‹ Evangile selon saint LucChapitre 133 sur 300 · Le messace Du Baptiste (Mt. χι · texte numérisé non relu

Le messace Du Baptiste (Mt. χι

Entre l'histoire du centurion et le message du Baptiste, Mt. insèré des faits que Luc a déjà racontés ou qu'il racontera plus loin en suivant l'ordre de Mc. Mais Μο. n'avait pas le message du Baptiste ni l'éloge qu'en fit le Sauveur. Luc place tout cela après les deux miracles du serviteur du centurion et du fils de la veuve de Naïn, avant la mission des disciples. Son texte a été reconnu par Harnack (Sprüche. 44 ss.) et en général par les critiques comme secondaire par rapport à celui de Mt. Entre les deux la ressemblance n’est très étroite que pour les paroles de Jésus.

48) Luc n'a pas besoin de dire comme Mt. que Jean était en prison; il l’a déjà dit (ur, 20). Le nombre de deux pour les disciples que Jean envoie est très naturel; il α pu être ajouté par Luc qui range aussi les disciples de Jésus ἀνὰ δύο; cf. Μο. νι, 7. Dans Luc les disciples de Jean lui parlent des miracles de Jésus, en particulier des derniers qui avaient fait sensation. Cela est tout à fait en situation. Si Jean s’émeut, c’est qu'il apprend que Jésus fait des choses extraordinaires. Dès lors il faut s'attendre à ce qu’il en soit question plus loin. Merx, seul logique parmi ceux qui n’admettent d'autre réponse de Jésus qu’une allusion à son enseignement, suppose que Jean a appris ce que fait le Christ (τὰ ἔργα Mt. χι, 2), c'est-à-dire qu'il enseigne. Mais Jean n'aurait pas envoyé ses disciples pour si peu.

19) La lecon πρὸς τὸν Κύριον (el non Ἰησοῦν), confirmée par δα]. Vg. de WW. est assez certaine pour qu'on puisse parler du style de Luc. — 6 ἐρχόμενος ne peut passer pour une désignation connue du Messie, car Heb. x, 37 est conçu d'après Hab. n, 3. Dans Luc x, 385; χιχ, 38 et les parallèles, ce mot n’est pas pris comme un substantif détaché. 11 semble donc que Jean renvoie à ses propres prédications (nr, 16). Lui seul, éclairé dès le début sur l'avènement prochain du Messie, pouvait le désigner comme « celui qui vient ». Il est difficile de se ΄ prononcer entre ἕτερον, « une autre sorte de Messie », ἄλλον « un autre Messie de la même sorte »; les autorités s'équilibrent à peu près. D’après WH, il faut. lire ἕτερον ici et ἄλλον au v. 20. Les envoyés auraicnt un peu adouci la question ; | mais Luc n’est sûrement pas entré dans ces subtilités. ἄλλον suffit au sens οἱ ἕτερον est suspect d'harmonisation avec Mt. — Jean fait donc demander à Jésus : « es-tu toi-même celui qui vient, ou faut-il que nous en attendions un autre »? Mais celte question étonne de la part de Jean. Ne savait-il donc pas que Jésus était le Messie? Aussi la difficulté de ce passage est célèbre. Elle est telle que

18 Et les disciples de Jean lui rapportèrent tout cela. Et ayant appelé deux de ses disciples, Jean ! envoya dire au Seigneur : « Es-

Jérôme (in Matth. ΡΕ. vu, 70) a compris : Manda mihi, quia ad inferna descensu-

rus sum, ulrum te et inferis debeam nuntiare, qui nuntiavi superis? Étrangeté

d'Origène, admise par saint Grégoire et saint Bède. Chrysostome et Cyrille

d'Al. ont protesté; d'après eux Jean sait très bien, mais il feint d'ignorer au

profit de ses disciples. C’est l'opinion la plus commune chez les anciens,

soutente encore par Knabenbauer, Fillion etc. Tertullien (adv. Marcion. 1v, 18) admettait que Jean n'étant plus l'organe du Saiïnt-Esprit avait douté si Jésus était le Messie : Sperabat enim… potuisse et prophetam interim missum esse, à quo altus csset, id est maior, qui venturus expectabatur, èpse scilicet Dominus.

Cette hypothèse du doute a été reprise par de nombreux modernes (J. Weiss,

Kloster.), Mais une opinion plus radicale est donnée par quelques-uns (Loisy,

Dibeiius etc.) comme la seule critique. Jean entendrait pour la première fois

parler de Jésus comme d’un thaumaturge; il se demanderait pour la première fois aussi s’il ne serait pas le Christ. Schanz, Με" Le Camus, Plummer, opinent que Jean a envoyé son message pour meltre Jésus en demeure de se manifester” comme Messie. .

L'opinion de Chrys. n’a pas plus d'autorité ntrnseque que son hypothèse d’une feinte convenue entre Pierre ct Paul (Gal. 41). Elle n'est pas plus d'accord avec les termes exprès, soit de Luc soit de Mt. C'est bien Jean qui interroge, et c'est à Jean que Jésus répond. Si Jean, sûr de son fait, avait envoyé ses disciples se convaincre par eux-mêmes, Jésus, pénétrant son dessein, n'aurait pas affecté de s'adresser à sa personne. C’est donc bien Jean qui est en scène; on se demande s'il n'avait jamais rien soupçonné de Jésus, ou s'il était tombé dans le doute, ou s’il s’impatientait.

L'opinion la plus radicale est certainement contraire à la pensée des évangélistes. D'après Mt., Jean a déjà reconnu Jésus comme plus grand que lui dès le baptême (Mt. πι, 13) et d’après Le., il a assisté à la théophanie du baptême πι, 21 5.). De plus Le. a insisté (η, 76) et insisterà encore (vi, 27) sur son rôle de précurseur, rôle étrangement inefficace si Jean avait, jusque dans sa prison, ignoré complètement que Jésus pût être le Messie. Il ne suffit pas de dire que « le rédacteur du premier évangile ne se souvient pas que, selon lui, Jean, ‘avant de baptiser Jésus, le connaissait déjà comme étant le Messie » (Loisy, 1, 660). Il faut attribuer à Le. comme à Mt. de très graves incohérences.

D'ailleurs, à prendre mème tout l'épisode isolément, il est inconciliable avec l'ignorance absolue qu’on prête au Baptiste. Déjà les mots : « Devons-nous en ‘attendre un autre? » marquent une certaine déception, comme si le Baptiste après avoir cru que Jésus était le Messie, éprouvait maintenant quelque désillusion. Cette impression est tout à fait nette après la réponse de Jésus au v. 23. Si Jean n'avait jamais eu aucun soupçon de la messianité de Jésus, si sa question venait d’une première conjecture, aurait-il pu risquer de se scandaliser? Le scandale — de quelque nmaturé qu'il soit ici, — suppose qu'on a été dans la bonne voie (cf. Μο, τν, 17).

On ne peut faire les mêmes difficultés’ à l'hypothèse d'un doute qui aurait

κύριον λέγων. Σὺ εἶ à ἐρχόμενος ἢ ἄλλον προσδοκῶμεν; À rapayev= pavot δὲ πρὸς αὐτὸν οἱ ἄνδρες εἶπαν ᾿Ιωάνης à βαπτιστῆς ἀπέστειλεν ἡμᾶς πρὸς σὲ λέγων Σὺ el ὁ ἐρχόμενος À ἄλλον προσδοκῶμεν; 3 ἐν ἐκείῃ τῇ ὥρα ἐθεράπευσεν πολλοὺς ἀπὸ νόσων καὶ µαστίγων χαὶ πνευμάτων πονηρῶν, παὶ τυφλοῖς RAGE ἐχαρίσατο βλέπει. 240 ἀποχριθεὶς εἶπεν αὐτοῖς Πορευθέντες ἀπαγγείλατε Ἰωάνῃ à εἴδετε χαὶ ἡκούσατε' τυφλοὶ ἀναβλέ-

ΔΝ eo

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