‹ Evangile selon saint LucChapitre 153 sur 300 · om. και &. παραλαδων (Η) ou add. (T 5 Υ · texte numérisé non relu

om. και &. παραλαδων (Η) ou add. (T 5 Υ

quant une nouvelle ère dans les desseins de Dieu, par la ruine du Temple qui rendit le culte mosaïque impossible.

Peu importe d’ailleurs. Π y eut un moment où l'on se dit que le règne de Dieu était arrivé. C'était déjà la conviction de saint Paul (Rom. xiv, 47; 1 Cor. 1v, 20). C'est pour ceux-là et pour ce moment selon une évidence de plus en plus nette que la prophétie était prononcée.

M. Loisy qui est frappé de « l'extraordinaire lucidité du texte évangélique » - (x, 28) dans le sens de la venue glorieuse de Jésus dans son royaume, venue qui dans ce système devait être très proche, est néanmoins obligé de postuler un autre texte : « Il est à croire (!) plutôt que l’assertion a eu un caractère absolu : « Ceux qui sont ici ne mourront pas. » (17, 28).

Rien de plus contraire aux espérances messianiques courantes que les paroles de Jésus. Rien de plus inattendu, mais rien de plus logiquement déduit de l'annonce de la Passion, si les disciples devaient, comme il convenait, partager le sort du maitre, se perdre et se sauver avec lui. Et enfin rien de mieux attesté dans la tradition évangélique, puisque le triple accord de Me., Le. et Mi. est confirmé ailleurs par l'accord de Mit. et de Le. sur le point capital, et que Jo. ajoute son témoignage. Nous avons essayé de noter les nuances de Le. Elles témoignent, eroyons-nous, d'une légère accommodation aux fidèles de son temps. Mais cette modification est la meilleure garantie pour l'authenticité substantielle. La forme araméenne a été aussi expliquée. On parle de paulinisme, et sans doute Paul n'a pas laissé tomber cette doctrine, mais il suffit de lire l'expression qu'il lui à donnée pour mesurer la différence. La renonciation à soi-même et la suite de Jésus, c'est toujours l'essentiel, mais Paul dit : ζῶ δὲ οὐκέτι ἐγώ, ζῇ δὲ ἐν ἐμοὶ Χριστός (Gal. 11, 20). Le baptême, l’effusion de l'Esprit sont entre les deux formules. Par quel miracle les premières générations chrétiennes auraient-elles créé un enseignement qui porte si évidemment sa date? Peut-être l'acharnement des critiques eschatologistes s’explique-t-il simplement parce que ces paroles, même dans le texte de Μο., ne peuvent avoir de sens que si le « messianisme » a toute son efficacité dans l’au-delà; parce que Jésus a enseigné à chacun le prix de son âme, c’est-à-dire de son salut; parce qu'il a placé ce salut dans l'attachement à sa personne et à ses maximes, et parce qu’il a jeté ainsi les fondements d’une morale nouvelle, plus sûrement qu’en édictant des préceptes nouveaux, et, qui plus est, d’une théologie christologique, en se plaçant au centre du salut.

On est cependant étonné que cet enseignement Wait pas été réservé aux Apôtres. Pourquoi leur ordonner de taire au peuple qu'il est le Messie, et dire à ce même peuple qu'il est le Fils de l'homme, et qu’il viendra dans la gloire de son

ÉVANGILE SELON SAINT LUC, 1x, 28-99. 274

305, il arriva, environ huit jours après ces discours, qu'il prit avec lui Pierre et Jean et Jacques[et] monta avec eux à la montagne pour prier. ®Et pendant qu'il priait, l'aspect de son visage devint

Père? N'ayant prédit sa Passion qu'aux Apôtres, pourquoi révéler à tous ce qui n'en était qu'une conséquence pour ceux qui voulaient être à lui?

Pour le comprendre, il faut constater que Jésus n’a pas eu le dessein de dissimuler la mission qu'il a reçue de son Père. Il a prêché avec un zèle inégalé, il a multiplié les miracles, il a montré aux envoyés du Baptiste quelle conséquence il en fallait tirer. Il semble donc qu’il a surtout appréhendé les idées fausses que pouvait faire naître le titre de Messie. Ceux qui l’eussent suivi pour aller à la victoire, à la richesse, aux honneurs, il importait de ne pas surexciter leurs espérances vaines. Que si quelqu'un voulait s’attacher à lui pour le suivre en 56 renonçant jusqu'à la mort, à la bonne heure, celui-là, d’où qu'il vint, il le prenait pour disciple, et il lui faisait espérer la récompense qu’il dépendait de lui de donner, comme juge suprême. Ce messianisme-là ne risquait pas de surexciter les appétits et d'entraîner les foules; il pouvait sans inconvénient être proposé à tous, d'autant qu'il s'adressait à la bonne volonté de chacun, avec un objet capital pour chacun.

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