‹ Evangile selon saint LucChapitre 155 sur 300 · encoxtatev (T H) ou επεσκιασεν (8 V · texte numérisé non relu

encoxtatev (T H) ou επεσκιασεν (8 V

peut-être parce qu'il comprenait que Jésus n'avait pas d’extases dans sa prière et qu'il ne voulait pas trop attirer l'attention sur une gloire extérieure passagère, qui n’ajoutait rien à ce qu'il était. Il ne dit pas qu'il fut tout entier transformé ou transfiguré, ce qui aux gentils pouvait paraître une métamorphose (Plum.), mais seulement que son visage devint autre : en revanche le vêtement est blancéclair (au lieu de la comparaison familière de Mc. }; ἐξαστράπτω encore Ez. 1, 4.1; Να. ni, 3; ef. Le. xxiv, 4.

30) Présentation littéraire de l'apparition; ave mot favori de Le., cf, xx1v, 4; Act. 1, 40; 1x, 42; x, 30; Ἁγι, 9. — οἵτινες, qui n'étaient autres que.

84) Ce verset et le suivant sont propres à Luc. Moïse et Élie sont aussi revétus d'une sorte de gloire; il s'agit d’une apparition céleste. Luc nous dit qu'ils parlaient de la fin de Jésus. Prétendre (Holtz.) que Le. a pris ce trait à Μο. ix, 9 == Mt. ανα, 9, c’est-à-dire à une conversation qui suivit, c’est rendre ridicule lhypothèse de Mc. source de Le. Ce dernier avait d’autres renseignements, il l’a assez montré. Loisy nous dit que Le. aurait mieux fait de ne rien dire, car « Moïse et Élie ne viennent pas apporter leurs encouragements à Jésus, comme l'ange de Gethsémani. Ils viennent rendre témoignage au Christ » (η, 34). — Sans doute, mais au Christ tel qu’il s'était défini, celui qui devait souffrir οἱ mourir. Était-il donc superflu, puisque la Croix devait être le scandale des Juifs, de lui faire rendre hommage par les deux plus grandes figures du Judaïsme? Cela est même si à propos, qu'il se trouvera sûrement un critique pour voir ici une invention paulinienne. Mais le scandale date de la confession de Pierre, et la Transfiguration a toute sa portée précisément après l'annonce antécédente des souffrances. Quoi d'étonnant qu'elles aient fait le sujet de l'entretien? — {n transfguratione illud principaliter agebatur, ut de cordibus discipulorum scandalum crucis tolleretur (saint Léon le Grand, P. L. riv, 940). .

— ἔξοδος dans le sens de «mort » Π Pet. 1, 45; Sap. πι, 2; γη, 6; frén. m1, 4. — ἥμελλεν indique déjà le dessein de Dieu, comme δεῖ au v. 22; πληροῦν signifie accomplir entièrement plutôt que réaliser en parlant d’une prophétie.

32) Ce que Le. dit du sommeil et du réveil des trois apôtres « est emprunté au récit de Gethsémani », d'après Loisy (1r, 35), Aussi Le. qui n’a pas emprunté

autre, et son vêtement d’une blancheur éclatante. Et voici que deux personnages s’entretenaient avec lui, lesquels étaient Moïse et Élie, 5! qui apparus dans la gloire disaient sa mort, qu'il avait à subir dans Jérusalem. %Or Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil; mais s'étant réveillés, ils virent sa gloire et les deux personnages qui se tenaient avec lui. Et au moment où ils se séparaient de lui, Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici, et nous allons faire trois tentes, une pour toi et une pour Moïse et une pour Élie », ne sachant pas ce qu'il disait. #Pendant qu’il parlait, une nuée survint, et elle Les couvrait; or ils furent

à Mc. son καταθαρυνόµενοι (xiv, 40) à Gethsémani, 18 transporté ici (Holtz.). C’est rendre encore une fois plus que bizarre l'usage de Mc. par Luc. Il n’est même pas certain qu'il ait voulu indiquer la nuit, et 165 apôtres ont pu sommeiller en plein jour, pendant que Jésus priait. On croirait qu’il était nuit, s1 Le sens était : « quoique accablés de sommeil, ils étaient cependant demeurés éveiliés », (Schanz), car dans ce cas διαγρηγορεῖν signifierait comme dans Hérodien η, 4, 8, « passer la nuit éveillé ». Mais Le. a-t-il voulu dire que, presque endormis, .les apôtres étaient cependant assez éveillés pour coutempler cette vision? Remarque étrange, et qui eût dû être placée avant l’apparition.

διαγ. signifie donc — quoiqu'on n'ait pas d'autre exempie, — « se réveiller » (Syrsin., Pes., Vq. etc.). Le. veut dire que les apôtres n'ont pas vu le début de l'apparition, et c'est pourquoi il l'introduit en queique sorte de nouveau. On note la veille s’il s’agit de La nuit, le sommeil si c’est 16 jour. Et l’appariuon de la nuée, l’ombre qu'elle jette, font plus d’erfet Le jour que la nuit.

33) Avant d'être enlevés par la-nuée (οἱ, infra) Moise et Elie se séparent de Jésus comme auraient l'ait d’autres personnes (cf. xx1v, 51). C’est à ce moment, indiqué par Le. seul, que Pierre intervient, et cette circonstance. expuyue son discours, ce qui ne veut pas dire que Le. l'ait inventée pour l'excuser, puisqu'il parle de lui aussi sevèrement que Μο. — ἐπιστάτα (favori de Le.) remplace ῥαδθεί. Notez qu'il serait peu naturel de dresser des tentes pendant la nuit, et c’est plutôt pour passer la nuit qu'on dresse des tentes. Le bon Pierre imagine que Moïse et Élie se laisseront tenter par cette perspective, et accepteront 1 hospitalité près de Jésus; les disciples s'arrangeront avec leurs manteaux. Il ne tenait pas compte de l’état surnaturel des deux personnages.

34) C’est une très ancienne coutroverse de savoir si les disciples sont entrés dans la nuée ou Moïse et Élie, avec Jésus ou sans lui. C’est pour se prononcer en faveur de Moïse et d'Éiie que de nombreux mss. ont lu ἐκείνους au lieu de αὐτούς de même le suh., la 0. Le syrsin. et cur. ont même introduit pour cela dans le texte « et ils virent», et pes. « Moïse et Elie » ; de même cnez les latt. dum. illi intrarent etc. Cette tradition a vu juste, car si la nuée est venue pour rendre iémoignage à Jésus, elle venait aussi pour emmener Moïse et Élie. Cependant αὐτοῖς dans Μο. (après ἔχφοθοι) comme 16 premier αὐτούς dans Lc. peut s'entendre

274 ÉVANGILE SELON SAINT LUC, 1x, 35-36.

εἰσελθεῖν αὐτοὺς εἰς τὴν νεφέλην. 5 καὶ φωνὴ ἐγένετο Ëx τῆς νεφέλης

λέγουσα Obrés ἐστιν ὁ υἱός µου ὁ ἐκλελεγμένος,: αὐτοῦ ἀκούετε. 6 καὶ ἐν τῷ γενέσθαι τὴν φωνὴν εὑρέθη ᾿Ιησοῦς μόνος. nai αὐτοὶ ἐσίγησαν καὶ οὐδενὶ ἀπήγγειλαν ἐν ἐκείναις ταῖς ἡμέραις οὐδὲν ὧν ἑώρακαν .

des apôtres ou de toutes les personnes présentes : la nuée descendant du ciel les couvre tous de son ombre. Puis sans dire qu'elle se rapproche, Le. nous montre des personnes qui y pénètrent (αὐτούς 20), c'est-à-dire qu’elle enveloppe (ef. Ex. xxiv, 48 καὶ εἰσῆλθεν Μωυσῆς els τὸ µέσον τῆς νεφέλης). Ce sont Moïse et Élie avec Jésus. ἐκείνους eut été plus clair, mais αὐτούς exclut cette fois les disciples, qui ont entendu la voix partir « de » la nuée. Leur terreur, il est vrai, s’expliquerait mieux si eux-mêmes entraient dans la nuée (J. Weiss), mais c'est une terreur surnaturelle qui souligne ce que la nuée avait de mystérieux avant même qu’on entendit Ia voix.

35) La lecon 6 &yarnrds (ACDW etc.) ati. (b c de f q q) vg. syreur.(et mon aïmé) pes. Teri, Ambr. est plus soutenue que 6 ἐχλελεγμένος (NBL.... Zaft. (a 1) boh. sah. syrsin. arm., mais la première a tout l'air d’avoir été empruntée au texte de Mt. et de Μο. — ἐκλελεγμένος est préféré par Ti H S, même Knab. (quoiqu'il commente dilectus), et cette leçon est d'autant plus sûre qu'on ne trouve pas ce mot dans l'A. T. et qu'il n’a pu être mis d’après xxm, 95, où le Christ est nommé ὁ ἐχλεκτός. Il faut donc convenir que Le. insiste moins sur la filiation naturelle du Christ que sur son rôle de Messie. L'Élu est le nom qui alterne avec le Fils de l'homme dans les paraboles d'Hénoch (Le Messianisme.… p. 89 ss.). Est-ce à dire que Le. recule dans le sens ébionite sur la Christologie de Me.? Évidemment non, puisqu'il ne rétracte pas ici ce qu’il a dit au moment de la conception surnaturelle (r, 35). Maïs on voit du moins combien il est faux de se représenter les évangélistes comme idéalisant de plus en plus et de parti pris la personne du Christ, Luc avait d’ailleurs une raison d’accentuer ici le rôle du Fils comme homme, puisqu'il venait d’être question de sa mort. La voix ne confirme pas directement ce que le Fils avait dit de sa mission et de sa destinée. Il est le Fils élu, cela suffit à autoriser son enseignement.

36) ἐν τῷ avec l’inf. aor. peut être pris dans le sens du passé, donc : « après . que la voix eût retenti » (Plum.); cependant l’action peut aussi être simultanée, comme pour εἰσελθεῖν (v. 84); Lc. a voulu indiquer la rapidité de la scène, et peut-être aussi que la voix n'avait été dite que de Jésus (B. Weiss), mais cela allait de soi. Il est trouvé seul, parce que Moïse et Élie ont été emportés par la nuée. Les Apôtres ne les ont pas vus venir parce qu'ils dormaient; le départ est soustrait d'une autre manière à leur curiosité.

Le. constate ici le silence des trois apôtres, mais en le restreignant à une époque donnée. Peut-être insinue-t-il ainsi que Jean ou Pierre lui ont raconté les faits. Mais peut-être aussi sa formule est-elle choisie pour le dispenser de relater la consigne imposée par Jésus, souvent déjà formulée à propos des

“κα ÉVANGILE SELON SAINT LUC, IX, 91-38. 275

effrayés quand ils entrèrent dans la nuée. %Et une voix se fit entendre de la nuée, disant : « Celui-ci est mon Fils élu, écoutez-le. » $%Et pendant que la voix parlait, Jésus se trouva seul. Et ils gardèrent le silence, et ne racontèrent à personne en ce temps-là rien de ce qu’ils avaient vu.

81Le jour d’après, comme ils descendaient de la montagne, une foule nombreuse se porta à sa rencontre. 8Et voici qu’un homme de la foule s’écria : « Maître, je te prie de jeter un regard sur mon

miracles (v, 14; vin, 56; 1x, 21), d'autant que dans Mc. elle introduisait la question du rôle d'Élie, qui pouvait paraître peu intelligible pour des gentils, surtout posée dans les termes de Mc. (expliqués dans Mt.). — ἑώρακαν répond en gros à notre imparfait; c'est l'indication d’un passé par rapport à une autre action.

37-432. LE DÉMONIAQUE ÉPILEPTIQUE (Μο. 1x, 44-29 ; Mt. xvir, 14-20).

Lc. suppose le même cas, sauf le mutisme de l'esprit et certains symptômes, et la même suite des faits que Me., sauf le terme de guérir (v. 42), mais il a abrégé beaucoup, et Mt. lui aussi a un récit beaucoup plus court, qui a en commun avec Le. l’omission du mutisme, le mot διεστραμµένη et la guérison. Mais il a ses traits propres (l'enfant est lunatique) et α retenu le symptôme de la chute dans le feu et dans l’eau. On ne peut donc dire que l’abrégé de Le., très empreint de sa manière, soit conçu d’après Mt. C’est à peine s’il manifeste plus d'indépendance que d'ordinaire vis-à-vis de Mc., dont 16 récit pittoresque et imagé a pu lui paraître surchargé en vue de son public.

37) Le. transporte ici la descente de la montagne puisqu'il a omis les explications sur Élie. I la place le jour suivant, d'où l’on conclut que la Transfiguration a eu lieu la nuit. IL faudrait dire au contraire qu'elle avait eu lieu avant minuit, et, si Le. comptait les jours comme les Juifs, avant le coucher du soleil, comme cela nous a paru le plus vraisemblable, et comme on l'accorde pour Μο. et pour Mt. Tout ce que Le. dit ici c’est que Jésus et les trois ont passé la nuit sur la montagne, mais pourquoi pas après la Transfiguration? — ἑξῆς, Le. seul dans le Ν. T.

— συναντάω, de même, sauf Heb. vir, 1.10. Luc. rédige librement et a cependant le ὄχλος πολύς de Μο. Mais il omet la discussion avec les scribes — (sur quel sujet?), la stupeur de la foule — (pourquoi?), son bon accueil — choses vécues, qui nous charment, qui ne prouvent rien, et qui cependant autorisent le reste en attestant la candeur oculaire de l'écrivain, mais qui n’allaient pas au but de Ec. |

88) ἐδόησεν pour demander un miracle, comme Σνπτ, 38. — διδάσκαλος toujours dans Mt. à propos de doctrines ou de scribes; ordinairement de même dans Μο. et dans Le.; à propos de miracles dans Mc. et dans Le. aux deux mêmes endroits (Μο. ν, 35 — ντ, 49) et ici (Mt. κύριε). — δέοµαι, terme favori de Le. (Mc. jamais, Mt. 1x, 38) — ἐπιδλέψαι, inf. aor., car l’impér. moyen n’est pas connu (Plum.). — µονογενής, trait touchant (ντ, 12; vu, 42). Le père ne demande pas à Jésus de

276 wa ÉVANGILE SELON SAINT LUC, IX, 39.

καλε δέοµαί σου ἐπιβλέφαι ἐπὶ τὸν υἱόν µου, ὅτι µονογενής pol ἔστω, ὃν καὶ ἰδοὺ πνεῦμα λαμβάνει αὐτόν, καὶ ἐξαίφνης κράζει, καὶ σπαράσσει αὐτὸν μετὰ ἀφροῦ καὶ μόλις ἀποχωρεῖ ἀπ᾿ αὐτοῦ συντρῖβον αὐτόν A καὶ ἐδεήθην τῶν μαθητῶν σου ἵνα ἐκβάλωσιν αὐτό, καὶ οὐκ ἠδυνήθησαν. #1 ἀποχριθεὶς δὲ ὁ Ἰησοῦς εἶπεν ᾿Ώ γενεὰ ἄπιστος καὶ διεστραµµένη, ἕως πὀτε ἔσομαι πρὸς 19 x

pévou αὐτοῦ ἔρρηξεν αὐτὸν τὸ δαιμόνιον καὶ συνεσπάραξεν᾽ ἐπετίμησεν δὲ

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