om. yap p. και {5 (5 V) et non add. (T Η
qui précède, car il n'a été question jusqu'ici que de la charilé envers les
ennemis, et Jésus ne dit pas à ses disciples : « traitez les autres comme vous voudriez être traités si vous étiez les agresseurs », car cette hypothèse ne doit. même pas être posée. Le pluriel au lieu du singulier indique par lui-même une transition. Le v. 31 est donc un principe général, qu'il faut prendre comme tel,
et qui sert de base à ce qui va suivre (Schanz).
— Kai « en un mot », « d'une façon générale ». Notez la forme positive du précepte, qui lui donne une extension en charité aussi indéfinie que notre amour-propre; que ne sont pas en effet nos exigences et nos prétentions vis-àvis des autres? Aussi était-il bien inutile d’expliciter : de même que vous voulez que les hommes vous fassent du bien, comme syrsin., r
32-36) La charité de miséricorde doit être universelle et désintéressée, comme celle de Dieu; cf. Mt. v, 46-48. Les versets 34 et 35 sont propres à Luc et remplacent Mt. v, 42» par un développement particulier. Dans les parties comæmunes, au lieu des publicains et des gentils, Luc dit les pécheurs, terme plus généralement compris; au lieu d’aimer et de saluer, il dit aimer et faire du bien, ce qui est aussi plus général; au lieu de parfaits, il dit miséricordieux, qui est plus dans {6 thème. Autant d'indices que Mi. est primitif.
32) χάρις est non pas la reconnaissance, mais la faveur de Dieu. Quand on aime ceux qui vous aiment, on ne fait rien pour Dieu. L'amour désintéressé ne s'explique que par une charité exercée en vue de Dieu, qui lui est donc agréable. C’est à peu près le même sens que Mt. avec un mot cher à Paul (Holtz.). Les pécheurs au lieu des publicains (ΜΙ.) avec plus d'affectation dans le parallélisme verbal que dans Mi.
33) Les salutations (Μί.) intéressaient beaucoup les Juifs (cf. Mc. τη, 38); c'était un trait particulier d'affection, auquel Luc préfère la bienfaisance en général. Le mot de « pécheurs » est d’ailleurs moins juste que celui de « gents ». Il n’est point si commun parmi les « pécheurs » de rendre le bien pour le bien; ceux qui le faisaient parmi les gentils étaient parmi les meilleurs gentils. |
34) δανείζω signifie ordinairement prêter à intérêt, parce que l'antiquité grecque ne connaissait guère d'autre forme de prêt. Mais il peut signifier simplement prêter : τοῖς δεοµένοις δανίζων χωρὶς τόκων (IV Macc. nr, 8). Ce doit être
32 Et si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saurat-on? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. Et si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quel gré vous en saura-t-on? Même les pécheurs en font autant. *Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on? Même des pécheurs prètent à des pécheurs pour recouvrer l’équivalent. % Mais aimez vos ennemis, et faites du bien, et prêtez sans rien attendre en retour; et votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, parce qu’il est bon pour les ingrats et
ici le sens. On prête en espcrant recevoir; il s’agit d’une espérance ferme, peut-être même garantie. Cela, des pécheurs (ἁμαρτωλοί, cette fois sans article) le font aussi, à la condition de recevoir autant qu'ils .ont donné. Sur le sens de ἀπολαμθάνειν cf. Drrr. Or. 669, 20, παρὰ τῶν ἀπολαθόντων « de ceux qui ont recu, qui ont été remboursés ». Si l’on entendait τὰ ἴσα dans le sens de « une faveur semblable », on atténuerait le sens technique de ἀπολάβωσιν. Ἡ s'agit, comme précédemment, de pécheurs qui ont encore de bonnes qualités ; ils ne sont pas sous l'empire de la Loi, mais il leur arrive parfois de suivre une certaine honnêteté naturelle, de prèter pourvu qu'ils soient à peu près sûrs d’être remboursés.
35) 11 faut que les disciples fassent quelque chose de plus. Mais quoi? C'est une difficulté célèbre. 4) La correction ἀντελπίζοντες proposée par M. Th. Reinach (cf. RB. 1895, 116) fournirait une base au sens de la Vulgate; elle est ingénieuse à cause de la confusion possible de NT avec I; mais comment 96: serait-on écarté d’un texte si clair pour chercher en divers sens? Comment admettre cette leçon sans aucune autorité grecque ? 2) La lecon undéva (ἀπελπίζοντες) de NE Π" 489 est soutenue par les syrr. (syrsin., pes. hier. hrel. Diat. -ar.); les syrr. ont entendu µηδένα d’une personne (et non d’un pluriel neutre), ce qui est de beaucoup le plus vraisemblable. Comme ils ont séparé δανίζετε par une ponctuation, et ajouté ensuite la copule, leur sens pourrait bien être : « et ne désespérez de personne », comme 8 compris M. Burkitt : do not give up hope of any one. À supposer que le sens soit : « et n’enlevez l'espérance à personne, ne. désespérez personne » (Merzx, Gwilliam), on peut se demander s'ils ont bien compris le grec? Merx le soutient avec force et cite pour le sens actif de désespérer Sir, καν, 21, qui signifie plutôt perdre l'espérance. C'est probablement encore le sens de l’Anthologie χι, 114, ἄλλον ἀπελπίζων, « lui qui désespérait d'un autre », malgré l’accusatif, et de saint Irénée (1, 7, 6) ἠσυχῃ δὲ πῶς ἑαυτᾶς ἀπηλπιωυῖαι τῆς ζωῆς τοῦ θεοῦ, traduit : in silentio sensim semetipsas retrahunt desperantes a vita Dei, qui ne signifie pas que ces âmes se sont rebutées ellesmêmes, mais ont désespéré d’elles-mêmes. A supposer donc qu'il faille lire undéve, et d’une personne, le sens du grec serait bien celui que M. Burkitt a donné du syrien : ne désespérant de personne, espérant que les plus pauvres. vous rendront, disposition peu conforme au contexte. Mais si le sens était par impossible : « ne désespérant, ne rebutant personne, ne refusant à personne »,.
ᾳ .ὃ- αρ ne et τοῦ npnnie= "1 , 36 ; ὅτι αὐτὸς Χρηστος ἔστιω Em! τοὺς ἀχαρίστους γαὶ πονηρούς. Γίνεσθε
Û . NS μα ρα) ᾿ - , μὴ κριθῆτε χαὶ my παταδικάζετε, καὶ οὗ μὴ καταδηιασθῆτε. ἀπολύττε, καὶ
s \ DS LA € - «
ἀπολυθήσεσθε. οτε, Ἀαὶ δοθήσεται ὑμῖν. μέτρον Χαλὸν πεπιεσμένον ο ! ss,’ , « - ε. €
σεσαλευμένον brepszyuvvémevsy δώσουσιν εἰς τὸν κόλπον ὑμῶν. ᾧ γὰρ µέτρῳ
36. om. και p. καθω: (T H) plutôt que add. (5 V), ἳ 38. ω y. µετρω(τ Ἡ Υ) et non τω γαρ acute µετρω ω (9).
comme dans ME. v, 42 : μὴ ἀποστροφῇς, ce sens ne conviendrait pas au contexte, parce que le désespoir ici doit être en parallèle avec l'espoir du v. 34, de sorte que-ce sentiment doit être dans l’âme du prêteur; c’est pour son compte que, au lieu d'espérer, il ne doit pas désespérer.
3) Désespérer au neutre est le sens des latt. nihil desperantes, préféré par beaucoup de modernes (Schanz, Plum. Fillion οἱο.). C’est la seule signification connue de ärshxitsty, terme récent, mais assez fréquent dans le grec hellénistique; c’est le sens normal (exemples dans Sophoclès), des médecins (Hobart,' Ρ. 418), de la Bible (Sir. κση, 21; xxvit, 21; Π Mach. τς, 18), de Josèphe (Bell. V, x, 1). On prétend même que la Vg. nihil inde sperantes n'est pas le texte de saint Jérôme mais une corruption de nihil desperantes, devenu aussi nihil sperantes. Mais comment l’entend-on? « ne désespérant pas de recouvrer un jour ou l’autre votre argent », admis comme plausible par Plum. est absolument répugnant dans ce contexte héroïque; « ne désespérant jamais de la récompense de la part de Dieu », exigerait ensuite « car » et non pas « ef votre récompense sera grande ». Dans ce sens, µή serait à tout ie moins plus naturel que μηδέν qui ne peut guère se justifier que par Act. 1v, 21, μηδὲν εὑρίσκοντες. |
4) Ἡ faut donc revenir au texte de la Ve.-Clém., maintenu par WW τέλη] inde sperantes (où inde est ajouté pour la clarté), dans ο. et plusieurs mss. hiéronymiens. Ce doit être une correction de saint Jérôme qui a écrit in Ezech. XVIII : a quibus non speratis recipere; cf. AuBr. in Tobiam xvi, 54 et Chrys. vu, 199 À : δανείζετε γάρ, φησί, παρ᾽ ὧν μὴ προσδοκᾶτε λήψεσθαι et 575 À : παρ) ὧν οὐ προαδοκᾶτε λάδειν. Les versions θοῦ. et sah., arm. (d'après Meræ) vont avec Va. (Field, Knab., Loisy etc.). Le contexte est tout à fait satisfaisant. Les Gentils prêtent avec espérance de retour, prêlez sans espérance de retour, sans espérer recevoir. ἀπελπίζω n'a jamais ce sens, il est vrai, mais il a pu être forgé par Luc comme parallèle à ἀπολαμδάνειν qui a aussi les deux sens de recevoir et d'abandonner. Le moyen âge à entendu ce verset du prêt à intérêt, mais il n'y a point là de tradition exégétique, comme on l’a pu déjà constater. Renoncer seulement aux intérêts'serait peu conforme à la disposition de dépouillement complet dont tout ce passage esquisse l'idéal. Ἡ ne s'agit point ici d’un ordre, mais d'un conseil. Si l’on objecte que prêter est alors synonyme de donner, on méconnaît une nuance. Celui qui emprunie rougirait souvent de recevoir un don. On lui prête donc, disposé à recevoir le remboursement s’il est offert,
ÉVANGILE SELON SAINT LUC, Vi, 36-38. : το 497
les méchants. % Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux.
ST Et ne jugez pas, et vous ne serez point jugés; et ne condamnez pas, et vous ne serez point condamnés; absolvez, et vous serez absous. 5 Donnez, et l’on vous donnera : une bonne mesure, serrée, tassée, débordante sera versée dans votre sein; car on se servira envers vous de la mesure dont vous vous serez servis. »
mais on prête tout disposé à faire le sacrifice du tout à l’occasion, nihil sperantes, μηδὲν ἐλπίζοντες ἀπολαθεῖν (Field).
35b) μισθός comme vi, 23, sans ajouter ἐν τῷ οὐρανῷ qui n'était plus nécessaire.
3δο) Même sens que Mt. v, 45, sans les belles images sûrement primitives, qui fait lever son soleil, qui envoie la pluie. le père dans les cieux est remplacé par le Très-Haut, les justes et les injustes (au sens juif), par les ingrats et les mauvais.
— καὶ ἔσεασθε n’est pas subordonné à καὶ ἔσται, comme si la récompense consistait à devenir Fils du Très-Haut, maïs coordonné; on devient Fils de Dieu en imitant sa bonté. Ce premier effet passe avant l’autre dans l’ordre du temps; il est placé le second pour servir de transition avec ce qui suit.
36) Dans Mi. la perfection du Père céleste avait quelque chose d’un peu intimidant, Luc parle seulement de la miséricorde « de votre Père », la miséricorde étant d'ailleurs plus spécialement dans le thème.
37 et 38) Ces deux versets vont bien ensemble, puisque la charité commande aussi de ne pas juger. Mais le v. 38 est plus naturellement dans le thème de ce qui précède. Il semble donc que Luc a mis ici le v. 37 moins d'après son dessein littéraire particulier, que parce qu'il trouvait les deux idées jointes dans un contexte semblable à celui de Mt. νι, 4. 2, Mais Mt. continue sur le même ton, tandis que Luc a donné un autre tour à Mt. νι, 3-5. C'est donc vraisemblablement Mt. qui est primitif; Luc a développé le jugement selon ses parties principales et a rattaché la mesure à son thème précédent de donner largement.
37) Non seulement on ne doit pas en vouloir à ses ennemis ni venger 568 injures personnelles; il ne faut pas même.juger, c'est-à-dire, comme il est expliqué par la suite, juger que le prochain a mal agi. Π ne s’agit pas évidemment de la répression sociale ou des verdicts de la puissance judiciaire, mais des jugements prononcés intérieurement ou en paroles, sans mandat. Cela n'exclut pas non plus l'appréciation morale d'un acte; mais ‘ce n’est pas à nous à déclarer coupable celui qui l’a posé. Sainte Catherine de Sienne a beaucoup insisté sur ce point. On est si souvent trompé par des apparences défavorables! Et l’on n’a pas le droit de faire une enquête quand on n’a pas mission de juger. Dieu est toujours là pour nous traiter avec l’indulgence que nous aurons eue pour les autres. Luc développe même le conseil négatif de ne pas juger en celui d’absoudre. 11 emploie deux fois οὐ µή qui n'est pas dans Mt. ; cf. Μο. Com. XCIII.
38) Luc revient à l'idée du don, préparée par celle d'absolution, et interprète dans ce sens la mesure de Mt. vis, 2, qui était une mesure de justice. Ce logion
498 ÉVANGILE SELON SAINT LUC, vi, 39.
us > , . x ê] ο .
υετρεῖτε ἀντιμετρηθήσεται ὑμῖν. 39 Lfrev δὲ καὶ παραβολὴν αὐτοῖς Μήτι δύναται τυφλὸς τυφλὸν ὁδηγεῖν; οὐχὶ ἀμφότεροι εἰς βόθυνον ἐμπε-
μα . ο 2 > , « , Ν σοῦνται; Mobz ἔστιν μιαθητὴς ὑπὲρ τὸν Σιδάσκαλον, Ἱατηρτισμέγος δὲ πᾶς
avait une forme approchante dans Μο. 1ν, 24, par l'addition de καὶ προστεθήσεται ὑμῖν. D'ailleurs, si Luc eût pu ajouter de sa plume δίδοτε, καὶ δοθήσεται ὑμῖν pour faire la transition, ce qui suit a une saveur si réelle, d'après les usages journaliers, qu’on ne peut en contester l'authenticité comme parole de Jésus. La bonne mesure est déjà quelque chose de plus que la quantité strictement exigée; la denrée est encore pressée pour que le récipient contienne davantage; secouée, pour que les intervalles soient remplis, s’il s’agit par exemple de fruits, et elle déborde encore au moment où on la verse. .
— δώσουσιν est un pluriel qui équivaut à δοθήσεται dans le style impersonnel des apocalypses qui comprend Dieu et ses anges (cf. χή, 20). Cette surabondance exprimée si fortement fixe le sens des derniers termes : on ne vous donnera pas exactement ce que vous aurez donné; mais si vous êtes larges et bons, on sera large et bon, avec cet excès dans la récompense qui appartient aux dons de Dieu par rapport à ceux de l'homme. — Le xéAxos est formé par les plis de la tunique; cf. Is. ταν, 7; Jér. xxx, 18; Ps. rxxvn (19), 12; de même chez les Grecs : καὶ πόλπον βαθὺν καταλιπόµενος τοῦ κιθῶνος (HÉR. vi, 125), d'autant plus large qu’on remontait davantage d'étoffe au-dessus de la ceinture; le sinus des Romains était le pli de la toge (Liv. σσ, 48.40 = Por. τη, 33, 2) qui servait de poche (sinu laxo, Hor. Sat. 11, 3, 172); l'usage palestinien consiste aussi à recevoir la denrée dans le manteau (cf. Ruth. mr, 15) parfois relevé comme un tablier. |
La sentence qui termine le verset était probablement un proverbe courant. Merx cite Targ. [s. xxvu, 8 : Ὄ νὰ πα 9Ν2 ΝΠΊΤΤ ΝΠΝΌ3 « avec le boisseau dont tu te sers pour mesurer, on mesurera pour toi »; de même (en hébreu) Sanhedr. 100% et Sota 1, 7.
39-46. DISPOSITIONS NÉCESSAIRES A L'EXERCICE DE LA CHARITÉ DE ZÈLE (ME. αν, d4; x, 24. οὐ. vi, 3-5; χα, 32-85; να, 16-18; vir, 21).
39-40) Ces deux versets semblent joints dans Lue; il ne faut pas que les aveugles guident, car en général les disciples valent ce que valent les maitres. Le premier se trouve en substance dans Mt. xv, 14, où il est question des Pharisiens; le second ressemble à Mt. x, 24. 25. C'est le seul élément vraiment particulier que Luc ait ajouté au discours de Mt. Cette insertion doit nous éclairer sur sa pensée. Il semble que c’est le début d’une seconde partie du discours qui va traiter de la charité de zèle, moins dans son exercice, que dans les dispositions nécessaires pour l'exercer avec fruit. Le sujet était déjà amorcé par la recommandation de ne pas juger. C'est la première tentation de ceux qui s’'adonnent à la vertu, et qui aidés par la grâce plus qu'ils ne pensent, sont souvent sévères pour les autres; ce serait la racine d’un zèle amer.
39) Le discours prend un nouveau tour, comme dans v, 36. La petite parabole est saisissante. 1] y a assez souvent en Palestine, près des chemins qui traver-
ÉVANGILE SELON SAINT LUC, νι, A0-41. 199
3 Or il leur dit aussi une parabole : « Un aveugle peut-il conduire un aveugle? Ne tomberont-ils pas tous deux dans une fosse? 4 Aueun disciple n’est au-dessus du maitre; tout [disciple] bien formé sera comme son maître. “ Pourquoi regardes-tu le fétu qui est dans l'œil de ton frère, tandis que tu ne remarques pas la
sent les champs, et presque sur le chemin, des ouvertures de citernes ou de silos; c’est merveille que l’on n'y tombe pas pendant la nuit; que penser de deux aveugles? L'hypothèse n'est d’ailleurs pas absurde; on rencontre encore aujourd'hui des aveugles qui vont deux par deux, comme pour s’encourager mutuellement, tâtant la route avec leurs bâtons chacun de son côté.
40) L'application de la parabole paraissait devoir être : de même un guide spirituel mal informé conduit son disciple à l'erreur; mais cette conclusion, calquée sur la parabole, serait banale. La lecon que Jésus voulait donner était qu'on ne doit s'occuper de guider les autres que lorsqu'on est très parfait, d'autant que le disciple ne dépassera pas le maitre; qu'on juge de ce que cela pourrait être si le guide lui-même est aveugle! Le sens général du v. est clair et assez bien rendu par la Vg. Le syrsin., appréhendant peut-être que Les disciples soient égalés à Jésus, a traduit : « Aucun disciple n’est aussi parfait que son maitre en doctrine » ef omet la suite. D'ailleurs la construction n’est pas claire : οὐκ ἔστιν est comme οὐδείς... ἔστιν, auquel répond πᾶς... πατηρτισμένος est le sujet de ἔσται. Tout disciple arrivé au terme de sa formation sera comme son maître (tout au plus).
D'autres (Schanz, Holtz. etc.) : « tout disciple sera achevé comme son maître ». Dans Mt. x, 24 le sens est tout différent : les disciples de Jésus ne seront pas mieux traités que lui; cf. Le. xx, 27; Jo. xix, 16. Le même proverbe α pu être employé par Jésus (comme par d’autres) avec des applications
bien différentes.
41-49) Luc revient ici à Mt. να, 3-5, où l’admonestation découle naturelle-
ment du conseil de ne pas juger. Les deux textes sont étonnamment semblables, celui de Luc étant seulement un peu plus soigné. Dans le contexte de Lue, Paccent porte sur le sot empressement du moniteur bénévole qui fait du zèle alors qu'il devrait s'appliquer à la correction de ses propres défauts.
Dans le Talmud les mêmes termes sont au contraire tournés contre ceux qui refusent la correction : « Une génération qui juge ses juges : si on lui dit : enlève la bùchelte de tes yeux; on lui répond : enlève la poutre de ton œil » (Baba bathra 15b); peut-être est-ce une ironie contre l'Évangile.
#1) κάρφος corps sec provenant d’une écorce où de rognures; brin de paille ou fétu de bois.
— δοπός : en Galilée on employait les poutres même pour des maisons modestes ; <f. Mc. Com. p. 31. La poutre ne vient ici que par opposition au κἄρφος qui est donc plutôt un fétu de bois (d'après une partie de la tradition rabbinique, ua <ure-dents cf. Biscrorr, Jesus und die Rabbiren… p- 89, n. 4).
Le travers que reprend Jésus a été souvent signalé par les moralistes : τί τάλλότριον, ἄνθρωπε βασχανώτατε, χαχὺν ὀξυδορχεῖς, τὸ τ΄ ἴδιον παραδλέπεις; (poète cité
τὴν δὲ Jouy την ἐν τῷ ! lo ὀφθαλμῷ οὗ χκατανοεῖς ; RS πῶς
ὀφθαλμῷ σου, αὐτὸς τῆν ἐν τῷ ὀφθαλμῶ σου δοκὸν où βλέπων; ὑποκριτάν
ἔχβαλε πρῶτον τὴν δοχὸν ἐχ τοῦ ὀφθαλμοῦ σου, καὶ τότε διαβλέψεις τὸ χάρφος . ss = ? 5 » 2, s τὸ ἐν τῷ ὀφθαλμῷ τοῦ ἀδελφοῦ σου ἐχβαλεῖν. 35 Οὐ γὰρ ἔστιν δένδρον καλὸν ποιοῦν καρπὸν σαπρὀν, οὐδὲ πάλιν δένδρον σαπρὸν ποιοῦν Χαρπὸν χαλέν.
44 Eygoroy yap δένδρον ἐκ τοῦ ἰδίου καρποῦ Υωνώσχεται΄ οὗ γὰρ ἐξ ἀχανθῶν
συλλέγουσι σῦχα, οὐδὲ ἐκ ῥάτου σταφυλὴν τρυγῶσιν. Ex τοῦ ἀγαθοῦ θησαυροῦ τῆς καρδίας αὐτοῦ προφέρει τὸ ἀγαθὸν, καὶ ὁ πονηβὸς,