‹ Evangile selon saint LucChapitre 131 sur 300 · RÉSURRECTION DU FILS DE LA VEUVE DE Nain · texte numérisé non relu

RÉSURRECTION DU FILS DE LA VEUVE DE Nain

Ce récit est propre à Luc. Les faits se sont passés après la guérison du serviteur du centurion, quoique l'époque ne soit pas précisée (cf. sur v. 11), et il est possible que Luc se soit déterminé à les placer à cet endroit à cause de l’allusion que fera plus loin Jésus à des morts ressuscités (v. 22). On (Zoisy, Nicolardot etc.) insinue même qu'il a arrangé ce récit tout exprès, tout en exploitant peut-être une tradition orale ou un récit non primitif. On donne deux raisons. D'abord le récit aurait un caractère allégorique. D’après M. Loisy : « La veuve désolée représente la fille de Sion, Jérusalem, menacée de perdre Israël, son fils unique, et le perdant en effet, pour le recouvrer miraculeusement par la puissance de Jésus » (1, 655), concept bizarre, car il ne serait jamais venu à l'esprit d’un juif de regarder Israël comme le fils de Jérusalem; dans IV Esdr. 1x, 38 ss., la veuve Sion pleure sur les ruines du Temple. On dit aussi que pas un des traits de cette description n'est original, c'est-à-dire qu’on trouve des traits semblables dans d'autres histoires de résurrection ou dans d’autres miracles, dont quelques-uns, comme ceux de la fille de Jaïr (vin, 44 ss.), de l’épileptique (1x, 37 ss.) ou de Tabitha (Act. τς, 36 ss.) ont όΐό décrits par Luc dans la suite. C’est imposer des conditions bien dures à ceux qui narrent des faits miraculeux, ou même quelconques. Ces menues coïncidences éparses n’empêchent pas le caractère tout à fait original du fait, et on

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autant de foi. » 10 Et les envoyés étant retournés à la maison trou vèrent le serviteur guéri.

Et il arriva ensuite qu'il se rendit à une ville nommée Naïn, et ses disciples faisaient route avec lui, et une foule nombreuse. 1? Lorsqu'il approcha de la porte de la ville, voici qu'on emportait mort, Le fils unique de sa mère, et c'était une veuve, et des gens de la ville en grand nombre étaient avec elle.

ne les signale que parce qu'on n’a trouvé nulle part un épisode qui puisse être regardé comme le thème de celui-ci. Le seul trait commun avec les résurrections opérées par Élie et par Élisée, c'est que le défunt est fils d’une veuve, trait indispensable, car il émeut de compassion le cœur de Jésus, lequel d’ailleurs, à la différence des prophètes, n’a aucune obligation envers cette femme. On à ajouté encore que l'épisode, s’il était véritable, eût dû être attesté par les trois synoptiques, sans renoncer à objecter ailleurs que trois n'ont pas plus d'autorité qu'un seul, puisqu'ils s'emprunaient les faits sans les contrôler. Du moins la critique çontemporaine a renoncé à remplacer la mort par une syncope, et le miracle par l’heureuse intervention d'un étranger plus clairvoyant (Paulus). Nous concluons que Luc n’a point exploité une indication de la tradition « afin de montrer en Jésus le maîlre de [a vie, qui ressuscité Israël dans l'Église, et qui conduit les hommes à l’immortalité » (Loisy, 1, 657); il a rédigé assez simplement l’histoire d’un fait public, opéré au grand jour, parce qu'il γα cru certain, et qu’on pouvait y voir la bonté aussi bien que la puissance de Jésus, et comment {6 peuple était arrivé à le regarder comme un grand pro phète sinon comme le Messie.

11) ἐν τῷ se. χρόνῳ, cf. vin, 4. Naïv n'est pas nommée dans ΙΑ. T. Dans Josèphe (Bell. IV, 1x, 4 Niese écrit Aw nom peu vraisemblable) c'est une ville de Judée, donc au sens large. Luc semble bien supposer qu'on est en Galilée, mais il parlera de la Judée au v. 17. Le nom s’est conservé au village de Naïn, au sud-est de Nazareth, près du Dj. Dahi, où une petite chapelle aux Pères Franciscains perpétue le souvenir du miracle. Non loin sont des tombeaux crousés dans le roc. Naïn est à sept où huit heures de Capharnaüm (Tell Hum). Holtz. rappelle que Naïn n’est pas éloignée de Sunem, où Élisée ressuscita le fils de son hôtesse (II Reg. 1v, 8. 17-31), pour suggérer que l’histoire de Luc a été inspirée par celle des Rois. Mais si Luc a été assez fin pour transformer un miracle accompli dans le secret én une manifestation publique, n'aurait-il paseu assez d'esprit pour mieux dissimuler sa contrefaçon? Reconnaissons plutôt que la publicité du fait le garantit aux yeux de l’histoire. En citant les disciples, au sens large, comme vi, 17, et la foule, l'intention de Luc était peut-être de mettre en présence 165 deux cortèges, celui du Maître de la vie, et celui du. deuil.

19) Un petit village pouvait très bien n'avoir qu'une porte; les ruines d'‘Aïn Chems n’en ont révélé qu’une. Elle conduisait vers la plaine et les tombeaux; sa disposition peut être indiquée aujourd'hui avec assez de vraisemblance. — ἐκκομίζειν (+), « porter en terre » (Por. xxxv, 6, 2; PLur, Agis xxr, Cic. πι), de

μ es 9 LA à LR 13. 3 πόλεως ἵκανὸς ἦν σὺν αὐτῃ. καὶ ἰδὼν αὐτὴν ὁ κύριος ἐσπλαγχνίσθη ἐπ᾽ ο» 3 μη ο. 9 αὐτῇ καὶ εἶπεν ar Μὴ κλαῖε, 1 καὶ προσξλθὼν ἤψατο τῆς σοροῦ, οἱ δὲ βαστάζοντες ἔστησαν, nai εἶπεν Neavioxe, oo λέγω, ἐγέρθητι. 15 καὶ y» / € . \ « 1 A ὧν» δα” ο + αν 1 3 -ᾱ ἀνεκάθισεν ὁ νεχρὺς nat ἤρξατο λαλεῖν, καὶ ἔδωκεν αὐτὸν τῇ pret αὐτοῦ. 16 Ἔλλαβεν δὲ φθβος πάντας, nai ἐδόξαζον τὸν θεὸν λέγοντες ὅτι Προφήτης

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