‹ Evangile selon saint LucChapitre 152 sur 300 · τατο (T H V) et non νασατο · texte numérisé non relu

τατο (T H V) et non νασατο

13. υμεις φαγειν (5 V) plutôt que φ. v. (T H). — πεντε αρτοι (5 V) ou «. x. (T H). 15. απαντας (T H V) et non παντας (S).

le miracle, Le. se tient plus près de Mc. sauf les petits changements ordinaires.

102) Retour des ἀπόστολοι (dans Me. ici seulement et peut-être 1, 14), encore vi, 43; xvu, 5; xx, 44; xxiv, 40. La construction est coordonnée, pour éviter un xai. — ἐποίησαν comprend l’enseignement (Μο. en plus ἐδίδαξαν).

410b) ὑπεχώρησεν indique l'intention de chercher la solitude (cf. v, 16 + Ν. Τ.), et de même κατ’ ἰδίαν (comme Μο. et Mt.) Mais alors pourquoi va-t-on dans une ville? Les copistes ont senti la difficulté, et ont cherché à y remédier. Luc aura pensé qu'il suffisait de dire plus loin qu’on est dans un lieu désert, qui pouvait naturellement se trouver pas trop loin d'une ville, qui n'était qu’un bourg. II a nommé Bethsaïda, qu'il a trouvée dans Μο. vi, 45, selon son habi- : tude de dire dès le début ce qui décrit la situation, pensant avec raison que Bethsaïda n’était pas éloignée du théâtre des faits qui suivront. Cela équivaut à une traversée, car les documents ne connaissent qu’une Bethsaïda, à l'est du Jourdain (cf. Marc. Com. p. 164). Μο. la nommera simplement, Lc. prend des précautions avec des lecteurs qui ne sont pas censés connaître le pays.

41) Si nous n'avions que Lc., nous croirions que ces foules sont la population de l’est du lac, qui a appris l’arrivée de Jésus. Ne sachant pas que Jésus à traversé en barque, nous ne savons pas non plus qu'il s’agit de foules venues à pied en faisant le tour. Comme dans les autres circonstances, Jésus leur parle du règne de Dieu, et guérit les malades, comme 11 avait recommandé à ses disciples de faire (1x, 2) et comme ils avaient fait (1x, 6). Luc joint encore les deux choses ailleurs (x, 9); il n'y a donc pas ici de raison suffisante pour dire qu’il a emprunté l’enseignement à Mc. et les guérisons à Mt.

42) Période très soignée. — xAivew au sens intrans., Pol. πι, 93, 7; — les Douze, puisque c'est eux qui sont en scène et non les disciples (Μο.). Luc ne répète pas qu'il est tard, et renvoie à la fin la mention du lieu désert, circonstance qu'on ne soupçonne pas encore.

d’une ville nommée Bethsaïda. 10r les foules, l'ayant appris, Le suivirent. Et les ayant accueillis, il leur parlait du règne de Dieu, et il rendait la santé à ceux qui avaient besoin qu’on les soignât. 12 0r, comme le jour commençait à baisser, les Douze s’approchèrent et lui dirent : « Congédie la foule, afin qu'ils aïllent dans les bourgs et les champs des environs, pour trouver un gîte et de la nourriture, car ici nous sommes dans un lieu désert. » 151 leur dit : « Donnezleur vous-mêmes à manger. » Ils dirent : « Nous n'avons pas plus ‘que cinq pains et deux poissons, à moins peut-être que nous-mêmes n'allions acheter de la nourriture pour tout ce peuple! » {Car ils étaient environ cinq mille hommes. Il dit à ses disciples : « Faites-les étendre par groupes d'environ cinquante. » Et ils firent ainsi et

— καταλύειν seul cas dans le Ν. T. pour le sens d'aller prendre un gite; cf. Pur. Mor. 234 e; Thuc. 1, 436. Loisy a noté que cette addition était inutile, car on aurait pu coucher en plein air. — ἐπισιτισμός + Ν. T., encore un terme élégant. — εἰς τὰς κύκλῳ κώμµας καὶ ἀγρούς (dans Me. αγ. κ. zu.) est cependant une réminiscence caractérisée de Mc.

13) C’est bien la substance de Μο., sauf l'omission des 200 deniers. Mais au lieu du dialogue qui laisse percer chez les disciples un peu d’agacement en même temps que d'ignorance de la situation, dans Le. tout est en règle. Les Douze sont informés et s’offrent à aller chercher de la nourriture; « pour tout le peuple » laisse percer tout au plus la difficulté qu'ils trouvent à cette démarche (Plum.) et non le mécontentement ou le refus (Schanz, Knab., Hahn).

Schanz, les Weiss, Holiz. regardent le subj. ἀγοράσωμεν comme incorrect après εἰ pitt, qui gouverne ordinairement l'indicatif, et l'expliquent comme un délibératif, par réminiscence de Mc. νι, 37. Mais on a rencontré le subj. dans la koiné, cf. Blass-Deb. $ 376.

44) Le nombre — approximatif — est indiqué d'avance, comme l'âge de la fille de Jaïre (vur, 42). — Ge sont les disciples qui sont chargés d'une tâche qui exige plus de douze personnes. Dans Μο. Jésus avait seulement ordonné de faire des groupes, sans dire de combien de personnes; il était arrivé que les disciples avaient fait ces groupes tantôt de 400, tantôt de 50 personnes. Luc, . insérant le chiffre dans l’ordre donné par Jésus, devait s’en tenir à un seul, en fait cinquante, ou environ, car il importait peu. Les idiotismes de Μο, sont restés à son compte, et, hélas! aussi l'herbe verte, que Jo. témoin oculaire, n’a pas omise (Jo. vi, 40 χόρτος). Les « plates-bandes » de Mc. sont devenues un peu solennellement des κλίσιαι litt. « lits de tables », en fait des tablées sur le gazon. Luc, soucieux d’exactitude, a ajouté deux fois à Mc. que ses chiffres étaient approximatifs.

15) Simple exécution de l'ordre donné, tandis que dans Mc. nous sommes informés par l'ordre et par l'exécution.

18 Kat ἐγένετο ἐν τῷ εἶναι αὐτὸν προσευχόµενον χατὰ µόνας συνῆσαν αὐτῷ

οἱ µαθηταί, καὶ ἐπηρώτησεν αὐτοὺς λέγων Τένα µε οἱ ὄχλοι λέγουσιν εἶναι; 19 οἱ δὲ ἀποκριθέντες εἶπαν ᾿Ἰωάνην τὸν βαπτιστήν, ἄλλοι δὲ "Her, ἄλλοι δὲ ὅτι προφήτης τις τῶν ἀρχαίων ἀνέστη. ᾿Ὀεἶπεν δὲ αὐτοῖς Υ μεῖς δὲ τίνα µε λέγετε εἶναι; Πέτρος δὲ ἀποκριθεὶς εἶπεν ' Τὸν χριστὸν τοῦ

16) La tradition synoptique a conservé les quatre gestes de Jésus : lui-même prend les pains, puis lève les yeux au ciel, il les bénit et les rompt. Dans Μο., il ne s’agit que des pains; les poissons viennent ensuite. Le. a bloqué dans une - même phrase, selon son habitude de grouper les éléments dans une période, et Mt. est d'accord avec lui. Mais Jo. (νι, 14) reproduit 14 distinction de Μο. qui est sûrement primitive et un fidèle écho des faits. Il est dans la nature des choses que Jésus ait partagé les deux aliments l’un après l'autre. L'attention s’est portée sur 16 pain, parce qu'on à vu là — saint Jean: en fait foi — une figure de l'Eucharistie. Depuis peu, une nouvelle hypothèse a été produite. sur cet épisode. D’après M. Schweizer, tout est historique dans la multiplication des pains, sauf le miracle (Geschichte der Leben-Jesu-Forséhung, p. 423) : Jésus donne à chacun un petit fragment de pain comme gage du festin promis au royaume de Dieu. Il institue un sacrement, en ce qu'il confère un titre au salut à venir. — Mais c'est exagérer que de parler dès lors de « sacrement », et Pépithète « eschatologique » n’y change rien. En multipliant les pains, Jésus préparait ses disciples à croire un jour que sa chair et son sang seraient par eux distribués aux fidèles sous la forme du pain, mais il n’a pas alors distribué des parcelles infimes pour faire désirer le rassasiement du règne de Dieu; il a vraiment par compassion pourvu au besoin de la foule.

47) Ge rassasiement est constaté dans les mêmes termes par les trois synoptiques, et aussi par Jo., ainsi que le nombre des douze corbeilles de débris. C'est cette surabondance que Schweitzer nie, pour être dispensé de recourir à une explication naturaliste, dans le style de Paulus, ou à une imitation de ΤΑ. T., dans le genre de Strauss, qui ferait évanouir le fait. Mais tout le récit roule précisément sur la difficulté de nourrir véritablement tant de monde. La nouvelle solution, moins rationaliste que d’autres, n’en est pas moins insuffisante. D'ailleurs elle’ n'est nouvelle que par son aspect eschatologique, car Renan avait déjà soutenu très sérieusement que l'Eucharistie n'a pas été instituée à la Cène, mais souvent auparavant, et spécialement à la multiplication des pains (Vie de Jésus, 13° éd., p. 401).

18-22. CONFESSION DE PIERRE. PREMIÈRE ANNONCE DE LA Passion (Μο. vin, 27-33; Mt. xvi, 13-23),

Luc n’a rien de parallèle aux péricopes de Μο, qui suivent la première multiplication des pains. 11 le retrouve au point capital de la confession de Pierre.

les firent tous étendre. 160r, ayant pris les cinq pains et les deux poissons, et élevé ses regards vers le ciel, il les bénit et les rompit, etilles donnait aux disciples pour être servis à 18 foule. {7Et tous mangèrent et furent rassasiés, et on emporta ce qu'ils avaient eu de trop : douze corbeïlles de morceaux.

18Et il arriva qu’il était à l’écart occupé à prier, ses disciples étant auprès de lui, et il leur demanda : « Qui suis-je, à ce que disent les foules? » 1915 répondirent : « Jean le Baptiste; d’après d’autres, Élie; d’après d’autres, un des prophètes anciens est revenu à la vie. » 211 leur dit : « Mais vous, qui dites-vous que je suis? »

Il était assez naturel qu'après cette interruption l'introduction fût différente. Tout le reste suit Μο. de très près.

18) Le. ne nomme pas Césarée de Philippe. Est-ce à dire qu'il ne connaissait pas l'endroit (Hahn)? Ἡ semble plutôt que, peu curieux de géographie, il lui suffise d'avoir nommé précédemment Bethsaïda (τς, 10) (Well.), d'autant que le dernier épisode omis de Μο. se passait à Bethsaïda (Μο. var, 22), qui n’était pas fort éloignée de Césarée. Cette fois il s’est contenté d'un lieu vague, comme il ne met aucune connexion avec ce qui précède. — La tournure καὶ ἐγένέτο ἐν τῷ εἶναι αὐτὸν προσευχόµενον ἃ vraiment une saveur de grec sémitisant {cf. τι, 1). . L'infinitif périphrastique, si fréquent en araméen, ne paraît pas indiquer dans

la koiné une action prolongée (cf. Introd. p. xcix). — κατὰ µόνας est devenu un adverbe pour dire « seul » (Thuc. 1, 32), mais cela n'empéchait pas la présence des apôtres, de même que dans Μο. 1v, 10. — Luc qui a ajouté la prière ne dit pas comme Mc. que la conversation eut lieu en chemin. C’est après avoir prié que Jésus les interrogea.

49) Les synoptiques n’ont pas eu un mot pour exprimer la stupeur du peuple après la multiplication des pains. Nous en avons un. écho par saint Jean (vr, 14 s.). Elle fut énorme, et il n’est pas étonnant qu'on se soit demandé qui était

Jésus. L'étonnant c'est que, d’après les synoptiques, la foule en soit au même point exactement que précédemment l'entourage d'Hérode (1x, 7-9), tandis que Jo. nous a fait connaître que la foule tenait Jésus pour « le prophète » et voulait le faire roi, c'est-à-dire le saluer comme Messie. Mais cette effervescence a pu tomber à la réflexion. Jésus avait fait un grand miracle, mais sa personne avait gardé une allure modeste. Or 18 personne du Messie devait avoir un éclat évident à tous; les miracles étaient le fait d'un prophète tel qu’Élie. Schweitzer dépasse le point quand il dit que Jésus a été salué aux Rameaux en qualité d'Élie, mais au moment où nous sommes, cette opinion dut étre très répandue. La tradition ayant fixé l'expression de l'opinion populaire sous la triple forme de ce verset, on s'explique en somme qu'elle ait servi deux fois. Luc est d'ailleurs demeuré aussi fidèle que Mc. aux termes dont il s'était servi à propos du prophète.

20) Comme dans Μο., mais la construction est plus liée; la réponse de Pierre étant à l’accusatif. Le style périodique diminue l’effet produit par une

θεοῦ. 2185 δὲ ἐπιτιμήσας αὐτοῖς παρήγγειλεν μηδενὶ λέγειν τοῦτο, À εἰπὼν ὅτι de τὸν υἱὸν τοῦ ἀνθρώπου πολλά παθεῖν καὶ ἀποδοκιμασθῆναι ἀπὸ τῶν πρεσβυτέρων καὶ ἀρχιερέων καὶ γραµµατέων καὶ ἀποχτανθῆναι καὶ τῇ τρίτῃ ἡμέρᾳ ἐγερθῆναι. 3ὃ Ἔλλεγεν δὲ πρὸς πάντας Et τις θέλει ὀπίσω µου ἔρχεσθαι, ἀρνησάσθω ἑαυτὸν χαὶ ἀράτω τὸν σταυρὸν αὐτοῦ χαθ᾽ ἡμέραν, καὶ

réponse plus directe. Au mot Christ ou Messie, suffisamment clair pour les Juifs, Le. ajoute τοῦ θεοῦ, l’oint de Dieu pour le rôle auquel il l’a destiné (cf. χι, 26).

21 s.) Le. a joint en une seule période les deux phrases de Mc. Il en résuite qu’il a insinué plus clairement le motif de la défense. Jésus ne veut pas être connu comme Messie par le peuple, parce que sa destinée est de souffrir avant d'être glorifié. Mais il n'en résulte pas que dans Le. cet enseignement ne soit pas nouveau (contre B. Weiss). Il n’a pas repris la formule plus nette de Μο. (ἤρξατο, au sens propre du grec), mais les faits sont assez clairs; c’est maintenant que commence la prédication de la croix. Sur tout cela plane un mystère, précisément le mystère du règne de Dieu. Acclamé par le peuple, — comme il le fut encore plus tard, — Jésus pouvait être condamné — comme il le fut — par les chefs de la nation. Mais du moins ni lui ni ses apôtres n'avaient rien fait pour surexciter des espérances nationales, et temporelles. Il fallait établir pour toujours la vraie nature du salut apporté par le Christ; il s’est opéré par ses souffrances et par sa mort. — Parmi les critiques incroyants, quelques-uns admettent l'authenticité de l'annonce de la Passion. Pourquoi Jésus n’aurait-il pas eu le pressentiment de son échec, et n’aurait-il pas compris le terme fatal de l'hostilité des Pharisiens, dont il était décidé à combattre les doctrines et l'influence? Mais ils révoquent en doute l’annonce de la résurrection. D'autres font remarquer que si Jésus s'est cru le Messie, et s’il a prévu sa mort, il ne pouvait songer à jouer son rôle qu'après la résurrection. Ils se contentent donc d’épiloguer sur le délai de trois jours, que Jésus ne pouvait connaître d'avance, ou du moiïns sur la formule de Le., le troisième jour. Et rien n'empêche d'admettre que Le. aït modifié la formule de Mc. d'après l'événement, en fournissant ainsi l'explication légitime. On pourrait même dire que déclarer primitive la formule des trois jours, c'est en même temps la déclarer authentique sur les lèvres de Jésus, car si la tradition s'était créée d’après les faits, elle eût abouti d'emblée à la formule du troisième jour. Cependant il n’est pas évident que le Sauveur ait dit « après trois jours » plutôt que « le troisième jour ». Sans parler de sa science divine ou prophétique, et pour nous tenir sur le terrain des adversaires de sa parole, il a pu s'appliquer la parole d’Osée (vi, 2) : ὑγιάσει ἡμᾶς μετὰ δύο ἡμέρας, ἐν τῇ ἡμέρα τῇ τρίτῃ ἐξαναστησόμεθα καὶ ζησόμεθα ἐνώπιον αὐτοῦ. Les trois jours ont pu être suggérés par Jonas 1, 2. Mais cette suggestion n’a-t-elle pas un caractère plus. populaire? De sorte qu’en somme la formule de Jésus peut très bien avoir été « le troisième jour », légèrement transformé en « après iroïs jours » par une réminiscence de Jonas. On constatera que Le. qui n’a pas parlé des trois jours à propos de Jonas (χι, 29 5.) n’a jamais écrit que le troisième jour

Pierre répondit et dit : « Le Christ de Dieu. » 20r, il leur enjoignit sévèrement de ne le dire à personne, ?? ajoutant : « IL faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, et qu'il soit rejeté par les anciens et les grands prêtres et les scribes, et qu'il soit mis à mort, et qu’il ressuscite 16 troisième jour. »

505 il disait à tous : « Si quelqu'un veut faire route derrière moi, qu'il se renonce et prenne sa croix chaque jour, et [alors] qu'il

(x, 22; xvir, 83; xxiv, 7), tandis que Mt. qui parle des trois jours de Jonas (Mt. χα, 40) écrit une fois « après trois jours » pour la résurrection (xxvu, 63), . ce qui est toujours la pratique de Μο. (vin, 31; 1x, 31; x, 34), mais ordinairement « le troisième jour » (αντ, 21; xvnr, 23; xx, 19).

Quoi qu'il en soit de la priorité ou de la simultanéïté de ces deux formules que l’antiquité jugeait à peu près équivalentes, il n’y a rien d’invraisemblable dans l’annonce textuelle de la Passion et de la Résurrection, émanant de qui se croyait le Messie. Quel autre que Jésus pouvait révéler et faire goûter à des disciples ce nouvel idéal du salut? S'ils l'ont perdu de vue au moment de la Passion, ce fut l'effet de la faiblesse humaine qui l’obscurcit sans cesse à nos yeux. |

21) δέ lie à ce qui précède et contient un assentiment de Jésus aux paroles de Pierre, puisqu'il demande seulement 16 silence : παρήγγειλεν, cf. ντῃ, 56.

22) δεῖ marque le décret divin. — Le « fils de l'homme » dans cet endroit désigne simplement Jésus, comme Mt. l’a compris. L'expression de son humanité prépare l'annonce des souffrances. Luc emprunte à Μο. l'expression assez recherchée ἀποδοχιμασθῆναι, mais qui est venue du Ps. cxvur, 22 (Μο. xu, 40; Mi. xx, 42; Le. xx, 17; I Pet. x, 4. 7); il est donc peu probable qu'il ait songé à la δοχιµασία, scrutin auquel les magistrats élus étaient soumis à Athènes (Plum.). I met les anciens avant les grands prêtres; c'est le seul cas de cet ordre dans Mc. comme dans Lc., preuve de dépendance d'autant plus évidente ‘que dans xx, 4 il suit l’ordre différent de Μο. τι, 27. Mt. va ici avec les deux autres, mais dans xx, 23, il omet les scribes.

Nous avons déjà noté la ressemblance verbale de Le. et de Mt. sur τῇ τρίτῃ ἡμέρᾳ ἐγερθῆναι, Le. est en cela conforme à lui-même. Il passe sous silence le scandale de Pierre et les reproches que lui fait Jésus. Cette omission s'explique aisément par le désir de ménager l’apôtre. Peut-être aussi Le. a-til jugé le texte de Mc. obscur à force de concision. On ne voit pas en effet sur quoi ‘porte la réprimande que Pierre se permet de faire à Jésus. Aussi divers témoins mss. ou versions ont suppléé ici Mc. d'après Mt. Le syr. ancien prête à Pierre un sentiment de compassion.

23-27. Pour ÊTRE SAUVE, IL rauT suivre Jésus (Μο. ναι, 34. 98: 1x, 1; Mi. xvi, 24-28; Cf. Mt. x, 38. 39; Le. χιν, 27; νι, 333 Jo. χι, 23).

Les paroles de Jésus, graves, décisives, ont été reproduites presque exactement dans les mêmes. termes par les trois synoptiques. Cependant, soit que Le. ait eu Mc. sous les yeux, comme nous le pensons, soit qu'il ait suivi une

ἀκολουθείτω por. "ὃς γὰρ ἂν θέλῃ τὴν ψυχὴν αὐτοῦ σῶσαι, ἀπολέσει αὐτήν᾽ τ

ὃς à ἂν ἀπολέσῃ τὴν ψυχἠν αὐτοῦ ἔνεκεν ἐμοῦ, οὗτος σώσει αὐτήν. Y > - 5, δύ LS ; πι e + LS: 2 4 γαρ ὠφελεῖται ἄνθρωπος χερδήσας τὸν κόσμον ὅλον ἑαυτὸν δὲ ἀπολέσας.

ζηµιωθείς; 3θὸς γὰρ ἂν ἐπαισχυνθῇ µε καὶ τοὺς ἐμοὺς λόγους, τοῦτον ὁ υἱὸς τοῦ ἀνθρώπου ἐπαισχυνθήσεται, ὅταν ἔλθῃ ἐν τῇ δόξῃ αὐτοῦ καὶ τοῦ πατρὸς καὶ τῶν ἁγίων ἀγγέλων. 3 Λέγω δὲ ὑμῖν ἀληθῶς, εἰσίν τινες τῶν αὐτοῦ ἑστηκότων οἳ où ph γεύσωνται θανάτου ἕως ἂν ἴδωσιν τὴν βασιλείαν τοῦ

autre source, il a introduit de légères nuances. De plus il a soudé ce qui regarde la venue du Règne à ce qui précède. Sur les doublets, cf. Introd. Ρ. LU 58.

23) Dans Mi. l'enseignement s'adresse aux disciples, dans Mc. Jésus appelle la foule, dans Le. il parle à tous. La conciliation peut se faire, comme dans d'autres cas, sur la substance des faits. Ἡ est certain que Jésus a parlé pour tout le monde, et il s'agit du salut, qui regarde chacun; πάντας ne peut être restreint aux disciples (contre les Weiss), puisque Jésus leur parlait déjà à tous au v. 21, et que Le. n’a pas l’aparté avec Pierre. Luc a donc retenu le sens de Me., atténuant un peu le cachet de circonstance historique, en mettant l'imparfait ἔλεγεν. D'autre part un pareil discours suppose que les . assistants étaient bien disposés, avaient au moins une velléité de suivre Jésus; Mi. pouvait donc faire adresser ces mots aux disciples. ἔρχεσθαι au présent indique aussi plus de continuité que ἐλθεῖν; il ne s’agit pas de suivre Jésus dans une circonstance donnée, mais de marcher toujours à sa suile. — ἄρνησάσθω Comme Μο.; la première condition est de renoncer à soi-même. La deuxième condition est de prendre sa croix. Luc ajoute καθ” ἡμέραν. Or, si l’on prend sa croix chaque jour pour aller à la mort, ce doit étre une mort spirituelle, comme celle dont parle saint Paul (1 Cor. αν, 31 ; cf. Π Cor. τν, 16). Prendre [8 croix a donc aussi un sens spirituel ou figuré. — ἀκολουθείτω au prés. après les deux aor. n’est pas une troisième condition (Plum), mais ce n’est pas non plus une simple répétition de ὀπίσω µου ἔρχεσθαι, pour dire : « c'est à ces deux conditions qu'on est mon disciple ». Cela signifie plutôt le côté positif qu'il faut développer après avoir rempli les deux conditions : que celui qui veut se mettre à la suite de Jésus comprenne bien qu'il s’agit de le suivre! |

24) Dans Μο. Com. nous avons expliqué ψυχή dans le sens de νῖθ. οἱ l’on ne tenait compte que de ἀπαρνησάσθω, il faudrait- traduire « âme »; mais « porter sa croix », au sens propre, évoque l’idée d'une mort prochaine, et de la vie qu'il faut exposer pour le Christ. Marc a ajouté « et pour l'évangile », addition qui paraît viser la situation qui a suivi la mort du Christ; mourir pour l’évangile, c'était mourir pour 16 Christ. — Mais dans Luc « porter sa eroix » étant pris au sens figuré, φυχή ‘doit être pris dans son sens araméen, pour signifier l'âme et par suite la personne. |

Dans Mc. nous avons admis une gradation sur le double sens de φυχή, l’un répondant à ce qui précède, l’autre répondant à ce qui suit; mais dans Le. les

ÉVANGILE SELON SAINT LUC, 1x, 25-27. .. 269

me suive ! Car celui qui voudra sauver son âme, la perdra, et celui qui perdra son âme pour moi, la sauvera. * Car à quoi sert-il à l’homme d’avoir gagné le monde entier, s’ils’est perdu lui-même ou s’il à été condamné? #Car quiconque aura rougi de moi ou de . mes paroles, le Fils de l’homme rougira de lui, lorsqu'il viendra dans sa gloire et [dans celle] du Père et des saints anges. ?’Or je vous le dis en vérité, il en est parmi ceux qui sont ici présents qui ne goûteront pas la mort qu'ils n'aient vu le règne de Dieu. »

choses peuvent s'entendre plus simplement. La renonciation est ici expliquée : car celui qui veut se sauver lui-même, conserver l'indépendance de.sa personne, de ses idées, de ses goûts, se perdra lui-même, tandis que celui qui se perd pour s'attacher à Jésus, — il n’est plus question de l’évangile — celui-là, (οὗτος ajouté par Le.) et celui-là seul, sera sauvé.

25) L'obstacle à cette renonciation, c’est l'attrait des choses du monde. Le choix se pose donc entre le monde et Jésus, car on ne suppose pas un seul instant que la renonciation aura le caractère passif d’un nirvana. — ὠφελεῖται au passif met plus en relief la personnalité humaine, et ἑαυτόν explique τὴν φυχήν de Μο. I semble aussi que ζημιωθείς que Le. a retenu par fidélité à la tradition est expliqué d'avance par ἀπολέσας. Ce mot un peu obscur signifie donc s’exposer au châtiment le plus grave. C’est le sort de tout l'être qui est en jeu. Le v. 37 de Μο. a été omis, peut-être parce qu’il n’eût pas été sans obscurité pour qui ne connaissait pas les termes employés par les Sémites (cf. Ps. xzvin, 8; Job. xxvunr, 45; Eccli. xxvi, 14).

26) On comprenait déjà que la perte de l’homme regardait ses destinées dans l'au-delà. Le γάρ du v. 26 ne laisse là-dessus aucun doute. Celui qui aurait même conquis le monde sera perdu, s’il ne l'avait entrepris qu'en méprisant la personne et les enseignements de Jésus, car le Fils de l'homme, au sens de Daniel, lui témoignera à son tour qu'il n’a rien de commun avec lui, lorsqu'il viendra, évidemment pour donner à chacun selon ses œuvres. Dans Μο. la gloire de son Père était aussi la sienne. Luc qui a ajouté sa gloire propre se contente de parler du Père. Il α omis « la génération adultère et pécheresse », qui ne convenait pas à son dessein d'élargir l'horizon des paroles de Jésus et de leur . donner un caractère permanent. -

271) Cette situation des disciples, portant chaque jour leur croix, ne rougissant pas du Maître, Le. la connaissait; c'était déjà le règne de Dieu. C’est ce règne que verront quelques-uns de ceux qui étaient présents. — λέγω δέ marque une opposition avec ce qui précède. Au v. 26 il envisageait la venue glorieuse du Fils de l’homme. Maintenant il s’agit simplement du règne de Dieu.

Ce n’est pas non plus sans raison qu’il a omis « venu en puissance », qui pouvait faire confondre les deux perspectives, inconvénient qui n'existe pas dans Μο. où le logion est distinct. — Comme Jésus ne parle que de quelquesuns, l'époque doit être assez éloignée, atteinte seulement au cas d’une longévité notable. On peut songer en particulier à l’effet de la prise de Jérusalem, mar-

? S 1 28 Ἐιγένετο δὲ μετὰ τοὺς λόγους τούτους ὡσεὶ ἡμέραι ὀκτὼ παραλαβὼν 2 2 η : , - Tlérpoy καὶ Ἰωάνην καὶ ᾿Ἰάκωβον ἀνέβη εἰς τὸ ὄρος προσεύξασθαι. 29 καὶ ἐγένετο ἐν τῷ προσεύχεσθαι αὐτὸν τὸ εἶδος τοῦ προσώπου αὐτοῦ ἕτερον καὶ ὁ

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