté très simplement un épisode de pêche tout à fait eonfarme aux habitudes des pêcheurs du lac, et cependant distinct dans le mode de pêcher de celui de Μο. et de celui de Jean, ce qu'il était plus facïle de faire en suivant la réalité qu’en combinant
des textes.
Au surplus on ne rendra pas justice à cet épisode si l'on n’en comprend le
ÉVANGILE SELON SAINT LUC, v, 19-19. 163
20r pendant qu'il était dans une ville, voici qu'il survint un homme rempli de lèpre, et ayant aperçu Jésus, s'étant jeté la face contre terre, il le supplia, disant : « Seigneur, si tu veux, tu peux me rendre pur. » 13 Et ayant étendu la main, il le toucha, disant :
sens profond, et si l'on ne constate que les faits ont donné raison à la prophétie qu'il contient. Simon est constitué le chef de Ia prédication chrélienne. Repoussé par les gens de Nazareth, c’est-à-dire par les Juifs, Jésus, dont 19 mission est limitée à Israël, choisit celui qui devra s’avancer hardiment vers les eaux profondes et jeter le filet qui, par la grâce de Jésus, ramènera des poissons, nombreux à rompre le filet et à faire enfoncer ka barque. Il sera aidé par ceux: que Jésus associe à Fœuvre de Pierre qui est la sienne. Or aujourd'hui enéore le successear de Pierre, assisté par les suceesseurs des apôtres, jette le filet de là propagation de la foi chez tous les peuples, et Ἡ continue à être pêcheur d'hommes. Et cette puissance divine, conférée à Pierre, s’étaie sur une humilité sincère et profonde. Tandis que les démons, en présence du Saint de Dieu, ne savent qu'exhaler leur mauvaise humeur, Simon prend aussitôt eonscience de ce qu'it est par rapport à Jésus, un pécheur. C'est sur ce sentiment que Jésus fonde sa vocation, comme il fondera sa suprématie sur sa charité retrempée dans Le repentir à la seconde pêche miraculeuse, celle qui à suivi la résurrection (Jo. xxt, 1-23}.