‹ Evangile selon saint LucChapitre 156 sur 300 · μολις (H) plutôt que µογις (Τ 5 V · texte numérisé non relu

μολις (H) plutôt que µογις (Τ 5 V

guérir son fils, mais seulement de regarder sa misère, ce qui est déjà plus que dans Μο., où il se contente d'exposer le cas car la prière viendra plus tard.

39) Excellente occasion de comparer 65 manieres de Μο. et de Le. Dans Me., le père donne une première description des symptômes (1x, 18), puis la crise survient (20), ce qui amène de nouveaux détails sur la maladie (21 s.), enfin les dernières atteintes du mal au moment où le démon sort. Le. indique les symptômes (τς, 39), {a crise d’un mot (42) suivie de la guérison (42). Assurément il a retenu les traits essentiels, mais il est tout à fait faux de dire avec Hobart (p. 20) qu'il entre dans plus de détails que Les autres évangélistes, du moins que Mc. Les médecins modernes disuinguent trois phases de l’épilepsie : la phase tonique, cri et chute (d’où le dauger de tomber dans le feu); la phase clonique, convulsions, mousse sanguinolente, sortant de la bouche, enfin le stertor, sommeil profond, face livide. Ce sont bien les trois traits de Le. Mais si Μο. omet d’abord le cri, il le situe à la fin de la crise, et il ajoute des traits mentiounés par Hippocraie : 16 grincement de dems, Hipp. οἱ ὀδόντες συγήρχασι; la syucope ὡσεὶ νεκρός, Hipp. 624, 5 ἀναθλύει ὥσπερ ἀπούνήσκων; l'enfant se roule; Hipp. τοῖσι ποσὶ λαχτίζῃ. Les crises depuis l'enfance, d’après les médecins, de 44 à 18 ans. Un voit donc ici ce fait étounant qu'un témoin oculaire (Pierre) a pu transmettre a un écrivain (Marc) par la simple observation des faits, fidèlement reproduits, un tauleau plus conforme aux descriptions des médecins que le récit de Le. esprit cultivé, provabiement médecin lui-même. Mais on voit aussi que Luc ne s’est nullement soucié de faire montre de Connaissances spéciales; il a seutem nt résumé les traits qu'il trouvait dans Μο., racontant une scène, sans mettre sous nos yeux ses péripéties. |

Pour le détail : λαμθάνει est moins caractéristique que καταλάδῃ en parlant d’une crise. Aussitôt le démon crie, κράζει, ce qui siguifie un cri rauque οἱ inarticulé, bien placé par Le. au début de 14 crise. Dans ῥήσσει αὐτὸν καὶ ἀφρίζει (Mc.) il y avait un changement de sujet auquel LC. remédie : σπαράσσει (Me. v. 26) αὐτὸν μετὰ ἀφροῦ, ἀφρος est souvent dans Hippocrate, mais aussi ἀφρίζει (645, 2) — µόγις ἀποχωρεῖ ne doit pas indiquer la durée de la crise, d'autant que les crises d’épilepsie sont courtes, mais la répugnauce du démon à se retirer. — ἐξαίφνης est assez du style de Le. (n, 13; Act, 1x, 3; xxn, 6 et Μο, χι, 96 TN, TL.) —

fils, car c’est mon unique, #et il arrive qu'un esprit s'empare de lui, et aussitAt il pousse des cris, et il le tord convulsivement avec de l’écume, et c’est à peine s’il le quitte après lavoir brisé, (Et j'ai prié tes disciples de le chasser, et ils n’ont pas pu. » “Jésus répondit et dit : «0 génération incrédule et pervertie, jusques à quand serai-je près de vous et vous supporterai-je? Amène ici ton fils. » Et comme il s’approchait, le démon le jeta à terre et le tordit convulsivement. Maïs Jésus commanda à l'esprit impur, et 1]

συντρῖδον répond à ξηραίνεται (Μο.) et indique Ία troisième phase, mais en mettant toujours en scène le démon (cf. vx, 28).

40) Comme Μο., avec le favori ἐδεήθην.

41) Paroles de Jésus, plus semblables que le reste dans les trois synoptiques. Dans Le. (et Mt.) la génération incrédule est de plus διεστραμµένη, tournée de travers, qui va contre son jour, ce qui est dur pour les apôtres, de sorte que dans Le. (et dans Mt.) il est encore plus difficile que dans Mc. de leur appliquer spécialement le reproche (contre Hahn). Il est aussi plus difficile dans Le. de l'appliquer spécialement au père, dont il ne nous fait pas connaître l’état d'âme (Mc.), partagé entre le désir du miracle et un certain scepticisme sur le pouvoir supérieur de Jésus. Son apostrophe, adressée à tous, nous oblige à supposer qu'à la suite de l'échec des disciples, une certaine dépression s'était emparée d'eux et que la constatation de leur insuccès avait amené les autres à douter aussi du Maitre. |

En elles-mêmes les paroles de Jésus ne sont pas seulement celles d'un homme parmi d’autres hommes; c’est le sentiment d’un être divin qui a naturellement sa place dans le ciel. Windisch (Theologisch Tijdschrift, 1918 p. 245 ss.) a rappelé le désir d'Horace qu'Hermès-Mercure, apparaissant sous les traits d’Auguste, ne quitte pas trop tôt la terre à cause des crimes de ses habitants :

Serus in coelum redeas diuque ” Laetus intersis populo Quirini, Neve te nostris vitiis iniquum Ocior aura Tollat! (Od. 1, 9)

42) Construction avec le participe, emploi de ῥήσσω, comme Me. 1x, 48 et de συνσπαράσσω comme dans le passage parallèle. La crise commence quand le jeune homme s'approche, mais il n’est pas dit qu’elle soit provoquée parce que l’esprit a vu Jésus. Aussitôt Jésus commande à l’« esprit impur » (Μο, mais non Mt.), dont les dernières résistances sont omises, « et par là même » (Schanz, les Weiss.) le guérit; plutôt que « et ensuite le guérit » (Plum.), car ἰάσατο remplace dans Le. lexpuision du démon (Μο, Mt.). — L'enfant est rendu à son père, trait touchant propre à Le., et qui rappelle vi, 15. — Le terme de guérison ne remplace pas comme effet médical la description de Μο., l’enfant comme mort,

αὐτοῦ Ἀέσθε ὑμεῖς εἰς τὰ ὤὥτα ὑμῶν τοὺς λόγους τούτους, ὁ γὰρ vids τοῦ

réveillé par Jésus. Dans la troisième phase de l’épilepsie, les membres sont inertes, insensibles, puis le malade se réveille. — Peut-être Le. a-t-il voulu indiquer qu'il y avait guérison d'une maladie véritable et caractérisée, en même temps qu'exorcisme.

ἆ9α) Le. est seul à relever l’impression produite par le miracle. Cette conelusion remplace pour lui l'explication donnée par Jésus à ses disciples sur la nécessité de la prière dans ce cas difficile. Quant à la remarque de Mt. sur le peu de foi des disciples, on en trouvera la substance, sous une forme adoucie XVII, 5.6. .

Il résulte du v. 42, que Le. n’a pas attendu les observations de la critique moderne pour reconnaitre une maladie dans le cas du jeune homme. La guérison fut miraculeuse; les circonstances de cette guérison ne laissent pas de poser une difficulté embarrassante. Les symptômes de la maladie sont clairement, nous l'avons vu, ceux de l’épilepsie. Or aucun théologien sans doute ne voudrait soutenir que l'épilepsie est causée par l’action du démon dans le corps des malades. C'était, à vrai dire, l'opinion au temps de Jésus; elle est constatée par Arétée, médecin contemporain de Luce : « on nommait cette maladie sacrée, soit pour d’autres raisons, soit à cause de la grandeur du mal, car ce qui est grand est sacré, ou parce qu’elle est d’une guérison non humaine, mais divine, ou parce qu'on croit à l'entrée d’un démon dans l’homme » : 4 δαίµονος δόξης ἐς τὸν ἄνθρωπον εἰσόδου... (Sign. morb. diuturn. 37, dans Hobart, 20). Mais déjà Hippocrate avait enseigné depuis plusieurs siècles que cette maladie n'était ni plus sacrée ni plus divine que les autres (Hobart, 20).

Comment donc l’épilepsie est-elle traitée par le Maître et par les évangélistes comme une possession? À cela on répond que les deux cas ont pu se rencontrer; et, en effet, rien n'empêche d'admettre qu'un démon, plus redoutable par sa dissimulation et sa ruse, ait profité de la dépression psychique du malade pour exercer son empire sur les facultés d’une pauvre créature, dont l’âme cependant demeurait entre les mains de Dieu.

Mais il reste ce scrupule. Après l’exorcisme 165 disciples devaient se sentir confirmés dans l'opinion vulgaire, et Jésus n’a rien fait pour les éclairer sur les différences entre la maladie et la possession ; il a donc été, moins qu'Hippocrate, un précepteur de l'humanité.

Sur ce point assurément. Et de même Hipparque à fait avancer davantage l'astronomie, Euclide la géométrie, ete. Et même, si l’on s’en tient aux évangiles, Jésus n’a absolument rien enseigné des sciences naturelles, ni montré plus de lumières que celles qu’un de ses disciples pouvait acquérir dans son milieu. De même qu’il n’a pas voulu parer son front des diamants de la couronne, il n’a pas voulu étaler le prestige de connaissances supérieures — en dehors de l'ordre du salut. Peut-être a-t-il voulu que son exemple permit de distinguer mieux

guérit l'enfant et le rendit à son père. #0r tous étaient frappés de stupeur devant la grandeur de Dieu.

Tous étant dans l'admiration de tout ce qu'il faisait, il dit à ses disciples : # « Faïtes bien entrer tout cela dans vos oreilles, car Le Fils

l’ordre des sciences et celui de la valeur morale, et de les mettre dans leur véritable rang. Non seulement un ignorant peut faire son salut, il peut même être plus utile au salut des autres qu'un savant.

Celui qui était venu enseigner le prix unique de l'âme, et mourir pour sauver les âmes, ce qui n’appartenait qu'à lui, n'avait pas à les distraire de cette pensée, füt-ce pour les occuper de ce qui est la noble et utile activité de l'esprit humain. Même Luc, un esprit cultivé, n’a pas cédé à la tentation de mettre dans l'évangile quelque chose des élucubrations scientifiques d’Hénoch. C'est mieux ainsi.

43b-45. DEUXIÈME PROPHÉTIE RELATIVE Α LA Passion (Μο. 1x, 30-32; Μί. xvr, 22. 23).

Luc s'écarte ici assez sensiblement de Μο., et donne une autre physionomie à la seconde prédiction de la Passion.

43b) La seconde partie du v. 43 commence une péricope nouvelle, puisque . πᾶσιν ne fait pas allusion seulement à l'épisode précédent. C’est comme un effet d'ensemble relatif à tous les miracles et aux enseignements de Jésus, à toutes les manifestations de sa Personne. — Luc ne parle pas comme Me. d’un passage à travers la Galilée, et il n'avait pas à le faire puisqu'il n'a pas dit qu'on en fût sorti. Les itinéraires ne l'intéressent pas. L'introduction de Μο. est done remplacée par une allusion à l'admiration générale. Une série de miracles a provoqué comme une explosion d’admiration. On voit que Le. ne se doute pas qu'une période nouvelle a commencé avec les paraboles, que les foules se sont refroidies et se sont retirées! — Encore deux πάντες dans ce demiverset; Le. s'y complait.

44) Sens très controversé. Le plus grand nombre entend τοὺς λόγους τούτους des paroles de Jésus qui suivent, à cause de ὑμεῖς qui oppose à la foule les disciples, comme destinés à entendre une doctrine différente. Alors on prend γάρ au sens explicatif, « à savoir ». Idée générale : « ne vous laissez pas entrainer à de vaines espérances, comme la foule; souvenez-vous plutôt de ce que je vous ai dit et que je maintiens, du sort douloureux qui m'attend. ». — Mais on peut objecter (avec Schanz) que plus loin la parole de Jésus est τὸ ῥῆμα τοῦτο, au singulier, et par deux fois; que γάρ peut très bien avoir son sens normal, et que si on rapporte « ces paroles » à ce qui précède, l'opposition demeure entre la foule et les disciples. La difficulté est de savoir si τοὺς λόγους τούτους doit s'entendre des paroles d'admiration de la foule (Schanz) ou des faits antérieurs (Holtz. Loisy, qui d’ailleurs laissent le choix entre les deux opinions). On prendrait λόγοι dans son sens naturel de paroles, surtout dans ce contexte (les oreïlles!), si le sens général ne conduisait pas à l'entendre ‘d'un ensemble comprenant les faits et les paroles; cf. I Macch. γη, 33 μετὰ τοὺς λόγους τούτους, et surtout Le. lui-même, τὰ ῥήματα ταῦτα (1, 66). Jésus invite

ἀνθρώπου μέλλει παραδίδοσθαι εἰς χεῖρας ἀνθρώπων. oi δὲ ἠγνόουν τὸ pu τοῦτο, καὶ ἦν παρακεκαλυμµένον ἀπ᾿ αὐτῶν ἵνα μὴ αἴσθωνται αὐτό, καὶ ἐφοβοῦντο ἐρωτῆσαι αὐτὸν περὶ τοῦ ῥήματος τούτου. 46 EioñAlev δὲ διαλογισμὸς ἐν αὐτοῖς, τὸ τίς ἂν εἴη µείζων αὐτῶν. 476 δὲ ᾿Γησοῦς εἰδὼς τὸν διαλογισμὸν τῆς χαρδίας αὐτῶν. ἐπιλαβόμενος παιδίον ἔστησεν αὐτὸ παρ ἑαυτῷ, #8 καὶ εἶπεν αὐτοῖς ὋὉς ἂν δέξηται τοῦτο τὸ παιδίον ἐπὶ τῷ ὀνόματι

Page 1