‹ Evangile selon saint LucChapitre 114 sur 300 · GuéRiSON D'UN LÉPREUX (Me. 1, 40-45; Mt. ντι · texte numérisé non relu

GuéRiSON D'UN LÉPREUX (Me. 1, 40-45; Mt. ντι

Voici de nouveau une importante section.(v, 42-v1, 49} où Euc suit l'ordre de Μο., tandis que dans Mt. certains 'faits sont dans un ordre différent, :

42-16) Spécialement pour la péricope du lépreux, la ressemblance est assez étroite entre les trois synoptiques; elle est surtout complète pour les paroles prononcées. Le. et Mt. omettent deux traits qui reflètent les sentintents de Xésus (Me. 5, 41.43). |

49) Le fil se rattache à τν, 43; Jésus devant précher aux autres villes, il arriva dans une ville. — καὶ ἰδού, apodose de καὶ ἐγένετο κ. τ. À. cf. v, #5 xx, 2. Ces mots (Mt, non Mc.) sont hébraïsants plutôt qu'aramaïsants, ils manquent même à syrsin. et pes., (ef. Introd. p. xcix). — πλήρης λέπρας est plus énergique que λεπρύς (Μο. et ht.) employé plus loin par Lue (αν, 12}; πλήρης se trouve souvent chez les médecins avec une affection morbide; eependant Hobart {p. 5) n'a pas rencontré πλήρης λέπρας. Sur cette maladie, ef. Me. Com. — Dans Me. le lépreux prie Jésus avant de se mettre à ses genoux, puis ses paroles sont reproduites ; l’ordre de Luc est plus régulier : il voit, se prosterne, fait sa demande...

— δέοµαι n'est employé que par Lue et Paul, sauf At. rx, 38 parallèle exact de Luc x, 2. Luc et Mt. ont κύριε en plus dans la prière du lépreux. Cette introduetion de Luc est un peu plus longue que celle de Mc. ; il y a ajouté que la scène était dans une ville, ce qui est conforme à la pensée de Me. où l’on est même dans une maison, sans que cela soit dit expressément; Luc a aussi évité ὅτι purement récitatif après λέγων.

13) Luc omet σπλαγχνιαθείς οἱ met un participe (λέγων) au lieu d’un présent après un aoriste (!}; il omet encore χαὶ ἐκαθερίσθη, un pou redondant.

34 9 ms v - - 1 μα \ ὑτὸος παρήγγειλεν αὐτῷ μηδενὶ εἰπεῖν, ἀλλὰ ἀπελθὼν δεῖξον σεαυτὸν

en δν =

st

17 Kai ἐγένετο ἐν μιᾷ τῶν ἡμ.ερῶν καὶ αὐτὸς ἦν διδάσκων, καὶ ἦσαν rad µενοι Φαρισαῖοι καὶ νομοδιδάσχαλοι οἳ ἦσαν ἐληλυθότες Ex πάσης ANS τῆς

- ΄ ? Po. > \ Γαλιλαίας καὶ Ἰουδαίας wat ᾿Ἱερουσαλήμ, «καὶ δύναμις κυρίου ἦν εἰς τὸ

14) Dans Μο., Jésus chasse presque le lépreux guéri, avec sévérité, peut-être parce qu'il avait enfreint la Loi en se présentant au milieu de la foule et même dans une maison. Cette circonstance est omise par Luc comme indifférente au fond des choses. παρήγγειλεν remplace 16 λέγει de Mc. comme plus significatif; c'est d’ailleurs un mot favori (Εν. 4 fois, Actes environ 11 fois) de Luc; il exigeait le discours indirect, sauf à passer au discours direct, par le participe : ἀπελθών qui remplace un second impératif; cela est du style écrit. Le reste exactement comme Μο., (καθώς (cf. 11, 23) au lieu de &), même le difficile εἰς µαρτόριον αὐτοῖς parole authentique du Seigneur qu’on ne pouvait changer. La leçon ὑμῖν au lieu de αὐτοῖς, préférée par Wellh. et qu’on trouve dans D a b cd ff?lq Ambr. paraît avoir été celle de Marcion ἵνα % (els) µαρτύριον τοῦτο ὑμῖν (Ζλην, Kanon, n, 438).

Peut-être Marcion craignait-il que Jésus ne parüt se soumettre au contrôle des prêtres. Le sens de son texte était : « afin que ce (miracle) vous serve de témoignage » (de mon pouvoir). Les modernes admettent en général : « afin que ces cérémonies servent au public de preuve de ta guérison. » On pouvait cependant interpréter : « afin que: ton obéissance, imposée par moi, soit une preuve que je ne m'insurge pas contre les observances légales, même en exerçant un pouvoir surnaturel. » C’est ce qu'aura voulu dire Syrsin : « afin que fu sois pour eux en témoignage ». Ce sens est peut-être un peu plus vraisemblable dans Luc où χαθώς insiste sur la conformité de l'acte avec la loi de Moïse. :

45) Luc passe sous silence la désobéissance du lépreux. Le λόγος de Μο., assez peu précis, devient le discours que les foules tiennent sur Jésus, et qui se répandait; διέρκοµαι ‘est classique dans ce sens et demeura usité : Tauc. vi, 46; XÉN. Anab. 1, 4; Pier. Alc. Ἡ. Luc s’écartant de Mc., reprend davantage son style propre : θεραπεύεσθαι ἀπὸ... et ἀσθένειαι (ME. vin, 17 citation, Le. vu, 2; xur, 14. 12; Act. κχντα, 9 : of ἐν τῇ νήσῳ ἔχοντες ἀσθενείας προσήρχοντο καὶ ἐθεραπεύοντο).

46) Dans Μο. Jésus est comme obligé de fuir dans les déserts; ici il s’y retire librement, αὐτὺς δέ. Luc qui n’a pas retenu (1v, 42) la prière marquée à un jour particulier dans Me. 1, 35, indique ici d’une façon générale que Jésus priait quand il se retirait dans les lieux déserts. — ἐν après ὑποχωρῶν au lieu de εἰς est peut-être justifié par la nuance statique de ἦν.

17-26. GUÉRISON D'UN PARALYTIQUE (Μο, 11, 1-42; Mt. ix, 1-8).

Tout s'explique très simplement si Luc a écril dans son style ce qu'il a lu.

dans Mc.

« Je le veux, sois purifié! » Et aussitôt la lèpre le quitta. # Et il lui recommanda de ne rien dire à personne, mais « Va, montre-toi au prêtre, et offre pour ta purification, selon que Moïse l’a prescrit, pour leur servir de témoignage ». 10r sa renommée se répandait de plus en plus, et des foules nombreuses se réunissaient pour l'entendre et se faire guérir de leurs maladies. ais Jui se retirait

* dans le désert et priait.

17Un certain jour, il enseignait, et des Pharisiens et des docteurs

de la Loi étaient assis, qui étaient venus de toute la région de la Galilée, et de la Judée et de Jérusalem, et la vertu du Seigneur lui

47) Tandis que Mc. α montré le Sauveur en conflit avec les Scribes et les Pharisiens du pays (Μο. 1, 6; 1, 16.18.24), qui, après la rupture (Mc. πι, 6; cf. Com. p. CXIX), appellent à la rescousse les Scribes et les Pharisiens de Jérusalem (Μο. 1, 22; vu, À ; var, 41), selon une progréssion parfaitement naturelle, Luc a préféré présenter en bloc à son lecteur les Pharisiens et les Scribes de la Galilée, de la Judée, et de Jérusalem. C'est peut-être pour adoucir cette divergence que D dissimule ici que les Pharisiens venaient de Jérusalem. Luc ayant sans doute noté le peu de soin littéraire avec lequel Μο. fait surgir les Scribes (Μο. x, 6) au milieu de son récit, a préféré les présenter dès le début comme les acteurs principaux. Mais en revanche il a négligé de mentionner l’encombrement de la porte, faisant seulement allusion à la foule au v. 49.

— ἐν μιᾷ τῶν ἡμερῶν est bien du même style que ἐν μιᾷ τῶν πόλεων (v. 12). La présence des scribes de Jérusalem est en harmonie avec la prédication dans toute la Judée (iv, 44); ici cependant la Judée est prise dans le sens propre. Luc suppose son lecteur assez cultivé pour connaître les Pharisiens. Peut-être le mot νοµοδιδάσχαλος existait-il, aussi bien que νοµοδιδάκτης (PLur. Cato. πια]. XX), quoiqu'il ne soit connu que par Act. v, 34; I Tim. 1, 7. Ce mot avait l’avantage d’être très clair dans le sens de docteur de la Loi. Le lecteur comprenait ensuite que γραμματεύς avait le même sens. C’estle mot de Μο. que luc emploiera désormais. Sa précaution n'était pas inutile, car le ypauuareis, en Grèce, en Égypte et en Syrie était un greffier ou à tout le moins un fonctionnaire, non un docteur. D'ailleurs le sens de compétent dans la Loi était déjà celui des Septante.

La leçon αὐτόν pourrait passer pour égyptienne (κ B £ W) sah. aeth. Cyr.-Al., si elle n'était soutenue par Syrsin. (contre Larfeld); αὐτούς (Vg. eos) doit être une correction, peut-être parce qu'on a pris Κυρίου comme se rapportant à Jésus. Mais quand Luc ne met pas l’article, Kôpros est lahvé (1, {45 11, 95 rv, 18; Act. v, 49; vin, 26.39; xu, 7; Κπαῦ. Schanz, Plum.). ἰᾶσθαι a donc pour sujet αὐτόν; ce mot qui a une saveur médicale est employé 27 fois dans le N. T., dont 16 fois par Luc seul. 1l est le seul qui l’emploie au sens actif, sauf Jo. 1v, 47 (Mt. cn, 45 et Jo. χι, 40 sont une citation). La mention du pouvoir de Jésus prépare à la guérison qui suit, mieux que le discours doctrinal de Μο., mais l'imprévu

a son charme.

ἰᾷσθαι αὐτὸν. 18 yat ἰδοὺ ἄνδρες φέροντες ἐπὶ κλίνης ἄνθρωπον ὃς ἦν πα-

: ο V 194 » ῃ ο \ 1 nus ραλελυμένος, noi ἐζήτουν αὐτὸν εἰσενεγκεῖν nat star ἐνώπιον αὐτοῦ. 1911) op εὐρόντες οί, et É 4 HS Ô ὴ ὸ Cas) Ÿ ὄντ ἐπὶ τὸ

καὶ qi εὐρόντες ποίας εἰσενέγκωσω αὐτὸν διὰ τὸν ἔχλον ἀναβάντες δῶμα διὰ τῶν γεράφων καθῆκαν αὐτὸν σὺν τῷ κλινιδίῳ εἰς τὸ μέσου ἔμπροσθεν À - { τοῦ Ἰησοῦ. Must ἰδὼν τὴν πίστιν αὐτῶν εἶπεν "Ανθρωπε, ἀφέωνταί σοι αἱ ἁμαρτίαι σου. yat ἤρξαντο διαλογίζεσθαι of γραμματεῖς nai οἱ Φαρισαῖοι λέγοντες Τίς ἐστιν οὗτος ὃς λαλεῖ βλασφημίας: τίς δύναται ἁμαρτίας 4 ο € 2 μα \

18. om. αυτον &. ενωπιον (T 5 V)et non add. (H). 21. αφιεναι (S) el non αφεινχι (T H V).

46) Luc emploie d’abord κλένη, terme générique pour couche, lit, sauf à employer ensuite un mot qui lui est particulier dans le N. T., χλοίδιον, diminutif du précédent, donc petite couche qu’on peut porter aisément, mais non pas litière comme prétend Hobart (p. 116) citant PLuT. Coriolan (XXIV) qui précisément distingue : ταῦτα & ἐν κλωιδίῳ (dans un grabal) φοράδην (en litière) Ἀομισθεὶς εἰς τὴν σύγκλητον ἀπήγγειλεν. ἀπαγγείλας δ᾽, ὡς φασὶν, εὐθὺς ᾖσθετο ῥωννυμένον αὐτοῦ τὸ σῶμα, nat ἀναστὰς ἀπῄει δι αὐτοῦ βαδίζων. Le même savant a aussi noté (p. 6) que Lue emploie toujours le verbe παραλύεσθαι et jamais le terme populaire παραλυτικός, et que les autres auteurs du N. T. font précisément le contraire (Heb. ση, 13 est une citation d'Is. rexv, 3). Or Luc concorde exactement avec l'usage des médecins. — ζητεῖν avec un verbe à l’infinitif dans le sens de s'efforcer, de tenter, Me. zu, 12 et souvent dans Luc : vi, 49; 1x, 9; τι, 54; xx, 24; XI, 3.47; XX, 19 et dans Actes,

19) ποίας sous-entendu 6605, cf. ri, . On attendrait διά, mais le génitif du lieu se trouve souvent dans les papyrus, ex. νότου « au sud », d'autant qu'ici l'expression est stéréotypée (Mouiton, 73). — διὰ τὸν ὄχλον, comme dans Mc.; nous comprenons ici que nous sommes dans une maison et que la porte est obstruée. Luc a dù comprendre Me. (contre Holéz.) et ne pouvait pas ignorer comment les maisons sont couvertes en Orient, mais il s'est exprimé d’une façon plus générale, et peut-être moins conforme aux habitudes de la Galilée. δῶμα doit être le toit en forme de terrasse, xépauor, non pas des tuiles creuses pour s'adapter à une charpente de bois, maïs de larges briques ou même, malgré l'étymologie, des pierres plates posées sur des arceaux.

Cette manière de couvrir existait certainement en Orient dès les temps helléaistiques, et à plus forte raison aux temps romains : « Exceptionnellement en Occident, normalement en Syrie, on divisait un vide oblong en travées, à l’aide d'arceaux perpendiculaires au grand axe, et sur eux on posait les extrémités de

ÉVANGILE SELON SAINT LUC, v, 20-24. 167

faisait opérer des guérisons. Et voici qu'il se présenta des hommes portant sur un lit un individu qui était paralysé, et ils cherchaient à l’introduire et à [le] placer devant lui. {Et ne sachant par où l'introduire à eause de la foule, ils montèrent sur la terrasse et le descendirent à travers le toit avec sa couchette, au milieu, devant

Jésus.

Et voyant leur foi, il dit : « Homme, tes péchés te sonf remis.

4 Et les scribes et les Pharisiens commencèrent à raisonner, disant : : « Qui est celui-ci qui profère des blasphèmes ? Qui peut remettre les péchés, si ce n’est Dieu seul? » 305 Jésus, ayant pénétré leurs pensées, répondit et leur dit : « Pourquoi raisonnez-vous dans vos cœurs? #Qu’'y a-t-il de plus aisé, de dire : Tes péchés te sont remis, ou dé dire : Lève-toi, et marche? Afin donc que vous sachiez

dalles en pierre » (Benorr, L'architecture, antiquité, p. 485). Ces dalles pouvaient très bien se nommer z£pauor, d'autant qu’on disait : ἐπὶ τῶν χεράµων διαretée: (Thes.), c'est-à-dire : « il vit sur les toits ». Ἡ suffisait d'enlever quelquesunes de ces dalles pour faire passer au travers des autres la couche du paralytique. Peut-être Luc a-t-il été influencé par des phrases comme Thuc. 1v, 48 : ἀναθάντες δὲ ἐπὶ τὸ τέγος τοῦ oëeuaros καὶ διελόντες τὴν ὀροφήν, ἔδαλλον τῷ χεράµῳ...

— καθιέναι « faire descendre » est plus vague que χαλᾶν, « descendre avec des cordes ». Pour χλινίδιον cf. v. 48; on eût pu écrire ἐν, mais Luc àime σύν. Dans les Actes {v, 15; 1x, 33) il n’a pas reculé devant le mot κράθαττος. Le dernier mot « devant Jésus » achève très heureusement cette esquisse, plus régulière, maïs moins pittoresque que celle de Marc. Luc n'a pas dit que les porteurs étaient quatre, ce qui était indifférent, maïs il a dit qu'ils sont montés sur le toit, opération préalable nécessaire; le but et le résultat sont mieux indiqués. Marc nous fait assister à une scène dont nous saisissons très bien les mobiles, Luc les développe en écrivain.

20) Comme Μο., mais ἄνθρωπε remplace τέκνον un peu familier, et le parfait ἀφέωνται (dorique, pour ἀφεῖνται) est au lieu du présent ἀφίεται; c'est la même . idée, en insistant sur la permanence.

21) διαλογίζεσθαι peut très bien s'entendre de l'intérieur, comme dans Mc. Naturellement les Pharisiens ne sont pas présentés de nouveau, et l’on sait que les γραμματεῖς sont 165 νοµοδιδάσκαλοι du v. 17 (Schænz). La phrase coupée, si spontanée, de Mc. devient un stique iambique (Plum.), avec une nuance de curiosité. Luc continue au parfait avec ἀφεῖναι et emploie μόνος plus courant que εἲς dans le sens de seul.

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