LE BUT DES PARABOLES (Μο. 1v, 10-19: Mt. xur
Il paraît assez clair que ce passage est d’après Μο., car Le. n’a raconté qu'une parabole comme tant d’autres, et il passera à autre chose. Il n’avait donc aucune. raison de parler ici du but des paraboles, si ces paroles de Jésus n’avaient été rapportées à ce moment par une tradition très ferme. Mais de plus le pluriel « en paraboles » indique que cette source était Mc. Les changements s'expliquent aisément. |
9) Mt. seul a une question directe qui amène la réponse. Μο. est moins net, mais le pluriel, « les paraboles » et le vague de la question indirecte préparent une réponse générale.
Dans Le. ses disciples, c'est-à-dire un cercle plus large que les Douze, lui demandent le sens de la seule parabole qui soit en question.
. 40) On ne peut donc s'expliquer la réponse générale de Jésus que comme une: réminiscence de la réponse faite à une autre question plus générale dans Mc. En mettant µυστήριον de Μο. au pluriel (avec Mt.) Le. change un peu le sens; ce n'est plus le grand dessein du Règne confié aux disciples, ce sont des vérités.
milieu des épines, et les épines, croissant avec elle, l’étouffèrent. 8 Et une autre partie tomba dans la bonne terre, et levée donna du fruit au centuple. » Disant cela 1] s’écriait : « Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende. »
°Les disciples lui demandèrent quelle était cette parabole. 19Η dit: « À vous il à été donné de connaître 165 secrets du royaume de Dieu; aux autres [on parle] en paraboles, afin que voyant ils ne
Sublimes et impénétrables, objets de connaissance (γνῶναι) pour ceux qui appartiennent au Règne. Dans Marc τὰ πάντα γίνεται était pour ceux du dehors la part réduite, mais toujours dans l’ordre de l’action, du mystère « donné » aux disciples. Dans Le., très logiquement, c’est la connaissance qui est réduite. Ἡ reste les paraboles au pluriel, indice que le morceau est tiré d'un contexte où les paraboles figuraient comme genre: Le. ἃ omis « de peur qu'ils ne se convertissent et qu'il ne leur soit pardonné », qui ne regardait que les Juifs et qui pouvait paraître peu encourageant pour les gentils. 11 a laissé cependant ce qui marque le but divin des paraboles. — Sur ce but, cf. Com. Marc, p. 96 55.
Dans Le. la difficulté est moindre, car on pouvait se dire qu'il n’est pas nécessaire que tout le monde connaisse les « mystères » du royaume de Dieu, surtout dès ce moment.
14-15. EXPLICATION ΡΕ LA PARABOLE DU SEMEUR (Me. 1v, 13-20; ML. χιπ, 48-23).
Ce n’est pas sans raison que cette parabole est dite « du semeur ». Il y figure au début avec une certaine solennité, et s’il ne fait rien par la suite, c’est de son œuvre qu'il s'agit. On pourrait cependant dire : parabole « de la semence », mais non pas (Larfeld) : « des quatre sortes de terrain ». C’est là le point de vue des prédicateurs ; ils traitent des dispositions à éviter ou à acquérir pour profiter de la parole de Dieu. Et à coup sûr les dispositions et La parole sont corrélatives. Mais si la parabole avait mis l'accent sur les dispositions, et par conséquent sur le terrain, rien de plus simple que de l’expliquer en comparant le sol battu, le sol pierreux, le sol avec 165 épines, le bon sol à telle catégorie de personnes. Or l'accent de la parabole primitive est sur les destinées de la parole. Ce qui le prouve, c'est que dans le premier cas les dispositions n’en. trent pas en jeu, et cette tournure est employée dans la suite, malgré ce qu'elle a d’étrange.
Ce n'est pas le terrain qui est comparé, c'est le grain, non pas il est vrai en lui-même, maïs en tant qu'il se trouve dans telles circonstances. Selon le genre parabolique, une situation est comparée à une situation, celle du grain et celle de la parole de Dieu; c'est Le grain qui fructifie ou ne fructifie pas, et c’est la parole qui est enlevée (Mec. Mt. Le.) et qui est sans fruit (Mc. v. 49). Il est vrai que dans deux cas, le deuxième et le quatrième, ce sont 165 hommes qui se scandalisent et qui portent du fruit (même dans Μο.), mais le sens primitif apparaît toujours clairement dans Mc. où il aboutit à cette expression anormale : ceux qui sont semés au bord du chemin, ou sur la pierre, ou dans les épines, ou sur la bonne terre...; cela ne peut s'entendre que du grain, auquel
hate, ἵνα βλέποντες μὴ βλέπωσω καὶ ἀκούοντες ph συνίωσιν. 1 ἔστιν δὲ ef ς 2 ‘O hp n ἐστὶ ; £ un 12, S: 1 Ü αὕτη ἡ παραβολή, σπὀρος Ξστιν ὁ λόγος τοῦ θεοῦ. οἳ CE παρα τη»
€ La FT νά 4 “ ὁδόν εἶσιν οἱ ἀχούσαντες, εἶτα ÉDYET ται ὁ διάβολος καὶ αἴρει τὸν λόγον ἀπὸ χαρδίας αὐτῶν, ἵνα μὴ πιστεύσαντες σωθῶσιν. oi ὃς ἐπὶ ὶ τῆς πέτρας ὃ ὅταν ἀχούσωσιν μετὰ χαρᾶς δέχονται τὸν λόγον, χαὶ οὗτοι ῥίζαν οὗκ ἔχουσιν,
les hommes sont assimilés, et parce que le grain placé dans telle circonstance devra s'entendre des hommes. Celui qui propose la parabole attache plus d'importance. à la situation figurée qu'à la figure; sa pensée se hâte et atteint déjà la comparaison, de sorte que sa parole est imprégnée d’avance de ce qui va être exprimé. Une pareille manière n’en était pas moins déroutante pour un esprit hellénisé, et pourtant Luc ne s'en est pas affranchi complètement. Π a évité constamment de parler de personnes semées, mais la tournure concise qu’il emploie dans les deux premiers Cas ne s'explique que comme un abrégé de ᾿Μο.; puis dans les deux derniers cas il prend plus de liberté, rentre dans la nature en parlant de la semence, mais en s’écartant ainsi, du. moins par la forme, du thème qui assimile la semence à la parole.
IL a de plus évité le mélange de la figure et de la chose figurée dont le style de Mc. n'est pas exempt, mais il s’écarte encore du thème en supposant les hommes étouffés, ce qui ne convenait qu'à la parole (v. 14).
C’est que l’on voit déjà chez lui la tendance à faire plus de place aux dispositions. Sans rien changer d’essentiel à la parabole, il a marqué plus clairement les différentes catégories de personnes, auditeurs qui n'arrivent pas à la foi, <royants qui perdent la foi à la première épreuve, fidèles qui se laissent envahir lentement par les choses du monde, fidèles persévérants. De sorte que c'est Le. qui à mis en lumière cette notion d'un temps plus ou moins long que Loisy (1, 759) semble regarder comme le sens primitif (subsidiaire) de la parabole.
Quel en est le but essentiel? D'après le P. Buzy (RB. 1917, p. 171), c'est de montrer la différence des résultats de la parole de Dieu comme motivée par la diversité des dispositions. Cela est très juste, mais seulement comme une conséquence. Car il faut noter que les trois synoptiques ont employé quatre fois le mot d'écouter ou d'entendre. Jésus est désormais entouré d'une foule passionnée pour sa parole. Il lui déclare que le point n’est pas d'entendre la parole, mais d'en tirer du fruit; les circonstances dans lesquelles ce fruit n’est pas produit ne sont que les accessoires de la lecon principale.
En dépit de son début, v. 14, Le. n’a fait aucun pas décisif vers l'explication allégorique. 5] dit les oiseaux « du ciel », ce n’est pas sans doute pour suggérer plus clairement qu'ils représentent Satan. Le chemin n’est pas le symbole du monde (encore Hahn). I supprime le soleil dont la chaleur eût pu être comparée aux épreuves, et les épines ne sont pas le symbole des plaisirs. Il y a seulement çà et là des métaphores naturelles, des personnes qui n'ont pas de racine, ou qui portent des fruits. Ce n’est point là une allégorie voulue. Et l’on peut dire que les trois synoptiques ont témoigné de leur fidélité à la tradition en conservant un mode de comparaison conforme aux lois de la parabole sémi-
tique (RB. 1909, p. 355, 55.).
ÉVANGILE SELON SAINT LUC, vit, 44-43. 241
voient point, et qu‘entendant ils ne comprennent point : I Voici ce .qu’est la parabole. La semence est la parole de Dieu. ?Ceux qui sont le long du chemin sont ceux qui ont entendu ; ensuite vient le diable, et il enlève la parole de leur cœur, pour empêcher qu'ilsne croient et soient sauvés. 1#Ceux qui sont sur le rocher, ce sont ceux qui, -après avoir entendu, acceptent la parole avec joie, et ils n’ont pas de racine; ils croient pour un temps, et au temps de l'épreuve ils
411) Réponse directe à la question posée, v. 9. Là αὕτη était démonstratif, ici il est attribut. Luc explique que la semence, dont il a seul parlé, est la parole de Dieu. Dans Me. vu, 43 (ME. xv, 6) ὁ λόγος τοῦ θεοῦ est la loi de Moïse; pour ιο. c'est la prédication de Jésus, v, 4; χι, 28; Act. 1v, 31; vi, 2.7; vin, 14; xt, 4 etc. D'ailleurs c'est déjà le sens de ὁ λόγος dans Μο. 1, 45, et il entend la semence de la même façon. En posant plus nettement l’équalion : la semence est la parole, Le. incline vers une explication allégorique, mais il se garde de continuer en disant ce qu’étaient les terrains.
12) Comme Me., Le. met en scène non pas le terrain mais ceux qui sont sur le bord de la route, parce qu'il a déjà en vue les personnes, objet de la comparaison. Mais il a soin de ne pas parler de la parole ensemencée, pour ne pas mêler la comparaison et la situation qu’elle figure. Il n’explique pas la circonstance qu'il avait ajoutée : κατεπατήθη (v. 5), peut-être pour ne pas tomber dans des minuties allégoriques, ce qui serait plus grave que d'ajouter un simple trait pittoresque. Mais il ajoute un trait qui différéñcie le premier groupe : ceux-là n’ont même pas fait l'acte de foi, et c'est Satan qui l’a empêché pour empêcher aussi leur salut. Ce n’est donc pas la faute de la parole, ni de la manière dont elle a été proposée. Croire pour être sauvé est un trait paulinien (cf. Rom. x, 9; Eph. τι, 8). — Les tournures εἴτα (Me. εὐθύς) ἔρχεται — καὶ αἴρει τὸν λόγον sont d'après Mc.
42) Il faut probablement suppléer city d’après v. 12 (Holtz. Plum. etc.).
13) La situation à expliquer (c'est-à-dire les personnes, figurées par le grain οἱ le sol où il tombe) continue à envahir le simple énoncé de Ia chose à expliquer. Cette tournure difficile vient de Μο. Luc évite de parler des personnes ensemencées sur la pierre, mais il dit qu'elles n'ont pas de racine : d’après Me., puisque ce trait qui appartient à la comparaison n’y figurait pas dans Το. En somme la pensée est claire. Une première formule, encore colorée de traits. paraboliques, représente ces hommes comme recevant la parole, mais une parole qui n’est pas solide en eux faute de racine, et, d’après une seconde formule, ce sont ceux qui ont cru, mais qui se retirent au temps de l'épreuve. Au lieu de λαμθάνουσιν (Mc.), Le. emploie δέχονται qui est de son style (rt, 48; 15,5; x, 8 etc.) et qui marque mieux l'adhésion intérieure (Plum.), uécessaire à la foi, πιστεύουσιν. Marc décrit plutôt la psychologie de ces personnes, Luc leur situation par rapport à la société des fidèles. Ceux de Me. se scandalisent, terme juif que Le. emploie 16 moins possible (cependant var, 23; xvir, 2, pas dans les Actes) et qu'il remplace ici par ἀφίστημι, pour marquer une séparation délibérée,
λόγον Ἰατέχουσιν υαὶ καρποφοροῦσιν ἐν ὑπομονῇ. HORS à κ
λυχνίας τίθησιν, ἵνα οἳ εἰσπορευόμενοι βλέπωσιν τὸ φῶς, οὐ γὰρ Ecru ;
πρυπτὸν ὃ οὐ φανερὸν Ἰπνήσεται, οὐ δὲ > ἆ ον 2 . Ρρ , φανερὸν ἔλθῃ. ἸδἙλέπετε οὖν πῶς ἀκούετε ὃς ἂν γὰρ Eyn, δοθήσεται
πόχρυφον ὃ οὐ ph Ὑνωσθῇ nai εἰς