‹ Evangile selon saint LucChapitre 157 sur 300 · ειδως (T H) plutôt que ἴδων (S V · texte numérisé non relu

ειδως (T H) plutôt que ἴδων (S V

d'abord (Le. seul) ses disciples à graver les faits antérieurs dans leur mémoire; la formule est de style biblique : δὺς εἷς τὰ Gta Ἰησοῦ (Ex, αντι, 14). — Ce qui suit n’est pas précisément comme dans Μο. et Mt. une seconde annonce de la Passion : Luc n’a retenu que le trait, nouveau par rapport à la première prophétie (rx, 24. 22), de l'abandon du Fils de l’homme. En général il évite de reproduire deux fois des incidents semblables (cf. Ιπέγοᾶ. p. εχιν) et il a peutêtre isolé ce trait pour obtenir un contraste plus saisissant entre le pouvoir surnaturel de Jésus, confirmé par le témoignage de la voix d’en haut, et cet abandon entre les mains des hommes qui est peut-être le trait le plus frappant de la Passion : μέλλει (cf. v. 94) παραδίδοσθαι indique le décret divin qui a voulu cette chose inouïe, si propre à scandaliser même des disciples. Et voilà pourquoi (γάρ) les disciples sont prévenus eux (ue) qui ont.vu bien plus que | les autres. Au second plan on entrevoit un autre contraste entre l'engouement des foules, et la versatilité dont dépend le sort de Jésus abandonné au caprice des hommes. Les disciples doivent donc, plus encore que les foules, graver dans leur esprit les choses admirables opérées par Jésus, mais sans partager leurs illusions et leurs espoirs.

— Le. dit μέλλει (comme Mi. xvu, 22) qui répond à ἤμελλεν (v. 31).

45) Cette parole était certes mystérieuse, nou que les termes ne fussent clairs, mais par ce qu’elle contenait de paradoxal, appliquée au Messie; les disciples ne la comprirent pas et leur saisissement les empêcha même de demander des explications. Luc ajoute que ce voile avait, lui aussi, unc raison divine. On peut supposer que si les disciples avaient compris, peut-être quelques-uns auraient d'ores et déjà abandonné leur Maître. Il importait d'autre part que la prédiction demeurât telle quelle gravée dans leur mémoire, pour qu’ils comprissent enfin que l'abandon de Jésus avait été prévu par lui, accepté par lui, et muni du sceau divin. Ce fut une fantaisie de Baur de voir ici un trait paulinien contre les Douze. Luc ne leur est nullement hostile (cf. xvn, 5 s. et Mt. xvir, 19 6.). — ἀπό après rapaxerelupuévov suggère la causalité divine; cf. x, 21, mais il ne faut pas l’exagérer, et ἵνα ne marque pas la finalité dans toute sa force (Pium.). IL est plutôt dans le sens de ὥστε, cf. Épict. Il, π, 16 οὕτω µωρός ἤν, ἵνα μὴ ἵδῃ (Deb. p. 222).

| 46-48. La PRÉSÉANCE (Μο, 1x, 33-37; Mt. Χνπι, 1-5).

de l’homme doit être livré entre les maïns des hommes. » # Mais eux ne comprenaient pas cette parole, car elle était voilée pour eux, de sorte qu'ils ne la comprissent pas, et ils craignaient de l’interroger sur cette parole.

45 Or une question se posa dans leur esprit, savoir, quel était le plus grand d’entre eux? # Jésus, ayant connu la préoccupation de leur cœur, attira un enfant, le placa près de lui #et leur dit : « Quiconque reçoit cet enfant en mon nom, me reçoit, et quiconque me reçoit, recoit celui qui m'a envoyé : car le plus petit qui soit parmi vous tous, celui-là est ραπ. » :

Dans Mt. c'est une simple question des disciples : qui sera le plus grand dans le royaume de Dieu? Luc est beaucoup plus rapproché de Me.; il pose lui aussi la question entre les disciples, ce qui donne un cachet particulier à l'épisode. D'ailleurs il suit sa voie. Marc avait juxtaposé plutôt que coordonné à la dispute la lecon donnée à propos des enfants; Le. intercale cette lecon comme contenant la solution de la dispute, Il omet l'ailusion à Capharnaüm, à une maison, le geste de Jésus qui embrasse l'enfant, et 1] rend inutile la question posée par lui aux disciples (Mc.) en rappelant le don qu'a Jésus de pénétrer les pensées, ce qui n’est pas contradictoire, certes, mais ne fait pas le même effet sur le lecteur.

46) διαλογισµός peut signifier conversation, discussion (Ῥμυτ. Mor. 180 c), et ἓν αὐτοῖς appuie ce sens, car Le. n'a rien indiqué qui dût faire naître la mêmepensée chez tous en même temps. Il s'agirait donc d’une discussion à haute voix, comme dans Mc. (Plum. Hahn, etc.). Mais on ne peut dire d’une discussion qu’elle est entrée dans des personnes, ni parler d’une discussion dans le cœur (v. #7). Ἡ faut donc entendre comme la Vg. cogitatio (Schanz, Knab. Loisy, les Weiss); cf. pour le dat. xxiv, 38. — τὸ pour indiquer ο sujet, cf. 1, 62. — — μείζων αὐτῶν, non pas comparatif : « plus grand qu'eux » (les Weiss), mais partitif «le plus grand d’entre eux », sens imposé par v. 48b. Comme écrivain, Το. aurait dû indiquer le motif pour lequel les disciples ont eu à la fois la même pensée. Il ne l’a pas fait, probablement parce qu'il s’est contenté d'intérioriser la discussion de Mc. On peut supposer que le rôle de Pierre dans la Confession avait rendu la question de la préséance plus actuelle.

47) διαλογισµός dans le même sens, sans recourir à l'ingénieuse subtilité de Plummer : ils disputaient qui serait le premier; chacun pensait : n'est-ce pas moi? — Au lieu de donner immédiatement la solution, füt-ce par une lecon d'humilité, Le. la prépare par une sorte de parabole en action. Un enfant se trouve là, — comment? Le. ne s'en inquiète pas plus que Mc., — Jésus le place debout, trait commun aux trois synoptiques, faisant image dans Me. où Jésus est assis, et sans doute aussi ses disciples. — rap” ἑαυτῶ, et non pas ἐν µέσῳ αὐτῶν, parce qu'on ne fait pas cercle dans une maison (Loisy), comme dans Μο.

48) Paroles de Jésus soigneusement conservées dans la tradition, les mêmes

282 ÉVANGILE SELON SAINT LUC, 1x, 49-50.

μικρότερος ἐν πᾶσιν ὑμῖν ὑπάρχων obros ἐστιν μέγας. 49 Απο κριθεὶς δὲ Ἰωάνης εἶπεν ᾿Επιστάτα, εἴδομέν τινα ἐν τῷ ὀνόματί σου ἐχβάλλοντα δαιμόνια, καὶ ἐκωλύομεν αὐτὸν ὅτι οὐχ, ἀχολουθεῖ μεθ) ἡμῶν. 50 εἶπεν δὲ πρὸς αὐτὸν ᾿ησοῦς Mi κωλύετε, ὃς γὰρ oùx ἔστιν καθ) ὑμῶν ὑπὲρ ὑμῶν ἐστίν.

5] Ἑγένετο δὲ ἐν τῷ συμπληροῦσθαι τὰς ἡμέρας tic ἀναλήμψεως αὐτοῦ

50. S. ajoute (entre crochets) au γαρ εστιν καθ) Όμων p. χωλυετε.

dans Μο. et Le. (Mt. n’a pas la seconde moitié), — Leur sens est très controversé. Il semble qu'on voie 16 plus souvent dans le v. 482 une recommandation de recevoir l'enfant (Loisy) ou les enfants : cura parvulorum (Knab.), to welcome a child for Christ's sake (Plum.), etc. Holtz. lui aussi regarde cet enfant comme représentant les enfants en général, c’est un type d'humilité. Schanz : « Celui qui reçoit un enfant à cause du nom de Jésus, reçoit Jésus et son Père, et devient ainsi digne d'un grand honneur. » (De même Knab. Hahn). S'étant montré petit, il devient grand. |

Mais il m'est impossible de comprendre comment ces auteurs peuvent expliquer le lien avec la seconde partie du verset. Avec ce sens Welih. n'aurait pas tort d'affirmer tout crûment que 48b n’est pas mieux dans le contexte de Lc. que le v. 35 dans celui de Mc. Les Weiss ont essayé une autre voie. Ils insistent sur ce que l'enfant est placé près de Jésus, et sur ce que Le. dit : cet enfant. Ce n'est done pas un type. Jésus a voulu dire que l'enfant, ainsi placé près de lui, occupe un rang supérieur à celui des disciples, que les Douze ne doivent pas avoir un rang à part dans la communauté, si bien que le plus petit est réellement grand. Ce système tient compte du lien entre les deux parties du verset, mais il exagère l'importance de παρ᾽ ἑαυτῷ, et de τοῦτο qui appelle simplement l'attention sur l'enfant : « vous voyez cet enfant »...

Les premiers auteurs cités méconnaissent la pensée de Le. qui a renvoyé à la fin la solution de la question, mais qui la prépare dans 48e. C’est de la solution qu'il faut partir. Nous voyons dans 48b que le plus petit (μικρότερος pour le

superlatif) qui se trouve parmi vous fous, avec insistance sur πᾶσιν, c'est-à-dire parmi tous ceux qui sont mes disciples, est grand. El en effet, quiconque reçoit, füt-ce un tout petit en mon nom, me reçoit, et reçoit celui qui m'a envoyé. Ce tout petit, parce qu’il porte mon nom, est donc très grand. Cela doit vous suffire, et vous n’avez pas besoin de savoir quel est le plus grand. De cette façon on explique pourquoi Le. dit péyas ef non μείζων, et le γάρ de 48b. Jésus n'a pas pour but d'établir l'autorité de ses disciples sur les autres, mais de relever la grandeur de la profession de disciple, titre dont on devrait se : contenter, puisqu'il donne droit à être reçu comme le Maître lui-même. 49. 50. L'USAGE DU NOM DE Jésus (Μο. 1x, 38-41).

4 Prenant la parole, Jean dit : « Maître, nous avons vu quelqu'un qui chassait les démons en ton nom, et nous l’empèchions, parce qu'il ne marche pas avec nous. »

50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’empêchez pas, car celui qui n’est pas contre vous est pour vous. »

Quand vint le moment où le temps de son assomption allait être accompli, il se détermina à prendre la direction de Jérusalem,

Dans Le. comme dans Μο., cette péricope fait suite à la dispute sur la préséance.

Le contexte est assez naturel. C'est très bien de recevoir quelqu'un qui se présente au nom de Jésus, mais s’il n’a que l'apparence d’un disciple? Jean se croyait sans doute assuré d’une approbation. La réponse est la même que dans Mc.

49) Comme dans Μο., sauf ἐπιστάτα, terme de Le., et l’omission d’une répélition. |

50) La réponse de Jésus est plus courte, el ὑμων remplace ἡμῶν, il s’agit de la cause des disciples, le Maître n’est plus là. Pour l'accord de cette proposition avec Le. χι, 28, cf. Com. Μο. Plummer a dit très bien : dans Le. χι, 23, « le Christ indique un critérium qui permet à son disciple de s’éprouver lui-même; s'il ne peut constater qu'il est du côté du Christ, il est contre lui. Ici il donne un critérium à ses disciples pour éprouver les autres; s'il ne peut constater qu'ils sont contraires à la cause du Christ, il doit les regarder comme étant pour lui ». Nestle (ZnTW, 1812 p. 85) a cité Cic. pro Ligario, disant à César : Valeat tua vox illa, quae vicit. Te enim dicere audiebamus, nos omnes adversarios putare nisi qui nobiscum essent, te omnes, qui contra te non essent, tuos.

Le. n'a rien de parallèle à Mt. 1x, 41-50. Cette matière reviendra plus loin, XVIL, 1. 2; xIV, 34.

QUATRIÈME PARTIE : LE GRAND VOYAGE OU LA PRÉDICATION INSTANTE DU SALUT (x, 54-xvur, 30).

Sur les caractères de cette partie, voir Introduction, p. xxxvir 58.

51-56. MAUVAIS ACCUEIL DES SAMARITAINS. JÉSUS. RÉPROUVE UN ZÈLE TROP ARDENT.

Cet épisode éclaire à la fois les dispositions des Samaritains pour les Juifs, et lés sentiments de vengeance qu'elles excitaient chez ces derniers. Au-dessus plane l'esprit de mansuétude de Jésus.

51) Le style du v. est spécialement sémilique. Chaque tournure peut s’expliquer par le grec, mais l’ensemble fait impression : ἐγένετο ἐν τῷ avec l'infin.; καὶ αὐτός, ἐστήρισεν... τοῦ avec l'infin. Mais tout cela peut s'expliquer par l’influence des Septante.

— συμπληροῦσθαι comme Act. 11, 1, mais au lieu de τὴν ἡμέραν, nous avons ici lé plur. τὰς ἡμέρας, qui indique une période; c’est cette période qui est accom-

καὶ αὐτὸς τὸ πρόσωπον ἐστήρισεν τοῦ πορεύεσθαι εἰς Ἱερουσαλήμ, 52 καὶ ἀπέστειλεν ἀγγέλους πρὸ προσώπου αὐτοῦ. Kai πορευθέντες εἰσῆλθον εἰς χώμην Σαμαρειτῶν, ὡς ἑτοιμάσαι αὐτῷ' 53 καὶ οὐκ, ἐδέξαντο αὐτόν, ru τὸ πρόσωπον αὐτοῦ ἦν πορευόµενον εἰς Ἱερουσαλήμ. ὃὲ ἵδόντες δὲ οἱ µαθηταίὶ Ἰάκωβος καὶ Ἰωάνης εἶπαν Ἐύριε, θέλεις εἴπωμεν πῦρ καταβῦναι ἀπὸ τοῦ οὐρανοῦ καὶ ἀναλῶσαι αὐτούς; 55 στραφεὶς δὲ ἐπετίμησεν αὐτοῖς.

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