‹ Evangile selon saint LucChapitre 135 sur 300 · εξηλθατε (HE) plutôt que εξεληλνθατε (Τ S Υ · texte numérisé non relu

εξηλθατε (HE) plutôt que εξεληλνθατε (Τ S Υ

son ministère, se soit publiquement prévalu de ses miracles, et qu’il ait allégué en témoignage de sa mission le grand nombre d'aveugles à qui il avait rendu. a vue, de l‘preux qu'il avait guéris, de morts qu'il avait ressuscités, c’est ce qui répugne autant à son attitude générale et à son caractère qu’à la réalité des faits » (Loisy, 1, 663 s.). Et l’on fait remarquer que les évangélistes ne présentent pas les résurrections comme un événement fréquent. ;

Le Sauveur n'aurait donc entendu parler que de la conversion des sourds et des aveugles de l'ordre moral, convertis par sa prédication. Cette pensée apparaïtrait encore dans Μί., mais aurait été mal comprise par Luc qui l’a détournée vers le sens de guérisons physiques par le v. 21. D'autre part Schanz et Plummer avec les exégètes conservateurs prennent chaque terme dans le sens litléral. Si les premiers termes étaicnt une allégorie, il était. inutile d'ajouter : les pauvres sont évangélisés (Plum.). Cela est incontestable, mais précisément ces derniers mots donnent à entendre que les miracles ne sont que le signe et la cause du grand changement qui s'opère déjà. Loisy. admet, comme vrai dans une large mesure, « que Matthieu et Luc ont regardé les miracles d'ordre physique comme symbole des fruits spirituels de l'Évangile » (1, 663). Ce qui est vrai des évangélistes l’est au même titre pour Jésus luimême. Quel que soit le sens liltéral du prophète, on s'était accoutumé à y greffer un sens spirituel. Ce mélange de réalité et d'allégorie élait tout à fait dans l'esprit du temps. On peut se demander si Luc a réellement rendu Ία : réponse plus impressionnante en ajoutant à Mt. les miracles opérés sous les yeux des disciples de Jean. Encore est-il qu'il s’est bien gardé d’établir-un parallélisme complet entre les miracles qu'il énumère et les œuvres messianiques indiquées par Jésus. L'expulsion des démons figure dans la première classe, non dans la seconde; seuls les aveugles sont daris les deux classes, et c'est le terme qu'il était le plus facile d'entendre dans le sens spirituel. Les morls, dans la même phrase de Luc, signifient les morts spirituels et 165 véritables défunts (1x, 60, cf. xv, 24-32).

23) Les mêmes critiques qui ne voient chez Jean qu’une première disposition à croire admettent aussi que Jésus lui adresse ici un avertissement. Mais cet avertissement, au lieu d’un encouragement, semble indiquer quelque faute de la part de Jean. C’est ce que beaucoup d'auteurs refusent d'admettre, par égard pour le Bapliste, que le Sauveur louera : si superior (celle-ci) sententia contra Joannem prolata fuerat, ut plerique arbitrantur… quomodo nunc Joannes tantis laudibus praedicatur? (Jér. P.L. xxvi, 71). Aussi Jérôme et d'autres adressent-ils l'avis aux disciples de Jean. Comme µακάριος est au sing., mieux vaudrait dire que cela s'adresse à une personne quelconque de l'assemblée.

évangélisés. 23 Et bienheureux celui pour lequel je ne suis point

un objet de scandale. » - a 4 Lorsque les envoyés ὃς de Jean furent partis, il se mit à dire à la foule au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés contempler dans le

Mais les plerique de Jérôme n'avaient pas tort de désigner Jean. Tout s'explique rès bien si Jean avait déjà reconnu le Messie, car le scandale suppose qu'on zst exposé à broncher quand on est déjà dans le bon chemin. Jean n'avait pas suffisamment compris en quoi consistait la mission du Messie. Sans doute son déal était purement religieux et non point terrestre et national, mais il ne savait pas que le Messie devait rester attaché jusqu’au bout à l’humble état qui était déjà le sien au baptôme, et, parce qu'il avait été trop pressé de voir paraître le juge, il s'exposait à méconnaître l’action de Dieu, évidente pourtant lans des miracles de puissance et de bonté. Rien n'empêche d’ailleurs de voir lans cette parole d'apparence austère l'affection d'un ami. Il faut se souvenir que Jésus a traité Pierre de Satan (Mc. vur, 33) parce que lui non plus ne omprenait pas la vraie nature du messiänisme. Pourquoi l’exégèse serait-elle 1115 susceptible pour Jean que pour Pierre ?

D'ailleurs ἐὰν μὴ σκανδαλισθῇ n'indique pas un fait accompli, mais une ventualité, désormais improbable, car l'accent est sur µάκαριος. C’est ce que ésus attend de Jean, et c'est pourquoi il va faire son éloge. « Ce n'est pas un âme, ni même une leçon » (Kloster. sur Mt.). .

24-28. TÉMOIGNAGE RENDU PAR Jésus AU Bapriste (Mt. σι, 7-15).

Mt. et Luc sont d'accord que ce discours de Jésus a été prononcé après e départ des disciples de Jean. Il ne serait pas impossible en soi que les vangélistes aient rapproché des paroles prononcées dans différentes circonsances, mais rien ne l'indique ici (sauf ce qui sera dit aux vv. 29-30), et l'accord le Luc avec Mt. est significatif et décisif quant à la tradition. Le seul passage jui indiquerait une époque postérieure à la mort de Jean, Mt. αι, 12-14, m'a as été reproduit par Luc qui y est revenu en partie plus tard (Le. xvr, 16). Si e ton général est presque celui d'une oraison funèbre, c'est que la carrière le Jean est terminée et que sa mort est proche.

24) Si l'on admet, comme on doit le faire, l'unité des discours de Jésus, il aut convenir que le but n’est point tant de louer Jean que de révéler l'erreur le ceux qui n’ont compris ni le rôle de Jean, ni celui du Sauveur. Aussi est-il nutile de se demander pourquoi Jésus attend le départ des messagers de Jean, e n’est ni pour éviter de flatter Jean, ni de peur d’atténuer l'effet de son vertissement (Plum.) du v. 23, c'est simplement parce que le discours sur a mission de Jean ne s'adresse. pas à lui-même, mais à ceux qui n'ont pas su n profiter. Quant à ses messagers, ils n'ont été, on le voit ici encore, que es porte-paroles, et ce n’est pas à eux que le Sauveur entend faire la leçon. l s'adresse aux foules, parce qu'il les fait juges, dans leur bon sens et pour eur être utile, de la manière dont les différentes classes de la nation on rofité de la mission de Jean.

Tout d'abord il est certain que si un grand ébranlement s'est produit

218 ÉVANGILE SELON SAINT LUC, YIl, 25.

χοντες ἐν τοῖς βασι κι ίοις εἰσίν. 3 ἀλλὰ τί ἐξήλθατε μ ci :

28 Xéyo ὑμῖν, μείζων ἐν γευνητοῖς γυναικῶν προφήτης ᾿Ἰωάνου οὐδεὶς ἔστιν ὁ

δὲ μικρότερος ἐν τῇ βασ λεία τ τοῦ θεοῦ ψ.είζων αὐτοῦ cr.

28. om. γαρ p. λεγω (T H) plutôt que add. (S V). --προφητης (T 8) où om. (H V).

(Le. ut, 7) c’est qu'on a compris qu’un prophète avait paru dans le désert Jésus le prouve en faisant appel au souvenir de tout le monde. La Galilée a dù partager l'entrainement général; Jésus pouvait donc très bien s'adresser à des Galiléens (contre Merx), d'autant que Jean n'avait pas baptisé seulement aux environs de Jéricho (Le. ur, 3; cf. Jo. vu, 23). Le maître pose donc trois questions. Α la première il ne répond pas, tant la réponse doit être présumée d'avance. Cependant le sens de la question elle-même est très controversé. On regarde généralement le roseau comme un symbole (Holtz., Schanz, Loisy, Knab., ett.). Le roseau est l’image de celui qui cède aux puissants (BaBrius, 36: μὴ δεῖν µάγεσθαι τοῖς κρατοῦσιν, ἀλλ᾽ εἴχειν). On pourrait dire dans cette opinion que si Jésus ne répond pas à la question, c’est pour ne pas compromettre Jean davantage en rappelant sa résistance à Antipas. Si le roseau était pris au sens littéral, il faudrait mettre l’article (Schanz) et même le pluriel. Donc : vous saviez bien en allant au désert que vous n'y trouveriez pas un homme inconstant dans ses desseins; ce n’est point leur place, vous y cherchiez plutôt un homme intrépide et courageux.

Mais si le roseau est un symbole, pourquoi Jésus passe-t-il aussitôt au sens littéral? Quelle gradation y a-t-il entre la première question et la seconde?

Aussi je pense (avec Plum. Dibelius parmi les plus récents) que le roseau est à prendre au sens propre. Êtes-vous allés au désert en masse pour y voir un (seul) roseau agité par le vent? Évidemment non; il n’en manque pas sur les bords du Jourdain ou des ruisseaux qui descendent de la montagne, mais on ne se dérange pas pour si peu. Il n'est même pas besoin d'énoncer une semblable réponse. Convenons d'ailleurs (avec Wellh.) que le choix du roseau suggérait Pinflexibilité de Jean par l’antithèse avec son caractère bien connu.

25) ἀλλά, après une question qui se résout par la négative, tournure classique (Bluss, 214; Kühner, 1, 283). Tout naturellement l'homme qu'on n'est pas allé chercher est l’antithèse de Jean. Les variations de Luc par rapport à Mt. développent le trait le plus populaire, celui du vêtement doux à la peau opposé au rude cilice en poil de chameau que portait Jean. Luc ajoute fuatlou pour la clarté. ἱματισμός est fréquent dans les LXX; cf. Ῥοι. xvin, 17, 5 τὸν ἱματιαμὸν τὸν πολυτελέστατον. ἔνδοξος « glorieux, illusire » ici probablement dans le sens de

désert? Un roseau agité par le vent? 5 Mais qu’êtes-vous allés voir? Un homme revêtu d’habits moelleux? Or ceux qui sont vêtus d’habits somptueux et qui vivent dans Les délices habitent les palais

des rois.

26 Mais qu'êtes- vous allés voir? Un prophète? Oui, je vous le dis,

et plus qu’un prophète. ?7 C’est celui dont il est écrit : Voici que j'envoie mon messager devant ta face, qui préparera {ά voie devant toi. 3 Je vous le dis, parmi 195 fils de la femme, il n’est pas de plus grand prophète que Jean; mais le moindre dans le royaume de

Dieu est plus grand que lui.

vêtement d'apparat. τρυφή « la vie sensuelle » est opposée à tout le régime du Baptiste. ἐν τοῖς βασιλείοις au lieu de ἐν τοῖς οἴχοις τῶν βασιλέων, comme τὰ βασίλεια pour on n'a dans Esth. 1, 13; cf. Thuc. 1, 129, 3 et l'inscription de Magnésie 115, 10 διὰ ταῦτά σοι χείσεται µεγάλη χάρις ἐμ. βασιλέως οἵχῳ.

Done les Juifs ne cherchaient certainement pas un efféminé, c'estä-dire ‘Un courlisan dans le désert.

26) La réponse éclate enfin. Vous aviez parfaitement conscience de chercher un prophète, et, ce que vous ne saviez peut-être pas, vous avez en fait trouvé plus; cela c'est moi qui vous 16 dis. περισσότερον pourrait en soi étre un adjectif, mais le sens suppose un neutre comme πλεῖον χι, 32. Jean n’est pas un prophète plus grand qu’un autre prophète, il est plus qu’un prophète.

27) Jean est en effet le messager précurseur, annoncé par Mal. πῃ 4. Ni l’hébreu ni les LXX n'ont πρὸ προσώπου σου, ni σου après ὁδόν. Au lieu de ἀποστέλλω, πατασκευάσει 6ἱ ἔμπροσθέν σου, les LXX ont ἐξαποστέλλω, ἐπιθλέφεται et πρὸ προσώ- * που μον, L'accord de Luc et de Mt. n'en est que plus significatif; ils n’ont pas voulu corriger d’après les LXX la parole transmise par la tradition, mais cet accord lui-même peut-il s'expliquer sans une source écrite? — La parole du texte dans l’évangile est adressée à une personnalité qui ne peut être que le Messie. Il a pris la place de Dieu, attendu par le prophète. Nous avons donc à la fois une argumentation d’après la prophétie et une interprétation de cette prophétie. Le prophète avait annoncé un précurseur qui. marcherait devant Dieu; ce précurseur est Jean-Baptiste : il était donc vraiment prophétisé. Précurseur de Dieu d'après Malachie, il était, d'après le texte tel que le citait Jésus, précurseur d'un autre, auquel Dieu adressait la parole. D'après Loisy, Jésus « n’a pas présenté Jean comme ayant tenu vis-à-vis de lui le rôle de précurseur, puisqu'il se serait ainsi désigné en public, très expressément comme le Messie » (1, 668). — Il aurait plutôl suggéré assez clairement qu'il était celui que Jean annonçait, mais c'estaussi ce qu'il fait ouvertement en distinguant sa mission de celle de Jean. Jésus n’a pas revendiqué le titre royal de Messie, mais il n’a pas dissimuié qu'il était l’envoyé de Dieu, venant faire ce qu’on attendait de la venue de Dieu.

28) Si grand qu'ait été Jean, son rôle de précurseur qualifiait sa grandeur comme subordonnée. C’est ce que Jésus explique maintenant.

Il est très difficile de se prononcer sur la lecon προφήτης avant Ἰωάνου, Les autorités anciennes et modernes se partagent. D'après le contexte de Le. il faudrait le supprimer, puisqu'il vient de nous dire que Jean est plus qu’un prophète. Mais il est très difficile d'expliquer l'insertion par un copiste. Ce n'est pas pour éviter de mettre Jean au-dessus de Jésus, pensée qui ne pouvait venir à personne, et qui est contredite dans la seconde partie du verset. On peut la considérer comme une glose intelligente pour qu'il soit bien entendu que Jean figure ici moins pour sa sainteté personnelle que pour son rôle. L'addition était moins opportune dans Mt. où ἐγήγερται indiquait déjà une mission. Or jusqu’à ce moment {ἔστιν), parmi tous ceux qui étaient nés de la femme (Job. xiv, 1; Sir. x, 48) aucun n'avait été invesli d'un emploi plus important dans l’histoire du salut. Jérôme a ‘insisté sur la lettre pour établir que si Jean n'avait point eu de supérieur, il

. avait pu avoir des égaux; mais le contexte exclut cetle interprétation trop littérale.

C’est aussi comme explication exégétique que αὐτοῦ a pénétré après mxoétegos dans D d sahk. boh. eth. goth.'— τοῦ βαπτιστοῦ (Vg. Baptista) n'est pas non plus à retenir. Ces variantes, sans parler des aberrations de D, montrent que ce texte a paru très difficile aux anciens surtout dans sa seconde partie. Un grand nombre de Pères (Chrys. Hil. Théoph.) et de nos jours encore Merx, Dibelius (Zn TW., 1910 p. 190 ss.), entendent μικρότερος du Christ. 11 faut reconnaître que la comparaison serait tout à fait en situation, entre le v. 27 et les vv. 33 et 3%. Mais ona objecté que Jésus ne pouvaiten aucune façon se qualifier de« plus petit», même dans l'opinion publique au moment où ce discours fut prononcé. De plus il faudrait séparer ἐν τῇ θασιλείᾳ τοῦ θεοῦ de μικρότερος pour le joindre à µείζων ἐστιν,

ce qui est peu naturel. 5. Jérôme : Multi de Salvatore hoc intelligi volunt quod gui minor est tempore, major sit dignitate. Nos autem simpliciter intelligamus : quod omnis sanctus, qui jam cum Deo est, major sit illo qui adhuc consistit in proelio (cf. Ephrem dans Moes. p. 103). Mais le royaume de Dieu ici n'est pas le ciel, c'est la nouvelle ère annoncée par Jean et qui commence avec le Sauveur. Dibelius en conclut que le demi-verset n’est pas authentique, et a été ajouté par la tradition chrétienne; ceux qui sont dans le royaume de Dieu sont dans l'Église. Et il est en effet incontestable que cette parole contrarie les eschatologistes, d’après lesquels Jésus n'avait en vue que le règne de Dieu à venir après la catastrophe du monde actuel, mais ce n’est pas une raison pour rejeter un logion si bien attesté et qui s’est imposé à l'Église malgré la difficulté de l'entendre et malgré la haute estime qu'elle faisait de Jean.

Il est clair que la première partie du verset est en étroit parallélisme avec la seconde; elle était écrite pour amener le contraste (contre Dibelius). Il est étrange au premier abord que la comparaison ne se fasse pas d'homme à homme, mais il allait de soi que le précurseur était inférieur à celui dont il annonçait la venue, et Jésus, après avoir indiqué assez clairement son rang par rapport à Jean, n’a pas jugé à propos de se mettre ouvertement en scène. Mais le second terme de comparaison devait nécessairement déterminer le sens du premier. Jésus oppose donc le royaume de Dieu déjà commencé à la prophétie qui s'est surpassée elle-même. L'intervalle est si grand entre les deux ordres que le plus grand de l’ancien est inférieur à un plus petit dans le nouveau. Ἡ ne serait pas tout à fait exact de dire avec Maldonat (répété par Holtz.).

minimum maximimaius est maximo minimi, car le μικρότερος n’est pas le plus petit de tous, ce qui signifierait aisément celui qui a le moins de mérites, Il ’agit d’un plus petit, c’est-à-dire, par opposition à l’action de Jean, de quelqu’un qui occupe une charge moindre, qui remplit une fonction moins honorable. Toute la difficulté est de savoir si ce μικρότερος est par lui-même plus petit que Jean, αὐτοῦ sous-entendu (exprimé par D etc.), ou plus petit que d’autres dans le royaume. La première explication est peut-être plus grammaticale, car Jean peut passer pour un terme de comparaison déjà énoncé, tandis que dans la seconde manière il faut supposer que ce terme manque; mais cette seconde manière paraît plus naturelle. Il importe très peu pour le sens, pourvu qu'on écarte le superlatif.

Encore une fois, il ne s’agit point ici de la sainteté personnelle du Baptiste, mais de sa situation historique; il appartient à la Loi, comme les autres: il les dépasse parce qu'il annonce le nouvel ordre, mais il est inférieur aux ouvriers. du règne. Jésus ne lui reproche pas ’de ne pas entrer dans le royaume, inau-guré, mais qui ne sera vraiment fondé que plus tard, après la mort de Jean. Cela ne lui était point donné. Il a accompli ce que Dieu avait annoncé de lui, comment pourrait-on lui faire des reproches? Tout le discours demande à chacun de suivre les indications de la Sagesse de Dieu. -

29-35) LE MESSAGE DE DIEU COMMENT RECU PAR LES PHARISIENS ET PAR LES PÉCHEURS (Mt. πι, 16-19).

29-30) Luc n'a rien ici qui corresponde à Mt. x1, 13-14. On comprend très bien qu'il ait omis le v. 14, relatif à Élie; mais les deux autres sont admirablement

en situation, surtout en changeant leur ordre comme Luc lui-même l'a fait...

quand il a repris celte idée dans un contexte assez vague (στι, 16). Peut-être a-t-il craint, en insistant sur ceux qui entraient dans le royaume de Dieu, de ne pouvoir sans un petit désordre chronologique revenir à ses vv. 29 et 30, qui lui paraissaient bien en situation. Et il est de fait que Mt. de son côté n’a rien mis ici de ces deux versets. Il fallait choisir, et il semble que c’est Mt. qui a conservé l'état primitif. .

On peut voir un indice que Luc a transposé ici les vv. 29 et 30 dans le contraste entre les gens du peuple d’une part et les Pharisiens et docteurs de la Loi d'autre part, tandis que l’ensemble du discours s'adresse aux foules, et il parle à la fin de l'attitude de toute la génération (v. 31).

On a souvent regardé 29 et 30 comme une parenthèse historique composée de toutes pièces par Le. (C’est probablement pour combattre cette interprétation que le Textus receptus et la Ve. Clém. (pas WW.) ouvrent le v. 31 par un εἶπε δὲ ὁ κύριος). Mais cela ne s’entendrail bien que dans l'hypothèse de Merx où Jésus aurait tenu le discours qui suit (31-35) pendant que Jean baptisait. Ce n’est pas la pensée de Mt. (χι, 2) ni de Luc (νι, 18). S'il s’agit, comme c’est le cas, d'un détail rétrospectif, il peut très bien être placé dans la bouche du Sauveur, dont les évangélistes n'interrompent jamais les discours par de semblables parenthèses (Jo. ur, 16-21 ; 31-36 est un cas différent; le commentaire suit le discours. Plum.).

D'ailleurs dans Mt. xx, 32, une pensée semblable est prononcée par Jésus.

292 ÉVANGILE SELON SAINT LUC, vi, 29-31.

Αθ Καὶ πᾶς ὁ λαὺς ἀκούσας καὶ οἳ τελῶναι ἐδικαίωσαν τὸν θεόν, βαπτισθέντες ; ῃ κ“ Φ mx » +

τὸ βάπτισμα Ἰωάνου. oi δὲ Φαρισαῖοι καὶ ci νομιχοὶ τὴν βουλὴν τοῦ

ιο ἠθέτησαν εἰς ἑαυτούς, pi βαπτιοθέντες br’ αὐτοῦ. 3 Τίνι οὖν ὁμιοιώσω

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