nxrouñer (T H) ou ηκολονθησεν (8 V
25) παραγρῆμα, le mot de Luc au lieu de εὐθύς et mieux placé que dans Mc. “pour indiquer la soudaineté du miracle; cf. 1v, 39 παραχρῆμα δὲ ἀναστᾶσα. — Eve” πιον mot de Luc. C’est le paralytique qui donne le ton à l’enthousiasme général.
26) Α l’étonnement et à la gratitude, Luc joint la crainte qui fait un peu double emploi {dans Mt. elle remplace l'Éxotao), et qui viendrait trop tard si ce φόθος était du saisissement. Ce n’est guère qu'une clause de style (omise par Syrsin.) pour exprimer l'étonnement en présence de -cette guérison extraordinaire ; παράδοξον n’est que de Luc dans le Ν. T.; il est souvent employé par les médecins pour une guérison ou une mort inattendue (Hobaré, 71).
27-32. Vocarion DE LÉvi. ΑΡΡΕΙ, DES PÉCHEURS (Μο. τε, 43-47; Mt. 1x, 9-13).
Luc se rattache à Mc. par le nom de Lévi, tandis que Mt. dit Matthieu.
27) Luc dit ἐξῆλθεν comme Μο., ce qui est bien justifié puisqu'on était dans une maison, mais il ne parle pas du bord de la mer, ni de l’enseignement de. Sésus sur lequel il ne veut pas revenir à chaque instant. — ἐθεάσατο est plus expressif que εἶδεν. Jésus n’aperçoit pas seulement Lévi, il 1ο considère pendant que celui-ci est occupé à sa besogne. — ὀνόματι est du style de Luc, qui omet fils d’Alphée, comme inutile à ses lecteurs. ι
28) καταλιπὼν πάντα, dans la manière du v. 14 est ajouté à Μο. Ces mots précèdent ἀναστάς comme indiquant le mobile de l'acte qui suit. En fait, Lévi n'a pas encore tout quitté puisqu'il va recevoir le Sauveur dans sa maison, mais il est désormais entré par la pensée dans la voie du renoncement total — pensée chère à Luc.
— ἠκολούθησεν de Mc. ne signifiait pas que Lévi suivit Jésus seulement ce jour-là. Il 16 suivit comme disciple; Fimparfait de Luc serait plus clair dans ce sens.
29) On a prétendu d'après Mc. que ο ‘était Jésus qui avait reçu Lévi dans sa maison; celte exégèse était très improbable; en tout cas Luc a supprimé toute
que le Fils de l'homme a le pouvoir sur la terre de remettre les péchés, — il dit au paralysé — : Je te le dis, lève-toi, et prenant ta couchette, va dans ta maison! » Et aussitôt, s'étant levé en leur présence, ayant pris ce sur quoi il était couché, il s’en alla dans sa maison, en rendant gloire à Dieu. Et un saïsissement les prit tous, et ils rendaient gloire à Dieu, et ils furent remplis de crainte, disant : « Nous avons vu aujourd’hui des choses extraordinaires. »
21Et après cela il sortit, et il considéra un publicain, nommé Lévi, assis au bureau de la douane, et il lui dit : « Suis-moi. » #Et ayant tout laissé, il se leva et 16 suivait. #Et Lévi lui fit un grand festin dans sa maison, et il y avait une grande foule de publicains et d’autres qui étaient à table avec eux.
30Et les Pharisiens et leurs scribes murmuraient, en s'adressant à ses disciples, disant : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec
équivoque en disant que c'était Lévi qui avait donné le festin, δοχή (κιν, 19 +), terme probablement emprunté à la Bible grecque : καὶ ἐποίησεν Ἀθραὰμ δοχὴν μεγάλην (Gen. xxi, 8; cf. Gen. xxvi, 30; Esth. 1, 3; ν, 4.8). — μεταὐτῶν ne peut indiquer que les disciples, nommés par Mc. Les publicains sont nommés en- - suite, avec les ἄλλοι, c'est-à-dire d’autres invités que Luc s’abstient de qualifier de pécheurs (cf. une autre manière xv, 1-2), peut-être pour ne pas préjuger leur valeur morale; il laisse aux Pharisiens le soin de les qualifier ainsi. IT était plus scabreux d'aller chez des publicains et des pécheurs que de les inviter chez soi, car on n’était pas sûr qu'ils aient pris les précautions légales (Wright). 90) γογγύζειν, souvent dans les LXX n’est pas tout à fait réprouvé par Phrynichus (fhe new Phr. 483), ταῦτα ἀδόχιμα μὲν οὖκ ἔστιν, Ἰαμὰ δέ (mais ioniens); cependant les atticistes préféraient τονθρύζειν. Luc dit « leurs » scribes, probablement pour conserver {8 nuance de Mc., sans -insinuer par là que d'autres partis avaient aussi leurs scribes. Les deux classes, Pharisiens, et scribes ou docteurs de la Loi figurent séparément, comme au v. 21, en changeant seulement l'ordre. Comme dans Μο. ils s'adressent aux disciples, et Luc aura jugé plus correct de mettre les disciples directement sur la sellette, atténuant ainsi la petite perfidie “si naturelle qui prenait les disciples à témoin d’une chose presque incroyable : il mange avec des publicains! La régularité du discours fait disparaître le charme et comme le duvet du style de Mc. Peut-être aussi les disciples sont-ils plus en action parce que Luc a envisagé l'épisode suivant (où c’est bien d'eux qu'il s’agit), comme la continuation de la conversation qui s'engage ici. En effet ici il ajoute la boisson, οἱ l'expression manger et boire revient au v. 33. Enfin Luc qui fera adresser ce reproche à Jésus (xv, 2) a sans doute voulu varier un peu. — On voit ici clairement que les disciples étaient parmi les invités, c'est-à-dire désignés par µετ᾽αὐτῶν (ν. 29). Déjà nous avons vu Luc nous éclairer sur une situation par un discours (iv, 23 s.).
3 ο. “ 2 + 2 2 μα ο ἐσθίετε nai πίνετε; yat ἀποχριθεὶς ὃ ᾿Γησοὺς εἶπεν πρὸς αὐτούς Οὐ Μρείαν ὅ- ἑ ὁγιαΐνοντες ἰατροῦ ἀλλὰ οἱ χαχκῶς ἕ Box 2247 γρείαν ἔχουσιν οἱ ὑγιαίνοντες ἱατροῦ ἀλλὰ οἱ κακῶς ἔχοντες οὐκ ἐλήλυθα « Σω À | , αλέσαι δικαΐίους ἀλλὰ ἁμαρτωλοὺς els µετάνοιαν. 3 Οἱ δὲ εἶπαν πρὸς Al
Dr
πρὸς αὐτούς M δύνασθε τοὺς υἱοὺς τοῦ νυμφῶνος ἐν ᾧ ὁ νυμαῖος per’ αὐτῶν ο ' 5. 89 ? — L { € : -ἐστίν ποιῆσαι νηστεύευ; 36 ἐλεύσονται δὲ ἡμέραι, καὶ ὅταν ἀπαρθῇ dr αὐτῶν ὁ νυµφίος τέτε νηστεύσουσιν ἐν ἐχείναις ταῖς ἡμέραις. ὃὸ Ἔλεγεν δὲ καὶ #
na 4 nb , un Lo Οὐδ x αν d2 = ς # μα παραβολὴν πρὸς αὐτοὺς ὅτι Ὀὐδεὶς ἐπίῤλημα ἀπὸ ἱματίου καινοῦ σγίσας
μ 0 IN tool Le Σον 4 \ 9 EN Fr 4 ἐπιβάλλει ἐπὶ {μάτιου παλαιῶν εἰ δὲ ψήγε, καὶ τὸ καινὸν σχίσει καὶ τῷ
34. Incous (T H V} et non om. (8). — νηστευειν (9 V) plutôt que νηστενσαι (T H).
34) ἀποχριθείς n'est guère plus que « prenant la parole », car les Pharisiens ne se sont pas adressés à Jésus. Luc n'a pas voulu changer sa réponse, mais elle ne s'applique très directement qu’au texte de Me., puisqu'elle se rapporte à sa personne, plutôt qu'aux disciples. If a changé cependant ἰσχύοντες en ὑγιαίνοντες, terme normal des médecins pour qualifier les gens bien portants, par opposition aux malades. Luc est le seul dans. le N. T. à prendre ce mot au sens propre (Hobart, 10).
32) ἐλήλυθα au lieu de Ἴλθον, comme ἀπεστάλην (1v, 43) au lieu de ἐξῆλθον. Ici surtout le caractère permanent est très accentué. χαλέσαι est déterminé par εἰς μετάνοιαν, pour la clarté, et dans un sens que Luc a à cœur {xxxv, 47). Il supplée aussi de cette facon à la prédication de la pénitence (Me. 1, 14), dont il n’a pas encore parlé.
33-39. Όπερτιος SUR LE 3EDNE. ESPRIT ANCIEN ET ESPRIT NOUVEAU (Μο. 11, 18-22; Mi. 1x, 14-41). πο suit Mc., mais se rapproche par endroits de Mi.; il ajoute le v. 39 qui lui est propre.
33) Dans Mc. la scène est changée. On dirait qu'elle se place un jour de jeûne, et dans l'exercice du jeùne. Ceux qui interrogent Jésus sont des personnes quelconques. Dans ML. les deux scènes se suivent (τότε) et les interrogateurs sont les disciples de Jean. Dans Lue, le lien est encore plus étroit, et la conversation semble se continuer sans interruption. Les interlocuteurs sont donc les Pharisiens et les scribes, et cependant ils parlent des disciples des Pharisiens à la troisième personne. Cela est peu naturel, et s'explique parce que Luc à suivi Mc. un peu matériellement. D'ailleurs il n'a pas dù croire que les Pharisiens se trouvaient au repas, puisqu'ils sont scandalisés d'y voir Jésus et ses disciples. Le lien est donc plus dans le cadre littéraire que dans la réalité. Aussi la scène est-elle moins concrète. Il ne s’agit pas comme dans Mc. d’un jeûne actuel, mais de Phabitude de jeûner. Luc a donc bloqué deux événements, avec 165 modifications nécessaires, comme nous avons cru déjà le constater Sur τν, 15-30 et v, 1-11. Au jeùne des disciples de Jean il a ajouté les prières, trait qui l'avait frappé;
les publicains et des pécheurs? » S1Et Jésus, répondant, leur dit : « Ce ne sont pas ceux qui sont bien portants qui ont besoin de médecin, mais ceux qui vont mal. 3316 ne suis pas venu appeler les justes, mais Les pécheurs à la pénitence ». #Mais eux lui dirent : « Les disciples de Jean jeünent fréquemment et font des prières, et de mème ceux des Pharisiens, tandis que les tiens mangent et boivent. » 348 Jésus leur dit : « Pouvez-vous faire jeüner les fils de la chambre nuptiale, pendant que l'époux est avec eux? % des jours viendront... et après que l'époux leur aura été enlevé, alors ils jeûneront dans ce temps-là. » #60r il leur dit aussi une parabole : « Personne ne déchire une pièce dans un habit neuf pour l'appliquer sur un vieil habit; dans ce cas en effet, il aurait déchiré l’habit neuf, et la pièce qu'il en aurait prise ne conviendrait
cf. αι, 1, mais qui n’a aucune conséquence dans la discussion actuelle, où la conduite des disciples de Jésus n'est opposée à celle des disciples de Jean que parce qu'ils mangent et boivent (ef. v. 30}. Ἡ est vrai que D a rétabli le parallélisme en écrivant οι δε µαθηται σου ουδεν τούτων ποιουσιν (agréé de Wellh.), mais ce n'est que reculer la difficulté puisque dans la suite il n’est question que du jeûne. .
94) La réponse à l'interrogation par une autre interrogation est si évidemment négative, que Luc à pu sans inconvénient supprimer comme redondante la partie négative dans la réponse de Μο. Mais il conserve la formule sémitique « les fils de la chambre nupliale », assez énigmatique pour des Grecs, parce que c’est une parole de Jésus bien connue.
Dans Mc. Jésus demande : « peuvent-ils jedner? » Luc a préféré écrire : « pouvez-vous les faire jeüner? », c’est-à-dire leur imposer vos jeûnes? question qui atteint plus directement les prétentions des Pharisiens à tout régenter.
35) Blass (p. 223) juge ὅταν ἁπαρθῇ de Me. peu correct, car le futur serait plus grammatical. Mais peut-être Μο. a-t-il voulu insister sur la certitude. Quoi qu’il en soit, Luc a peut-être cru plus correct de séparer le καὶ τότε de Μο. en deux, ce qui rend la phrase moins expressive.
καὶ dans Μο, marque l’apodose avec un effet tragique (Holtz.); dans Luc il est difficile à expliquer; c’est plus probablement une apodose sans accent, à la manière hébraïque (cf. xix, 43). Luc met le pluriel ἡμέραις, ce qui est plus clair Pour indiquer une époque. Alors il n’y aura pas besoin de contraindre les disciples à jeùner; ils jeüneront d'eux-mêmes. La tournure donnée aux paroles de Jésus au v. δὲ accentue la spontanéité de ce jeûne.
36) Cette manière d'introduire les paraboles est propre à Luc (χιτ, 6; xiv, 7; XVI, 15 XX, 9). Ἡ ne pouvait ignorer que la comparaison qui précède est aussi une parabole. Son intention est donc de souligner une modification de la discussion. Du jeûne on s'élève à Ia question plus générale des observances
39. και a. ουδεις (T S V) et non on. (1). — om. ενθεως a. θελει (T H) et non add. {8 V). — Χρηστος (T H) plutôt que χρηστοτερος (5 V).
anciennes et de la pratique nouvelle, ou plutôt de l'esprit ancien et de l'esprit nouveau. Dans la pensée de Luc en effet, la discussion se poursuit à propos-du festin donné par Lévi, et c’est toute l'attitude du Sauveur qui est en cause. Il ne s'agit plus de savoir qui a raison des disciples de Jean ou des disciples de Jésus quant à la pratique du jeûne, mais si, fils d’un esprit nouveau, ils doivent se renfermer dans les vieux cadres, ou sil doivent poursuivre de nouvelles destinées.
De la première ‘comparaison de Μο. il résultait seulement qu'une pièce d'étoffe neuve était impropre à raccommoder un vieil habit. Luc suppose que pour réparer le vieil habit on en déchire un neuf. D'après Holtz. (non sans réserves peut-être), il a donné ce pli à la comparaison parce que de son temps le nouveau morceau, c'est-à-dire la communauté chrétienne, ést devenu un habit distinct de l'autre, qui est le judaïsme. Chacun n’a donc qu’à rester chez soi, ce qui serait une légitimation du judaïsme lui-même. Celle conséquence, que Luc ne pouvait admettre, montre que l’on n’a point compris son intention. Il est * probable que Luc a simplement voulu modeler la première comparaison sur la deuxième. Dans celle-ci, même dans Mc., le mélange est fatal aux deux; Luc a voulu tirer le même sens de la première comparaison, au risque de supposer quelque chose de très invraisemblable. La formule de Me. (qui est aussi celle de
. Mi.) est certainement plus savoureuse et primitive.
— Luc α pu éviter ἐπιρράπτω comme vulgaire; il est d'accord avec Mt. sur ἐπιδάλλει, ce qui suppose une dépendance littéraire, car ce verbe est rare dans <e contexte et difficile à expliquer. Quoique Hobart n'ait rien signalé, on peut songer au terme médical « appliquer », en parlant d'un remède (Thes. gr.); ici « appliquer », sur le vêtement vieux. — εἰ δὲ unye est du style de Luc qui n’écrit jamais e δὲ µή seul; dans ce cas γε n'ajoute à peu près rien, mais l'usage est classique; il y a un verbe sous-entendu : « s’il agissait de cette façon »! — σχίσει après σχίσας (omis par Vg.) a pour sujet l’auteur du raccommodage, et non pas τὸ καινόν comme quelques-uns l’ont cru (Euth. ete.) pour se rapprocher de Μο. Dans Luc on sacrifie le nouveau vêtement sans grand profit pour l'ancien.
37) Comme Μο., mäis en assignant une fin différente au vin et aux outres, ce qui est d’un style plus soigné (comme Mt.). En Palestine on mettait le vin dans des outres; en Égypte dans des cruches (Were, Ostraca; 1199).
38) Ce verset est peut-être propre à Luc. Il ajoute en tout cas Bantéov, gérondif
pas bien pour l’ancien. ?7 Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres, car dans ‘ce cas le vin nouveau romprait les outres, et lui se répandraït tandis que les outres seraient perdues. Mais il faut mettre du vin nouveau dans de nouvelles outres. #Et personne, pendant qu’il boit du [vin] vieux, ne veut du nouveau. Car il dit : Le vieux est bon! » |
en — τέος, attique, mais très rare dans la Koinè. Ce trait insiste fortement sur les convenances de la doctrine nouvelle. Elle doit être infusée à des hommes nouveaux, non pas à des esprits imbus de préjugés anciens. C'est ce qu’il ne faut pas perdre de vue pour comprendre le v. suivant.
‘ 39) Ce logion est propre à Luc. Ἡ est possible qu’il l'ait recu de la tradition . sans place marquée, et qu’il l'ait ajouté ici parce qu’il était question du vin. Mais il ne l’a certes pas inventé, car il a l'apparence de favoriser le régime ancien, ce qui n’est pas l'esprit de son évangile, ni conforme à la tournure spéciale qu'il a donnée aux deux comparaisons précédentes. Et en somme cette parole de Jésus s'entend assez comme une explication de toute la situation. Lui-même représente un esprit nouveau, il est venu appeler les pécheurs, et ceux-ci ont répondu à son appel. Lévi est même devenu son disciple. A ces hommes nouveaux, il faut des inspirations nouvelles. C’est ce que les autres ne comprennent pas. Jésus le constate avec une certaine mélancolie et avec dou- ceur, expliquant leur préjugé parce qu'ils étaient habitués à la Loi qui était bonne (lire χρηστός et non χρηστότερος, Vg. melius).
Toute la controverse est parfaitement conforme à l'attitude de Jésus envers la Loi; il est novateur avec respect. Τ se garde bien de condamner le jeùne; le jour viendra où ses disciples jeüneront. Ils auront donc gardé quelque chose des pratiques anciennes? Sans doute, mais dans un esprit nouveau. Ce qui importe, ce n’est pas telle ou telle observance, c'est que la nouvelle manière soit homogène à elle-même, que rien ne pénètre dans la nouvelle communaulé qui ne soit en harmonie avec son principe. Le nouveau n’est pas un simple replâtrage; il ne doit pas être sacrifié au vieux; il s’y ruinerait, et le vieux n'y gagnerait rien. Est-ce à dire que chacun soit autorisé à suivre son train de vie? Non, car il est dans la destinée du vieux d’être remplacé par le neuf. On met lc vin dans des outres neuves,.et les autres ne serviront plus qu'’autant que durera le vin vieux.
Mais naturellement cette lecon ne prend guère auprès de ceux qui sont accoutumés au vin vieux, qui en ont encore le goût dans la bouche, et qui le trouvent bon. |
Luc dit νέος en parlant du vin, comme Me. et Mt.; on dirait aussi καινός, Wirc- KEN, Ostr. 1142 oïvou xat[voë?...].
Ces deux paraboles, authentiques s’il en est, sont décisives contre 165 escha- : tologistes. Ils nous disent que Jésus ne se proposait pas de rien changer à l’ancienne Loi jusqu'au jour de la consommation subite de toutes choses dans l'innocence et le bonheur. Et voilà que Jésus parle d’un temps où l'on jeünera, et qui cependant oppose à l'ordre ancien un esprit nouveau. Il y a done déjà
quelque chose de changé, un nouvel ordre de choses est né, qui doit suivre ses destinées sans se souder trop étroitement à l'ancien, qui n’est pas non plus une transformation totale de la vie humaine.
Et tout le passage n'est guëre moins important pour juger l'école libérale et son principe de développement. D’après ce principe, c'est après qu'il aura été déeu par l'abandon des foules que Jésus aura entrevu la. nécessité de sa mort afin que soit installé le règne de Dieu. Or les paroles qui laissent entrevoir clairement ce pressentiment appartiennent d’après Μο. au début du ministère, . et c'est aussi la place que leur donne Le.; Mt. lui-même ne les a guère différées et les a placées avant la mission des apôtres.